Les juments, souvent perçues comme ayant un tempérament particulier, subissent des cycles ovariens influencés par les hormones, qui peuvent affecter leur comportement. Comprendre le fonctionnement de ces cycles et le rôle des follicules est essentiel pour la gestion de la reproduction et la santé de la jument.
Le cycle ovarien de la jument
Une jument sans anomalies du système reproducteur présente des cycles ovariens d'environ trois semaines. Au cours de ce cycle, les ovaires produisent des follicules qui grossissent progressivement pendant une quinzaine de jours. Le plus gros follicule, ou parfois les deux plus gros, libère un ovule dans l'utérus. Le follicule qui a ovulé se transforme alors en ce qu'on appelle un corps jaune.
Variations hormonales et comportement
Les modifications hormonales liées au cycle peuvent influencer le comportement de la jument, la rendant plus calme ou, au contraire, plus excitée ou irritable. Lorsque le follicule approche de l'ovulation, sa taille atteint fréquemment les 5 cm de diamètre, rendant l'ovaire particulièrement gros et parfois déformé. L'ovaire est suspendu à la voûte lombaire par un ligament dans la cavité pelvienne de la jument. Les juments présentant des douleurs liées à leurs cycles ovariens normaux peuvent présenter des symptômes de manière très cyclique.
Taille du follicule et ovulation
La taille du follicule est un indicateur clé de la progression du cycle ovarien et de l'approche de l'ovulation. En général, les follicules de jument éclatent au-delà de 42 mm de diamètre, mais cela peut varier entre 30 et 70 mm d'une jument à l'autre, et même d'un cycle à l'autre pour la même jument. Rarement, l'ovulation se produit en dessous de 42 mm, et parfois au-delà de 60 mm. La croissance normale d'un follicule se fait à la vitesse de 3 mm par jour, en l'absence de traitement.
Suivi folliculaire et insémination artificielle
Le suivi folliculaire est une pratique courante en insémination artificielle pour déterminer le moment optimal pour l'insémination. L'idéal est d'inséminer dans les 8 heures qui suivent l'ovulation, mais en pratique, on insémine lorsque l'on sent que la jument va ovuler. L'utilisation d'une dose complète de sperme (8 paillettes) permet de couvrir la jument pendant près de 24 heures. Cependant, une jument peut mettre jusqu'à 4 ou 5 jours pour ovuler, ce qui peut augmenter le nombre d'inséminations nécessaires.
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La chance joue un rôle important en insémination artificielle. Pour augmenter les chances de succès, des médicaments comme l'hCG peuvent être utilisés pour augmenter la croissance des follicules et favoriser l'ovulation. Lorsque le follicule atteint 35 mm, on injecte généralement 1500 UI d'hCG et on insémine 24 et 48 heures après. Cependant, les juments peuvent s'immuniser contre l'hCG avec le temps. Des implants à GnRH, plus coûteux mais plus efficaces, sont également disponibles.
Un suivi serré, avec des échographies toutes les 6 à 8 heures, permet d'encadrer l'ovulation en inséminant juste avant et juste après. Les critères d'insémination ne sont alors plus seulement la taille du follicule, mais aussi l'évolution de l'œdème utérin et la tonicité du col. Il est à noter que de nombreuses juments ovulent la nuit.
Réactions au sperme et endométrite
Certaines juments peuvent développer une endométrite à la suite d'une réaction au sperme. Dans ce cas, il est nécessaire de vérifier que tout se passe bien dans les 24 heures après l'ovulation. En cas de réaction importante, l'injection d'ocytocine ou d'un analogue peut aider la jument à expulser rapidement l'exsudat produit. Il est alors préférable d'inséminer avec un nombre réduit de paillettes.
Induction de l'ovulation
L'induction de l'ovulation est un outil intéressant pour optimiser la reproduction chez la jument. L'hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG) est la molécule de référence. Deux analogues de la gonadotropin releasing hormone (GnRH) disposent d'une AMM vétérinaire en France : la buséréline (Réceptal(r)) en injections itératives ou la desloréline (Ovuplant(r)) en implants sous-cutanés.
Avant d'induire l'ovulation, trois critères doivent être respectés : la jument doit être en œstrus, présenter un follicule préovulatoire en croissance, et ce dernier doit avoir un diamètre d'au moins 30 mm. Si le traitement est initié alors que le follicule est plus volumineux, le pourcentage d'ovulations spontanées sera d'autant plus élevé, et elles surviendront plus tôt que le délai habituel après une induction.
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Pathologies ovariennes
En plus des douleurs liées aux cycles ovariens normaux, la jument peut présenter un certain nombre de pathologies d'origine ovarienne.
Tumeur de la granulosa
Il s'agit d'une forme de cancer de l'ovaire, assez peu invasif car il métastase rarement, mais agressif localement. L'ovaire peut atteindre la taille d'un ballon de basket. Le diagnostic est assez aisé par échographie transrectale des ovaires si le stade est avancé, avec un ovaire beaucoup plus gros que l'autre. Le traitement est chirurgical, et peut s'effectuer sous laparoscopie sur cheval debout.
Hématomes ovariens
Au moment de l'ovulation, l'ovaire peut saigner à cause de la rupture du follicule. L'épanchement de sang est douloureux, en raison du poids augmenté et de la pression sur l'ovaire. L'hématome peut faire plus d'une dizaine de centimètres de diamètre. Si la jument présente des hématomes à chaque ovulation, les douleurs seront cycliques et s'apparenteront aux chaleurs douloureuses.
Abcès ovariens
Un abcès ovarien peut modifier le cycle en bloquant l'activité ovarienne. Dans ce cas, les symptômes ne sont pas cycliques. Assez frustes, on peut avoir des signes de coliques répétés, un amaigrissement, de l'hyperthermie, des signes d'infection à la prise de sang et une infertilité. Le traitement antibiotique est rarement efficace à lui seul si l'abcès est de grande taille.
Kystes ovariens
Les kystes sur les ovaires sont beaucoup plus rares qu'on ne l'imagine. Il s'agit de cavités liquidiennes sur l'ovaire, en général liées à un anoestrus (absence de chaleurs). On essaiera alors d'induire hormonalement un retour en chaleurs et donc une lyse des kystes. En cas d'échec, ils peuvent être ponctionnés chirurgicalement.
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Diagnostic et suivi
Les pathologies ovariennes sont très probablement surestimées par les propriétaires de jument. Cependant, il ne faut pas pour autant les négliger. La plupart du temps, elles sont découvertes au hasard d'un examen gynécologique en vue d'une mise à la reproduction. Certains troubles du comportement peuvent alerter, à condition qu'ils soient cycliques.
Méthodes de suivi
Plusieurs méthodes sont disponibles pour suivre le cycle de la jument et tenter de prévoir le moment de l'ovulation :
- Analyse comportementale : Observation des réactions de la jument présentée à un étalon. En période d'œstrus, la jument adopte un comportement de monte passive.
- Vaginoscopie : Visualisation du vagin et du col utérin avec un vaginoscope pour identifier le stade du cycle œstral.
- Palpation transrectale : Estimation de la tonicité, de la dimension et de la localisation du col et des cornes utérines, suivi de l'activité folliculaire de l'ovaire.
- Échographie : Examen précis et simple pour évaluer la dimension, l'apparence et l'épaisseur de la paroi du follicule préovulatoire, ainsi que la progression de l'œdème utérin.
- Dosages hormonaux : Détermination du taux plasmatique de progestérone pour confirmer la présence d'un corps jaune fonctionnel et évaluer les vagues folliculaires anovulatoires.
Suivi échographique de la gestation
Le blastocyste, formé vers J6 à J7 postovulation, garde sa forme sphérique chez la jument. L'embryon, d'environ 6 mm à J21, est visualisé par échographie vers J21 à J22. La croissance de l'allantoïde le pousse vers le haut et l'interface entre l'allantoïde et le sac vitellin est visualisée sous la forme d'une ligne échogénique reliant l'embryon aux deux côtés de la vésicule. La position de l'embryon est à peu près centrale à J29. Le développement allantoïdien, associé à la réduction du sac vitellin, fait monter les deux interphases qui se rejoignent en formant le cordon ombilical (aux environs de J40). La croissance du cordon et de l'embryon provoque la descente de celui-ci, qui se pose au fond (aux environs de 50 jours, le poulain est alors souvent sur le dos).
La gestion de la gémellité s'effectue via la détection des doubles ovulations, puis par un diagnostic précoce de gestation (14 jours après la dernière ovulation). Des examens hebdomadaires répétés permettent d'évaluer le déroulement de la gestation et les processus de résorption. Lors de gestation bilatérale, un écrasement manuel transrectal de la vésicule la plus accessible (ou la plus petite) est conseillé.
Chaleurs douloureuses et solutions
Certaines juments peuvent souffrir de chaleurs douloureuses, potentiellement liées à une grande quantité de follicules dans les ovaires. Les symptômes peuvent inclure des coliques à répétition.
Approches thérapeutiques
Plusieurs approches peuvent être envisagées pour soulager les chaleurs douloureuses chez la jument :
- Phytothérapie : Utilisation de plantes aux effets antispasmodiques, anti-inflammatoires et anxiolytiques, comme la camomille et la mélisse.
- Hormonothérapie : Administration quotidienne d'hormone progestative pour couper les chaleurs (équivalent d'une contraception).
- Vaccination : Vaccination permettant une « castration chimique » de la jument (non autorisée en compétition).
- Saillie : La mise à l'étalon est une solution classique, mais pas toujours souhaitable.
Autres solutions
- Compléments alimentaires : Donner à la jument souffrante un complément alimentaire contenant des antioxydants.
- Gestion de l'environnement : Offrir aux chevaux des conditions de vie optimales pour la reproduction (vie au pré, accès au soleil, alimentation naturelle, vie en troupeau).
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