Les nausées et vomissements sont des symptômes courants au cours de la grossesse, affectant une grande majorité de femmes, particulièrement au premier trimestre. Bien que souvent bénins, ces symptômes peuvent impacter significativement la qualité de vie. Cet article explore les causes, les traitements médicamenteux efficaces et les solutions alternatives pour soulager ces désagréments.

Comprendre les Nausées et Vomissements de Grossesse

Les nausées, souvent appelées "nausées matinales" bien qu'elles puissent survenir à tout moment de la journée, touchent environ 75% des femmes enceintes. Pour 50% d’entre elles, ces nausées sont accompagnées de vomissements. Elles apparaissent généralement au premier trimestre, atteignant un pic au cours du deuxième mois. Une étude récente a démontré que plus de 40% des femmes enceintes continuaient à souffrir de nausées et de vomissements au-delà du 3ème mois de grossesse.

Causes des Nausées et Vomissements

Plusieurs théories tentent d'expliquer les causes des nausées et vomissements de grossesse : anatomique, immunologique, métabolique et psychologique. Cependant, la cause essentielle est attribuée à la βhCG (hormone gonadotrophique chorionique). Sécrétée uniquement chez la femme enceinte dès le début du développement de l'embryon, la sécrétion de cette hormone continue durant les premiers mois de grossesse ; son taux évolue en effet exactement comme les nausées et vomissements de la grossesse.

Durée des Nausées

Les nausées et les vomissements débutent habituellement dès les premières semaines et cessent autour de la 12e semaine de grossesse. Toutefois, certaines femmes peuvent ressentir ces désagréments par la suite, souvent jusqu’à la 20e semaine de grossesse. Malheureusement, certaines femmes connaîtront des nausées et des vomissements jusqu’à la fin de leur grossesse.

Quand s'inquiéter ?

Les nausées et vomissements du premier trimestre sont fréquents. Toutefois, si vous êtes inquiète, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin, sage-femme ou pharmacien. Il saura vous répondre. Si les nausées apparaissent ou se prolongent au delà du 1er trimestre, il est préférable de consulter votre médecin ou votre sage-femme.

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Hyperémèse Gravidique

Il existe une forme, heureusement peu fréquente (2% des femmes enceintes), de nausées très importantes et de vomissements très fréquents appelée « Hyperémèse gravidique ». Très handicapante, elle nécessite un suivi médical spécifique.

Traitements Médicamenteux

Lorsque les vomissements deviennent invalidants, les antiémétiques (ou anti-vomitifs) sont utilisés pour bloquer le réflexe de vomissement. Il est crucial de consulter un médecin avant de prendre tout médicament pendant la grossesse.

XONVEA

XONVEA est un médicament soumis à prescription médicale obligatoire (liste I). Il est indiqué dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements de la grossesse ne répondant pas au traitement classique.

  • Composition : Hydrogénosuccinate de doxylamine et chlorhydrate de pyridoxine. Le chlorhydrate de pyridoxine est une vitamine hydrosoluble, convertie en quatre métabolites : le pyridoxal, la pyridoxamine, le pyridoxal 5'-phosphate et le pyridoxamine 5'-phosphate.
  • Posologie : La dose initiale est de 2 comprimés au coucher. Si cette dose contrôle efficacement les symptômes le lendemain, la patiente peut continuer à prendre deux comprimés au coucher. Si les symptômes persistent dans l'après-midi du Jour 2, la patiente doit continuer à la dose habituelle de deux comprimés au coucher (Jour 2) et le Jour 3, prendre trois comprimés (un comprimé le matin et deux comprimés au coucher). XONVEA doit être administré quotidiennement et non au besoin. La femme enceinte doit prendre le comprimé à jeun avec un verre d'eau.
  • Précautions : Les propriétés anticholinergiques de la doxylamine, ainsi que ses propriétés sédatives et les interactions médicamenteuses doivent être prises en compte lors de la prescription. Ce médicament doit également être utilisé avec prudence chez les patientes souffrant d'asthme ou d'autres troubles respiratoires, tels que la bronchite chronique et l'emphysème pulmonaire. Ce médicament doit être utilisé avec prudence chez les patientes présentant une insuffisance hépatique ou rénale.
  • Effets Secondaires : Ce médicament peut provoquer une somnolence et une vision floue, en particulier pendant les premiers jours de traitement. Les effets anticholinergiques indésirables possibles associés à l'utilisation des antihistaminiques en tant que classe comprennent en général : sécheresse de la bouche, du nez et de la gorge ; dysurie ; rétention urinaire ; vertiges, troubles visuels, vision floue, diplopie, acouphènes; labyrinthite aiguë ; insomnie ; tremblements, nervosité; irritabilité ; et la dyskinésie faciale.
  • Interactions Médicamenteuses : Alcool : une toxicité accrue, avec des capacités intellectuelles et psychomotrices altérées, a été rapportée dans certaines études. Les effets anticholinergiques de la doxylamine, un composant de ce médicament, pourraient conduire à des faux négatifs dans les tests d'hypersensibilité cutanée avec des extraits antigéniques. Des faux positifs aux dépistages urinaires de drogues pour la méthadone, les opiacés et le PCP peuvent survenir lors de l'utilisation de hydrogénosuccinate de doxylamine / chlorhydrate de pyridoxine.

Autres Antiémétiques

  • Antagonistes dopaminergiques (dompéridone, métoclopramide): Ils bloquent les récepteurs de la dopamine (D2) dans la zone chémoréceptrice. La dompéridone ne doit être utilisée qu’en cas d’absolue nécessité et après avis médical. Le métoclopramide peut être utilisé au cours de la grossesse si nécessaire. Par mesure de précaution, le métoclopramide doit être évité en fin de grossesse en raison du risque de syndrome extrapyramidal.
  • Antagonistes sérotoninergiques (ondansétron, granisétron): Ils bloquent les récepteurs de la sérotonine (5HT3). Ils sont très spécifiques et nécessitent une prise en charge médicale personnalisée. Ces traitements ne sont jamais pris en automédication.
  • Métopimazine: L’utilisation de métopimazine doit être faite avec prudence après avis d’un professionnel de santé.
  • Méclozine: L’utilisation du méclozine est possible au cours de la grossesse quel que soit le terme.
  • Diphénhydramine: L'utilisation de ce médicament peut être envisagée au cours de la grossesse si votre médecin juge nécessaire qu’il vous soit prescrit.

Médicaments en Automédication

Les médicaments anti vomissement en vente libre sont réservés aux troubles bénins et ponctuels.

  • Mal des transports: Pour les adultes et enfants à partir de 2 ans, Nausicalm® est efficace. C’est un antihistaminique H1, qui agit sur l’oreille interne.
  • Début de grossesse (1er trimestre): Chez la femme enceinte, Vogalène® est le seul antiémétique conseillé en automédication, avec accord médical si possible. Vogalène® est recommandé en première intention (sous surveillance).

Alternatives Naturelles et Conseils

Dans les cas bénins, l’automédication peut sembler une solution simple et rapide. En pharmacie, plusieurs médicaments antiémétiques sont disponibles sans ordonnance, mais leur usage n’est pas anodin. Jamais d’automédication pendant la grossesse.

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Gingembre

Le gingembre contribue au fonctionnement normal de l’estomac, notamment en début de grossesse. La Haute Autorité́ de Santé recommande notamment l’utilisation de “gélule de gingembre” depuis 2005. De nombreux travaux cliniques ont montré qu’il avait une efficacité au moins comparable aux produits de référence, mais sans en avoir les effets secondaires. Ceci s’explique par son mode d’action dit « périphérique » et très sélectif, c'est-à-dire agissant principalement sur l’organe-cible (tube digestif), pas sur les autres organes ou systèmes.

  • Maternov Nausées: Le Laboratoire MATERNOV développe un gingembre unique de qualité GINGERIN. Le rhizome de gingembre (Zingiber Officinale Roscoe) issu de l’Agriculture Biologique et sélectionné par MATERNOV bénéficie d’un traitement exclusif en Europe permettant d’éliminer tout risque sans altérer les composants naturels contenus dans la plante. Prendre 4 gélules par jour, à répartir (2 le matin, 2 le soir) par voie orale pendant les repas. Il est recommandé de poursuivre les prises pendant un minimum de 4 jours et généralement tout au long du 1er trimestre.

Conseils Alimentaires

  • Fractionner les repas: La stratégie nutritionnelle anti-nausées consiste à la fois à ne pas rester à jeun et à ne pas surcharger le système digestif. L’idéal est donc de multiplier les mini-repas dans la journée.
  • Aliments à privilégier: Déjeunez et dînez sain (poisson ou viande grillés, légumes cuits), évitez les plats en sauces ou les formules exotiques et programmez une collation vers 11h et 16h (fruit frais, compote ou laitage). Il faut plutôt choisir des aliments qui lestent l’estomac comme les pâtes, les pommes de terre en petite quantité.
  • Éviter les aliments acides: Pour éviter les haut-le-cœur pendant la grossesse, mieux vaut faire une croix sur les aliments acides qui provoquent des reflux (citron, tomates, melons) et l’alimentation grasse en général.
  • Boire de l’eau: Votre meilleur allié reste l’eau plate (1,5l au moins par jour) à condition de préférer la consommer en dehors des repas, 20 minutes avant et après et par petites gorgées tout au long de la journée.

Autres Recommandations

  • Se reposer: Les nausées ont tendance à augmenter sous l’effet de la fatigue, du manque de sommeil et du stress. Veillez donc déjà à bien dormir.
  • Éviter les odeurs fortes: La grossesse s’accompagne d’une hypersensibilité olfactive. Soyez vigilante concernant les effluves de tabac, les sillages de parfum entêtant ou les fumets provenant des fourneaux.
  • Grignoter avant de se lever: Un estomac vide et donc un faible taux de glycémie favorisant les nausées, il est en effet recommandé de ne pas se lever avant d’avoir au moins grignoté une tranche de pain grillé (plus digeste que le pain frais). Idéalement, c’est tout le petit déjeuner que vous prendrez au lit.

Signes d'Alerte et Quand Consulter

Un vomissement isolé ou passager n’est pas inquiétant. Cependant, certains signes doivent amener à consulter rapidement un médecin.

  • Vomissements bilieux (vomi vert ou jaune-vert): La présence de bile dans les vomissures peut indiquer un reflux biliaire important, une irritation digestive sévère, ou dans certains cas, une obstruction intestinale.
  • Sang dans le vomi: Si le vomi présente des traces rouges ou une couleur brun foncé évoquant du "marc de café", cela peut traduire une lésion de l'œsophage, un ulcère gastrique, ou un saignement digestif.
  • Fièvre associée: Une température élevée (au-delà de 38,5 °C) avec vomissements peut indiquer une infection virale ou bactérienne, nécessitant un traitement adapté.
  • Déshydratation: C’est l’un des principaux risques lorsque les vomissements se répètent, notamment chez les jeunes enfants ou les personnes fragiles.
  • Occlusion intestinale: En cas d'arrêt du transit (plus de selles ni gaz), douleurs en coliques, ventre gonflé, et vomissements (souvent bilieux ou fécaloïdes), il faut consulter en urgence.
  • Vomissements persistants: Si les vomissements ne s’arrêtent pas malgré le traitement, ou s’aggravent dans leur fréquence ou leur intensité, une consultation médicale rapide est indispensable.

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