Une grossesse, souvent perçue comme un moment de joie et d'anticipation, peut malheureusement se transformer en une période d'angoisse et de complications pour certaines femmes. Parmi ces complications, la pré-éclampsie et le syndrome HELLP (Hemolysis, Elevated Liver enzymes, and Low Platelet count) se distinguent par leur gravité et leurs potentielles conséquences à long terme, tant pour la mère que pour l'enfant. Cet article explore le lien entre ces complications gravidiques et le risque accru d'autisme chez l'enfant, tout en soulignant l'impact psychologique significatif sur les mères concernées.
Pré-éclampsie et Syndrome HELLP : Comprendre les Risques
La pré-éclampsie se manifeste par une hypertension artérielle et la présence de protéines dans l'urine chez la femme enceinte, généralement après la 20e semaine de grossesse. Elle peut évoluer vers des formes plus sévères, notamment le syndrome HELLP, une complication rare mais grave caractérisée par une atteinte hépatique et une diminution du nombre de plaquettes sanguines. En France, environ 15 000 femmes sont touchées par la pré-éclampsie chaque année.
La crise d’éclampsie est une complication de la prééclampsie, qui consiste en des crises similaires à celles de l’épilepsie, généralisées et inexpliquées. Rassurons-nous : ces complications sont très rares.
Le traitement du HELLP syndrome repose essentiellement sur l’interruption de la grossesse, autrement dit le déclenchement de l’accouchement, par césarienne le plus souvent. Lorsque la grossesse est suffisamment avancée (autour de 34 semaines d’aménorrhée), le déclenchement de l’accouchement est donc perçu comme un traitement adéquat car, comme la prééclampsie, le HELLP syndrome disparaît de lui-même sans séquelle dans les jours suivant l’accouchement. Cela étant, il faut savoir que l’anesthésie péridurale est proscrite lorsque la thrombopénie est modérée à sévère, plus précisément lorsqu’il y a moins de 100 000 plaquettes/mm3 dans le sang. D’autres approches existent toutefois pour éviter d’interrompre la grossesse à un stade trop précoce. Elles consistent notamment à injecter des corticoïdes afin d’accélérer la maturation pulmonaire du fœtus en cas de besoin de déclenchement, et/ou à prescrire des antihypertenseurs à la future maman. En France, le Hellp syndrome est bien pris en charge et la mortalité maternelle est faible, inférieure à 1 %.
Le Lien Émergent entre Pré-éclampsie et Autisme
Une étude publiée dans le JAMA Pediatrics a mis en évidence un lien significatif entre la pré-éclampsie et un risque accru d'autisme chez l'enfant. Les enfants nés de mères ayant souffert de pré-éclampsie pendant leur grossesse ont deux fois plus de risques de développer un trouble du spectre autistique (TSA) que les autres enfants. Ce risque semble augmenter avec la sévérité de la pré-éclampsie.
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Cette étude a été menée sur plus de 1 000 enfants âgés de deux à cinq ans, dans le cadre d'une recherche sur les risques génétiques et environnementaux de l'autisme dans le nord de la Californie. Plus de 500 enfants étaient autistes, 200 avec des retards de développement et 350 sans retard. Résultat : les mères d'enfants autistes et d'enfants avec un retard de développement avaient aussi souvent des insuffisances placentaires par rapport à celles dont les enfants se développaient normalement. "Nous avons constaté un lien significatif entre la prééclampsie et le syndrome de l'autisme ainsi qu'avec des retards de développement qui augmentent avec le degré de sévérité de la pathologie" explique Cheryl Walker, professeur adjoint de gynécologie à la division de médecine maternelle et du fœtus de l'Université.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ce lien. La pré-éclampsie peut affecter le développement du cerveau du fœtus en raison d'une insuffisance placentaire, privant potentiellement le cerveau en développement d'oxygène et de nutriments essentiels. Des facteurs inflammatoires et des perturbations vasculaires associés à la pré-éclampsie pourraient également jouer un rôle.
Impact Psychologique sur les Mères : Une Enquête Révélatrice
L'association Grossesse Santé a mené une enquête auprès de près de 1000 femmes ayant vécu une pré-éclampsie, révélant un impact psychologique profond et durable. Les résultats montrent que ces femmes sont confrontées à un mal-être significatif, marqué par la peur, l'angoisse et la culpabilité dans les jours suivant l'accouchement (respectivement 81%, 85% et 78%).
- Traumatisme et Reviviscence : Une proportion importante de femmes (96%) repensent involontairement à l'événement, et 64% ont le sentiment de le revivre.
- Sentiment d'avoir échappé à la mort : 78% des femmes ont le sentiment d'avoir échappé de peu à la mort, soulignant la gravité perçue de l'expérience.
- Cauchemars : Plus de la moitié des femmes (54%) font des cauchemars suite à leur accouchement, témoignant d'un stress post-traumatique.
- Risque de Dépression Post-Partum : L'enquête révèle également que 49% des femmes expriment de la tristesse, 10% ont des idées suicidaires et 25% se sentent incapables de s'occuper de leur bébé, indiquant une susceptibilité accrue à la dépression post-partum.
Soutien et Prise en Charge Psychologique : Une Nécessité
Face à ces défis psychologiques, il est crucial de mettre en place un soutien adapté pour les femmes ayant vécu une pré-éclampsie. L'enquête de Grossesse Santé a identifié plusieurs formes de soutien bénéfiques :
- Témoignages d'autres mères : La lecture de témoignages d'autres femmes ayant vécu des expériences similaires est une source d'aide pour 61% des femmes.
- Partage d'expériences : Partager son histoire (26%), recevoir le soutien d'autres mères sur les réseaux sociaux (27%) ou celui de professionnels de la psychologie (26%) sont également des stratégies efficaces.
Il est important de souligner que la majorité des mères ayant participé à l'enquête ont connu des complications plus sévères liées à la pré-éclampsie, ce qui peut expliquer l'impact psychologique plus important. Cependant, cette étude met en lumière la nécessité d'une prise en charge globale des femmes dont la grossesse est compliquée par une pré-éclampsie, en intégrant un volet psychologique à côté du suivi médical.
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Le Parcours d'Émilien : Un Exemple de Prise en Charge Multidisciplinaire de l'Autisme
L'histoire d'Émilien illustre l'importance d'une prise en charge précoce et multidisciplinaire pour les enfants atteints d'autisme. Confrontés aux particularités de leur enfant, les parents d'Émilien ont rapidement consulté différents spécialistes. Une psychologue a émis un doute, et une prise en charge individualisée a été mise en place.
- Intervention Précoce : Une « psycholinguiste » ambulatoire venait deux fois par semaine pour stimuler la communication et l'échange.
- Art-thérapie : Des séances d'art-thérapie ont été proposées, bien qu'Émilien ait initialement montré peu d'intérêt pour la représentation sur papier.
- Intégration en Crèche : Émilien a été intégré à la crèche deux fois par semaine, favorisant le contact avec d'autres enfants, même s'il préférait la compagnie des bébés.
- Scolarisation avec AVS : La scolarisation en maternelle avec l'aide d'une Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS) a joué un rôle essentiel dans son développement.
Grâce à cette prise en charge variée, Émilien a fait des progrès significatifs. Il a arrêté de se balancer (un comportement souvent associé à l'autisme), regarde plus souvent dans les yeux, décrypte davantage les expressions faciales et s'intègre mieux dans sa classe. Il s'adapte également plus facilement à de nouveaux environnements.
La méthode PECS (Picture Exchange Communication System), un système de communication basé sur l'échange d'images, a été un déclencheur pour l'utilisation du langage par Émilien.
L'histoire d'Émilien souligne également l'importance du soutien aux parents et à la fratrie. L'arrivée d'un enfant handicapé est un bouleversement familial, et il est essentiel que les parents déculpabilisent pour une meilleure prise en charge de leur enfant. La psychanalyse peut également aider à mettre des mots sur le vécu des parents et les réactions des frères et sœurs.
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