Le streptocoque du groupe B (SGB), ou Streptococcus agalactiae, est une bactérie couramment retrouvée dans l'organisme humain. Bien que souvent inoffensive, sa présence pendant la grossesse peut présenter des risques pour le nouveau-né. Cet article vise à informer sur les risques associés au streptocoque B pendant la grossesse et l'accouchement, ainsi que sur les mesures de prévention mises en place.

Qu'est-ce que le streptocoque B ?

Le streptocoque du groupe B est une bactérie qui peut être présente dans le tube digestif ou le vagin des hommes et des femmes. Il est retrouvé dans la flore vaginale chez au moins 15 % des femmes, souvent de façon asymptomatique. L’Institut Pasteur précise que cette bactérie se retrouve chez 5 à 40 % des femmes au cours de la grossesse, « selon les techniques bactériologiques utilisées et les populations étudiées ». Dans la plupart des cas, sa présence est sans conséquence pour l'adulte en bonne santé. Cependant, chez la femme enceinte, le SGB peut devenir un pathogène mortel pour le nourrisson au moment de l'accouchement.

Risques pour la mère et le nouveau-né

Risques pour le nouveau-né

Le principal risque lié au streptocoque B est la transmission de la bactérie de la mère à l'enfant lors de l'accouchement, au moment de son passage par le vagin. Le bébé peut inhaler ou ingérer des sécrétions vaginales contaminées. Cette transmission peut entraîner des infections néonatales graves, telles que :

  • Infection précoce: Elle se manifeste dans les 24 premières heures de vie et jusqu’à 7 jours. Les infections précoces surviennent dans 80 % des cas durant les 24 premières heures de vie et les infections tardives surviennent entre la première semaine de vie et le troisième mois. Elle se manifeste le plus souvent par une septicémie (infection générale de l’organisme avec présence de la bactérie dans le sang) et une détresse respiratoire (incapacité des poumons à fonctionner correctement). Les infections précoces se manifestent plus communément par une détresse respiratoire et une bactériémie (89 % des cas).
  • Infection tardive: Elle survient après la première semaine de vie et le plus souvent avant le deuxième mois. La méningite reste une présentation clinique moins commune lors des formes précoces (10-20% des cas). Elle occasionnera plutôt une inflammation des méninges, en l’occurrence une méningite bactérienne.

Selon l’Institut Pasteur, environ 500 cas d’infections néonatales invasives sont recensés en France chaque année, engendrant entre 30 et 60 décès.

Risques pour la mère

Bien que moins fréquents, le streptocoque B peut également causer des infections chez la mère, telles que :

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  • Infections urinaires (cystites).
  • Infections intra-utérines.
  • Bactériémies.
  • Endométrites (infection de l'endomètre qui tapisse l'utérus).
  • Infections généralisées.

Dépistage et prévention

Dépistage systématique

En raison des risques potentiels, un dépistage systématique du portage de SGB est recommandé chez la femme enceinte, généralement entre 34 et 38 semaines d'aménorrhée. Ce dépistage consiste en un prélèvement vaginal à l’aide d’un écouvillon (sorte de coton-tige). Cet examen est simple et indolore. Ce dépistage va permettre de déterminer si l'écosystème vaginal de la future mère a été colonisé par le SGB. Notons que ce dépistage est recommandé même si une césarienne est programmée ou envisagée, dans l’éventualité où l’accouchement a lieu plus tôt que prévu.

Il est important de noter que l’existence d’une seule infection urinaire à streptocoques est considérée comme un risque majeur pour la transmission d’infection materno-foetale.

Antibiothérapie pendant l'accouchement

Si le résultat du dépistage est positif (5 à 40 % des cas), une antibioprophylaxie est administrée à la mère pendant l'accouchement. Il s’agit d’une perfusion intraveineuse d'antibiotiques, généralement des ß-lactamines (pénicilline ou amoxicilline), ou un macrolide en cas d'allergie. Pour que le traitement soit efficace, la mère doit avoir reçu au moins 3 grammes d’antibiotique avant la naissance de l’enfant. Au moment où le travail va commencer, elle bénéficiera systématiquement d'une injection d'antibiotiques toutes les 6 heures. Pour que cela soit efficace, il faut que la mère reçoive au moins deux injections.

L’antibioprophylaxie en intra-partum repose sur une ß-lactamine (pénicilline ou amoxicilline) ou, en cas d’allergie, sur un macrolide.

Il est crucial de signaler toute allergie à un antibiotique à votre médecin.

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Mesures complémentaires

Outre l'antibiothérapie, une prise en charge pédiatrique immédiate à la naissance doit avoir pour but de dépister les signes précoces d’infection du nouveau-né. Le pédiatre doit être averti à l’avance afin d’être présent au moment de la naissance.

Recherche de nouvelles cibles thérapeutiques

Face aux infections à streptocoque B, des chercheurs souhaitent identifier des cibles thérapeutiques qui contribueront à développer d'autres traitements. Les chercheurs étudient une molécule produite par la bactérie, le di-AMPc (di-adénosine monophosphate cyclique), qui est impliquée dans la relation entre l'hôte et la bactérie. Le di-AMPc est nécessaire à la croissance bactérienne, mais sa reconnaissance par le système immunitaire induit une inflammation. L'équipe souhaite aujourd'hui mieux caractériser les fonctions du di-AMPC qui sont bénéfiques pour la bactérie, ainsi que le rôle de cette molécule lors du développement de l'infection. Les chercheurs utiliseront pour cela diverses techniques de biologie moléculaire et cellulaire. Ils essaieront en particulier de bloquer sa synthèse chez les bactéries afin d'en évaluer les conséquences.

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