Steve Suissa est un artiste aux multiples talents, naviguant avec aisance entre le cinéma, le théâtre et même l'opéra. Acteur, metteur en scène, cinéaste et producteur, il se définit comme un passionné capable de vivre 100 vies en une, touchant du bout des doigts ses grandes espérances.

Un homme aux multiples expressions artistiques

Steve Suissa affectionne la diversité de ses activités. Au cinéma, il se retrouve face à une caméra, des techniciens, des acteurs et des décors. Au théâtre, l'expérience est plus intimiste, se déroulant parfois avec seulement deux ou trois personnes sur scène. L'opéra, quant à lui, le confronte à la direction de quatre-vingt personnes, comme ce fut le cas pour La flûte enchantée. Cette alternance stimule son désir d'apprendre et d'éviter de tomber dans la routine. À travers chaque expérience artistique, il cherche à découvrir quelque chose de nouveau et à se mettre en danger en explorant des sujets et des univers inconnus.

Un compagnonnage artistique avec Éric-Emmanuel Schmitt

Steve Suissa entretient une relation privilégiée avec l'écrivain Éric-Emmanuel Schmitt. Après avoir travaillé ensemble sur Le Journal d'Anne Frank, ils se retrouvent pour The Guitrys et La trahison d'Einstein. Suissa décrit Schmitt comme quelqu'un d'immense, tant sur le plan humain qu'artistique. Ils échangent librement sur le texte, le casting, le son et les lumières. Suissa apprécie particulièrement de pouvoir collaborer avec un auteur vivant d'une telle importance. S'il aime relire Tchékhov ou Shakespeare, il trouve passionnant de pouvoir échanger directement avec l'auteur. Il considère leur collaboration comme un tandem artistique et espère qu'elle se poursuivra, car il a beaucoup de respect pour Schmitt et reconnaît son propre manque de talent pour l'écriture. En lisant les textes de Schmitt, il se réjouit que quelqu'un ait pu formuler ces histoires et permettre qu'elles s'incarnent si richement dans des personnages.

L'exploration de l'univers de Sacha Guitry et Yvonne Printemps

Avec The Guitrys, Steve Suissa s'est plongé dans l'univers de Sacha Guitry et Yvonne Printemps. Bien qu'il ait déjà lu les pièces de Guitry et connaissait vaguement son histoire avec Printemps, il n'en était pas spécialement proche. Cette aventure lui a permis d'apprendre beaucoup sur ces deux figures emblématiques. Il s'est documenté, a lu toutes leurs interviews et a beaucoup écouté Yvonne Printemps. Il a ensuite entrepris un voyage dans les Années Folles et a souhaité faire une mise en scène fidèle mais aussi très moderne, en images, pour retracer les carrières et les destins de ces deux personnages, dont l'histoire d'amour est intemporelle et universelle.

Un style cinématographique au théâtre

Steve Suissa est reconnu pour son style spécifique qui consiste à imprégner la scène de théâtre d'un sens cinématographique. Il aspire à ce que son travail de metteur en scène soit marqué au fer rouge par cette caractéristique. Bien que certains sujets s'y prêtent plus que d'autres, il a l'impression que chaque mise en scène est une partie de lui à travers laquelle il va chercher l'émotion, l'intensité et tous les ingrédients qui font que les acteurs vont être portés et vont pouvoir donner une singularité à l'ensemble du projet. Le plus beau compliment qu'on puisse lui faire, c'est qu'on reconnaisse qu'il est le metteur en scène rien qu'à la mise en scène, avant même de voir son nom. Il apprécie de pouvoir plonger dans des atmosphères très différentes, allant de L'Affrontement à Bronx en passant par Einstein. Il se réjouit également de constater qu'il existe aujourd'hui un théâtre qui réunit un public allant des jeunes à des spectateurs de plus de 77 ans autour d'un texte.

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La direction d'acteurs : un rapport instinctif et physique

Selon Steve Suissa, la direction d'acteurs repose sur des données qui reviennent toujours. Il commence par une mise en place, organise les lectures et laisse un espace qui permette aux acteurs de se lâcher. Ensuite, il travaille sur les corps. Il entretient un rapport instinctif et physique avec les acteurs, allant jusqu'à leur mettre la main sur la nuque ou leur attraper les chevilles.

La musique : un sens qui le transporte

La musique et les odeurs sont les deux sens qui mettent Steve Suissa dans un état très particulier. Les sons et les parfums circulent dans son corps tout entier et le transpercent d'émotions très fortes. Même lorsqu'il n'aborde pas directement le chant, comme c'est le cas avec Claire Keim qui interprète Yvonne Printemps dans The Guitrys, la musicalité est pour lui en quelque sorte le battement de cœur d'un personnage. C'est ce qui le met dans un état, une envie, une audace, et c'est par ce biais qu'il casse toutes les conventions pour travailler sur la sensibilité et l'intensité.

L'attrait pour l'épicurisme de Sacha Guitry

L'approche réussie de The Guitrys donne à Steve Suissa l'envie de monter ultérieurement une pièce de Sacha Guitry lui-même. Il se sent attiré par l'épicurisme de Guitry, son amour pour la nourriture, l'écriture et la prise de risques. Il apprécie le fait que Guitry ait le trac mais n'ait pas peur. Il le considère comme un artiste qu'il apprécie profondément. De plus, grâce à l'écriture d'Éric-Emmanuel Schmitt dans The Guitrys, on aime tout autant Yvonne Printemps. Même si au début on se demande pourquoi Sacha s'amourache d'une petite garce, très vite on tombe irrésistiblement sous son charme de femme enfant en accord parfait avec le faux dur.

Autres projets et collaborations

Steve Suissa a également mis en scène Moi aussi j’ai vécu, un spectacle d'Hélios Azoulay basé sur son livre. Il a également collaboré avec Rachel Khan sur Les Grands Tournants, un spectacle immersif sur les moments de bascule de notre histoire contemporaine. Il a également mis en scène Appelez Moi Golda avec Valérie Zarrouk.

Parcours et influences

Né le 7 décembre 1970, Steve Suissa a grandi rue du Faubourg-Montmartre. Sa mère lui a donné le prénom de Steve en hommage à Steve McQueen, son héros, alors qu'elle regardait Au nom de la loi lors de sa naissance. À 14 ans, il quitte l'école et annonce à son grand-père son désir de devenir artiste. Il décrit son enfance comme solitaire, marquée par des bagarres qui le menaient régulièrement au commissariat et à la salle de boxe. Il se demandait s'il devait suivre le chemin des malfrats ou celui des petits commerçants honnêtes d'Afrique du Nord. Sa rencontre avec le monde du théâtre et Francis Huster l'a sauvé, lui permettant d'éviter de mal tourner et de se plonger dans la lecture. Il se décrit comme tout sauf un fêtard, arrivant chaque jour à son bureau à 4 heures du matin pour préparer sa journée et celle de ses équipes. Il a l'impression d'être un survivant, ayant vu mourir 80 % des gens qu'il a côtoyés plus jeune, ce qui le pousse à vivre intensément.

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Premiers pas et ascensions

Steve Suissa a d'abord approché le théâtre de façon clandestine, en s'inscrivant aux classes libres du Cours Florent, alors dirigées par Isabelle Nanty et Francis Huster. La même année, il suit un stage « Actor Studio ». C'est Jean-Luc Godard qui lui offre son premier rôle de cinéma dans Nouvelle Vague, aux côtés d'Alain Delon. Entre scène et télévision, Steve poursuit son ascension et cherche sa voie dans un monde où il est parfois difficile de trouver sa place. Après avoir été acteur, il décide de devenir réalisateur. Sa rencontre avec Marc Esposito lui permet de co-signer le scénario de son premier long métrage, L'Envol. Suivront Le Grand rôle et Cavalcade. Il revient régulièrement à ses premières amours, le théâtre, en mettant en scène des pièces comme Il était une fois le Bronx et Le Journal d'Anne Frank.

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