Le cycle menstruel est une période de changements hormonaux importants qui peut affecter la santé physique et mentale des femmes. Parmi les nombreux symptômes possibles, l'anxiété et les crises d'angoisse sont des problèmes courants. Cet article explore la relation entre la spasmophilie, le cycle menstruel et les symptômes associés, en mettant en lumière les causes, les manifestations et les stratégies de gestion.

Anxiété et Cycle Menstruel: Une Liaison Complexe

Est-il normal d'avoir de l'anxiété juste avant ses règles?

La fluctuation hormonale qui précède le cycle menstruel d’une femme peut être accompagnée d’un certain nombre de désagréments, dont une hausse de l’anxiété. Résultat, certaines femmes peuvent être en proie à de l’angoisse, quelques jours avant les règles. Environ 10 % des femmes peuvent présenter des symptômes sévères du SPM. Cette forme grave se nomme le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Différencier l'anxiété physiologique de l'anxiété pathologique

« En réalité, tout le monde peut ressentir une forme d’anxiété ou une baisse de moral. Mais il faut distinguer l'anxiété d’ordre physiologique, qui survient dans un contexte précis, qui est liée à un évènement, à une période, etc. Les femmes sujettes à l'anxiété et notamment à une anxiété pathologique vont davantage être touchées par l'anxiété hormonale. Ainsi, une personne souffrant d'un syndrome anxio-dépressif va voir ce dernier se majorer durant le SPM.

Il faut distinguer un trouble anxieux d’un simple « coup de stress » lié à une situation stressante du quotidien (examen, discussion, imprévu…). L’anxiété est récurrente et survient à tout moment, majorée parfois pendant le syndrome prémenstruel.

Le rôle des hormones

Les oscillations des concentrations œstrogéniques et progestatives jouent sur notre humeur. Un lien souvent mis en avant est celui entre l’anxiété prémenstruelle et la baisse des taux d’œstrogènes dans l’organisme après l’ovulation. Avant les règles, ces hormones féminines atteignent leur point les plus bas du cycle. Cette baisse se traduirait par tous les symptômes du SPM, y compris l’anxiété.

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« Il existe des variations d’œstrogène et de progestérone tout au long du cycle menstruel. « Tout va se jouer au fait que la progestérone va se fixer ou non sur les récepteurs à la sérotonine pendant cette deuxième phase du cycle menstruel », indique la gynécologue. On sait que la sérotonine est un neurotransmetteur impliqué dans la gestion des humeurs et associé à l’état de bonheur.

Crises d'Angoisse: Comprendre et Gérer

Qu'est-ce qu'une crise d'angoisse?

La crise d’angoisse, ou attaque de panique, se définit comme l’apparition soudaine et parfois inexpliquée d’une anxiété sévère. Elle est associée à la peur irrationnelle qu’une catastrophe va survenir, comme sa propre mort par exemple. Elle est associée à une sensation de poids sur la poitrine, une tachycardie, une hyperventilation, des vertiges, des nausées ou des tremblements. Dans les cas les plus violents, des vomissements ou une perte de connaissance peuvent avoir lieu. Les symptômes de la crise diffèrent entre les sujets. Elle est temporaire et ne dure en moyenne qu’une dizaine de minutes. Assez courante, elle toucherait au moins une fois 21% des adultes.

Il faut bien distinguer une attaque de panique d’un « coup de stress ». Contrairement à une situation stressante, une attaque de panique peut survenir à n’importe quel moment pour des raisons parfois difficiles à identifier, et prendre des proportions bien plus importantes. Quand les crises se répètent (voire handicapent la personne atteinte) et qu’une appréhension d’en refaire apparaît, on parle alors d’un trouble panique. Ce trouble fait partie de la grande famille des troubles anxieux. Il peut être accompagné d’autres troubles, comme les phobies, une anxiété sociale ou une anxiété généralisée.

Les origines des crises d'angoisse

  1. Les causes génétiques: Il semblerait qu’avoir un.e parent.e souffrant de crises d’angoisse augmenterait les risques d’en faire à son tour.
  2. Les causes environnementales: L’environnement a un impact direct sur les risques de développer des crises d’angoisses. Le contact avec un.e parent.e anxieu.x.se augmente significativement le risque de l’être à son tour. À cela s’ajoute l’exposition aux situations stressantes et/ou les traumatismes vécus.
  3. Les causes biologiques: Chez les personnes souffrant de crises d’angoisse, et plus spécifiquement chez les personnes souffrant d’un trouble anxieux, il semblerait qu’il existe une anomalie dans le fonctionnement des neurotransmetteurs. Dans une situation de stress, le cerveau va faire parvenir par le biais de ces neurotransmetteurs, un tas d’hormones nous aidant à faire face. Parmi elles, le cortisol, hormone principale du stress. Une fois la situation passée, le cortisol baisse, et tout revient à la normale. Chez les personnes anxieuses, ce taux est toujours plus élevé que la moyenne. Le corps agit toujours comme s’il existait une situation d’urgence. Parmi les causes biologiques, il semblerait qu’être une femme augmenterait les risques de crises d’angoisse.
  4. Les facteurs aggravants: La dépendance est un facteur aggravant d’une crise d’angoisse. La prise de drogues, médicaments ou tout autre substance faisant provoquer une chute importante de sérotonine (hormone du bonheur), favorise les crises d’angoisses. D’autres troubles ou maladies mentales peuvent elles aussi jouer comme facteur aggravant.

Le lien entre les règles et les crises d'angoisse

Les règles peuvent jouer un rôle important quant à l’apparition de ces crises. En effet, lors de la phase lutéale (la dernière étape du cycle menstruel), le taux d’œstrogènes baisse drastiquement, créant ainsi un terrain plus fertile à l’anxiété. À cela s’ajoute les symptômes liés au syndrome prémenstruel : douleurs, irritabilité, fatigue… À la ménopause, l’anxiété peut aussi être exacerbée, liée au fait de cette baisse d’œstrogènes dans le système hormonal ; mais peut être aussi liée à la peur de vieillir consciente ou inconsciente qui peut accompagner cette période. Toutefois, une augmentation des crises sont notables chez des personnes déjà atteintes. Il y a peu de chances que des attaques de paniques surviennent à ces moments chez les personnes de nature peu anxieuses.

Apaiser les crises d'angoisse

Quand c’est possible, il peut être intéressant de trouver la cause profonde des angoisses et la traiter. Pour s’aider, vous pouvez vous tourner vers un.e spécialiste de la santé mentale : psychologue, psychiatre ou même psychanalyste. Si les crises sont récurrentes et touchent toutes les sphères de sa vie, professionnelle notamment, cela peut être favorable d’en parler avec son entourage. Prévenir ses ami.e.s, sa famille et/ou ses collègues permet d’ouvrir la parole et de donner les bons réflexes à avoir en cas de crise.

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Au moment de la crise, quelques astuces :

  • Se mettre dans un endroit sécurisant, seul.e ou entouré.e d’une personne de confiance
  • Accepter son état de crise, essayer de prendre conscience que sa vie n’est pas en danger immédiat.
  • Pour calmer son rythme cardiaque, procéder à des exercices de respiration.
  • Favoriser tout ce qui peut vous ramener à quelque chose de concret et de rationnel : malaxer une balle anti-stress, griffer une surface rugueuse, respirer une odeur apaisante…

Après la crise :

  • S’hydrater : l’accélération du rythme cardiaque et les suées qui l’accompagnent déshydrate le corps.
  • Être bienveillant.e avec soi. Après une crise un sentiment de culpabilité peut naître : sentiment de ne pas avoir réussi à surmonter l’attaque de panique, l’annulation d’un rdv, etc… Comprenez que vous n’êtes pas responsable de la crise, et que d’en avoir fait une ne veut pas dire forcément que d’autres apparaîtront.

La méditation peut aider certain.e.s, mais peut favoriser l’apparition de pensées intrusives ou d’état de déréalisation, qui peuvent entrainer une crise d’angoisse.

Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM)

Qu'est-ce que le TDPM?

Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est un trouble cyclique lié au cycle menstruel reconnu comme une forme sévère de syndrome prémenstruel (SPM). En effet, contrairement au syndrome prémenstruel (SPM), le TDPM ne se limite pas à un inconfort passager : il est reconnu comme un trouble psychiatrique à part entière dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Il se manifeste principalement pendant la phase lutéale du cycle, c’est-à-dire environ une à deux semaines avant les règles, et disparaît dans les premiers jours des menstruations. Ce SPM sévère se manifeste par des troubles émotionnels, psychologiques et physiques particulièrement intenses.

Symptômes du TDPM

Le TDPM est un trouble qui touche profondément l’équilibre émotionnel, psychique et physique. Les symptômes émotionnels sont souvent les plus marquants et les plus invalidants pour les femmes concernées. À ces manifestations émotionnelles s’ajoutent des troubles physiques qui renforcent cet état de détresse :

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  • Une fatigue persistante ou un épuisement inhabituel.
  • Des troubles du sommeil (insomnies, hypersomnies).
  • Une tension ou une douleur mammaire.
  • Des douleurs musculaires, lombaires ou articulaires.
  • Des céphalées ou migraines.
  • Des modifications de l’appétit (fringales, aversions, hyperphagie).
  • Des ballonnements ou une sensation de gonflement.

L’intensité et la récurrence des symptômes du TDPM peuvent altérer profondément la qualité de vie. Ce trouble peut nuire à la concentration, perturber les performances professionnelles, fragiliser les relations familiales ou conjugales et favoriser un repli sur soi ou une perte de confiance. Dans les formes les plus sévères, des pensées suicidaires.

Causes et facteurs de risque du SPM sévère

Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) ne s’explique pas par une anomalie hormonale visible lors d’analyses sanguines classiques. Les femmes qui sont concernées présentent en général des niveaux normaux d’œstrogènes et de progestérone. Ce n’est donc pas la quantité d’hormones qui est en cause mais la sensibilité accrue du système nerveux central à leurs fluctuations naturelles. Certaines études ont également mis en évidence un lien entre le TDPM et le système sérotoninergique. La sérotonine, un neurotransmetteur important dans la régulation de l’humeur, serait moins bien régulée chez certaines femmes pendant la phase prémenstruelle, en lien avec les variations hormonales. Plusieurs facteurs semblent également augmenter le risque de développer ce trouble.

Reconnaître et prendre en charge le TDPM

Le TDPM reste encore mal diagnostiqué puisqu’il est souvent confondu avec un simple syndrome prémenstruel ou un trouble de l’humeur. Pour poser un diagnostic fiable, il est indispensable d'observer la régularité des symptômes sur plusieurs cycles. L’intensité des troubles, leur survenue systématique dans les jours précédant les règles, ainsi que leur disparition rapide après le début des menstruations sont des critères essentiels. Le diagnostic, réalisé par un professionnel de santé, repose sur les recommandations du DSM-5, qui exigent au moins cinq symptômes (dont un émotionnel) avec un retentissement important sur la vie quotidienne. La prise en charge peut être médicamenteuse ou combinée avec une approche naturelle selon les besoins et la sévérité du trouble. Certains traitements comme les ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) sont utilisés à faible dose sur une partie du cycle et se montrent efficaces dans plusieurs études cliniques.

Spasmophilie: Un Trouble Complexe

Histoire et définition de la spasmophilie

Crises de tétanie, spasmophilie… pour qui a connu les années 1970-1980, décennies où les magazines grand public débordaient d’articles sur cette affection, la quasi-disparition de la spasmophilie du discours ambiant (et des salles d’attente) pose question. Des diverses hypothèses étiologiques évoquées au pic de sa popularité, ne subsistent que les troubles anxieux et, dans le champ psychanalytique, la névrose de conversion hystérique. Le terme « spasmophilie » est apparu au milieu du XIXe siècle, mais celle-ci n’est devenue une entité nosologique largement étudiée qu’à partir des années 1950.

Dans les textes publiés au pic de son impact médiatique, la spasmophilie est caractérisée par une grande variété de symptômes, un patient en présentant habituellement entre 10 et 12. Le signe de Chvostek est le déclenchement, lors de la percussion du nerf facial (entre le lobe de l’oreille et la commissure des lèvres), d’une contraction de la lèvre supérieure particulière dite « en museau de tanche ». Ce signe a un temps été considéré comme caractéristique de la spasmophilie.

La spasmophilie « historique » touchait 3 femmes pour 1 homme, affectant de 7 à 10 % de la population, essentiellement des personnes jeunes (avec un pic vers 30-35 ans). Certaines professions paraissaient plus touchées (professeurs, infirmières, employés) et d’autres épargnées (agriculteurs, ouvriers, petits commerçants, patrons). À noter, la spasmophilie a été, dans les années où elle était médiatisée, une maladie quasi exclusivement française.

Théories et interprétations

La théorie d’un trouble du métabolisme du magnésium, suggéré par une hypomagnésémie érythrocytaire fréquemment - mais pas systématiquement - mise en évidence. La théorie « nerveuse » associant fatigue et anxiété. Dans le fil de cette dernière théorie, certains auteurs, tout en acceptant la réalité des symptômes et la souffrance engendrée, refusaient de considérer la spasmophilie comme un trouble d’origine organique.

Spasmophilie et troubles anxieux

Aujourd’hui, la spasmophilie est rattachée aux troubles paniques avec qui elle partage de nombreux symptômes, et donc aux troubles anxieux. Ce classement reflète la prépondérance progressive de la théorie dite « nerveuse » dans la compréhension de la spasmophilie, mais aussi l’observation de l’effet positif des anxiolytiques dans le traitement de cette affection : l’arrivée de nombreuses benzodiazépines à la fin des années 1970 a probablement contribué à ce que la spasmophilie soit largement considérée comme une manifestation de l’anxiété.

Évolution et réinterprétation

Pour certains auteurs, le retrait progressif de la spasmophilie du paysage médical pourrait trouver son origine dans une sorte de transfert vers une autre « maladie de l’époque », en l’occurrence la fibromyalgie. Derrière ce glissement suggéré de la spasmophilie à la fibromyalgie, il y a l’idée que ce que l’on observe est la réincarnation périodique, sous forme d’entités cliniques plus ou moins bien définies (mais toujours médiatisées), des mêmes symptômes médicalement inexpliqués d’origine hystérique. Vue sous l’angle des symptômes médicalement inexpliqués, la saga de la spasmophilie évoque également ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui les troubles neurologiques fonctionnels (TNF).

Stratégies de gestion de l'anxiété et des symptômes liés au cycle menstruel

Approches générales

Bien qu’il existe un certain nombre de médicaments en vente libre pour apaiser les crampes abdominales et les autres désagréments prémenstruels, ils ne sont d’aucune aide pour éviter que l’anxiété prenne le dessus.

  • Le repos et le sommeil: Un sommeil de qualité est essentiel pour la gestion de l'anxiété.
  • Une activité physique régulière: L'exercice aide à soulager les ballonnements, l’irritabilité, l’anxiété et l’insomnie.
  • Des activités relaxantes: Méditation, yoga, sophrologie, hypnose, etc. Le Mindfulness ou « méditation de pleine conscience » est un outil qui a fait ses preuves.
  • Les médecines douces: Acupuncture, phytothérapie, aromathérapie, homéopathie, etc.
  • Manger de façon saine et limiter la consommation d’excitants: Éviter l'alcool, le café et le thé.
  • Méthodes contraceptives hormonales: Chez certaines femmes, la pilule aide à soulager tous les symptômes du SPM.
  • Éviter les déclencheurs de stress et d’anxiété: Adapter son mode de vie en fonction des phases de son cycle.
  • Soutien professionnel: Demander l’aide d’un médecin ou d’un(e) professionnel(l)e de santé. Une psychothérapie peut être envisagée pour mieux vivre et gérer cette anxiété.

Gérer les symptômes physiques

Les symptômes les plus courants du SPM (syndrome prémenstruel) peuvent varier d’une femme à l’autre. La transpiration, les sueurs nocturnes et les bouffées de chaleur sont principalement dues aux fluctuations hormonales.

  • S'habiller légèrement: Optez pour des vêtements respirants et légers, en matière naturelle comme du coton par exemple, qui vont permettre au corps de réguler sa température plus facilement.
  • L'hygiène corporelle: L’idéal en cas de transpiration et de bouffées de chaleur est d’effectuer une toilette ou une douche avec un savon ou un gel douche neutre qui ne perturbera pas l’équilibre du microbiote cutané. Privilégiez les déodorants sans aluminium.

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