Le sondage par voie basse, ou cathétérisme urétral, est une procédure médicale courante qui consiste à insérer une sonde urinaire dans la vessie via l'urètre. Cet article vise à fournir une compréhension détaillée de cette technique, de ses indications, de son déroulement et des considérations importantes pour les patients et les professionnels de santé.
Introduction
Le sondage urinaire est un acte médical qui peut être réalisé pour diverses raisons, allant du soulagement temporaire d'une rétention urinaire à la gestion à long terme de l'incontinence. Il est essentiel de comprendre les différents types de sondes, les techniques d'insertion et les risques potentiels associés à cette procédure.
Indications du Sondage par Voie Basse
Le sondage urinaire est indiqué dans plusieurs situations cliniques, notamment :
- Rétention aiguë d'urine (RAU) : C'est la principale indication de la pose d'une sonde urinaire à demeure. La RAU se produit lorsque la vessie ne peut pas se vider complètement, entraînant une accumulation d'urine et un inconfort important.
- Incontinence urinaire : Dans certains cas, le sondage peut être utilisé pour gérer l'incontinence urinaire, en particulier lorsque d'autres traitements ont échoué.
- Surveillance de la diurèse : Chez les patients gravement malades ou en période postopératoire, le sondage peut être utilisé pour surveiller précisément la production d'urine.
- Préparation à une intervention chirurgicale : Le sondage peut être nécessaire avant certaines interventions chirurgicales pour vider la vessie et faciliter l'accès à la zone opératoire.
- Instillation de médicaments : Dans certains cas, le sondage peut être utilisé pour administrer des médicaments directement dans la vessie.
- Lavage vésical : Cette technique consiste à injecter et évacuer une solution stérile dans la vessie pour en éliminer les caillots, le sang ou les débris présents après une hémorragie ou une intervention chirurgicale.
Types de Sondes Urinaires
Il existe plusieurs types de sondes urinaires, chacun ayant des caractéristiques spécifiques adaptées à différentes situations :
- Sonde vésicale à demeure (sonde de Foley) : C'est un dispositif médical destiné au drainage continu des urines. Elle est maintenue en place dans la vessie grâce à un ballonnet gonflable.
- Sondage intermittent : Il doit être effectué plusieurs fois au cours de la journée, en fonction de la prescription médicale. Le patient peut le réaliser lui-même (autosondage) ou le faire faire par une infirmière ou aide médicale (hétérosondage). Le rythme du sondage doit suivre méticuleusement les recommandations du médecin. En moyenne, il faut compter environ 5 ou 6 sondages intermittents par jour en cas de rétention urinaire complète. Aussi nommé sondage en aller-retour ou sondage va et vient, il s’agit d’un type de sondage intermittent pratiqué ponctuellement par un professionnel de santé dans un établissement de soins.
- Cathéter sus-pubien : Il est placé au-dessus du pubis, sur la ligne médiane. Sa pose nécessite que la vessie soit remplie, palpable (on appelle cela un « globe vésical »). Le cathéter sus-pubien est posé sous anesthésie locale dans la quasi-totalité des cas (la mise en place se fait parfois au décours d’une intervention chirurgicale sous anesthésie générale). Après désinfection locale et insensibilisation de la peau et des tissus situés sous la peau par injection d’un anesthésique, une incision de quelques millimètres est effectuée au niveau de la peau, juste au-dessus de l’os du pubis. La paroi abdominale est traversée jusqu’à la vessie à l’aide d’un petit tuyau rigide appelé « introducteur », puis le cathéter est placé à l’intérieur de la vessie et fixé à la peau. Une poche de recueil est ensuite connectée au cathéter afin de collecter l’urine. La présence d’un petit robinet ou d’un clapet permet d’interrompre l’écoulement des urines quand cela s’avère nécessaire. Un pansement est posé au niveau de l’orifice du cathéter. Il doit être refait 2 à 3 fois par semaine par une infirmière, dans des conditions stériles. Celle-ci peut utiliser une feuille adhésive transparente et imperméable pour permettre de prendre des douches. Une poche à urine - le plus souvent vidangeable soit de nuit (de grande capacité) soit de jour (plus petite) - est fixée sur le mollet.
Technique d'Insertion d'une Sonde Urinaire
La pose d'une sonde urinaire est une procédure qui nécessite une technique rigoureuse et adaptée aux spécificités anatomiques de chaque patient.
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Préparation
- Information du patient : Expliquer la procédure au patient, ses indications et les éventuels risques associés.
- Installation du patient : Assurer le confort et la pudeur du patient.
- Préparation du matériel : Rassembler le matériel nécessaire, y compris la sonde urinaire appropriée, un gel lubrifiant stérile, un antiseptique, des gants stériles et un sac de collecte d'urine.
Insertion
- Hygiène : Réaliser une désinfection rigoureuse de la zone péri-urétrale avec un antiseptique.
- Lubrification : Appliquer un gel lubrifiant stérile sur l'extrémité de la sonde urinaire. L'utilisation d'un gel à la lidocaïne 2 % peut être proposée pour réduire la douleur et faciliter l'insertion du cathéter, uniquement en cas de prescription médicale. → Chez la femme : les données scientifiques sont discordantes.
- Insertion de la sonde : Insérer délicatement la sonde urinaire dans l'urètre jusqu'à ce que l'urine commence à s'écouler.
- Gonflage du ballonnet (si applicable) : Si une sonde de Foley est utilisée, gonfler le ballonnet avec la quantité appropriée de solution stérile pour maintenir la sonde en place dans la vessie.
- Fixation de la sonde : Fixer la sonde à la cuisse ou à l'abdomen pour éviter toute traction.
Considérations Spécifiques au Sexe du Patient
- Chez l'homme : L’urètre masculin est plus long et plus sinueux que celui de la femme. Il faut donc adapter la longueur et le diamètre de la sonde à l’anatomie du conduit, et prendre en compte la présence éventuelle d’une hypertrophie de la prostate. Afin d’éviter les traumatismes de l’urètre qui peuvent provoquer des saignements, des infections ou des sténoses urétrales, la technique de pose d’un sondage urinaire chez l’homme doit être pratiquée avec une grande minutie.
- Chez la femme : L’anatomie de l’urètre féminin diffère de celle de l’homme. Il est plus court et plus large. La sonde urinaire doit donc être adaptée à la longueur et au diamètre du conduit, et à la présence possible de prolapsus. Chez la femme, ce repérage peut être délicat en raison de la variabilité anatomique du périnée.
Complications Potentielles du Sondage Urinaire
Bien que le sondage urinaire soit généralement une procédure sûre, il existe des risques de complications, notamment :
- Infections urinaires : Elles représentent un enjeu majeur de santé publique. En effet, selon l’Enquête nationale de prévalence 2022 de Santé publique France, elles constituent la première cause d’infection associée aux soins (IAS) en milieu hospitalier. Elles représentent environ28 % des IAS. Infection urinaire documentée liée au dispositif.
- Traumatisme urétral : Une insertion incorrecte de la sonde peut entraîner des lésions de l'urètre, provoquant des saignements, des douleurs ou des sténoses urétrales.
- Fausse route : La sonde peut accidentellement être insérée dans une autre structure que l'urètre, ce qui peut causer des dommages.
- Inconfort ou douleur : Certains patients peuvent ressentir un inconfort ou une douleur lors de l'insertion ou du retrait de la sonde. Le geste est généralement peu douloureux grâce à l’application d’un gel avec lidocaïne 2 %. Il est fréquent d’avoir une sensation d’envie d’uriner malgré la présence d’une sonde à demeure. Ce ressenti est normal, il s’explique par une stimulation mécanique de la vessie ou du col vésical provoquée par la sonde, parfois accentuée si la vessie se contracte autour du ballonnet. Il ne faut pas forcer pour uriner, la sonde assure déjà l’évacuation.
- Arrachement accidentel : Des envies pressantes et douloureuses d’uriner peuvent parfois survenir : elles sont liées à une irritation de la paroi de la vessie par le cathéter. arrachement accidentel du cathéter par traction excessive et/ou si le fil de maintien se relâche ou ne tient plus à la peau.
Gestion et Entretien de la Sonde Urinaire
Une fois la sonde urinaire en place, il est important de suivre certaines recommandations pour minimiser les risques de complications :
- Hygiène : Nettoyer quotidiennement la zone autour de la sonde avec de l'eau et du savon doux.
- Positionnement de la poche de collecte : Maintenir la poche de collecte en dessous du niveau de la vessie pour favoriser le drainage de l'urine. La marche est possible avec une sonde à demeure. La poche collectrice doit être en déclive et fixée à la cuisse ou à l’abdomen pour éviter toute traction.
- Hydratation : Encourager le patient à boire suffisamment d'eau pour maintenir une bonne hydratation et prévenir les infections urinaires.
- Surveillance : Surveiller régulièrement l'aspect de l'urine et signaler tout signe d'infection (par exemple, urine trouble, malodorante ou présence de sang).
- Changement de la sonde : Remplacer la sonde urinaire selon les recommandations du médecin ou de l'établissement de santé.
Sondage Vésical et Prolapsus Génital
Le prolapsus génital, communément appelé « descente d’organe », est une pathologie fréquente touchant près d’une femme sur deux. La plupart du temps, le prolapsus se manifeste par une gêne ou une « boule » au niveau vulvaire parfois associées à une incontinence urinaire (fuite d’urine). Dans le cadre du traitement du prolapsus génital, une intervention chirurgicale peut être proposée pour repositionner les organesPelviens (vessie, vagin, utérus et rectum) dans le petit bassin. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie), selon votre cas et les décisions du chirurgien et de l'anesthésiste. Au bloc opératoire, vous serez installée en position gynécologique. Après la mise en place d’une sonde vésicale, une incision est pratiquée dans le vagin à sa partie antérieure et/ou postérieure. Une ouverture accidentelle de la vessie peut survenir au cours de la dissection du vagin. Le risque est plus fréquent si vous avez déjà été opérée, ce qui a pu créer des adhérences, rendant la dissection plus difficile. Une plaie peu étendue ne nécessite qu’une simple fermeture. Plus large, elle peut interrompre le déroulement de l’intervention en particulier si la pose d’un tissu de renfort était envisagée. La sonde urinaire et la mèche vaginale sont généralement retirées le deuxième jour après l’intervention. Des résidus post mictionnels sont alors effectués par l’infirmière afin de s’assurer de l’absence de difficulté à uriner. Pendant le mois qui suit l’intervention il est déconseillé d’effectuer des efforts et de porter des charges lourdes afin de ne pas augmenter les pressions dans l’abdomen. Après l’intervention, il peut survenir des fuites urinaires modérées lors des efforts. L’examen histologique de la pièce de conisation est très minutieux. Enfin il existe un risque de récidive. Celle-ci est liée à de nombreux facteurs (surpoids, toux chronique, altération de la muqueuse vaginale à la ménopause, constipation) mais son risque d’apparition est variable d’une patiente à une autre. L’intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou loco-régionale (péridurale ou rachianesthésie) selon les cas. La patiente est installée en position gynécologique. Après la mise en place d’une sonde vésicale, une incision est pratiquée dans le vagin au niveau de la partie antérieure et/ou postérieure. Les organes sont individualisés afin de pouvoir les repositionner correctement. Une remise en tension de la paroi du vagin par plicature est réalisée sans utiliser de prothèse. La plupart des femmes peuvent reprendre progressivement une activité normale dans les jours qui suivent. Dans la majorité des cas, l’intervention se déroule sans complications.
Échographie de la Vessie et des Uretères
L’échographie de la vessie et des uretères pelviens et transmuraux, comme celle de tout le pelvis, n’est pas un examen dynamique dans lequel le patient peut vraiment vous aider. En revanche, pour faciliter la visualisation, l’examen doit se faire vessie pleine. Si l’on veut ensuite estimer le résidu post-mictionnel, on réalisera le contrôle vessie vide. L’examen doit se dérouler en décubitus dorsal et parfois en décubitus latéraux pour voir la mobilité d’une éventuelle masse intra-vésicale. Le patient doit libérer l’accès à son pelvis. On met habituellement un tissu jetable en bavette au-dessus de sa ceinture. Il ne faut pas hésiter à lui demander une légère flexion de hanches et de genoux pour détendre les muscles droits de l’abdomen et donc avoir un accès simplifié au pelvis. Face à la machine, vos premières questions réflexes sont le choix de la sonde, du préréglage à adopter et des modes d’imagerie à utiliser. On sélectionne pour cet examen la sonde convexe qui a une faible définition mais une grande pénétration. Sa fréquence basse est ajustable généralement entre 1 et 5 MHz voire entre 1 et 8 MHz sur les sondes les plus modernes. La sonde convexe s’identifie à son empreinte incurvée et à l’image obtenue en forme de filtre à café. On choisit ensuite un préréglage abdomen, reins ou vessie, pour visualiser l’abdomen, la vessie et le pelvis. Le mode principal d’exploration est le mode B. Une fois ce choix fait vous devez être particulièrement attentifs aux réglages de base à utiliser et à adapter tout au long de l’examen c’est-à-dire la profondeur, la fréquence et la focale. La profondeur de champ de départ doit être suffisante pour visualiser l’ensemble des structures et donc descendre jusqu’au niveau du rachis. Vous l’adapterez ensuite en cours d’examen lorsque vous vous focaliserez sur les différentes parties à visualiser. La fréquence de la sonde quant à elle sera adaptée à la morphologie du patient. Plus le patient est corpulent plus on prendra une fréquence basse qui offre une bonne pénétration. Nous avons vu précédemment toutes les coupes de référence. Continuons par les coupes transversales des uretères par voie latérale. À partir des positions précédentes en coupes longitudinales, on réalise une rotation de la sonde d’un quart de tour anti-horaire. L’uretère sous pyélique droit peut être vu par voie antérieure à travers la large fenêtre acoustique hépatique. Ce n’est pas le cas de l’uretère sous pyélique gauche. Voici les positions des sondes en coupes longitudinales et transversales. Voici les positions des sondes en coupes longitudinales et transversales. Finissons par les coupes échographiques de la vessie et des uretères transmuraux. La vessie est balayée de part en part en posant la sonde initialement immédiatement au dessus de la symphyse pubienne et en inclinant la sonde vers l’anus. Ensuite, on doit traverser largement la vessie de l’apex vers le fond et d’une face latérale à l’autre. Il faut bien prendre le soin de s’écarter de la ligne médiane pour avoir d’autres points de vue de ces organes cibles. Nous retiendrons les points clés suivants :♦ les uretères doivent être balayés sur toutes leurs hauteurs♦ de la même façon la vessie doit être balayée de part en part, et ce sur les coupes transversales comme sur les coupes longitudinales♦ les coupes anatomiques de référence doivent être comprises et reproduites de multiples fois pour pratiquer en sécurité avec des automatismes♦ l’examen de la vessie et des uretères est un examen comportant de multiples caractéristiques échographiques.
Rôle de l'Infirmier(e)
La pose d’une sonde urinaire à demeure constitue un acte de soin technique, mais aussi profondément relationnel. Au-delà de la maîtrise du geste, elle exige de l’infirmier(e) une rigueur constante dans l’asepsie, une anticipation des risques et une attention continue au confort du patient. Il existe une grande diversité de protocoles de sondage urinaire élaborés par les différents établissements de santé. Cette variabilité concerne notamment la toilette antiseptique et l’injection du gel anesthésiant dont la réalisation peut différer selon les recommandations locales. Ainsi, certains protocoles prévoient par exemple d’effectuer la toilette après l’enfilage des gants stériles, tandis que d’autres la positionnent en amont du geste, avec des gants non stériles. Il est donc essentiel de se référer systématiquement au protocole en vigueur dans l’établissement de stage ou d’exercice, afin de garantir la conformité aux pratiques de l’établissement et à la politique de prévention des infections. Enfin, il convient de rappeler que les protocoles enseignés en IFSI s’inspirent souvent des établissements partenaires. Jeter la pince et respecter le temps de contact minimum de 1 minute pour l’antiseptique. Points de vigilance :- Ne pas tester le ballonnet avant insertion : un gonflage préalable crée des plis favorisant les lésions urétrales et compliquant le retrait. L’intégrité du ballon est déjà vérifiée par le fabricant.19.20- Ne jamais forcer lors de l’introduction : tout blocage anormal nécessite l’arrêt immédiat du geste et l’appel du médecin.- Ne jamais gonfler le ballonnet avant de voir les urines s’écouler. On entend en pratique qu’il faut clamper la sonde urinaire à partir de 500 mL d’urines évacuées, car il existerait un risque « d’atélectasie vésicale » ou « d’hypovolémie ». Même si le fractionnement n’a pas démontré d’avantage scientifique clair, il reste utilisé dans certains services par prudence.
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La marche est possible avec une sonde à demeure. La poche collectrice doit être en déclive et fixée à la cuisse ou à l’abdomen pour éviter toute traction. La douche est autorisée, le bain est déconseillé. Le patient peut se laver à l’eau et au savon doux sans tirer sur la sonde et en gardant la poche de recueil sèche.
Retrait de la Sonde Urinaire
L’ablation du cathéter se fait en sectionnant le fil qui le maintient à la peau ou en dégonflant le ballonnet qui le maintient dans la vessie, puis en tirant légèrement dessus pour le faire glisser. Ce retrait se pratique sans aucune douleur. La vessie aura été préalablement bien vidée pour faciliter l’obturation du trajet de ponction, qui se réalise très rapidement.
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