L'hyponatrémie, caractérisée par un faible taux de sodium dans le sang, peut survenir pendant la grossesse. Bien qu'elle soit souvent légère et sans conséquence, il est important de comprendre les causes potentielles, les risques associés et les mesures à prendre pour maintenir un équilibre électrolytique sain.

Qu'est-ce que l'hyponatrémie ?

L'hyponatrémie se définit par une concentration de sodium dans le sang inférieure à 135 mmol/L. Le sodium est un électrolyte essentiel qui joue un rôle crucial dans la régulation de l'équilibre hydrique, la transmission nerveuse et la contraction musculaire. Un manque de sodium peut entraîner divers symptômes, allant d'une simple fatigue à des complications neurologiques graves.

Causes de l'hyponatrémie pendant la grossesse

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'hyponatrémie pendant la grossesse :

  • Dilution due à une augmentation du volume sanguin: Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente considérablement pour répondre aux besoins du fœtus. Cette augmentation peut diluer la concentration de sodium dans le sang, entraînant une hyponatrémie dite "dilutionnelle". Les femmes enceintes ont tendance à faire une petite hyponatrémie (qui n'est pas inquiétante) au fur et à mesure que la grossesse progresse : ce phénomène est lié à une rétention d'eau plus importante qui "dilue" le sang.

  • Hyperhydratation: Boire de l'eau est important pour l'organisme, mais un excès, surtout quand il fait chaud, peut également diluer le sodium sanguin. Boire trop d'eau peut exposer le corps à l'hyponatrémie, un déséquilibre qui peut être grave.

    Lire aussi: Avis sur Alginate de Sodium Biogaran pendant la grossesse

  • Syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH (SIADH): Ce syndrome se caractérise par une production excessive d'hormone antidiurétique (ADH), qui entraîne une rétention d'eau et une diminution de la concentration de sodium dans le sang.

  • Médicaments diurétiques: La prise de médicaments diurétiques expose également à l'hyponatrémie.

  • Autres causes: Des maladies rénales, hormonales ou cardiaques peuvent également être responsables d'une hyponatrémie.

Symptômes de l'hyponatrémie

Les symptômes de l'hyponatrémie peuvent varier en fonction de la gravité et de la rapidité d'installation du déséquilibre. Les symptômes courants comprennent :

  • Fatigue et faiblesse musculaire. Comme le sodium est essentiel à la transmission nerveuse et à la contraction musculaire, une carence peut provoquer une faiblesse musculaire, des crampes fréquentes après un effort, et une baisse d’énergie sans raison apparente.
  • Troubles de l'humeur et confusion mentale. Un sodium trop bas peut affecter le cerveau, entraînant une confusion mentale et des difficultés à se concentrer, une irritabilité ou des changements d’humeur soudains, et une désorientation, surtout chez les personnes âgées. Dans les cas plus graves, cela peut même aller jusqu’à des hallucinations ou une perte de conscience.
  • Nausées et troubles digestifs. L’hyponatrémie peut aussi provoquer des nausées ou des vomissements, une perte d’appétit, et des sensations de ballonnements ou de malaise général.
  • Maux de tête et vertiges. Un manque de sodium peut causer des maux de tête persistants, accompagnés de vertiges ou d’une sensation d’étourdissement. Ces symptômes sont souvent aggravés par une chute de la tension artérielle, fréquente en cas de déséquilibre électrolytique.
  • Rétention d'eau et gonflements.

Diagnostic de l'hyponatrémie

Le diagnostic de l'hyponatrémie repose sur une analyse sanguine mesurant le taux de sodium. Normalement, la natrémie est comprise entre 135 à 145 mmol/l. Si la natrémie est inférieure à 135 mmol/L, une hyponatrémie est diagnostiquée. Le médecin peut également demander des analyses d'urine pour évaluer la quantité de sodium excrétée par les reins.

Lire aussi: Utilisations du Lactate de Sodium

Gravité de l'hyponatrémie hypotonique

La gravité d’une hyponatrémie hypotonique n’est pas en rapport avec la valeur absolue de la natrémie mais liée à la survenue d’un œdème cérébral. Ce dernier se traduit cliniquement par une encéphalopathie dont les signes n’ont aucune spécificité, allant de la simple obnubilation jusqu’aux convulsions et coma. La sévérité de l’encéphalopathie hyponatrémique est corrélée à celle de l’œdème cérébral. Classiquement, les hyponatrémies aiguës (installées en moins de 24 heures) sont symptomatiques et se manifestent par une encéphalopathie car l’osmorégulation cérébrale est incomplète. Les hyponatrémies chroniques sont plutôt asymptomatiques. Néanmoins, des données plus récentes soulignent le rôle d’autres facteurs impliqués dans la sévérité des signes neurologiques. Il s’agit principalement du sexe féminin en période d’activité génitale, de l’hypoxie et de la baisse du débit sanguin cérébral.

Traitement de l'hyponatrémie

Le traitement de l'hyponatrémie dépend de la cause sous-jacente et de la gravité des symptômes.

  • Hyponatrémie légère: Le traitement d'une hyponatrémie légère consiste à diminuer la prise de liquide à moins d'1 litre par jour. Si la prise d'un médicament diurétique est en cause, il faudra diminuer la dose ou arrêter le traitement.
  • Hyponatrémie sévère: Le traitement d'une hyponatrémie sévère relève d'une urgence : le traitement consiste à augmenter progressivement le taux de sodium dans le sang en utilisant des liquides par voie intraveineuse et parfois un diurétique. Ce traitement nécessite une surveillance en unité de soins critiques avec des contrôles biologiques (ionogramme sanguin) répétés toutes les 2 à 4 heures.

Le traitement des hyponatrémies est double : correction de l’hypotonie plasmatique et traitement étiologique. Le traitement symptomatique est délicat car une correction du trouble trop lente ou trop tardive peut aboutir à laisser évoluer un œdème cérébral ; d’un autre côté, un traitement trop rapide peut conduire à la survenue d’une myélinolyse centropontine. Les hyponatrémies aiguës symptomatiques nécessitent une correction active par du sérum salé hypertonique. L’élévation de la natrémie doit atteindre 2 à 4 mmol/l en 2 à 4 heures jusqu’à disparition des signes neurologiques. Dans tous les cas il ne faut pas dépasser une correction de plus de 10 à 12 mmol/l en 12 heures et de 18 mmol/l en 48 heures. Le traitement actif doit toujours être stoppé dès que la natrémie atteint 130 mmol/l.

Prévention de l'hyponatrémie pendant la grossesse

Voici quelques conseils pour prévenir l'hyponatrémie pendant la grossesse :

  • Maintenir une hydratation équilibrée: Il est important de boire suffisamment d'eau pour rester hydratée, mais il faut éviter de boire en excès.
  • Adapter son alimentation: Certains aliments sont naturellement riches en sodium et peuvent aider à rétablir un bon équilibre : sel de table (sans excès), bouillons et soupes, fromages et produits laitiers, fruits de mer et poissons.
  • Surveiller sa consommation de sel: L’envie de salé pendant la grossesse n’est pas un mythe et apparaît généralement au premier trimestre de la grossesse. Il est important que notre alimentation ne soit pas trop riche en sodium. Il faudrait consommer moins de 5 grammes de sel par jour, soit un peu moins qu’une cuillère à café. Il est recommandé de choisir un sel iodé. La consommation de sel doit être réduite en tout temps, et d’autant plus pendant la grossesse. On peut remplacer le sel par des plantes aromatiques, telles que les herbes de Provence, le thym, le laurier, le basilic ou le persil. Du côté des huiles, Audrey Retournay conseille de privilégier celles qui ont un goût plus prononcé, comme l’huile d’olive, l’huile de noix ou l’huile de noisette. Enfin, pour des sauces pleines de pep’s, l’experte propose d’utiliser du jus de citron et/ou du lait de coco.
  • Consulter un médecin: Si vous présentez des symptômes d'hyponatrémie, il est important de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic et un traitement appropriés.

Sodium et grossesse : idées reçues

D’après certaines croyances, le régime alimentaire de la femme enceinte pourrait avoir une incidence sur le sexe du bébé. Une méthode, paru dans l’ouvrage “Avoir un garçon, avoir une fille, la liberté de choisir,” (éd. Leduc), affirme qu’une alimentation riche en sodium et en potassium favoriserait le fait d’avoir un garçon. Les becs sucrés, eux, auraient plus de chance d’avoir une fille. Pour conclure, rappelons qu’avant tout, c’est votre santé et celle de votre bébé qui priment.

Lire aussi: Lactate de Sodium : Un actif cosmétique à découvrir

Importance du calcium et du fer pendant la grossesse

Pour le bénéfice de la mère comme pour celui de son enfant, les vitamines et les minéraux doivent être présents en quantité suffisante dans l'alimentation pendant les périodes de grossesse et d'allaitement, en particulier le calcium et le fer. Même si l’absorption et la rétention du calcium sont favorisées par les hormones de la grossesse, l’apport est souvent insuffisant. Un apport quotidien de 1 200 mg de calcium par jour pendant la grossesse assure la constitution du squelette du fœtus, limite le risque de décalcification des os de la mère, réduit les troubles de la tension artérielle et contribue à l’enrichissement du lait. En France, il est fréquent qu'une future mère ait des apports insuffisants en fer avant même le début de sa grossesse. Les besoins en fer s’accroissent fortement pendant la grossesse. Un apport suffisant en fer permet d’assurer le transport de l’oxygène dans le sang de la mère et du fœtus, et permet à ce dernier de se constituer des réserves en fer. Attention, la consommation de plus d'un litre de thé par jour, ainsi que les aliments riches en fibres, peuvent réduire l’absorption du fer par l’intestin.

tags: #sodium #bas #grossesse #causes

Articles populaires: