Shanna Kress et Jonathan Matijas, figures connues de la télé-réalité, ont partagé ouvertement les moments les plus intimes et bouleversants de leur vie, notamment leur parcours vers la parentalité. Leur histoire, marquée par la joie de l'attente de jumeaux et la douleur d'une interruption sélective de grossesse, a suscité de vives réactions et a mis en lumière des enjeux importants liés à l'avortement, à la médiatisation de la vie privée et à la liberté de choix.
L'annonce d'une grossesse gémellaire et le diagnostic difficile
En mai 2022, Shanna Kress et Jonathan Matijas débutent leur série de vidéos YouTube sur l’arrivée de leur enfant, partageant avec leurs abonnés chaque étape de la grossesse. Le couple avait annoncé avec joie qu'ils allaient devenir les heureux parents de jumeaux. Cependant, cette joie fut de courte durée. Lors d'un examen médical, les médecins ont diagnostiqué une malformation chromosomique chez l'un des deux bébés. Des examens plus approfondis ont confirmé que l'un des jumeaux était atteint de trisomie 21.
Le couple a révélé à leurs abonnés Instagram, le 5 juin, qu'ils avaient appris que l'un des deux bébés est porteur de la trisomie 21. Le résultat est finalement tombé : "On a le résultat. 21". Face à cette situation, Shanna Kress et Jonathan Matijas ont été confrontés à une décision déchirante : celle de procéder à une interruption sélective de grossesse.
Le choix douloureux de l'interruption sélective de grossesse
L'interruption sélective de grossesse est une intervention médicale qui consiste à interrompre la grossesse de l'un des fœtus dans une grossesse multiple, généralement en raison de problèmes de santé affectant l'un des fœtus. Cette décision est extrêmement difficile pour les parents, car elle implique de choisir de mettre fin à la vie d'un enfant à naître.
Shanna Kress et Jonathan Matijas ont choisi de partager ce moment douloureux avec leur communauté, à travers une vidéo YouTube publiée le 17 juin. "On vous partage tout, le bon comme le plus difficile", ont-ils expliqué. Le couple a expliqué qu'ils avaient pris cette décision après mûre réflexion et en concertation avec les médecins. Ils ont souligné que leur choix était motivé par le désir de ne pas imposer à l'enfant une vie de souffrance et de limitations.
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"C'est difficile, mais c'est notre choix. Il a donc fallu signer un document et il faudra garder les deux enfants jusqu'à l'accouchement", avait annoncé Shanna, le cœur en miettes. Vendredi 17 juin 2022, l'avortement passé, Shanna Kress et Jonathan Matijas avaient choisi de lever le voile sur l'identité et le sexe du bébé qu'ils avaient perdu. "Celui qui est parti, c’était un petit garçon", avait commenté la Marseillaise.
Le couple a tenu à préciser qu'il ne s'agissait pas d'un choix facile et qu'il avait été pris dans la douleur. "C’est la décision la plus douloureuse de notre vie, mais c’est la nôtre… Nous serons 3. Nous n’attendons pas d’approbation, pas d’être compris par tout le monde non plus alors… Message aux plus humains du monde : Merci à vous, qui partagez notre douleur, qui ne jugez pas, qui nous soutenez. Nous envoyons tout notre amour aux personnes qui ont vécu ou vivent une épreuve de famille difficile, et tout notre courage à celles qui en vivront un jour", a écrit le couple.
Faire face à la critique et au deuil
La décision de Shanna Kress et Jonathan Matijas de médiatiser leur parcours a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont salué leur courage et leur transparence, tandis que d'autres les ont critiqués pour avoir exposé leur vie privée et pour avoir choisi d'avorter.
Le couple a été confronté à des commentaires haineux et à des accusations injustes. Certains internautes ont reproché à Shanna Kress d'avoir déjà eu recours à des avortements dans le passé. "Quand elle a dit qu’elle avait avorté les autres fois, elle n’a pas dit qu’elle regrettait, mais qu’elle ne voulait pas avoir d’enfant à ce moment-là. Cela l’expose à du harcèlement", regrette Valérie Rey-Robert.
Face à ces critiques, Shanna Kress a tenu à exprimer sa douleur et sa détermination à aller de l'avant. "Certains me disent que j’ai retrouvé le sourire trop rapidement. Je ne l’ai jamais perdu, par contre oui il est vrai que nous avons perdu un petit être et que nous avons vécu quelque chose de très dur à encaisser", a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : "Bien sûr que je pense à tout ce qui s’est passé ! Et ce qui se passe encore à l’intérieur de mon corps, de mon ventre tous les jours ! Tous les matins ! Tout le temps. Comment ne pas y penser !!! Je vis avec cette douleur tous les jours! Mais nous positivons! Il le faut ! Je rechante, je souris, je rigole, je profite de chaque moment et j’accepte la situation malgré le négatif car il le faut ! Accepter une situation ne veut pas dire l’oublier mais juste avancer".
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Jonathan Matijas a également partagé ses sentiments : "Je sais ce qui nous attend. Mes enfants comptent sur moi… Moi, je me dis ils sont deux, mon ressenti, c'est que je vais perdre un enfant. J’avais déjà imaginé… tellement de choses. […] Je me dois d’être fort. Je me suis fait la promesse de me battre, même si c’est un moment terrible. On s’en souviendra toujours, ça fera partie de nous de notre histoire. On s’en servira comme souvenir douloureux pour se rappeler que la vie est belle, et qu’il faut profiter de chaque instant. On va retrouver le sourire. C'est une promesse d’avenir, et ce bébé ne nous quittera jamais, a déclaré le futur papa. C’est éprouvant et ça restera notre petite étoile. Je ne voulais pas connaitre le sexe du bébé qui s’en va… Mais maintenant c'est passé…".
La médiatisation de l'avortement : entre transparence et enjeux commerciaux
L'histoire de Shanna Kress et Jonathan Matijas a soulevé la question de la médiatisation de l'avortement. De plus en plus de personnalités publiques choisissent de partager leur expérience de l'avortement sur les réseaux sociaux, contribuant ainsi à briser le tabou qui entoure cette question.
Cependant, cette médiatisation peut également être perçue comme une forme d'instrumentalisation de l'avortement à des fins commerciales. "Il y a quelque chose qu’ils ne peuvent pas dire mais qui est là, c’est que leur vie est un business. Ils sont obligés de tout documenter, donc la grossesse, la maternité et l’avortement sont aussi un business,explique Valérie Rey-Robert. Cette essayiste féministe a décortiqué, dans son livre Téléréalité, la fabrique du sexisme, les schémas véhiculés par ces programmes et sur les réseaux sociaux de ces influenceurs.
Il est donc important de faire preuve de discernement face à ces récits et de ne pas oublier que derrière l'écran se cachent des enjeux économiques et des stratégies de communication.
L'inscription de l'IVG dans la Constitution française : un symbole fort
L'histoire de Shanna Kress et Jonathan Matijas a pris une résonance particulière avec l'actualité politique en France. Le lundi 4 mars 2024, le Parlement a voté pour l'inscription de la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution. Une première dans le monde.
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Cet événement a ravivé les souvenirs du couple et les a incités à s'exprimer sur cette question. Sur Instagram, à l'occasion d'une boîte aux questions, un internaute a demandé comment ils faisaient pour ne pas culpabiliser d'avorter. Le couple a répondu en évoquant l'actualité. "Beaucoup de conneries ont été dites à ce sujet. Malheureusement, peu de ceux qui ont commenté ont pris la peine d'écouter ce qu'on ressentait, les étapes qu'on avait traversées", commencent-ils par écrire.
Ils ont également souligné l'importance de ce droit pour les femmes et les couples. "Nul besoin de vous rappeler que c'est le droit d'une femme et d'un couple de décider qu'il est bon pour un enfant de naître, dans un contexte serein et propice à tout l'amour et la sérénité qu'il doit recevoir", précisent-ils. Mais ils ajoutent également que si cela reste un droit, "la décision n'en reste pas moins très difficile".
L'inscription de l'IVG dans la Constitution française est un symbole fort de la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps et à choisir leur maternité.
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