L'exploration de la fertilité masculine est une démarche cruciale pour les couples rencontrant des difficultés à concevoir. Le spermogramme, examen de base dans ce domaine, permet d'évaluer divers paramètres du sperme. Cet article se propose d'examiner en détail les aspects liés à la qualité et à la quantité des spermatozoïdes, en particulier dans le contexte d'éjaculations successives, ainsi que les implications pour la fertilité.

Le Spermogramme : Examen Clé de la Fertilité Masculine

Le spermogramme est l'examen de référence pour évaluer la fertilité masculine. Il consiste à analyser un échantillon de sperme obtenu après masturbation, idéalement dans un laboratoire spécialisé. Avant l'examen, une période d'abstinence sexuelle de trois à quatre jours est généralement recommandée. Le spermogramme évalue plusieurs paramètres essentiels :

  • Nombre de spermatozoïdes : Un sperme normal contient généralement plus de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre.
  • Mobilité : La capacité des spermatozoïdes à se déplacer est cruciale pour atteindre et féconder l'ovule. Une mobilité inférieure à 40 % peut indiquer un problème.
  • Morphologie : Le pourcentage de spermatozoïdes de forme normale doit être supérieur à 14 % pour qu'un spermogramme soit considéré comme satisfaisant.
  • Volume de l'éjaculat : Il est mesuré, un volume inférieur à 1,5 ml est considéré comme hypospermie.
  • pH: Il mesure l’acidité ou l’alcalinité de l’échantillon et devrait être égal ou supérieur à 7,2.
  • Leucocytes: Un échantillon considéré comme normal ne devrait pas contenir plus d’un million de leucocytes ou globules blancs par millilitre.

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a actualisé en 2010 ses normes concernant les paramètres spermatiques, prenant en compte d'autres valeurs telles que la mobilité des spermatozoïdes au fil du temps et le nombre de spermatozoïdes vivants.

Anomalies du Sperme : Terminologie et Implications

Plusieurs anomalies peuvent être détectées lors d'un spermogramme, chacune ayant des implications spécifiques pour la fertilité :

  • Hypospermie : Volume total de l'éjaculat inférieur à 1,5 ml.
  • Azoospermie : Absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat, pouvant être sécrétoire (problème de spermatogenèse) ou excrétoire (obstruction des voies).
  • Oligospermie : Numération de spermatozoïdes inférieure ou égale à 15 millions/ml. L’oligospermie peut être légère, modérée ou sévère, selon le nombre de spermatozoïdes détectés.
  • Asthénospermie : Faible mobilité des spermatozoïdes.
  • Tératospermie : Moins de 4 % des spermatozoïdes ont une forme normale.
  • Nécrozoospermie : Présence uniquement de spermatozoïdes morts dans l'éjaculat (totale) ou plus de 42 % de spermatozoïdes morts (partielle).
  • Kinésospermie : Sperme contenant uniquement des spermatozoïdes immobiles, mais vivants.
  • Oligo-asthéno-tératospermie (OATS) : Association d'oligospermie, d'asthénospermie et de tératospermie.

Il est important de noter qu'un seul spermogramme anormal ne suffit pas à établir un diagnostic définitif d'hypofertilité. Il est recommandé de réaliser une deuxième analyse, voire une troisième, entre un et trois mois après la première.

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L'Impact des Éjaculations Successives sur la Qualité du Sperme

Une étude récente a remis en question la croyance selon laquelle une abstinence prolongée améliorerait la qualité du sperme. Cette étude suggère que faire l'amour deux fois de suite, avec un court intervalle entre les éjaculations, pourrait en réalité améliorer la qualité du sperme.

Des chercheurs du centre de médecine reproductive de l'hôpital de Shengjing ont comparé la qualité du sperme prélevé après plusieurs jours d'abstinence avec celle du sperme récolté une à deux heures après une première éjaculation. Ils ont constaté que le sperme recueilli après une courte période d'abstinence contenait plus de protéines favorisant l'adhésion des cellules, améliorant ainsi la fusion entre l'ovule et le spermatozoïde. De plus, cette quantité accrue de protéines améliorait le métabolisme et la mobilité des spermatozoïdes.

Ces résultats pourraient s'expliquer par le fait que ces protéines manipulent l'oxygène réactif, un élément essentiel de la production d'énergie au niveau des cellules. Un sperme prélevé après une longue période d'abstinence contient une plus grande quantité d'oxygène réactif, ce qui pourrait être préjudiciable à la qualité du sperme.

Implications Cliniques et Recommandations

Ces découvertes suggèrent que les couples ayant des caractéristiques spermatiques relativement normales pourraient bénéficier de rapports sexuels fréquents autour de la période d'ovulation. Cependant, il est important de noter que ces résultats doivent être interprétés avec prudence et que d'autres études sont nécessaires pour confirmer ces observations.

Autres Facteurs Influençant la Fertilité Masculine

Outre la qualité du sperme, d'autres facteurs peuvent influencer la fertilité masculine :

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  • Facteurs hormonaux : Un déséquilibre hormonal peut provoquer une hypofertilité chez l'homme. Différentes hormones interviennent dans la spermatogénèse (production de sperme).
  • Anomalies anatomiques : L'échographie des testicules peut révéler des anomalies anatomiques ou des inflammations locales.
  • Facteurs génétiques : Dans certains cas, des examens génétiques (caryotype) peuvent être nécessaires pour identifier des anomalies chromosomiques.
  • Infections : Les infections de la prostate (prostatite) peuvent générer une hypofertilité.
  • Varicocèle : Cette dilatation variqueuse des veines de drainage du testicule peut entraîner une baisse de la production testiculaire de spermatozoïdes.
  • Testicule cryptorchide : Il s’agit d’un testicule non descendu resté en position inguinale ou abdominale. Cette situation a entraîné une atrophie du testicule et une absence de spermatogenèse.
  • Facteurs environnementaux : Une exposition prolongée aux rayons X peut bloquer la spermatogenèse et induire une stérilité.

Diagnostic et Traitement de l'Infertilité Masculine

La recherche d'une cause à l'infertilité masculine nécessite un bilan complet, incluant un interrogatoire médical, un examen physique (évaluation des testicules, des épididymes et des canaux déférents), et des examens complémentaires tels que le spermogramme, le spermocytogramme, le test de migration survie (TMS), et des dosages hormonaux (FSH, LH, prolactine, testostérone).

Le traitement de l'infertilité masculine dépend de la cause sous-jacente. Il peut inclure :

  • Traitement médical : Antibiotiques en cas d'infection, équilibrage hormonal en cas de déséquilibre.
  • Traitement chirurgical : Correction d'une varicocèle, reperméabilisation chirurgicale des voies génitales obstruées.
  • Procréation médicalement assistée (PMA) : Insémination artificielle (IA), fécondation in vitro (FIV), injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI).

La PMA offre des solutions pour les couples confrontés à des problèmes de fertilité masculine, en permettant la fécondation in vitro ou par micro-injection d'un spermatozoïde dans l'ovocyte. Dans les cas les plus sévères d'azoospermie ou d'aspermie, le recours à un don de sperme peut être envisagé.

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