Introduction
Dans un environnement économique en constante évolution, la gestion des risques est devenue une préoccupation majeure pour les entreprises de toutes tailles. Cet article explore la définition et les enjeux des PME (Petites et Moyennes Entreprises) et des ETM (Entreprises de Taille Moyenne), ainsi que l'importance cruciale de la gestion des risques pour leur développement et leur pérennité.
Définition des PME et ETM
Selon la recommandation de l'Union européenne du 6 mai 2003, une PME est définie comme une entreprise de moins de 250 personnes, dont le chiffre d'affaires n'excède pas 50 millions d'euros ou dont le total du bilan ne dépasse pas 43 millions d'euros. En France, cette définition est généralement reprise, en précisant que les PME sont des entreprises indépendantes, c'est-à-dire non contrôlées par un groupe français de plus de 250 salariés ou par un groupe étranger.
L'ETM, quant à elle, est une catégorie d'entreprises moins clairement définie. Yvon Gattaz, ancien président du CNPF, milite depuis longtemps pour la création d'un statut de l'entreprise de taille moyenne, située entre 250 et 5 000 salariés. Il dénonce le terme de « PME », qui amalgame les petites et les grandes entreprises, et plaide pour une reconnaissance légale des ETM, considérant que leur inexistence légale est en partie responsable du retard de croissance du pays.
L'Importance de la Gestion des Risques pour les Entreprises
Un Enjeu Crucial pour la Pérennité
Lancer de nouveaux produits, conquérir des marchés étrangers, acquérir des concurrents, faire fonctionner les sites de production… Chaque jour, l'entreprise saisit des opportunités et prend des risques. Encore doit-elle le faire en connaissance de cause: un accident industriel, une pollution environnementale, un défaut de qualité donnant lieu au rappel des produits, la révélation de conditions de travail déplorables, ou encore une fraude monumentale peuvent entacher durablement une réputation, voire provoquer une faillite retentissante.
Une Priorité pour les Dirigeants
Plus de 9 dirigeants sur 10 sont convaincus qu'une approche structurée peut jouer un rôle positif dans le développement de leur entreprise. D'ailleurs, un tiers des répondants ont affirmé avoir déjà décidé d'abandonner certaines gammes de produits, clients ou marchés jugés trop risqués. Les décideurs sont d'autant plus convaincus de la nécessité de la gestion des risques qu'ils estiment à plus de 40 % que le niveau global des risques a augmenté au cours des six derniers mois.
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Un Contexte de Risques Systémiques Accrus
La présidente de l'Amrae (Association management des risques et des assurances de l'entreprise), Brigitte Bouquot, évoquait un horizon des risques « entre crainte et espoir pour les entreprises », puisque nous sommes en plein dans « une ère de grands risques systémiques ». Pour elle, si la COP 21 a servi de prise de conscience côté environnement, 2015 aura été une « bande d'annonces de futurs chocs et de crises systémiques ». Dès lors, les risques ne sont plus le sujet de quelques-uns mais de tous; d'ailleurs « le rapport de Davos a pointé non seulement des risques business mais aussi systémiques ».
L'interaction entre risques existants et risques émergents est également à prendre en compte. Une catastrophe naturelle peut entraîner un dysfonctionnement du réseau électrique, d'usines, etc.
La Gestion des Risques dans les PME et ETI
Un Suivi Moins Développé que dans les Grands Groupes
Si la gestion des risques bénéficie depuis longtemps d'un suivi dédié dans les grands groupes, il n'en va pas de même au sein des PME et ETI.
Les Difficultés Rencontrées
63 % des décideurs estiment manquer de temps ou de ressources et 60 % éprouvent des difficultés à répercuter les changements au sein de l'entreprise. Pour une majorité de répondants, la culture du risque n'est pas véritablement ancrée dans leur organisation, en raison de la difficulté de mise en oeuvre des processus de gestion des risques.
Le Rôle du DAF
À défaut d'un risk manager ou d'un département dédié au contrôle interne, c'est souvent le Daf (Directeur Administratif et Financier), dans une PME ou petite ETI, qui orchestre la gestion des risques. Dans la pratique, à ses débuts, la gestion des risques est réalisée de façon empirique : le contrôle interne est réalisé d'une façon informelle et intuitive, qui se structure au fur et à mesure de la croissance de l'entreprise et de la prise de conscience de son niveau de maturité.
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Les Étapes Clés de la Mise en Place d'un Dispositif Adapté
- Identifier les principaux risques : Si les risques assurables (dommages, incendies, sinistres…) sont généralement bien identifiés, ils sont loin de constituer l'ensemble des menaces. Inutile toutefois de chercher à être exhaustif : "Mieux vaut identifier un nombre restreint de risques critiques ou mal maîtrisés et les suivre, plutôt que de produire 50 indicateurs non analysés".
- Décrire les processus-clés : Identifier les zones de risque et évaluer le niveau de gravité et de maîtrise.
- Définir un plan d'action : Mettre en place des mesures pour couvrir chacun des risques : assurance, contrôle interne, absence de couverture…
- Faire vivre le dispositif : Une bonne cartographie ne reste pas dans les tiroirs ! "C'est un processus itératif qui évolue en fonction des nouvelles activités, réorganisations, et également des nouveaux outils".
Conseils pour une Gestion des Risques Efficace
Établir un Inventaire Exhaustif des Risques
Il est essentiel d'établir l'inventaire le plus complet possible des risques susceptibles de frapper l'entreprise. Cela demande de la rigueur, mais aussi une bonne dose d'imagination, puisqu'il est dans la nature même du risque de surprendre : l'analyse des événements passés ne suffit pas, loin de là, pour envisager la survenance d'événements futurs.
Mesurer les Vulnérabilités et Évaluer les Impacts
Une méthodologie de cartographie des risques consiste à passer en revue les différentes ressources qui sont nécessaires à l'entreprise pour exercer son activité : biens matériels, mais aussi les hommes, l'information et les savoir-faire, etc. Il faut alors mesurer les vulnérabilités de ces actifs, évaluer la probabilité et l'impact des événements susceptibles de les menacer, et mettre en place des contre-mesures.
Mettre en Place un Plan de Prévention des Risques
Le plan de prévention des risques vise à éviter que des événements dommageables ne surviennent (par exemple, faire appel à un bon serrurier pour éviter des effractions) et/ou en atténuer les impacts (souscrire une assurance vol).
Sécuriser les Biens et les Ressources Humaines
Parmi les atteintes aux biens, on trouve en bonne place les sinistres : incendies, dégâts des eaux, etc. Le plan de prévention commence sur le terrain par des mesures de sécurisation et protection (détecteurs de fumée, sprinklers, portes coupe-feu…) et de replis (migration vers d'autres bureaux, d'autres lieux de production…).
Concernant les ressources humaines, la politique de prévention des risques se joue à plusieurs niveaux. Les risques peuvent être d'ordre physique, bien sûr (chaîne de production, BTP, transports…), mais aussi psychosocial. Ces derniers sont de plus en plus abordés dans les entreprises et concernent tous les changements plus ou moins subis par les collaborateurs : réorganisation avec PSE ou suppressions de postes éventuellement associées, nouveaux outils et/ ou logiciels, évaluations, déménagement…
Lutter Contre la Fraude Interne et Externe
Si le vol et la fraude figurent parmi les risques les plus courants, la prévention sur ce thème est abordée dans l'entreprise avec trop de gêne, donc avec trop peu d'efficacité. Car la fraude s'avère le plus souvent le fait de collaborateurs. La politique généralement préconisée dans ce domaine consiste à séparer les tâches et responsabilités, de manière à permettre un contrôle mutuel des différents acteurs.
Adapter la Couverture d'Assurance
Un passage en revue systématique des contrats d'assurance s'impose, en vérifiant la définition exacte des événements assurés ou non, ainsi que les niveaux de garanties. Il faut envisager la perte d'exploitation qu'entraînera la non-disponibilité de l'outil de travail détruit, le temps de le remplacer.
Le Financement des PME et ETM : Un Enjeu Majeur
Les Obstacles au Financement
Le premier obstacle important à surmonter est l'amorçage, le passage de la très petite entreprise (TPE) à la petite entreprise (PE), puis au stade de la PME. Ensuite, des milliers d'entreprises ont l'ambition de passer du statut de PME au statut de moyenne entreprise : les PME françaises connaissent comparativement des difficultés de croissance plus dirimantes que celles des pays européens comparables.
Outre la difficulté de se financer, l'entreprise affronte le conservatisme des donneurs d'ordres et leur crainte de traiter avec une PME dont le risque de défaillance est plus grand que si l'on traite avec une société déjà solide.
Les Sources de Financement
Dans cette première phase, les investisseurs extérieurs sont les fonds d'amorçage régionaux, souvent publics, ou les business angels, ces derniers intervenant le plus souvent lorsque les fonds sollicités sont inférieurs à 500 000 euros. La deuxième étape cruciale, en particulier pour les entreprises innovantes, est le développement de nouveaux marchés : de nouveaux fonds sont alors nécessaires qu'il est souvent difficile de lever.
Les entreprises artisanales se trouvent dans une situation comparativement favorable, car elles bénéficient de plusieurs dispositifs apparus pour pallier les insuffisances du financement bancaire, souvent avec le soutien des collectivités locales intéressées à la création ou à la reprise des entreprises.
Les Propositions pour Améliorer le Financement des PME
- Instituer un dispositif fiscal incitatif inspiré du crédit d’impôt recherche (CIR), permettant aux grandes entreprises de déduire une partie de l’aide à l’amorçage qu’elles apportent à une PME par souscription directe au capital de celle-ci.
- Autoriser la déduction des intérêts d’emprunt contracté par l’entrepreneur dans le cadre du rachat des parts détenues par un investisseur en capital.
- Développer, sous l’égide d’Oséo, une bourse centralisée de repreneurs potentiels d’entreprises, tout en préservant la confidentialité des informations.
- Reconduire pour dix ans « l’avantage Madelin » dans ses deux versions, au-delà de la date du 31 décembre 2010.
- Instituer par voie législative, une fois pour toutes, un portail d’accès unique, avec des accès au niveau des départements, pour le conseil à la création, au développement et au financement des entreprises.
Facteurs Clés de Succès pour les PME et ETM
Améliorer la Compétitivité
Si des mesures doivent être prises pour favoriser l’apport extérieur de capitaux, il convient de poursuivre l’amélioration de la compétitivité des entreprises, premier moyen pour elles de disposer de fonds propres. Contenir la hausse des prélèvements obligatoires fait partie de l’enjeu de la rentabilité et de la compétitivité.
Simplifier l'Environnement Juridique et Fiscal
L’État doit assurer aux acteurs économiques une sécurité juridique, fiscale et sociale ; la modification trop fréquente de nos dispositifs juridiques, souvent parce qu’il s’agit de demi-mesures insuffisamment efficaces dès le départ, est très nocive pour les petites et moyennes entreprises. Il faut mettre un terme à cette instabilité.
Lever les Freins à la Croissance
Expérimenter avant de simplifier. Le secrétaire d'Etat aux Entreprises, Hervé Novelli, a l'intention d'intervenir « sans bouleversement » pour mettre en oeuvre la promesse de Nicolas Sarkozy de suspendre pendant deux ans les seuils, « de façon à permettre aux entreprises qui le peuvent de s'agrandir et d'embaucher ».
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