L'imagerie médicale est un outil essentiel pour le diagnostic et le suivi de nombreuses conditions médicales. Cependant, chez les femmes enceintes ou allaitantes, des précautions particulières doivent être prises en raison des risques potentiels pour le fœtus ou le nourrisson. Cet article vise à informer sur les dangers potentiels des examens radiologiques pendant l'allaitement, en particulier en ce qui concerne le scanner, et à fournir des recommandations pour minimiser les risques.

Les différents types d'examens d'imagerie médicale et leurs spécificités

Il existe plusieurs types d'examens d'imagerie médicale, chacun utilisant des techniques différentes et présentant des risques spécifiques :

  • L'IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : Cet examen utilise des champs magnétiques et des ondes radio pour créer des images détaillées des organes et des tissus. Il ne nécessite pas l'utilisation de rayonnements ionisants.
  • Le scanner (Tomodensitométrie) : Cet examen utilise des rayons X pour créer des images en coupe du corps. Il peut être réalisé avec ou sans injection de produit de contraste iodé.
  • La mammographie : Cet examen utilise des rayons X à faible dose pour examiner les seins.
  • L'échographie : Cet examen utilise des ultrasons pour créer des images des organes et des tissus. Il est souvent utilisé pendant la grossesse pour surveiller le développement du fœtus.
  • La médecine nucléaire : Cette discipline utilise des médicaments radiopharmaceutiques pour obtenir des images fonctionnelles des organes et des tissus.

Précautions générales avant un examen d'imagerie médicale

Avant de subir un examen d'imagerie médicale, il est important de signaler à l'équipe médicale toute condition particulière, telle que :

  • Grossesse ou suspicion de grossesse
  • Allaitement
  • Allergies
  • Diabète
  • Insuffisance rénale
  • Pathologie thyroïdienne
  • Présence de matériel métallique implanté (pacemaker, prothèses, etc.)

Scanner et allaitement : Quels sont les risques ?

Le scanner utilise des rayons X, qui sont des rayonnements ionisants. Bien que la dose de radiation délivrée lors d'un scanner soit généralement faible, il existe un risque potentiel pour le fœtus en cas de grossesse. C'est pourquoi il est essentiel de signaler toute grossesse ou suspicion de grossesse avant de passer un scanner.

En ce qui concerne l'allaitement, le principal risque est lié à l'injection de produit de contraste iodé, qui est parfois nécessaire pour améliorer la qualité des images. Le produit de contraste iodé peut passer dans le lait maternel et être ingéré par le nourrisson.

Lire aussi: Importance du scanner en cas de colique néphrétique

Recommandations en cas d'injection de produit de contraste iodé pendant l'allaitement

Les recommandations concernant l'allaitement après une injection de produit de contraste iodé sont variables. L'ESUR (European Society of Urogenital Radiology) ne préconise pas d'arrêt de l'allaitement, tandis qu'une approche plus conservatrice suggère de l'interrompre pendant 24 à 48 heures. Il est donc important de discuter des risques et des bénéfices avec votre médecin radiologue afin de prendre une décision éclairée.

Si vous choisissez d'interrompre l'allaitement, vous pouvez tirer votre lait pendant cette période et le jeter. Cela permettra de maintenir votre production de lait et de pouvoir reprendre l'allaitement après la période d'interruption.

Autres examens d'imagerie et allaitement

IRM et allaitement

L'IRM n'utilise pas de rayonnements ionisants et est donc considérée comme sûre pendant l'allaitement. Cependant, dans certains cas, une injection de produit de contraste à base de gadolinium peut être nécessaire. Le gadolinium est excrété dans le lait maternel, mais en très faible quantité. Les sociétés savantes ont des avis contradictoires sur la conduite à tenir chez la femme allaitante. L'European society of Urogenital Radiology en 2015 préconise une suspension de 24h de l’allaitement alors que l’American College of Radiology et l’American Congress of Obstetricians and Gynecologists, en 2016 recommandent de ne pas interrompre l’allaitement.

Mammographie et allaitement

La mammographie utilise des rayons X à faible dose et est considérée comme sûre pendant l'allaitement. Cependant, il est important de noter que l'allaitement peut rendre les seins plus denses, ce qui peut rendre l'interprétation des images plus difficile. Il est donc préférable de réaliser la mammographie après la fin de l'allaitement, si possible.

Échographie et allaitement

L'échographie utilise des ultrasons et est considérée comme sûre pendant l'allaitement. Il n'y a pas de contre-indications à réaliser une échographie pendant l'allaitement.

Lire aussi: Protocole scanner pédiatrique

Médecine nucléaire et allaitement

En médecine nucléaire, des médicaments radiopharmaceutiques sont utilisés, et certains peuvent être transférés à l'enfant via le lait maternel. L'interruption de l'allaitement pendant une période à définir en fonction du médicament radiopharmaceutique est recommandée pour certains examens de médecine nucléaire.

Grossesse et examens radiologiques : La "règle des 10 jours" et les précautions à prendre

La "règle des 10 jours", initialement préconisée par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique), stipulait que les examens radiologiques chez les femmes en âge de procréer devaient être réalisés dans les 10 premiers jours du cycle menstruel, afin de minimiser le risque d'exposition d'un embryon en cas de grossesse non détectée. Cependant, cette règle a été assouplie et remplacée par une "règle des 28 jours", considérant qu'un examen radiologique justifié peut être réalisé à n'importe quel moment du cycle en l'absence de retard menstruel. En cas de retard menstruel, la femme est considérée comme enceinte en l'absence de preuve du contraire.

Selon la CIPR 84, le risque induit par une dose fœtale inférieure à 100 mGy ne justifie pas une interruption de grossesse.

Travail et exposition aux rayonnements ionisants pendant la grossesse

Les femmes enceintes travaillant dans un environnement exposé aux rayonnements ionisants sont soumises à des dispositions spécifiques du code du travail (art. D.4152-4 à D.4152-6). L'exposition au fœtus entre la déclaration de grossesse et l'accouchement doit être inférieure à 1 mGy. Les recommandations de la CIPR 84 précisent que les contraintes sur la dose au fœtus ne signifient pas que la travailleuse enceinte ne doit plus du tout travailler avec des appareils émetteurs de rayonnements ionisants, mais que des mesures doivent être prises pour minimiser l'exposition.

Lire aussi: Alternatives au Scanner pour Bébé

tags: #scanner #pendant #allaitement #dangers

Articles populaires: