Introduction

Robert Greiner, né en septembre 1952 en Moselle et décédé en détention le 9 janvier, est une figure tristement célèbre, connue pour son crime odieux commis en 1987. Son histoire est celle d'un homme apparemment ordinaire, pompier volontaire puis professionnel, dont la vie a basculé dans l'horreur avec le viol et le meurtre d'Evelyne Boucher, une adolescente de 16 ans.

Un parcours initial banal

Robert Greiner suit un parcours que l'on pourrait qualifier de banal. Il travaille d'abord comme mineur en Allemagne avant d'effectuer son service militaire. Après cela, il s'installe dans le sud de la France, à Villeneuve-lès-Avignon, avec sa compagne, avec qui il aura un fils. Il est embauché comme menuisier, puis devient pompier volontaire, avant d'intégrer le corps des pompiers professionnels à Avignon en 1981.

Vie privée et penchant trouble

Greiner divorce de sa première femme et épouse une lycéenne de 16 ans, scolarisée dans le même établissement qu'Evelyne Boucher. De cette union naîtra un fils. L'homme est décrit par ses proches comme étant très porté sur le sexe, aimant l'alcool et violent.

L'affaire Evelyne Boucher : un cold case résolu par l'ADN

Le 7 décembre 1987, Evelyne Boucher, 16 ans, est retrouvée morte aux Angles, dans le Gard. L'adolescente, qui n'était pas allée en cours ce jour-là, avait été aperçue dans la voiture d'un homme. Son corps est découvert le lendemain par des chasseurs, à quelques kilomètres de chez elle. Elle a été frappée, étranglée, violée et abattue d'une balle dans la nuque.

Les enquêteurs retrouvent du sperme sur le corps de la victime et des extraits d'ADN sont prélevés et analysés en 1992, permettant d'établir le profil génétique du meurtrier. Cependant, l'enquête piétine pendant des années.

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Ce n'est qu'en 2006, près de 20 ans après les faits, que le nom de Robert Greiner ressort. Inconnu des services de police, il est arrêté le 16 mai 2003 pour une autre affaire. Le parquet de Nîmes demande alors un prélèvement d'ADN. Greiner refuse dans un premier temps, avant de finalement accepter. La comparaison avec l'ADN retrouvé sur le corps d'Evelyne Boucher est sans appel : il correspond à 99,9%.

Procès et condamnations

Le procès de Robert Greiner s'ouvre le 7 avril 2008 à la cour d'assises de Nîmes. Le 10 avril, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il fait appel, mais est débouté par la cour d'assises de Lyon le 2 octobre 2009. Il se pourvoit alors en cassation.

Tout au long de la procédure, Robert Greiner clame son innocence, malgré les preuves accablantes de son ADN. Selon son avocat, Patrick Gontard, il est resté "jusqu'au bout dans le déni", s'étant constitué "un véritable bunker, une protection".

Décès et secret emporté

Robert Greiner est décédé en détention le 9 janvier, à l'âge de 70 ans. Il emporte avec lui son secret, n'ayant jamais reconnu son crime. Son affaire est considérée comme le premier cold case résolu grâce à la science, marquant une étape importante dans l'histoire de la police scientifique.

Les normaliens face aux exclusions pendant la guerre

Il est intéressant de noter, bien que cela semble sans rapport direct avec l'affaire Greiner, que durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux normaliens ont été confrontés à des situations d'exclusion en raison des lois raciales de Vichy et de l'occupation allemande.

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Trois catégories d'exclus

  • Les Alsaciens et les Lorrains : Après la défaite de 1940, l'Alsace et la Lorraine sont annexées par l'Allemagne. Les jeunes Alsaciens et Lorrains sont soumis au travail obligatoire et, à partir de 1942, doivent servir dans l'armée allemande, ce sont les "malgré nous". Les normaliens originaires de ces régions préfèrent s'éloigner de leurs départements d'origine et s'inscrivent dans les universités de la zone non occupée, comme à Lyon ou Clermont-Ferrand. L'administration de l'École normale les aide à obtenir des bourses et bénéficient du soutien des anciens élèves présents dans ces universités.

  • Les fils d'étrangers : Les normaliens nés de père étranger ou naturalisés sont menacés par la dénaturalisation et l'impossibilité d'accéder à la fonction publique. Ils doivent obtenir une dérogation pour se présenter à l'agrégation. L'administration de l'École normale les soutient dans leurs démarches et leur permet de poursuivre leur scolarité.

  • Les élèves et candidats juifs : Le premier statut des juifs d'octobre 1940 les exclut de la fonction publique. La loi de juin 1941 impose un numerus clausus dans l'enseignement supérieur, limitant à 3 % le nombre d'élèves juifs autorisés à s'inscrire dans chaque université. Les élèves juifs déjà admis à l'École normale peuvent y poursuivre leur scolarité, mais sont interdits de se présenter à l'agrégation à partir de février 1941.

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