Introduction

Le renouveau charismatique est un mouvement spirituel qui a émergé au sein de l'Église catholique au cours du XXe siècle. Il se caractérise par une redécouverte de l'expérience personnelle de Dieu, une importance accrue accordée aux dons spirituels et un engagement renouvelé dans la mission évangélisatrice de l'Église. Ce mouvement n'est pas sans conséquences sur les questions bioéthiques, notamment celles liées à la procréation médicalement assistée (PMA).

L'Essor des Communautés Nouvelles et le Renouveau Charismatique

Après les bouleversements de Mai 1968, une vague de recherche communautaire a déferlé, donnant naissance à diverses formes d'expression telles que les familles, les fraternités, les communautés de vie et les fraternités de quartier. Ces groupes de prière ont servi de laboratoires où un discours communautaire et de nouvelles pratiques religieuses se sont développés autour d'un fondateur charismatique.

Dans les années 1970, de nombreux chrétiens, clercs, laïcs et religieux, ont estimé que l'Église de France ne donnait pas à la vie spirituelle la place qu'elle méritait. Ils ont alors cherché à se regrouper en marge des structures classiques, se caractérisant par une effervescence spirituelle, un fort engagement apostolique et un appel à la conversion.

À partir de 1975, ces groupes se sont associés à la paroisse, en fonction des décisions du curé et des prêtres référents. Certains prêtres ont cherché à institutionnaliser et à structurer le Renouveau tout en préservant son caractère charismatique, servant d'intermédiaires entre les fondateurs et les évêques.

Après une phase de multiplication des groupes de prière, un essor des communautés de vie et d'alliance s'est produit à partir de 1973-1974. La rencontre de 600 membres de communautés naissantes à Vézelay en 1974 a marqué la distinction progressive entre les groupes de prière et les premières communautés. De grandes communautés ont émergé, telles que la Théophanie (1972), le Chemin Neuf (1973), les Béatitudes (1973), l'Emmanuel (1976), le Pain de Vie (1976), Réjouis-toi (1977) et le Puits de Jacob (1977).

Ces nouvelles communautés, groupes ou mouvements sont restés multiformes, difficiles à saisir ou à classer selon des catégories juridiques formelles. Le Code de 1983 propose le terme d'« associations de fidèles » (canons 298-329), plutôt que celui de « communauté nouvelle ».

Certaines communautés ont reproduit le modèle des instituts religieux canoniquement validés (canons 607-709), avec des hommes et des femmes célibataires vivant en communautés séparées et réalisant des vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Certains de leurs membres sont ordonnés diacres et prêtres.

Les « communautés plurivocationnelles », intervocationnelles ou « condensations ecclésiales » se sont développées selon deux modèles. Les « communautés de vie » rassemblent des hommes et des femmes, des célibataires et des couples, des prêtres (et diacres) et des membres non ordonnés, qui pratiquent un certain partage et vivent les valeurs évangéliques de pauvreté et d'obéissance. Les « communautés d'alliance » rassemblent des chrétiens impliqués dans la vie active et le monde, tout en restant engagés dans une vie de prière communautaire.

L'Emmanuel est la première communauté d'alliance par ses effectifs, suivie par le Chemin Neuf, né en 1973 de l'expérience de la spiritualité ignatienne et du Renouveau charismatique. Ces communautés nouvelles peuvent s'inscrire dans des traditions de spiritualité héritées du passé.

Le tableau suivant illustre la montée en puissance des communautés les plus importantes de 1980 à 2010, fournissant à l'Église de nombreux religieux, prêtres et laïcs engagés.

Communauté1980199020002010
Emmanuel10004000600010 000 (dont 5 000 en France)
Saint-Jean604507301 040
Béatitudes1207501200700
Chemin Neuf13045010002 000

La Reconnaissance Progressive du Renouveau Charismatique par l'Église

En 1975, lors de l'Année sainte à Rome, Paul VI a déclaré que le Renouveau spirituel pouvait être une chance pour l'Église et pour le monde. Mgr Gérard Huyghe, évêque d'Arras, fut le premier en France à s'intéresser concrètement au Renouveau charismatique. Mgr Robert Coffy a pris officieusement en main en 1975 les rencontres entre l'épiscopat et les responsables des communautés.

Lors de l'assemblée plénière de l'épiscopat français à Lourdes en octobre 1982, Mgr Émile Marcus a présenté un rapport sur le Renouveau spirituel, exposant les premiers fruits du Renouveau et la nécessité pour les évêques de les recevoir. Des délégués diocésains au Renouveau charismatique ont été nommés, et des équipes régionales de coordination « Fraternités Pentecôte » ont été mises en place. En 1988, une « Instance de communion » a été créée pour regrouper les représentants du Renouveau.

À la Pentecôte 1998, Jean-Paul II a invité les responsables des mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés à passer à l'étape de la « maturité ecclésiale ». La deuxième rencontre romaine à la Pentecôte 2006 a confirmé l'ancrage du Renouveau dans l'Église catholique.

Après la naissance et le développement des groupes de prière, des rassemblements nationaux ont été organisés par les grandes communautés dans des hauts lieux spirituels. En 1985, Mgr Le Bourgeois a confié le sanctuaire de Paray-le-Monial à la communauté de l'Emmanuel.

Le rapport Dagens, présenté à Lourdes en 1994, a validé le caractère grandissant du Renouveau charismatique et sa pertinence pour proposer la foi. En 1999, des évêques français ont participé à un colloque à Rome, organisé par la communauté de l'Emmanuel. Le nombre croissant de vocations issues du Renouveau a interpellé les Ordinaires, qui y voient une manne pour leur pastorale locale.

La Modération des Expressions Charismatiques

Les grandes communautés ont cherché à tempérer l'effervescence du Renouveau charismatique et à modérer l'aspect sensationnel de certains charismes. Après le rapport Marcus, des communautés comme l'Emmanuel se sont éloignées progressivement des manifestations ostensibles néo-pentecôtistes pour gagner la confiance des évêques. Le qualificatif « charismatique » a été de moins en moins associé à celui de « Renouveau ».

Dans le diocèse d'Autun, Mgr Le Bourgeois a remarqué la mise en berne des expressions charismatiques démonstratives à Paray-le-Monial. Les premières paroisses confiées à la communauté de l'Emmanuel ont changé la donne, évitant de choquer les fidèles par des manifestations qui heurteraient leur pudeur.

Bioéthique et PMA : Les Enjeux

Le renouveau charismatique, en tant que mouvement spirituel au sein de l'Église catholique, partage les positions traditionnelles de l'Église sur les questions bioéthiques. Cela inclut une forte opposition à la GPA et une vision spécifique sur la PMA.

Opposition à la GPA

Le mouvement s'oppose fermement à la gestation pour autrui (GPA), qu'il considère comme une violation de la dignité humaine de la mère porteuse et de l'enfant. Cette position est enracinée dans la conviction que chaque être humain a droit à une filiation claire et à être élevé par ses parents biologiques.

La PMA à la lumière du renouveau charismatique

Concernant la procréation médicalement assistée (PMA), le mouvement adopte une position nuancée. Il soutient les techniques qui aident à la conception naturelle sans remplacer l'acte conjugal, mais s'oppose à celles qui impliquent une fécondation in vitro (FIV) avec manipulation d'embryons. Cette opposition découle de la conviction que la vie humaine commence dès la conception et que l'embryon doit être traité avec respect.

Le Renouveau Charismatique face aux Défis Bioéthiques Contemporains

Le renouveau charismatique est confronté à des défis bioéthiques complexes dans le monde contemporain. Les avancées scientifiques et technologiques dans le domaine de la procréation soulèvent des questions éthiques délicates, auxquelles le mouvement doit répondre en s'appuyant sur sa foi et ses valeurs.

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