Les régurgitations sont un phénomène courant chez les nourrissons. Il est normal que votre bébé régurgite du lait après avoir bu. Ce phénomène est normal chez l’enfant en bas âge. Cependant, il est important de distinguer les régurgitations normales du reflux gastro-œsophagien (RGO) compliqué, qui peut nécessiter une attention médicale. Cet article vous aidera à comprendre les causes des régurgitations, en particulier celles qui remontent par le nez, les symptômes à surveiller et les solutions pour soulager votre bébé.

Qu'est-ce que la régurgitation du bébé ?

La régurgitation du bébé, aussi appelée reflux gastro-œsophagien (RGO), est la remontée du contenu de l’estomac vers l’œsophage. C’est souvent un mélange de lait et de salive qui remonte sans effort après l’ingestion du repas. Les régurgitations apparaissent avant l'âge de 3 mois. Elles sont favorisées par l’alimentation liquide, les changements de position et la compression de l’abdomen. Ces reflux sont physiologiques et ne représentent aucun danger pour le nourrisson. Ils sont involontaires mais ne demandent aucun effort. Si vous ne constatez aucune gêne chez votre enfant (pleurs, toux, perte de poids…), alors pas d’inquiétude ! Les régurgitations des bébés sont très fréquentes, parfois abondantes, mais ce ne sont pas des vomissements.

Différence entre régurgitations et vomissements

Il est essentiel de distinguer les régurgitations des vomissements. Les régurgitations sont des rejets de lait involontaires, sans effort, qui se produisent après la tétée. Elles sont généralement indolores et ne sont composées que de lait et de salive. Les vomissements, en revanche, sont des rejets actifs, souvent accompagnés de contractions abdominales, et peuvent contenir des aliments partiellement digérés.

Causes des régurgitations chez le nourrisson

Plusieurs facteurs peuvent expliquer les régurgitations chez les nourrissons :

Immaturité du système digestif

Chez le nourrisson, le système anti-reflux se met en place. Le muscle du sphincter cardial, situé à la jonction de l'œsophage et de l'estomac, est encore immature. Plutôt que de se refermer pour favoriser la digestion, il peut se relâcher de façon inappropriée et laisser remonter le liquide gastrique jusqu’à la bouche. L’enfant va alors régurgiter son repas de façon involontaire. La position et l’agitation de son corps peuvent accentuer les reflux.

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Petite taille de l'estomac

Dans les premiers mois de vie, l’estomac du bébé est tout petit. De la taille d’une cerise à la naissance, il va progressivement grossir. Or, à chaque repas, l’estomac se distend par de grands volumes de lait et d’air absorbés en tétant, ce qui peut engendrer un trop-plein difficile à évacuer dans l’intestin grêle.

Alimentation liquide

L’alimentation liquide des premiers mois favorise naturellement les remontées gastriques. Le lait maternel ou infantile remonte plus facilement qu’un aliment solide. Cette consistance fluide explique pourquoi le RGO s’améliore souvent avec la diversification alimentaire.

Facteurs externes

Plusieurs facteurs externes peuvent aggraver le reflux gastro-œsophagien de bébé. Le tabagisme passif irrite les voies digestives et respiratoires de votre enfant. Les vêtements trop serrés compriment son petit ventre après les repas. Une position allongée immédiate favorise les remontées acides. Le stress familial peut également perturber la digestion de votre nourrisson.

Suralimentation

Une suralimentation fréquente surchargé l’estomac fragile de votre nourrisson. Un bébé qui boit trop rapidement avale également plus d’air. Cette distension gastrique augmente la pression sur le sphincter œsophagien. Les biberons trop volumineux ou les tétées trop longues favorisent ce phénomène. Observer les signaux de satiété de votre enfant vous aidera à éviter la suralimentation.

Régurgitations par le nez : un cas particulier

Il est possible que bébé ait des régurgitations qui sortent par le nez. Quand je l'allaitais allongée sur le côté la nuit, son nez se bouchait et il avait une respiration de petit cochon. Encore aujourd'hui, il a 3 mois et j'ai encore parfois du mal à distinguer un rhume et le problème du lait dans le pif…

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Causes spécifiques

Si les aliments passent par le nez c’est que celui-ci est mal isolé de la bouche quand Lili s’alimente. Le voile du palais ne fonctionne pas normalement et ceci explique sans doute aussi pourquoi l’allaitement n’a pas pu être poursuivi et que les biberons soient laborieux. Normalement, pour téter il faut pouvoir faire le vide dans la bouche et éviter que l’air ne s’échappe par le nez. De même, une fois que l’aliment est en bouche il est supposé se diriger vers l’oesophage qui mène ensuite à l’estomac.Si le clapet (voile du palais) ferme mal, les aliments peuvent se retrouver propulsés dans le nez.

Incompétence vélo-pharyngée

L’absence ou la mauvaise fermeture du voile sont appelées incompétence ou insuffisance vélo-pharyngée. soit le voile du palais est parfaitement intègre mais se contracte mal sans raison particulière. Dans ce cas, un examen approfondi associé à un entretien poussé voire une consultation génétique, et l’évolution de l’enfant, permettront peut-être de faire un diagnostic précis.soit le voile du palais comporte un signe qui alerte sur sa structure. La luette ( le petit « grelot » que l’on voit quand on dit bien fort « A » ou quand le bébé pleure) peut comporter une encoche ou être en partie fendue. Plus compliqué à mettre en évidence, l’extérieur du voile est indemne mais sa contraction montre que sous la muqueuse, les muscles ne sont pas bien positionnés. Il ne manque rien à l’enfant, toutes les structures anatomiques sont là mais peuvent en revanche être mal positionnées.

Risques et complications

Bien que généralement bénignes, les régurgitations nasales peuvent causer un certain inconfort pour le bébé et irriter les fosses nasales. Dans de rares cas, elles peuvent augmenter le risque d'infections de l'oreille moyenne (otites séro-muqueuses) si le voile du palais fonctionne moins bien et que du liquide s'accumule derrière le tympan.

Quand s'inquiéter ? Signes d'un RGO compliqué

La plupart du temps, la régurgitation chez le bébé est absolument normale et tend à s’estomper avec l'âge. On l’appelle alors reflux gastro-œsophagien simple. Mais il est toujours pertinent d’en parler avec son pédiatre. Le RGO simple, indolore et sans danger pour la santé, est le plus courant. Il n'empêche pas le bébé de se nourrir correctement ni de prendre du poids ou de bien dormir. Vous trouvez que votre bébé régurgite beaucoup ? Vous aimeriez le soulager ? Un RGO compliqué peut affecter le quotidien de votre enfant.

Si votre bébé présente l'un des symptômes suivants, il est important de consulter un médecin :

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  • Pleurs excessifs et inconsolables après les repas
  • Refus de s'alimenter ou difficultés à manger
  • Perte de poids ou stagnation de la courbe de croissance
  • Irritabilité constante et troubles du sommeil
  • Toux chronique, respiration sifflante ou autres problèmes respiratoires
  • Présence de sang dans les régurgitations ou les selles
  • Signes d'œsophagite (inflammation de l'œsophage) : douleurs intenses, refus alimentaire et parfois saignements

Dans des cas rares, l’acidité des remontées gastriques provoque une inflammation de la muqueuse de l'œsophage : c’est l'œsophagite. Cette maladie est souvent liée à une anomalie anatomique (hernie de l’estomac), à un problème pulmonaire chronique (mucoviscidose) ou à un mauvais développement psychomoteur. L'œsophagite peut provoquer un torticolis dû aux contractions du cou.

Comment soulager les régurgitations de bébé ?

Les régurgitations sont fréquentes et normales chez un nourrisson, mais ça ne vous empêche pas d’adopter des gestes simples pour les limiter. Voici quelques conseils et astuces pour aider à réduire les régurgitations de votre bébé :

Allaitement maternel

D’après l’Organisation Mondial de la Santé (OMS), le lait maternel reste le meilleur aliment pour les nourrissons jusqu’à 6 mois. Non seulement il contient tous les nutriments nécessaires à leur bon développement, mais il réduit aussi les risques de régurgitations. En effet, un lait maternel se digère plus vite. C’est un anti-acide naturel, ce qui limite les renvois du liquide gastrique.

Alimentation au biberon

Si vous n’allaitez pas ? Selon le problème, votre pédiatre peut également vous recommander des laits infantiles spécifiques, notamment ceux à formule épaissie, à retrouver dans le commerce ou en pharmacie. À base d’amidon issu de pomme de terre, de maïs, ou bien de farine de caroube, le lait épaissi répond aux troubles digestifs d’ordre léger. Vous pouvez vous procurer des laits déjà épaissis ou bien acheter de l’épaississant, à ajouter dans la poudre. La composition entre les deux formules est la même. La plupart des laits infantiles se présentent sous la forme de poudre à mélanger à de l’eau. Afin de ne pas suralimenter votre bébé, respectez les dosages : une mesurette pour 30 mL d’eau, sans tasser la poudre. La quantité à donner varie avec l'âge et le poids du bébé. La première année, en moyenne, il boit entre 600 et 850 mL de lait par jour, et commence la diversification alimentaire dès 6 mois. Pour déterminer précisément la quantité à donner au bébé, vous pouvez vous baser sur la règle d’Appert.

Techniques d'alimentation

  • Fractionner les repas : Proposez des biberons plus petits mais plus fréquents à votre nourrisson. Un estomac moins rempli régurgite moins facilement. Réduisez de 30 ml la quantité habituelle et ajoutez une prise supplémentaire.
  • Faire des pauses pendant la tétée : Interrompez la tétée à mi-parcours pour favoriser l’évacuation de l’air. Tapotez doucement son dos en le maintenant contre votre épaule. Un rot efficace libère la pression dans l’estomac.
  • Vérifier la tétine : Une tétine trop percée fait boire bébé trop rapidement. L’air avalé favorise les régurgitations et les douleurs. Testez différents débits selon l’âge de votre enfant.
  • Éviter la suralimentation: Observer les signaux de satiété de votre enfant vous aidera à éviter la suralimentation.

Positionnement

  • Position verticale après le repas : Gardez votre enfant contre vous pendant 20 à 30 minutes après la tétée. Cette position verticale aide le contenu gastrique à rester en place. Évitez de l’installer dans son transat ou siège-auto immédiatement.
  • Inclinaison du matelas : Inclinez le matelas de 15 à 30 degrés maximum avec une cale sous le sommier. Cette position proclive limite les remontées nocturnes sans compromettre la sécurité. Vérifiez que bébé ne glisse pas vers le bas du lit.
  • Portage physiologique : Le portage physiologique maintient naturellement votre enfant en position verticale. Les mouvements de marche bercent et apaisent les douleurs digestives. Cette solution libère vos mains tout en soulageant bébé.

Autres conseils

  • Vêtements amples : Privilégiez des bodies amples qui ne compriment pas le ventre. Les pressions trop ajustées exercent une pression sur l’estomac fragile. Choisissez une taille au-dessus si nécessaire.
  • Massage abdominal : Pour faciliter la digestion, vous pouvez masser le ventre de votre bébé, avec douceur, dans le sens des aiguilles d’une montre autour de son nombril. Utilisez une huile douce adaptée aux bébés pour faciliter le massage. Ces gestes apaisent les tensions abdominales et favorisent la digestion.
  • Environnement calme : Créez un environnement calme lors des repas.Un environnement paisible peut réduire l'agitation de votre bébé pendant et après le repas, diminuant ainsi la régurgitation de votre bébé. Essayez de vous isoler dans un endroit tranquille et sans distractions excessives au moment des repas.
  • Nettoyage du nez : En brûlant l’œsophage, le reflux gastrique fabrique des glaires qui remontent. Les bébés sujets au RGO peuvent avoir le nez fréquemment encombré. Et avec un rhume, c’est encore pire. Mieux vaut donc prendre les devants, en prenant soin de laver le nez de bébé lorsque nécessaire, notamment avant les repas et le coucher.
  • Éviter le tabagisme passif : Ne fumez pas en présence de votre enfant et ne lui imposez pas d’atmosphère enfumée.

Traitements naturels et médicamenteux

En cas de RGO incommodant, vous pouvez essayer divers traitements naturels.

  • Homéopathie : Pas vraiment prouvée scientifiquement, l’homéopathie ferait pourtant des miracles, notamment chez les enfants. On recommande ainsi les granules de Robinia Pseudo-acacia 5ch, celles d’Antimonium Crudum 5ch ou encore d’Aethusa Cynapium 5ch.
  • Ostéopathie : Recommandé pour apaiser les coliques, l’ostéopathie soulagerait aussi le reflux gastrique de bébé.

S’il est question d’une œsophagite, un traitement médicamenteux est prescrit en plus des mesures hygiéno-diététiques énoncées plus haut. Par exemple, des antisécrétoires gastriques peuvent être données à partir de l'âge d’un an afin de lutter contre l’inflammation du tube digestif. Les médicaments anti-reflux incluent les alginates comme le Gaviscon et les inhibiteurs de la pompe à protons. Le traitement médicamenteux reste exceptionnel avant 1 an. Seul un RGO grave avec œsophagite justifie ces prescriptions. Les effets indésirables limitent leur usage chez les nourrissons. Privilégiez toujours les mesures hygiéno-diététiques en première intention.

Examens complémentaires

Que vous évoquiez le sujet des régurgitations lors du suivi médical habituel ou en urgence, le médecin réalisera un diagnostic voire des examens complémentaires. En vue d’un examen plus poussé, la pH-métrie peut être nécessaire. Le médecin introduit une sonde dans le nez du bébé afin d’enregistrer les variations du pH au fond du tube digestif. La gastroscopie, ou endoscopie digestive haute, consiste à observer l'œsophage, l’estomac et le duodénum à l’aide d’un tube optique souple, introduit par la bouche ou le nez. Muni de caméras, d’une lampe et de divers instruments, l’endoscope permet de visualiser, de prélever un tissu voire de réaliser une intervention chirurgicale. En cas d’eczéma ou d’asthme, on va suspecter une allergie aux protéines de lait de vache.

Allergie aux protéines de lait de vache (APLV)

L’allergie aux protéines de lait de vache complique parfois le RGO du nourrisson. Cette intolérance provoque une inflammation de l’œsophage et de l’estomac. Les symptômes incluent régurgitations, pleurs et parfois eczéma ou diarrhées. Cette allergie touche environ 2 à 3% des bébés nourris au biberon. Elle peut aussi affecter les bébés allaités si maman consomme des produits laitiers. Un régime d’éviction de quelques semaines permet de confirmer le diagnostic. Consultez notre check-list des symptômes, pour identifier facilement et rapidement les symptômes pouvant suggérer une APLV.

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