L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un acte médical qui permet de mettre fin à une grossesse. En France, ce droit est encadré par la loi et accessible à toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse, et ce jusqu'à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines d'aménorrhée).

Qu'est-ce que l'IVG et comment ça se passe ?

L'IVG est un droit fondamental pour les femmes, leur permettant de prendre des décisions concernant leur corps et leur vie. Il existe deux méthodes principales d'IVG, adaptées au terme de la grossesse :

  • L'IVG médicamenteuse : Pratiquée jusqu'à la fin de la 7ème semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée), elle consiste en la prise de deux médicaments. Le premier interrompt la grossesse, tandis que le second provoque l'expulsion de l'œuf. Le premier médicament peut être pris en présence d'un professionnel de santé ou à domicile, et le second est pris 24 à 48 heures après, également en consultation ou à domicile. Cette méthode affiche un taux de réussite d'environ 95%.

  • L'IVG chirurgicale (ou instrumentale) : Réalisable jusqu'à la fin de la 14ème semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée), elle consiste en une aspiration de l'œuf après dilatation du col de l'utérus. L'intervention peut se faire sous anesthésie locale ou générale, selon le choix de la patiente et l'avis du médecin. L'hospitalisation dure généralement quelques heures, et l'intervention elle-même prend une dizaine de minutes. Le taux de réussite de cette méthode est d'environ 99%.

Où s'informer et se faire accompagner ?

Il est essentiel de s'informer correctement avant de prendre une décision concernant l'IVG. Différentes structures et ressources sont disponibles pour fournir des informations et un accompagnement :

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  • Sites internet spécialisés, comme www.ivglesinfos.org.
  • Centres de planification familiale.
  • Permanences régionales d'information sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse.
  • Centres de santé.
  • Établissements d'information, de consultation et de conseil familial.
  • Numéro vert (anonyme et gratuit) 0800 08 11 11, offrant une écoute bienveillante et sans jugement.

L'IVG chirurgicale doit être réalisée dans un établissement de santé (hôpital ou clinique), ou parfois dans un centre de santé autorisé ayant une convention avec un établissement de santé. L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée dans un plus grand nombre de lieux : établissements de santé, cabinets de ville, centres de planification et d'éducation familiale, et centres de santé. Elle peut être réalisée par un médecin ou une sage-femme.

Les étapes avant l'IVG

Avant de procéder à une IVG, deux consultations médicales sont généralement nécessaires. Elles peuvent avoir lieu auprès d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un gynécologue, ou dans un planning familial. Un entretien psycho-social est également proposé (obligatoire pour les mineures).

La première consultation permet :

  • D'examiner la patiente.
  • De l'informer sur les deux méthodes d'IVG, leurs avantages et leurs inconvénients.
  • De lui remettre un dossier guide.

La seconde consultation permet :

  • De confirmer par écrit la demande d'avortement.
  • De donner son consentement au médecin ou à la sage-femme pour l'IVG.
  • De choisir librement la méthode d'avortement et le lieu de l'intervention.
  • De réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles.

Spécificités pour les mineures

Une femme mineure peut avorter sans autorisation parentale. Si elle souhaite garder le secret vis-à-vis de ses parents ou représentants légaux, cela est possible. Elle doit être accompagnée par une personne majeure de son choix, qui lui apportera un soutien moral et une écoute.

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Que se passe-t-il après l'IVG ?

Une visite de contrôle est obligatoire entre le 14ème et le 21ème jour après l'IVG, pour s'assurer de son succès et de l'absence de complications. Le professionnel de santé vérifie également que la patiente dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation. Après une IVG, il est normal d'avoir des saignements. Il est important de reprendre rapidement une contraception pour éviter une nouvelle grossesse non désirée.

Aspects financiers

L'IVG est remboursée à 100% par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Le coût varie en fonction de la méthode utilisée et du lieu de l'intervention.

L'IVG en chiffres et en droit en France

En 2022, environ 234 300 IVG ont été pratiquées en France, dont 78% par voie médicamenteuse. L'IVG est autorisée en France depuis la loi Veil du 17 janvier 1975, qui a dépénalisé l'avortement. Ce droit est une avancée majeure pour les femmes, leur permettant de disposer de leur corps et de maîtriser leur fécondité.

Un droit fragile et menacé dans le monde

Bien que l'accès à l'IVG se soit amélioré dans de nombreux pays ces dernières années, il reste un droit fragile et menacé dans certaines régions du monde. Des pays comme les États-Unis, la Pologne et Malte ont restreint ou interdit l'avortement, mettant en danger la santé et la vie de nombreuses femmes. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 40 000 femmes meurent chaque année à cause d'avortements clandestins.

En France, face à ces menaces, Emmanuel Macron a annoncé en octobre 2023 le début d'un processus visant à inscrire l'IVG dans la Constitution, afin de garantir ce droit de manière "irréversible".

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Les raisons derrière le recours à l'IVG : une réalité complexe

Malgré le remboursement de la contraception et les politiques familiales, le recours à l'IVG se maintient à un niveau élevé en France. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation complexe :

  • Échec de la contraception : Un tiers des grossesses non désirées surviennent chez des femmes qui utilisent une contraception.
  • Évolution du profil des femmes : La demande d'IVG augmente chez les femmes de plus de 25 ans, notamment en raison des IVG itératives.
  • Préoccupations économiques : Les difficultés financières peuvent inciter les couples à renoncer à avoir des enfants ou à recourir à l'IVG. Une étude a montré que le recours à l'IVG est 40 fois supérieur pour les femmes les plus pauvres que pour les plus aisées.
  • Angoisses diffuses : La précarisation des liens affectifs et l'angoisse de l'avenir peuvent également influencer la décision de ne pas poursuivre une grossesse.
  • Refus des hormones : De nombreuses femmes refusent désormais de prendre des hormones, ce qui peut les amener à privilégier l'IVG plutôt que la contraception hormonale.

Idées reçues sur l'IVG

Il est important de lutter contre les idées reçues sur l'IVG, qui peuvent stigmatiser les femmes et entraver leur accès à ce droit :

  • "L'IVG rend stérile ou diminue la fécondité" : FAUX. L'IVG, réalisée dans de bonnes conditions, n'a pas d'impact sur la fertilité.
  • "L'IVG produit un dérèglement hormonal" : FAUX. Le système hormonal se régule rapidement après une IVG.
  • "L'avortement provoque des troubles psychiques" : FAUX. Il n'existe pas de pathologie psychologique spécifique au décours d'une IVG.
  • "L'IVG est utilisée seulement par les femmes qui n'ont pas de moyen de contraception" : FAUX. Au contraire, la plupart des femmes qui ont recours à une IVG utilisaient un moyen de contraception qui n'a pas fonctionné.
  • "Les mineures doivent demander l'accord de leurs parents" : FAUX. Une femme mineure peut demander une IVG sans l'accord de ses parents.
  • "L'IVG médicamenteuse est une méthode plus simple que l'IVG instrumentale" : FAUX. Chaque méthode présente des avantages et des inconvénients, et le choix doit se faire en fonction de la situation de chaque femme.

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