La situation désastreuse dans la bande de Gaza continue de se détériorer, marquée par une violence implacable et une crise humanitaire sans précédent. Les témoignages poignants qui émergent de ce territoire assiégé révèlent une réalité insoutenable, où les enfants sont les premières victimes de massacres et de privations. Cet article vise à exposer l'ampleur de ces atrocités, à donner une voix aux témoins et aux victimes, et à lancer un appel urgent à la communauté internationale pour qu'elle agisse afin de mettre fin à ce cycle de violence et d'injustice.

Une Journée Sanglante à Gaza

Ce matin, les habitants de la bande de Gaza se sont réveillés au son de deux massacres atroces perpétrés en plein jour par l’armée d’occupation israélienne dans deux lieux qu’elle avait elle-même désignés pour la distribution de l’aide humanitaire : le premier à l’ouest de la ville de Rafah, et le second près de la zone de Netzarim, au sud-centre de la bande.

Dès les premières heures du matin, un grand nombre de blessés ont afflué vers l’hôpital Nasser dans la ville de Khan Younès. Des scènes horribles ont envahi les couloirs des urgences, où médecins et infirmiers se sont précipités avec toute l’énergie qu’il leur restait pour tenter de sauver les blessés, malgré une pénurie sévère de poches de sang, de médicaments et de matériel médical. L’administration de l’hôpital a lancé un appel urgent à tous les citoyens pour donner leur sang, espérant pouvoir faire face à cette catastrophe douloureuse.

Aujourd’hui a été une journée sanglante par excellence. Les habitants de Gaza sont sortis de leurs maisons fissurées et de leurs rêves brisés, espérant obtenir une aide qui les protégerait de la faim et de la misère. Mais les balles de l’occupation les attendaient au tournant. Beaucoup sont partis avec des sacs vides dans l’espoir de les remplir de nourriture, mais sont revenus à leurs familles en corps sans vie, enfermés dans des sacs blancs.

Selon les sources médicales, le nombre de blessés a dépassé les 200 personnes, dont 31 tués, avec des dizaines de cas toujours dans un état critique. À l’intérieur de l’hôpital Nasser, où les corps des blessés s’entassaient, la chirurgienne britannique Victoria Rose a été témoin du massacre. Avec des mots tremblants et les larmes aux yeux, elle a décrit la scène comme “catastrophique à tous les niveaux”.

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Pièges Mortels et Arrogance Inacceptable

Les événements récents ont révélé sans l’ombre d’un doute que ce qu’on appelle les “centres de distribution d’aide” établis par l’armée d’occupation ne sont rien d’autre que des pièges à mort collective, utilisés comme outils systématiques de tuerie, de déplacement forcé et de brisure de la volonté du peuple palestinien.

Israël, qui a pratiqué la violence pendant des décennies, a atteint aujourd’hui un niveau d’arrogance jamais vu dans l’histoire. Elle semble considérer le monde entier comme soumis à son pouvoir, agissant comme une entité au-dessus des lois, non comptable de ses actes, et jamais critiquée, quels que soient ses crimes. Quiconque ose la condamner est immédiatement accusé d’antisémitisme.

Et la question la plus importante reste : si un autre pays avait commis ce qu’Israël fait aujourd’hui, le monde se serait-il tu ? Les institutions internationales auraient-elles tardé à mettre en œuvre leurs décisions, ou traité les criminels avec autant de complaisance ? La réponse, sans aucun doute, est non.

Le Silence du Monde Tue

Des milliers de personnes à Gaza ne meurent pas seulement sous les bombardements, mais aussi du silence du monde. Elles meurent par manque de médicaments, de nourriture, d’électricité, d’eau, par le déplacement, par la perte des proches. Ce qui se passe actuellement à Gaza n’est pas une simple guerre, mais un chapitre sombre de l’histoire de l’humanité, où les massacres s’écrivent sous les yeux du monde entier.

Au milieu de cette dévastation totale, Gaza continue de résister. Elle résiste par les blessures, par la vie, par une mort noble, et par une dignité qui ne se brise pas. Et à chaque goutte de sang versée, une question morale retentit au visage du monde : combien d’innocents doivent encore être tués pour que l’on nomme enfin ce massacre un massacre ?

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Manifestations et Indignation Face à l'Horreur

10 000 personnes ont manifesté en France, ce lundi 27 mai, après la frappe israélienne qui a tué 45 civils dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza. Un écho inédit en réaction à des images d’une violence rare, dont celle d’un bébé décapité. Mais ce qui nous dérange le plus dans ces visions d’horreurs, n’est-ce pas notre propre attentisme face à la situation ?

D’abord, la sidération. « En allumant la télé, j’ai eu envie de pleurer. Quand je vois des enfants déchiquetés, je ne peux plus manger, je ne peux plus dormir. Je ne sais pas quoi vous dire de plus », s’étrangle Sherine avant de disparaître dans la foule, un keffieh enroulé dans les cheveux. Ensuite, l’indignation. Emmanuel Macron a les moyens de faire pression sur Israël, on a vu que des sanctions étaient applicables dans le cas de la Russie. Là, c’est pareil, sinon pire, alors pourquoi on ne fait rien ? C’est un choix politique », poursuivent en chœur Noah et Rachid, en tête de cortège. Enfin, la haine. « Vive la lutte armée du peuple palestinien » faisait partie des slogans largement entonnés dans la marche organisée par le collectif Urgence Palestine. Rapidement, plus personne ne semble remarquer que l’on est devant le Café de la Paix, sur la place de l’Opéra, et des tags « Israël nazi » apparaissent un peu partout sur les murs. Voilà la mécanique en trois temps d’une manifestation qui avait tout pour déborder.

Les Enfants, Premières Victimes du Conflit

Depuis le 7 octobre 2023, la bande de Gaza est dévastée par une guerre d’une violence inouïe. Au moins, 38 000 personnes seraient décédées, 88 000 blessées et des milliers d’autres déplacées. Dans ce petit territoire long de seulement 41 km, les maisons, les hôpitaux, les écoles ne sont plus que ruines. Se déplacer est presque impossible.

À la mi-mars, l’ONU a annoncé que plus d’enfants avaient été tués dans l’enclave palestinienne depuis octobre 2023 qu’en quatre ans de conflits à travers le monde. Environ 40 % des plus de 33 000 Palestiniens tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023 sont des enfants. En six mois, les bombes israéliennes qui dévastent le petit territoire assiégé, les combats, les tirs des snipers de l’armée et, désormais, la famine imminente en ont tué davantage que quatre ans de conflits partout ailleurs dans le monde, rapporte l’UNRWA, l’agence onusienne qui s’occupe des réfugiés palestiniens, en première ligne dans la réponse humanitaire à Gaza depuis des mois. « Chaque jour, dix enfants perdent leurs jambes », écrivait sur X, le 1er avril, le commissaire général de l’agence, Philippe Lazzarini.

Fin février, à l’entrée d’un centre commercial des Emirats arabes unis, la petite sœur de Bisan Alkolak s’est mise à hurler. « C’est un aéroport ? Je ne veux pas voyager ! », répétait l’enfant âgée de 2 ans et demi. Sa mère lui a alors calmement demandé pourquoi. La fillette a continué à crier : « Je ne veux pas aller à Gaza. Gaza est pleine de sang. Il y a des bombes. » Une semaine auparavant, la famille avait été évacuée de l’enclave palestinienne, après quatre mois sous les bombardements. « Notre traumatisme est immense », dit au téléphone Bisan, 20 ans, en rapportant cette scène au Monde. Sa petite sœur a de bonnes raisons d’être terrorisée.

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L'Entrave de l'Aide Humanitaire et la Famine comme Arme de Guerre

Contrairement aux communications publiques répétées à outrance par les autorités israéliennes, l'aide humanitaire est profondément entravée dans la bande de Gaza depuis le mois d'octobre. Israël doit immédiatement mettre un terme à ces massacres. Un quart des enfants et des femmes enceintes souffrent de malnutrition à Gaza, selon Médecins sans frontières, alors que les forces israéliennes continuent d’utiliser la faim comme arme de guerre.

Ce vendredi 25 juillet, Médecins sans frontières (MSF) alerte dans un communiqué de presse : « L’utilisation délibérée de la faim comme arme de guerre par les autorités israéliennes à Gaza a atteint des niveaux sans précédent ». L’ONG rapporte que 25 % des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes ou allaitantes examinés dans ses cliniques souffrent de malnutrition.

Rami Abou Jamous vit toujours à Gaza ville avec sa femme et ses enfants. Journaliste, il continue à couvrir la guerre malgré un quotidien dominé par la faim. « On ne peut pas affamer une population du jour au lendemain », dit-il. « Depuis le 2 mars, plus rien n’est entré. Au début, il restait quelques réserves dans les maisons et sur les marchés. Mais après quatre mois, tout a disparu. Même ceux qui ont de l’argent ne trouvent plus rien à acheter. Les Nations unies ont alerté dès le mois de juin sur un risque de famine généralisée. Mais, selon Rami, ce n’est pas un effet secondaire de la guerre : « C’est une stratégie. Les Israéliens savent exactement ce qu’ils font. Ils veulent pousser la population vers Rafah, puis la déporter. Ils l’ont dit clairement. La communauté internationale ferme les yeux et les oreilles.

Les rares distributions de nourriture sont désormais concentrées dans le sud de la bande de Gaza. Officiellement mises en place pour éviter le détournement de l’aide, elles sont organisées par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), une structure parrainée par Israël et les États-Unis. Sur place, elles se transforment en scènes de chaos. Ces distributions, dit-il, ne ressemblent pas à une aide humanitaire classique. « Ce sont des scènes de Hunger Games. C’est le bourreau qui donne des aumônes à la victime. On sait qu’on peut être tué en allant chercher un sac de farine, mais on n’a pas le choix. » Selon MSF et le ministère palestinien de la Santé, plus de 1 000 personnes ont été tuées et 7 200 blessées en deux mois lors de ces distributions. Le 20 juillet, 122 blessés par balles ont été admis dans une clinique de Gaza nord après avoir attendu un camion de farine ; 46 personnes étaient déjà mortes à leur arrivée.

Une Journée de Survie

Chaque matin, Rami se lève avant l’aube. « Je commence par chercher de l’eau », raconte-t-il. « Il n’y a plus d’eau potable à Gaza depuis longtemps. On boit de l’eau douce, mais elle est sale. On n’a pas le choix. » La suite de la journée est consacrée à trouver de quoi se nourrir. « On vit au jour le jour. Un repas par jour : un peu de pain, des lentilles s’il y en a. Les enfants ne comprennent pas ce que c’est, la faim. Nous, les adultes, on s’y habitue. Pour lui, la famine est devenue une arme. « Ils savent que ça va massacrer les gens, et c’est le but. » Il décrit une population poussée à bout : « Avant, quand il y avait des bombardements, les gens se déplaçaient en groupe. Maintenant, avec la famine, c’est chacun pour soi. C’est ce qu’ils veulent : qu’on s’entretue pour un sac de farine.

Cette accusation rejoint celle formulée par MSF dans son communiqué : « Affamer, tuer et blesser des personnes qui cherchent désespérément de l’aide est inacceptable. Les autorités israéliennes doivent immédiatement lever le siège et autoriser l’acheminement d’aide à grande échelle. »

Les ONG parlent depuis des mois d’un blocus total sur Gaza et d’une famine imminente. Les appels à laisser passer l’aide humanitaire se multiplient, sans effet durable.

Témoignages d'UNICEF : Une Situation Catastrophique

« Je viens d’achever une visite de trois jours dans la bande de Gaza, où j’ai pu coordonner avec les organisations locales et internationales les interventions d’urgence et faire le point sur les opérations humanitaires depuis ma dernière visite dans la bande de Gaza il y a deux mois. Depuis ma dernière visite, la situation est passée de catastrophique à proche de l’effondrement. L’UNICEF a décrit la bande de Gaza comme l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant. Nous avons dit qu’il s’agissait d’une guerre contre les enfants. Mais ces vérités ne semblent pas être entendues. Sur les quelque 25 000 personnes qui auraient été tuées dans la bande de Gaza depuis l’escalade des hostilités, près de 70 % seraient des femmes et des enfants.

Mardi, j’ai rencontré une fillette de 11 ans, Sama, à l’hôpital Al-Nasser de Khan Younis. Elle sautait à la corde avec des amies lorsqu’elles ont été touchées par des éclats d’obus provenant d’un bombardement. Les éclats d’obus ont traversé l’abdomen de Sama, l’obligeant à subir une opération chirurgicale pour lui retirer la rate. Dix minutes plus tard, j’ai rencontré Ibrahim, 13 ans. Il se trouvait dans un abri protégé avec sa famille, dans une zone qu’on leur avait dit sûre, lorsque tout s’est effondré autour d’eux. La main d’Ibrahim a été gravement blessée et s’est rapidement infectée. En l’absence de médicaments, la gangrène s’est installée et il a fini par perdre son bras lors d’une amputation sans anesthésie. La mère d’Ibrahim, Amani, qui l’a accompagné dans le sud de la bande pour recevoir un traitement vital à Al-Nasser, a demandé de l’aide pour rejoindre ses six autres enfants et son mari qui sont restés au nord de la ville de Gaza.

La masse de civils à la frontière est difficile à quantifier et les conditions dans lesquelles ils vivent sont inhumaines. L’eau est rare et les mauvaises conditions sanitaires sont inconcevables. Le froid et la pluie de cette semaine ont créé des rivières de déchets. Le peu de nourriture disponible ne répond pas aux besoins nutritionnels spécifiques des enfants. Plus de 1,9 million de personnes, soit près de 85 % de la population de Gaza, sont aujourd’hui déplacées, dont beaucoup l’ont déjà été à plusieurs reprises. Il y a deux mois, les cas de diarrhée étaient en hausse de 40 % par rapport à la période précédant l’escalade des hostilités. Il s’agit là d’une dégradation stupéfiante des conditions de vie des enfants de Gaza. Si ce déclin persiste, nous pourrions assister à des décès dus à un conflit aveugle, auxquels s’ajouteraient des décès dus à la maladie et à la faim.

Appel à un Cessez-le-Feu et à l'Aide Humanitaire

Cela commence par la fin des bombardements intenses, qui non seulement tuent des milliers de personnes, mais empêchent également l’acheminement de l’aide aux survivants. Nous devons faire entrer plus de camions, par davantage de points de passage et avec des procédures d’inspection beaucoup plus efficaces. Avant le conflit, plus de 500 camions entraient chaque jour dans la bande de Gaza. Lorsque j’y étais en novembre, environ 60 camions d’aide entraient chaque jour. Aujourd’hui, ce sont environ 130 camions par jour, ainsi qu’une moyenne de 30 camions commerciaux par jour. Cela s’explique par l’ouverture d’un deuxième point de passage, mais celui-ci reste tout à fait insuffisant.

Une fois que l’aide entre dans la bande de Gaza, notre capacité à la distribuer devient une question de vie ou de mort. Il est impératif que les restrictions d’accès soient levées, que des communications terrestres fiables soient assurées et que la circulation des fournitures humanitaires soit facilitée, afin que les personnes privées d’aide depuis des jours reçoivent l’assistance dont elles ont désespérément besoin.

Enfin, nous avons besoin d’un accès au nord. Les quelque 250 000 à 300 000 personnes qui vivent dans le nord de la bande de Gaza n’ont pas accès à l’eau potable et n’ont pratiquement pas de nourriture. Au cours des deux premières semaines de janvier, seules 7 des 29 livraisons d’aide prévues sont arrivées à destination dans le nord de la bande de Gaza. Là où nous avons accès, nous pouvons faire la différence. J’ai visité l’une des deux usines de dessalement de Khan Younis que l’UNICEF soutient et qui fournit de l’eau à environ 250 000 personnes.

Nous ne pouvons plus attendre qu’un cessez-le-feu humanitaire mette fin aux meurtres et aux blessures quotidiens des enfants et de leurs familles, permette l’acheminement urgent de l’aide dont on a désespérément besoin et la libération sûre et inconditionnelle des deux derniers enfants israéliens encore retenus en otage à Gaza.

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