Introduction à la Néonatologie
La néonatalogie est une branche spécialisée de la médecine qui se concentre sur les soins des nouveau-nés et des nourrissons, de la grossesse jusqu'aux premiers mois après la naissance. Elle englobe la prise en charge médicale des nouveau-nés, y compris les prématurés et ceux présentant diverses pathologies, assurée par des médecins néonatals, des infirmières puéricultrices et des psychologues au sein des unités de soins néonatals hospitalières. Ces unités sont équipées d'appareillages sophistiqués pour assurer un suivi optimal des nouveau-nés.
Les Unités de Soins Néonatals : Un Environnement Spécialisé
Les unités de soins néonatals sont conçues pour prendre en charge une variété de nouveau-nés, allant des prématurés aux bébés nés à terme présentant des pathologies diverses. La présence d'un nouveau-né dans un service de néonatalogie indique un risque plus élevé par rapport aux bébés restant à la maternité ou rentrant rapidement chez eux.
La Prématurité : Différents Degrés et Prise en Charge
La prématurité est un facteur de risque important en néonatologie. On distingue différents degrés de prématurité :
- La prématurité : Un bébé né entre la 33ème et la 37ème semaine de grossesse est généralement capable de respirer sans assistance. Toutefois, il peut présenter une détresse respiratoire à la naissance nécessitant des soins adaptés.
- La grande prématurité : Un bébé né entre la 28ème et la 32ème semaine de grossesse est considéré comme grand prématuré. Des difficultés respiratoires et une incapacité à téter normalement peuvent être présentes.
- La très grande prématurité : Un bébé né avant 28 semaines de grossesse est considéré comme extrême prématuré.
Le lait maternel est l'aliment le plus adapté aux besoins du bébé, en particulier pour les prématurés, car il est plus facile à digérer. Le colostrum, riche en anticorps, est bénéfique dès la naissance pour renforcer les défenses immunitaires. Si la mère ne peut pas allaiter, du lait maternel pasteurisé provenant de dons peut être utilisé. L'acquisition d'une succion efficace se fait généralement autour de 32-33 semaines. L'alimentation peut se faire par sonde naso-gastrique, puis progressivement par biberon ou au sein, selon les compétences du bébé.
Le Dépistage Néonatal : Une Prévention Précoce
Le dépistage néonatal est un programme essentiel visant à détecter rapidement des maladies graves chez le nouveau-né afin de limiter les complications. Réalisé entre 2 et 3 jours après la naissance avec le consentement des parents, ce test indolore et gratuit permet de dépister 14 maladies graves et erreurs innées du métabolisme, principalement d'origine génétique.
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Maladies Dépistées
Le dépistage néonatal permet de détecter les maladies suivantes :
- La phénylcétonurie : Due à un déficit enzymatique empêchant la transformation de la phénylalanine.
- L’hypothyroïdie congénitale : Caractérisée par une sécrétion insuffisante d'hormones thyroïdiennes. Elle concerne 1/3 000 nouveau-nés en France et est liée à une sécrétion insuffisante d’hormones thyroïdiennes (T4L et T3L) par la thyroïde, soit par dysgénésie thyroïdienne (athyréose, ectopie thyroïdienne, hémi-agénésie ; 60 % des cas), soit par trouble de l’hormonosynthèse thyroïdienne (hypothyroïdie avec glande en place ; 40 % des cas).Elle est responsable, en l’absence de traitement, d’un retard psychomoteur irréversible et d’un retard de croissance sévère. Les signes cliniques pouvant être observés en période néonatale sont une macroglossie, des fontanelles et des sutures larges, un ictère (à bilirubine libre) prolongé, une constipation, une hypotonie et une mauvaise prise de poids.Le marqueur utilisé pour le dépistage est le dosage sanguin de la TSH. En cas de TSH élevée (évocatrice d’hypothyroïdie périphérique), le bilan hormonal (T4L, T3L et TSH) permet de confirmer le diagnostic d’hypothyroïdie, une échographie et une scintigraphie de la thyroïde permettent d’en déterminer l’étiologie.
- L’hyperplasie congénitale des surrénales : Est un défaut génétique du fonctionnement des glandes surrénales. Elle concerne 1/15 000 nouveau-nés en France.La cause la plus fréquente est le déficit enzymatique en 21-hydroxylase qui se manifeste par une augmentation du métabolite en amont, la 17-hydroxyprogestérone (17-OHP).Chez les filles, la production excessive d’androgènes surrénaliens peut se manifester par une virilisation des organes génitaux externes visible dès la naissance (hyperplasie du clitoris, fusion des grandes lèvres). Dans les deux sexes, en l’absence de traitement, elle se manifeste vers la fin de la première semaine de vie par des signes de déficit en aldostérone (syndrome de perte de sel avec déshydratation et signes digestifs, hyponatrémie et hyperkaliémie) et en cortisol (hypoglycémie).Le marqueur utilisé pour le dépistage est le dosage sanguin de la 17-OHP, suspect si élevée.
- Le déficit en MCAD (medium-chain-acyl-CoA déshydrogénase) : Entraîne une difficulté à utiliser les graisses comme source d'énergie. Il concerne 1/15 000 nouveau-nés en France.Le déficit en MCAD (acyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaînes moyennes) est l’anomalie la plus fréquente de la β-oxydation des acides gras, processus biochimique indispensable pour le métabolisme énergétique de l’organisme. Il s’agit d’une maladie autosomique récessive liée à des mutations du gène ACADM.Il se traduit par un défaut d’utilisation des acides gras responsable d’une hypoglycémie de jeûne dès que la néoglucogenèse est insuffisante pour couvrir les besoins énergétiques.
- Le déficit primaire en carnitine : Empêche la carnitine d'entrer dans les cellules.
- L’homocystinurie : Anomalie liée à la vitamine B12 causant une anémie et des troubles neurologiques.
- La leucinose : Déficit enzymatique empêchant la dégradation de certains acides aminés.
- La tyrosinémie de type 1 : Défaut de dégradation de l'acide aminé tyrosine.
- L’acidurie isovalérique : Entraîne une accumulation d'acide isovalérique.
- L’acidurie glutarique de type 1 : Produit des substances toxiques pour le cerveau.
- Le déficit en 3-hydroxyacyl-coenzyme A déshydrogénase des acides gras à chaîne longue (LCHAD) : Difficulté à utiliser les graisses comme source d'énergie.
- La mucoviscidose: La mucoviscidose peut être symptomatique dès la naissance (iléus méconial).Le marqueur utilisé pour le dépistage est le dosage sanguin de la trypsine (TIR, trypsine immunoréactive), suspect si élevé au-delà d’un seuil fixé.
Le dépistage néonatal est réalisé de manière systématique autour de 72 heures de vie et impérativement au-delà de 48 heures, au mieux avant la sortie de la maternité. Une information claire et compréhensible doit être donnée aux parents. Leur consentement écrit est sollicité avant le prélèvement.
Autres Examens de Dépistage
- Test d'audition : Pour dépister la surdité, effectué avec une petite sonde introduite dans le conduit auditif.
- Examen de la rétine : Réalisé par un ophtalmologue pour détecter des altérations des vaisseaux chez les prématurés.
- Échographie cardiaque : Pour dépister des pathologies cardiaques, notamment la persistance du canal artériel chez les prématurés.
- Échographie transfontanellaire : Technique d'imagerie pour visualiser le cerveau.
Il est important de noter que le dépistage néonatal ne pose pas à lui seul un diagnostic fiable à 100 %. Tout résultat anormal nécessite des examens complémentaires. Le financement du dépistage néonatal est assuré par l'Assurance Maladie.
Examen Clinique du Nouveau-né
Un examen clinique précoce est effectué systématiquement après la naissance. Le score d’Apgar est établi à 1, 5 et 10 minutes de vie. La cotation de ce score comprend cinq paramètres chiffrés de 0 à 2, permettant d’évaluer la qualité de l’adaptation du nouveau-né à la vie extra-utérine : fréquence cardiaque (pouls au cordon), mouvements respiratoires, réactivité, tonus musculaire, coloration. En cas de difficultés d’adaptation à la vie extra-utérine (mouvements respiratoires inefficaces ou absents, bradycardie), l’enfant nécessite des manœuvres de réanimation. La prévention de l’hypothermie est essentielle. L’enfant doit naître dans une atmosphère chaude (≈ 24 °C), et bénéficier d’un séchage soigneux avec un linge propre stérile.
Au moins un autre examen complet est effectué pendant le séjour à la maternité. La température axillaire doit être prise à chaque examen. La définition de la fièvre est la même que chez tout enfant, soit une température ≥ 38 °C. Les mensurations de naissance - poids, taille et périmètre crânien (PC) - sont essentielles à prendre et à reporter sur les courbes de croissance pour déterminer la trophicité, en les comparant aux courbes de croissance de référence pour la population ou à des courbes personnalisées prenant en compte la parité, le poids et la taille de la mère (courbes AUDIPOG en France). Un nouveau-né à terme pèse en moyenne 3 500 g, a une taille de 50 cm et un PC de 35 cm. L’inspection de l’enfant est très informative. La coloration est un excellent reflet du fonctionnement des appareils cardiovasculaire et respiratoire. La peau du nouveau-né est généralement rose vif voire érythrosique, à l’exception des extrémités qui peuvent garder un aspect cyanique dans les heures qui suivent la naissance (acrocyanose). Au repos, l’enfant est en flexion des quatre membres. La gesticulation spontanée est symétrique, les mouvements sont harmonieux. Le cri est clair et vigoureux. La fréquence cardiaque à l’éveil et au repos (en l’absence de pleurs) varie entre 120 et 160 par minute.Le temps de recoloration cutanée (évalué au niveau du thorax) doit être strictement inférieur à 3 secondes.La palpation des pouls, notamment fémoraux, doit être systématique. L’audition d’un souffle cardiaque systolique dans les 2 premiers jours de vie n’est pas rare. L’abdomen est souple, souvent un peu météorisé. Le foie est souvent palpable et peut dépasser le rebord costal de 1 à 2 cm. Le pôle inférieur de la rate et les reins peuvent être parfois perçus. Un diastasis des muscles droits est banal. On doit noter l’absence de globe vésical, l’heure de la première miction, et la qualité du jet urinaire chez le garçon (une miction en goutte à goutte évoque une malformation urétrale). Les premières urines sont normalement émises avant 24 heures de vie. Le méconium correspond aux premières selles du nouveau-né. Épais et collant, de couleur noirâtre, il est normalement émis avant 48 heures de vie. La marge anale (aspect, position de l’anus) doit être soigneusement examinée pour éliminer une malformation anorectale. Le cordon ombilical comprend deux artères et une veine. La chute du cordon ombilical intervient dans un délai variable, en moyenne vers le 10e jour.
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Un examen attentif vérifie l’absence d’anomalie des organes génitaux. Chez le garçon, le prépuce est rarement rétractable dans les premières années de vie. Le décalottage ne doit pas être forcé en raison du risque de paraphimosis et phimosis cicatriciel. La conduite à tenir en cas de testicule non descendu est précisée dans le chapitre 22.Une hydrocèle (tuméfaction scrotale transilluminable) est fréquente. Chez la fille, l’inspection vérifie la présence de l’orifice vaginal. La peau du nouveau-né à terme est rose voire érythrosique. Elle est recouverte dans les premières heures de vie du vernix caseosa, enduit blanc graisseux et adhérent, visible surtout dans les plis. Des particularités sémiologiques non pathologiques, transitoires, sont à connaître. Des œdèmes peuvent être observés à la naissance au niveau des paupières, du dos des mains et des pieds et du pubis ou du scrotum. Ils régressent en quelques jours. Le lanugo est un fin duvet, présent au niveau du front, du dos et des épaules. Il disparaît en quelques jours. Les grains de milium sont des microkystes sébacés punctiformes blancs, siégeant sur le nez et la face. L’érythème dit toxique est une éruption maculopapuleuse voire pustuleuse transitoire survenant le plus souvent entre H12 et J4. Un livedo (aspect marbré par immaturité de la vasorégulation périphérique) peut être visible au niveau des membres et du thorax. La tache ethnique dite mongoloïde est un placard bleu ardoisé siégeant dans la région lombosacrée. Un ou plusieurs angiomes plans de la glabelle, des paupières, du nez et de la nuque peuvent être observés. Ils s’atténuent en quelques mois, sauf celui de la nuque qui peut persister jusqu’à l’âge adulte. Ils sont à distinguer d’un hémangiome, apparaissant après quelques jours de vie. Il peut se présenter en relief et de coloration rouge vif.
Les fontanelles ont des tailles variables. Elles sont normalement souples, ni déprimées ni bombées. La fontanelle antérieure a une forme losangique et se ferme entre les âges de 8 mois et 18 mois ; la fontanelle postérieure est palpable dans les 2 ou 3 premières semaines de vie. Les sutures sont normalement bord à bord, mobiles, mais elles peuvent se chevaucher dans les premiers jours de vie. Une bosse sérosanguine est souvent observée. Il s’agit d’une collection sous-cutanée, molle, mal limitée, chevauchant les sutures et se résorbant en 2 à 6 jours. L’examen du cou doit apprécier ses mobilités passive et active. La constatation d’un torticolis doit faire préciser son caractère réductible ou non. La palpation des muscles sternocléidomastoïdiens permet de mettre en évidence un éventuel hématome. L’examen du cou recherche aussi une masse anormale ou un orifice cutané. L’examen de la bouche permet de dépister une fente (vélo-)palatine ou une brièveté du frein de langue. L’examen des yeux vérifie l’aspect des conjonctives, des iris et des pupilles, ainsi que la symétrie des reflets cornéens. Un strabisme (asymétrie des reflets) modéré et intermittent peut être observé ; sa persistance au-delà de l’âge de 3 mois doit conduire à un examen ophtalmologique. L’examen neurologique (tonus passif et actif, automatismes primaires) permet de vérifier les compétences motrices, témoins de l’intégrité du système nerveux, et les capacités neurosensorielles du nouveau-né. Il est influencé par l’âge gestationnel, dont il est un critère de maturation. Le comportement global d’un nouveau-né est caractérisé par un éveil calme facile à obtenir, une réactivité à la stimulation vive, avec cri franc, et une capacité à être consolé facilement (enfant se calmant à la voix, s’apaisant dans les bras ou à la succion). La motricité spontanée est riche, symétrique et harmonieuse, avec une bonne ouverture des mains, des mouvements indépendants des doigts. L’efficience des fonctions sensorielles doit être vérifiée afin de dépister précocement toute anomalie.Un nouveau-né à terme est capable de fixation oculaire puis de poursuite oculaire horizontale (qui doit être acquise à 2-3 mois de vie) en s’aidant d’un objet contrasté comme une cible noir/blanc placée à environ 30 cm ; il cligne des paupières à la lumière vive.Le nouveau-né réagit aux bruits et à la voix. En dehors d’anomalies du pavillon de l’oreille, il n’y a pas de signe clinique spécifique qui permette d’évoquer une surdité, ce qui justifie un dépistage systématique (voir au chapitre 4 § II. Le rachis doit être palpé sur toute sa hauteur à la recherche d’une anomalie cutanée et/ou osseuse (par exemple une angulation). Une anomalie de fermeture du tube neural (spina bifida) doit être suspectée devant la présence dans la région lombosacrée d’un lipome sous-cutané, d’une touffe de poils, d’une fossette sacrococcygienne profonde et/ou avec pertuis ou encore d’une déviation du sillon interfessier. L’examen vérifie également l’intégrité morphologique des membres et le bon fonctionnement et la souplesse des articulations (amplitudes normales et symétriques). Les principales malformations sont surtout localisées aux extrémités (syndactylie = accolement de deux doigts ou orteils ; polydactylie = doigts surnuméraires ; hypoplasies et aplasies des doigts ou orteils). Les malpositions des pieds, fréquentes et bénignes, sont des déformations simples, réductibles (pathologie posturale secondaire aux contraintes utérines), comme les pieds varus ou la clinodactylie (chevauchement des orteils). L’examen des hanches doit être soigneux et répété les premiers mois de vie, à la recherche de signes évoquant une luxation congénitale des hanches. Enfin, l’examen recherche des lésions traumatiques du per-partum : bosse sérosanguine, céphalhématome, hématomes cutanés, paralysie faciale (forceps), paralysie du plexus brachial (asymétrie de la gesticulation spontanée des membres supérieurs), fracture de clavicule, exceptionnellement fracture de membre ou du crâne.
L’âge gestationnel est exprimé en semaines d’aménorrhée révolues (SA). Il est déterminé avant la naissance (critères obstétricaux) à l’échographie de 10-12 SA (précision de 3 à 5 jours près) ou à défaut grâce à la date des dernières règles (imprécise dans 20 à 30 % des cas). En l’absence de ces paramètres, la maturation peut être appréciée par des critères morphologiques cliniques (par exemple, tissu mammaire, plis plantaires, cartilage auriculaire, aspects des organes génitaux externes). La manœuvre du tiré-assis (en tenant l’enfant par les épaules) teste la réponse motrice des muscles fléchisseurs du cou (tiré) puis des extenseurs du cou (assis) ; la tête est normalement maintenue dans l’axe pendant quelques secondes, la réponse est symétrique. Les automatismes primaires (ou réflexes archaïques) sont des réactions motrices propres aux premiers mois de vie. Ils sont tous présents chez le nouveau-né à terme. Leur absence chez un nouveau-né à terme est toujours pathologique ; leur présence en revanche ne témoigne pas pour autant de l’intégrité du système nerveux central.
Anomalies du Développement Sexuel
La découverte d’une anomalie des organes génitaux sur les échographies anténatales ou lors de l’examen postnatal est une situation rare mais nécessitant une prise en charge urgente et adaptée. Néanmoins, toutes les anomalies des organes génitaux externes ne méritent pas l’appellation d’anomalie du développement sexuel (DSD : disorders of sex development). Parfois, il est nécessaire de différer la déclaration du sexe de l’enfant le temps des explorations complémentaires. L’hypospade est une malformation congénitale fréquente dont le pronostic est lié au degré de divergence du corps spongieux. Les hypospades antérieurs sont bénins. La mini-puberté dès 4-6 premiers mois de vie est une période d’intense activité gonadotrope chez les nouveau-nés. Elle permet avec une grande facilité d’explorer la fonction gonadique des garçons hypospades.
Malformations Anorectales (MAR)
Les malformations anorectales (MAR) concernent toute anomalie de mise en place de la filière anorectale. Leur prévalence est de 1/3 000, et 300 nouveaux cas naissent par an en France. Elles représentent un large spectre malformatif au pronostic fonctionnel hétérogène, associées dans 60 % des cas à d’autres malformations. Si les MAR isolées sont rarement détectées en prénatal, le diagnostic est parfois suspecté dans les formes associées. L’examen de la marge anale doit donc être systématique chez tous les nouveau-nés, a fortiori s’il y a d’autres malformations connues. Toute suspicion doit être orientée vers un centre expert pour assurer une prise en charge précoce et complète.
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Évolution de la Néonatologie et Défis Actuels
Depuis les années 1960, la néonatologie a connu des avancées médicales et scientifiques remarquables, notamment dans la connaissance de la biologie du développement cérébral, l'amélioration de la surveillance médicale pendant la grossesse, les innovations techniques en réanimation néonatale et le développement de traitements médicaux et chirurgicaux. Cependant, malgré ces progrès, environ 20 000 enfants en France naissent chaque année en situation de détresse vitale et nécessitent une hospitalisation en réanimation néonatale. Bien que les chances de survie se soient améliorées, certains enfants survivants présentent des lésions cérébrales sévères entraînant des séquelles neurologiques permanentes.
La problématique éthique de la réanimation néonatale est un sujet de débat constant. La grande prématurité est responsable de 50% de la mortalité néonatale et est associée à un risque élevé de séquelles graves. L'augmentation de la prématurité en France est préoccupante, due à des facteurs tels que la maternité tardive, la prescription d'inducteurs de l'ovulation et le transfert de plusieurs embryons lors de fécondations in vitro (FIV).
Les études montrent que le taux de survie des grands prématurés est très faible lorsque l'âge gestationnel à la naissance est inférieur à 26 semaines. De plus, une proportion importante des enfants nés très prématurément et survivant à la sortie de la réanimation présente des handicaps à long terme.
Chez les enfants nés à terme, des détresses imprévisibles peuvent survenir lors de l'accouchement, dues à des anomalies du développement, des troubles de la coagulation, des maladies auto-immunes ou des infections. L'hypotrophie et l'anoxie néonatale prolongée peuvent également entraîner des séquelles neurologiques. Environ 2,5% des nouveau-nés sont atteints de malformations congénitales, qui peuvent être responsables d'une mortalité néonatale précoce.
Attitude Face à la Détresse Vitale
Face à la détresse vitale d'un nouveau-né, deux situations peuvent se présenter :
- Grossesse suivie avec diagnostic prénatal d'anomalie congénitale : Dans certains cas, les parents peuvent demander une interruption de grossesse. Si cette option est écartée, la décision de ne pas tout mettre en œuvre pour sauver l'enfant est prise en accord avec les parents, en se basant sur une estimation du risque vital immédiat et du risque de séquelles graves.
- Nouveau-né en état critique ou de mort apparente sans données antérieures : La décision de réanimation est prise par l'équipe médicale présente en salle de naissance, en tenant compte de l'urgence de la situation.
La détermination de la limite inférieure d'âge gestationnel guidant la prise en charge des prématurés est un débat. L'attitude de la majorité des néonatologistes français est fondée sur un "a priori de vie" pour tout nouveau-né en détresse, ce qui conduit à une réanimation dite d'attente jusqu'à ce que les éléments du pronostic soient réunis. L'arrêt de la réanimation est envisagé lorsqu'il n'y a pas d'espoir de survie ou qu'il existe des lésions cérébrales entraînant des séquelles très sévères.
Les difficultés de la décision médicale face aux différentes situations de la réanimation néonatale entraînent des attitudes diverses des équipes soignantes. Des études montrent que la décision de ne pas entreprendre des soins intensifs est prise plus fréquemment dans certains pays européens qu'en France.
Cadre Juridique
Il est reconnu en droit français que la personnalité juridique s’acquiert à la naissance pour l’enfant vivant et viable et disparaît avec la mort. La viabilité d’un enfant vivant à sa naissance est définie en terme d’une durée de la gestation d’au moins 22 semaines d’aménorrhée et d’un poids minimum de 500 grammes (Lettre de juillet 1993 du Directeur Général de la Santé). Il est admis que les enfants mort-nés ne sont pas des personnes au sens juridique du terme et que les enfants nés vivants mais non viables sont censés n’avoir jamais eu la personnalité juridique (G.Cornu, Droit civil, Introduction, les personnes, Montchrestien, 8e éd. 1997, p. 164). La naissance de tout enfant vivant et viable doit faire l’objet d’une déclaration à l’état civil : Au terme de l’article 55 du Code civil, » les déclarations de naissance seront faites dans les trois jours de l’accouchement, à l’officier d’état civil du lieu de naissance.
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