La trichomonase est une infection sexuellement transmissible (IST) causée par un parasite appelé Trichomonas vaginalis. Elle peut affecter les hommes et les femmes, mais elle est souvent asymptomatique chez les hommes, ce qui rend le dépistage plus difficile. Chez les femmes, elle peut provoquer des symptômes gênants tels que des pertes vaginales anormales, des irritations et des odeurs désagréables. Un diagnostic et un traitement rapides sont essentiels pour éviter les complications et la transmission de l'infection.
Identification et symptômes de la Trichomonase
Symptômes chez la femme
Lorsqu’une femme est infectée par le parasite Trichomonas vaginalis, elle peut présenter les symptômes suivants :
- Pertes vaginales abondantes, de couleur jaune ou verte, parfois mousseuses.
- Odeur de poisson caractéristique provenant des parties intimes.
- Irritations et inflammation vulvaire, provoquant des démangeaisons.
- Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie).
- Troubles urinaires tels que cystalgies, brûlures et pollakiurie.
Dans certains cas, les femmes peuvent présenter des formes subaiguës de la maladie, avec des leucorrhées moins abondantes, ou des formes aiguës avec des leucorrhées très abondantes et mousseuses. Une colposcopie peut révéler des signes de colpite focale framboisée ou en macules « léopard ».
Symptômes chez l'homme
Chez l'homme, la trichomonase est souvent asymptomatique (90% des cas). Cependant, certains hommes peuvent présenter :
- Un écoulement discret au niveau de l'urètre, parfois avec une goutte matinale.
- Des signes d'urétrite discrète.
Transmission de la Trichomonase
La trichomonase se transmet principalement par :
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- Les rapports sexuels non protégés, même en l'absence de symptômes.
- Le contact avec un tissu ayant touché les parties intimes d'une personne infectée.
Il est important de noter que même en l'absence de symptômes, une personne peut être porteuse du parasite et le transmettre à son ou ses partenaires.
Diagnostic de la Trichomonase
Pour diagnostiquer la trichomonase, plusieurs examens peuvent être effectués :
- Examen direct à l'état frais : Un prélèvement des sécrétions vaginales chez la femme, ou un prélèvement urétral ou du premier jet d'urine chez l'homme, est examiné au microscope. Cette méthode a une sensibilité de 60 à 80%.
- Culture sur milieu spécifique : Le prélèvement est mis en culture sur un milieu spécifique (type Diamond ou Roiron) pendant 3 à 7 jours. Cette méthode est considérée comme la méthode de référence.
- Technique d'amplification des acides nucléiques (TAAN) ou PCR : Cette technique est très spécifique et plus sensible que la culture. Elle est réalisée à partir d'un prélèvement cervico-vaginal chez la femme.
- Immunofluorescence directe : Moins sensible que la culture.
Il est fréquent que le médecin effectue un dépistage simultané de plusieurs IST, car il n'est pas rare qu'une personne contracte plusieurs infections en même temps.
Traitement de la Trichomonase
Le traitement de la trichomonase repose principalement sur des antibiotiques spécifiques ciblant le parasite Trichomonas vaginalis. Les traitements de première intention incluent :
Métronidazole (Flagyl®)
Le métronidazole est un antibiotique et antiparasitaire couramment prescrit pour traiter la trichomonase. Il est disponible sous différentes formes, y compris les ovules vaginaux et les comprimés oraux.
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- Posologie :
- Comprimés oraux : 2g en dose unique, ou 500 mg deux fois par jour pendant 7 jours.
- Ovules : Généralement utilisés en complément du traitement oral. La posologie et la durée du traitement sont déterminées par le médecin.
Le métronidazole est d'une efficacité prouvée pour soigner la trichomonase vaginale et uro-génitale grâce à son principe actif antiparasitaire et antibactérien. En France, le métronidazole prescrit dans le cadre de la trichomonase est commercialisé sous le nom de Flagyl®.
Secnidazole (Secnol®)
Le secnidazole est un autre antibiotique de la famille des nitro-5-imidazolés, utilisé pour traiter la trichomonase.
- Posologie : 2g en une prise unique, sous forme de granules à prendre en début de repas.
Traitement des partenaires
Il est essentiel que le ou les partenaires sexuels de la personne infectée soient également traités, même en l'absence de symptômes, afin d'éviter la recontamination et la propagation de l'infection. Le médecin peut prescrire une ordonnance pour le(s) partenaire(s).
En cas d'échec du traitement
Si le traitement initial échoue, plusieurs options peuvent être envisagées :
- Renouveler une cure de métronidazole 500 mg x 2/j pendant 7 jours, puis 2g/j pendant 3-5 jours si nouvel échec.
- Utiliser du tinidazole 2g/j pendant 2 jours.
- Répéter la cure en associant un traitement local et per os.
- Réaliser un test de sensibilité de T. vaginalis.
Traitements locaux
En complément des antibiotiques oraux, des traitements locaux peuvent être prescrits pour soulager les symptômes, tels que :
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- Ovules, comprimés ou capsules vaginales contenant des antibactériens, antifongiques ou antitrichomonas (nitro-imidazolés, cyclines, amphotéricine B).
- Solutions vaginales antiseptiques.
Effets secondaires et précautions
Métronidazole
Le métronidazole peut entraîner des effets secondaires, notamment :
- Goût métallique dans la bouche.
- Nausées et vomissements.
- Maux de tête.
- Vertiges.
- Réactions allergiques, y compris des chocs anaphylactiques (rare).
- Troubles neurologiques (encéphalopathies, syndrome cérébelleux).
- Réactions cutanées sévères (syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell, pustulose exanthématique aiguë généralisée).
- Troubles psychotiques.
- Leucopénie (diminution des globules blancs).
Précautions :
- Éviter la consommation d'alcool pendant le traitement et jusqu'à 48 heures après la fin du traitement, en raison du risque de réaction antabuse (rougeurs, larmoiement, nausées, vomissements, accélération du rythme cardiaque, baisse de la tension artérielle).
- Informer le médecin en cas de problèmes de santé préexistants, d'allergies, de prise de lithium, d'anticoagulants ou d'autres traitements médicamenteux.
- Surveiller l'apparition de signes évocateurs d'encéphalopathie ou de syndrome cérébelleux (ataxie, dysarthrie, troubles de la démarche, nystagmus, tremblements, vertiges, confusions, convulsions, neuropathies sensitives périphériques, céphalées) et arrêter le traitement en cas de survenue de tels signes.
- En cas d'antécédents de troubles hématologiques, de traitement à forte dose et/ou de traitement prolongé, il est recommandé de pratiquer régulièrement des examens sanguins, particulièrement le contrôle de la formule leucocytaire.
- L'utilisation concomitante de métronidazole et de busulfan ou de disulfirame est déconseillée.
- Le métronidazole peut interférer avec certains types de tests sanguins (alanine aminotransférase [ALAT], aspartate aminotransférase [ASAT], lactate déshydrogénase [LDH], triglycérides, glucose), ce qui peut conduire à un faux négatif ou à un résultat anormalement bas.
- Un traitement par le métronidazole ne doit pas être prescrit pendant plus de 10 jours et ne doit pas être répété plus de 2 à 3 fois par an.
- L'utilisation de cet ovule avec des préservatifs ou des diaphragmes peut augmenter le risque de rupture du latex.
- Des cas d'hépatotoxicité sévère/d'insuffisance hépatique aiguë, y compris des cas entraînant une issue fatale avec une survenue très rapide après l'initiation du traitement chez des patients atteints du syndrome de Cockayne, ont été rapportés avec des produits contenant du métronidazole destinés à une utilisation systémique. Dans cette population, le métronidazole ne doit pas être utilisé sauf si le bénéfice est considéré comme supérieur au risque et si aucun traitement alternatif n'est disponible. Des tests de la fonction hépatique doivent être réalisés juste avant le début du traitement, tout au long de celui-ci et après la fin du traitement, jusqu'à ce que la fonction hépatique se situe dans les limites des valeurs normales, ou jusqu'à ce que les valeurs initiales soient obtenues. Si les tests de la fonction hépatique deviennent nettement élevés pendant le traitement, la prise du médicament doit être interrompue.
Secnidazole
Les effets secondaires possibles du secnidazole incluent :
- Vertiges.
- Nausées.
- Goût métallique dans la bouche.
- Réactions allergiques (rare), y compris un œdème de Quincke (gonflement du visage et du cou).
Précautions :
- Le secnidazole est déconseillé durant les trois premiers mois de grossesse, aux patients souffrant d'une intolérance au fructose, et aux patients qui font l'expérience de syndromes rares tels qu'une malabsorption du glucose, du galactose et d'un déficit en sucrase.
- Il convient de prévenir son médecin des traitements en cours, notamment ceux au lithium ou par anticoagulants, ainsi qu'en cas d'allaitement.
- Soyez également prudent si vous conduisez un véhicule.
Grossesse et Trichomonase
En cas de besoin, le métronidazole peut être pris pendant la grossesse. Cependant, le secnidazole est déconseillé durant les trois premiers mois de grossesse. Il est essentiel de consulter un médecin pour déterminer le traitement le plus approprié pendant la grossesse.
Prévention de la Trichomonase
La prévention de la trichomonase repose sur :
- L'utilisation de préservatifs lors des rapports sexuels.
- Le dépistage régulier des IST, en particulier chez les personnes ayant des partenaires multiples.
- Le traitement rapide des personnes infectées et de leurs partenaires.
- Éviter le partage de linge de toilette ou de sous-vêtements.
Importance du suivi médical
Il est crucial de suivre les recommandations du médecin et de prendre tous les médicaments prescrits conformément à la posologie indiquée. La disparition de la fièvre ou de tout autre symptôme ne signifie pas que vous êtes guéri. Il est important de réaliser un contrôle après le traitement pour s'assurer de l'éradication de l'infection.
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