Le prolapsus génito-urinaire, communément appelé "descente d'organes", est une condition fréquente chez les femmes de tous âges. Cette anomalie se caractérise par le déplacement vers le bas des organes du petit bassin, incluant le vagin, l'utérus, la vessie et le rectum. Normalement, ces organes sont maintenus en place par les muscles du périnée et les ligaments internes. La promontofixation, et plus particulièrement la promontofixation par voie basse, est une technique chirurgicale qui s'impose comme une solution efficace pour traiter ce problème, en particulier lorsque la patiente ressent une gêne importante.

Comprendre le Prolapsus Génito-Urinaire

Le prolapsus génito-urinaire affecte près d'une femme sur deux. Les facteurs prédisposants incluent l'obésité, la multiparité, les accouchements traumatisants (avec déchirures périnéales ou concernant des fœtus de gros poids), et une hystérectomie (ablation chirurgicale de l’utérus). La ménopause, liée à l'arrêt de production des hormones ovariennes, peut également contribuer à l'apparition du prolapsus.

Les symptômes varient d'une patiente à l'autre, allant d'une simple gêne ou une sensation de "boule" au niveau vulvaire, à l'incontinence urinaire (fuites d'urine). Il est important de noter que le prolapsus génital peut parfois s'accompagner d'une incontinence urinaire, mais pas toujours, car les deux phénomènes sont dus à des mécanismes différents.

La Promontofixation : Une Solution Chirurgicale

Face à la diversité des méthodes pour traiter le prolapsus, la promontofixation s'est imposée comme l'une des techniques chirurgicales les plus efficaces. Elle vise à corriger l'anomalie (le prolapsus utéro/vaginal) de manière efficace et durable. Pour ce faire, elle utilise des éléments prothétiques pour pallier l'affaiblissement des structures naturelles de soutènement et d'orientation. Une observation sur le long terme permet de constater l'efficacité de cette technique dans la correction d'un prolapsus, avec des résultats encore plus probants dans les cas de récidives après l'utilisation d'autres méthodes. La promontofixation est considérée comme le traitement de choix, notamment chez la femme jeune, en raison de sa fiabilité et de sa reproductibilité, avec des taux de guérison de 95% à 98%.

La Promontofixation par Voie Basse : Technique et Avantages

La promontofixation peut être réalisée par différentes voies, notamment la voie haute (abdominale) et la voie basse (vaginale). La voie basse aborde le prolapsus par "voie naturelle", c'est-à-dire par la cavité vaginale. Il n'y a pas d'incision abdominale, et la vessie et le rectum sont soutenus par les muscles et les tissus naturellement présents, ce qui explique une moindre solidité par rapport à la voie haute.

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Technique opératoire

La promontofixation par voie basse implique l'utilisation de bandelettes, généralement en polypropylène (nylon), un matériau bien toléré par l'organisme et non sujet au rejet. Ces bandelettes sont suturées sur les faces antérieure et postérieure du vagin.

Dans le cas de l'utilisation de la prothèse Prolift+M, un dispositif mis sur le marché depuis 2005 pour le traitement chirurgical du prolapsus par voie vaginale, la cystocèle est traitée par une première prothèse placée dans la cloison inter vésico-vaginale et maintenue par deux paires de bras passés par voie trans-obturatrice. La rectocèle est traitée par une seconde prothèse placée dans la cloison inter vagino-rectale et maintenue par une paire de bras passés par voie trans-glutéale dans les ligaments sacro-épineux.

Avantages de la voie basse

  • Moins invasive: L'absence d'incision abdominale réduit l'agression chirurgicale.
  • Suites opératoires plus simples: Les suites opératoires nécessitent généralement une hospitalisation de 2 ou 3 jours, avec une sonde vésicale laissée en place pendant 48 heures.
  • Récupération plus rapide: Les patientes peuvent généralement reprendre leurs activités normales plus rapidement qu'après une intervention par voie haute.

Suites Opératoires et Précautions

Après une promontofixation par voie basse, il est important de suivre certaines précautions pour favoriser la guérison et minimiser les risques de complications. Il faut éviter la constipation en prenant un traitement laxatif, éviter le port de charge lourde et les efforts violents pendant au moins 1 mois.

Pendant le mois qui suit l'intervention, il est déconseillé d'effectuer des efforts et de porter des charges lourdes afin de ne pas augmenter les pressions dans l'abdomen.

Après l'intervention, il peut survenir des fuites urinaires modérées lors des efforts. Si une bandelette a été posée entre le vagin et le rectum, des troubles de l'exonération surviennent fréquemment.

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Risques et Complications Potentielles

Comme pour toute intervention chirurgicale, la promontofixation comporte des risques, bien que minimes. Il existe des risques liés à l'anesthésie, des risques d'hémorragie et d'infection. Il est important de surveiller sa température et de signaler toute fièvre à son médecin dans le mois qui suit l'intervention, car il peut s'agir d'une infection d'urine ou, plus rarement, d'une infection de la prothèse. Le risque de complications thrombo-emboliques (phlébite ou embolie pulmonaire) existe également, et le médecin prescrit des bas de contention et des anticoagulants en prévention.

Parfois, la chirurgie peut démasquer une incontinence urinaire qui était compensée par la descente d'organe. Celle-ci est traitée secondairement si jamais c'était le cas. L'instabilité vésicale (envies fréquentes d'uriner) est très fréquente le premier mois et s'estompe spontanément.

La Promontofixation Laparoscopique : Une Alternative Moins Invasive

Bien que cet article se concentre sur la promontofixation par voie basse, il est important de mentionner la promontofixation laparoscopique comme une alternative moins invasive à la voie abdominale ouverte. Réalisée le plus souvent par coelioscopie (ventre fermé), la promontofixation est une intervention fiable et efficace.

La promontofixation par cœlioscopie a un taux de récidive moindre, est souvent moins douloureuse et préserve l'anatomie du périnée, évitant les cicatrices vaginales.

L'approche laparoscopique robot-assistée est associée à moins de douleurs et d'inconfort que la voie traditionnelle ouverte dans la période des suites post opératoires. Les durées d'hospitalisation et d'interruption des activités professionnelles et personnelles sont plus courtes. Il n'y a quasiment pas de cicatrices sur l'abdomen, d'où un avantage cosmétique certain.

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