La progestérone joue un rôle essentiel dans l'obtention et le maintien d'une grossesse, particulièrement dans le contexte de la fécondation in vitro (FIV). Cet article vise à explorer en profondeur l'utilisation de la progestérone dans le cadre de la FIV, en abordant les aspects liés à son dosage, ses différentes formes d'administration, ses effets secondaires potentiels et son importance cruciale pour le succès de la grossesse.
Rôle physiologique de la progestérone
La progestérone est une hormone stéroïdienne sécrétée principalement par le corps jaune après l'ovulation. Immédiatement après l’ovulation, le follicule qui contenait l’ovocyte se transforme en « corps jaune ». C’est cette transformation qui fait que les cellules du follicule se mettent à produire la progestérone, en plus de l’estradiol qu’elles produisaient dans la première partie du cycle. Son rôle principal est de préparer l'endomètre (la muqueuse utérine) à recevoir un embryon fécondé et de maintenir la grossesse en favorisant un environnement utérin favorable. En présence d’un embryon, la production de progestérone va augmenter progressivement et permettre le maintien de la grossesse.
Le seuil de référence pour une ovulation de qualité ou un traitement efficace est autour de 10 ng/ml.
Progestérone et Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
Un traitement par progestérone est quasiment systématiquement proposé après une stimulation de l’ovulation, en particulier car le mécanisme de la stimulation ovarienne va entrainer une perturbation des sécrétions de FSH et LH qui sont indispensables à une bonne production de progestérone. Bien que certaines femmes n'en aient peut-être pas réellement besoin, il est difficile de le déterminer avant qu'il ne soit trop tard. La progestérone peut également être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel. Ici, elle permet de remplacer totalement la progestérone naturelle, soit pour obtenir des règles (en général elle est arrêtée au bout de 10 jours) soit pour permettre une grossesse. En cas de menace de fausse couche quand une grossesse a débuté naturellement, il arrive que de la progestérone soit prescrite.
Dans le cadre de la FIV, la progestérone est administrée pour pallier une éventuelle insuffisance lutéale, c'est-à-dire un défaut de production de progestérone par le corps jaune. Cette insuffisance peut être due à la stimulation ovarienne elle-même, qui peut perturber la production naturelle de progestérone.
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Début du traitement et suivi
Le traitement par progestérone n’est pas totalement codifié, on peut donc trouver des petites différences dans les prescriptions selon les praticiens. Le plus souvent la progestérone est débutée le soir de la ponction d’ovocytes dans le cadre d’une FIV ou 24-48h après l’insémination intra-utérine. Un bilan hormonal n’est pas systématique.
Diverses formes d'administration
La progestérone est disponible sous plusieurs formes qui sont équivalentes, mais dont la voie n’est pas interchangeable. La progestérone est disponible sous différentes formes, chacune ayant ses propres avantages et inconvénients :
- Capsules vaginales : Très efficaces par voie vaginale, elles ne sont pas aussi efficaces quand elles sont prises par voie orale. Leur utilisation par voie orale est pour d’autres usages que l’AMP. Par voie vaginale, il existe également un gel.
- Progestérone orale : La dydrogestérone est une forme de progestérone orale.
- Injections sous-cutanées ou intramusculaires
- Suppositoires
- Patchs
Durée du traitement
Dans la grande majorité des cas, dès le test de grossesse positif, la production de progestérone par l’ovaire est suffisante et le traitement externe pourrait être arrêté. En revanche, dans certains cas il est absolument indispensable de poursuivre la progestérone jusqu’à 10-12 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire à la fin du premier trimestre) au risque de déclencher une fausse couche. Ce sont en particulier les cas du transfert d’embryon congelé quand la préparation du cycle a été faite uniquement par les hormones (cycles artificiels), et pas par une ovulation.
Effets de la progestérone sur l'organisme
La progestérone, par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, diffuse dans l’ensemble du corps et va agir sur différents tissus du corps, en particulier l’utérus et le col (transformation de l’endomètre et diminution des contractions utérines), mais également sur le cerveau.
Gestion des oublis et respect des horaires
En cas d’oubli, prenez immédiatement le traitement et la dose suivante à l’heure prévue, 2 doses peuvent être prises simultanément. D’une manière générale, privilégiez les horaires fixes et suffisamment espacés pour être répartis sur la journée. Mais vous n’avez pas besoin de mettre votre réveil la nuit pour autant ! Dans le doute, demandez conseil au centre qui vous suit.
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Effets secondaires et précautions
Il y a peu d’effets secondaires de la voie orale et sous-cutanée en dehors des réactions locales. Pour la voie vaginale, le principal désagrément sont les pertes vaginales qui peuvent varier d’une femme à l’autre et être parfois très abondantes. Il est important d’essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l’absorption de la nouvelle capsule. Rassurez-vous, l’importance de ces pertes n’a pas de rapport avec un manque d’absorption. Attention la progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (efficacité moindre) mais dans ce cas elle entraine souvent des problèmes d’étourdissement ou de somnolence.
Interactions et questions fréquentes
- Progestérone et test B-HCG : Oui au maximum !
- Perte de capsule vaginale : Immédiatement après l’insertion, en cas de perte, vous pouvez remettre l’ovule.
- Mycoses et allergies : Parlez-en avec votre médecin qui peut adapter la voie de traitement et vérifier s’il s’agit bien d’une mycose et non pas d’une allergie aux capsules.
- Rapports sexuels : Non, les rapports peuvent continuer (y compris avec pénétration et éjaculation).
Facteurs influençant le succès de la FIV
De nombreux facteurs sont susceptibles de modifier les taux de succès en FIV. Dans le cadre d’une prise en charge globale, certains facteurs sont particulièrement importants : l’âge de la patiente, la cause de l’infertilité, la qualité embryonnaire, l’aspect échographique de l’endomètre sans oublier tous les facteurs environnementaux (tabagisme, prise de médicaments…). Le dosage de certaines hormones peut également avoir une valeur pronostique. Parmi ces hormones, l’intérêt du dosage de la progestérone diffère en fonction du protocole. Au cours des cycles sans ponction d’ovocytes, il est utilisé comme marqueur de l’ovulation (comme le dosage de la LH ou de l’estradiol) ; au cours d’une stimulation pour FIV, il permet d’objectiver un éventuel décalage de la fenêtre implantatoire. En effet, certains auteurs ont montré qu’il existe une relation entre la concentration de progestérone en fin de phase folliculaire et le taux de grossesses après FIV. Une élévation prématurée de la progestéronémie avant le déclenchement est corrélée à une diminution du taux de grossesses.
Alimentation et compléments
Au sujet de l’alimentation, Frédérique Besson, ingénieur nutritionniste spécialisée dans la fertilité, explique que la vitamine C permettrait d’augmenter naturellement le taux de progestérone (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) tout comme le sélénium, qui selon de récentes études, participerait à la bonne formation du corps jaune et donc a une bonne production de progestérone (noix de brésil, fruits de mer et poisson).
En phytothérapie, deux plantes sont dites « progestérone-like » c’est-à-dire qu’elles agissent sur l’équilibre hormonal, en mimant l’activité de la progestérone et ainsi en la régulant. Il s’agit du gattilier et de l’alchémille. Le Gattilier est LA plante du déséquilibre hormonal, elle a une action anti-œstrogène et progestérone-like. Des études scientifiques ont montré que le gattilier peut être efficace pour réguler les cycles menstruels, notamment dans le cadre du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Pour la femme, nous recommandons l’acide folique ou la vitamine B9. Cela permet d’empêcher des problèmes du tube neural, comme le spina bifida chez le fœtus. La dose recommandée est de 0,4 mg par jour. Chez les patientes diabétiques, avec des antécédents familiaux de spina bifida ou avec un déficit concret ou d’autres cas concrets, nous recommandons des préparations avec des doses de 5 mg par jour. En ce qui concerne l’homme, il existe également des compléments vitaminés qui permettent d’améliorer la qualité du sperme à base de L-carnitine, zinc, acide folique et vitamines C, B12, E.
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Conseils et soutien émotionnel
Au début d’un traitement de PMA, de nombreux doutes peuvent vous assaillir quant au procédé. Il y a de nombreux concepts auxquels la majorité des patientes ne sont pas habituées et, parfois, ceux-ci peuvent sembler complexes. Des effets secondaires des stimulations aux horaires auxquels vous devez prendre votre traitement en passant par des questions pour savoir comment soulager le stress durant cette période ou quel type de vitamines vous pouvez prendre…Les professionnels d’Eugin vous guideront au cours de ce processus et vous indiqueront à tout moment les étapes à suivre. Les stimulations provoquent des effets secondaires à cause de l’utilisation des hormones. Après le premier contrôle folliculaire, nous recommandons de ne pas continuer les activités physiques intenses parce que les ovaires sont en train de grossir grâce à la stimulation et l’augmentation de leur taille peut vous gêner. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux réduire ou arrêter les activités pour que vous n’ayez pas de gênes ni de douleurs trop fortes. Pour la préparation à la réception d’ovocytes frais ou cryopréservés, vous pourrez choisir les heures qui vous conviennent selon votre rythme de vie, et vous devrez respecter cet horaire. Les intervalles entre les prises sont de 8 ou 12 heures, même si pour la médication orale ou transdermique ces intervalles peuvent être un peu plus flexibles. Respecter vos horaires de prise des médicaments est très important parce que nous voulons que votre corps soit sous dosage hormonale constant et régulier. Selon votre âge et vos antécédents médicaux, le médecin décidera du type de traitement à vous prescrire.
Nous comprenons que la préparation hormonale puisse vous altérer émotionnellement et vous stresser en attendant de venir à la clinique pour réaliser la technique. Nous recommandons de mener une vie saine et de pratiquer un sport tranquille pour canaliser votre énergie : yoga, marche, vélo, natation… Si vous êtes très stressée, nous vous conseillons de consulter votre médecin de famille pour qu’il vous prescrive un traitement peu agressif et naturel si possible, comme la valériane ou les fleurs de Bach (principe actif : populus tremula). Il existe de nombreux traitements naturels et alternatifs avec de bons résultats. Nous vous rappelons qu’après la réalisation de la technique (transfert ou insémination), certaines plantes et remèdes naturels ne sont pas compatibles avec la grossesse. Le contrôle de l’endomètre par échographie n’est pas obligatoire si le médecin ne vous l’a pas recommandé. Certaines patientes décident de faire une échographie par elle-même, pour être rassurées. Le processus lié à un traitement de PMA peut susciter de nombreux doutes auprès des patientes au cours de chacune de ces phases. Les professionnels d’Eugin les éclaircissent pour chaque patiente en particulier. Certains de ces conseils sont souvent liés à des doutes sur les effets secondaires des stimulations dans le cadre d’une insémination ou d’une fécondation In Vitro étant donné le grand éventail de symptômes qui peuvent survenir. D’autres conseils très habituels ont trait aux traitements de PMA : les horaires, les types, comment les appliquer et les doses. En résumé, quel que soit votre doute, nous sommes ici pour vous aider.
Informations additionnelles
Vous pouvez mettre les patchs sur les zones du corps où il y a de la graisse : sur les fesses, sur la partie extérieure des cuisses ou des bras, l’un à côté de l’autre ou non. Si le patch se décolle accidentellement, essayez de le replacer à un autre endroit ou utilisez un nouveau patch que vous devrez retirer à la date prévue de l’ancien patch qui s’est décollé afin de respecter votre planning. Lavez-vous les mains avant d’utiliser ce médicament. Ne vous inquiétez pas, c’est normal que vous preniez une dose plus élevée que celle recommandée par le fabricant, parce qu’en général, ce médicament est utilisé dans un traitement de substitution, comme pour les femmes ménopausées. Dans le domaine de la procréation assistée, nous vous donnons une dose plus élevée, parce que les besoins pour la grossesse sont plus élevés. Si vous perdez une capsule entière, mettez-en une autre. Les pharmacies vendent un applicateur pour vous aider à les introduire. N’oubliez pas de vous laver les mains avant et après chaque application, pour éviter les germes et les infections vaginales.
Progestérone Biogaran 200 mg : Informations importantes
L'utilisation de PROGESTERONE BIOGARAN 200 mg au cours de la grossesse est réservée au premier trimestre et à la voie vaginale.
Effets indésirables possibles
- Somnolence ou sensations vertigineuses fugaces, survenant 1 à 3 heures après ingestion du produit.
- Raccourcissement du cycle menstruel ou saignements intercurrents.
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.
Propriétés pharmacologiques
L'élimination urinaire se fait pour 95% sous forme de métabolites glycuroconjugués dont le principal est le 3 α, 5 β- prégnanediol (pregnandiol). La concentration plasmatique maximale de progestérone est atteinte 2 à 6 heures après application et se maintient à une concentration moyenne sur 24 heures de 9,7 ng/ml après l'administration de 100 mg matin et soir. Cette posologie moyenne préconisée induit donc des concentrations plasmatiques physiologiques et stables de progestérone, similaires à celles observées pendant la phase lutéale d'un cycle menstruel normo-ovulatoire.
Indications thérapeutiques
- Substitution en progestérone au cours des insuffisances ovariennes ou des déficits complets des femmes ovarioprives (dons d'ovocytes).
- Supplémentation de la phase lutéale au cours des cycles spontanés ou induits, en cas d'hypofertilité ou de stérilité primaire ou secondaire, notamment par dysovulation: la posologie conseillée est de 200 à 300 mg/jour, en deux prises, à partir du 17ème jour du cycle pendant 10 jours.
Il est important de noter que plus de la moitié des avortements spontanés précoces sont dus à des accidents génétiques. De plus, des phénomènes infectieux et des troubles mécaniques peuvent être responsables d'avortements précoces.
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