La pré-éclampsie est une complication de la grossesse qui peut avoir des conséquences graves pour la mère et le fœtus si elle n'est pas traitée rapidement. Cette maladie, autrefois appelée « toxémie gravidique », est caractérisée par une hypertension artérielle et la présence anormale de protéines dans les urines (protéinurie). Elle survient généralement pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d’aménorrhée, mais peut aussi se manifester plus rarement avant l’accouchement ou même en post-partum.

Qu'est-ce que la Pré-éclampsie ?

La pré-éclampsie est une maladie spécifique de la grossesse qui associe une hypertension artérielle (tension artérielle supérieure à 14/9) à une présence anormale de protéines dans les urines. Elle est causée par un dysfonctionnement du placenta, l'organe qui assure les échanges entre la mère et le fœtus. Dans le cas de la pré-éclampsie, les vaisseaux sanguins du placenta se développent de manière anormale, ce qui perturbe la circulation sanguine et peut entraîner une libération de substances toxiques dans le sang maternel.

Comme l’indique l’association Grossesse Santé contre la Pré-éclampsie, la pré-éclampsie touche environ 15 000 mamans chaque année en France, soit 2% des grossesses.

Hypertension Artérielle Gravidique : Une Affection Liée à la Grossesse

L'hypertension artérielle gravidique se caractérise par une tension artérielle supérieure à 14/9 qui survient après vingt semaines d'aménorrhée chez une femme n'ayant jamais eu d'hypertension artérielle par le passé. Comme la pré-éclampsie, elle est causée par un défaut des vaisseaux sanguins du placenta. En revanche, dans le cas de l'hypertension artérielle gravidique, il n'y a pas ou peu de perte de protéines dans les urines. Sa présence ne suffit donc pas pour poser le diagnostic de pré-éclampsie.

L’hypertension artérielle de la femme enceinte est relativement fréquente : elle concerne plus ou moins 10 % des grossesses. Parmi elles, environ 10 % souffrent d’hypertension artérielle chronique pré-existante à la grossesse. Les autres 90 % présentent une hypertension artérielle liée à la grossesse (hypertension artérielle gravidique). La prééclampsie concerne environ 3 à 4 % des grossesses.

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Les Causes et Facteurs de Risque de la Pré-éclampsie

La pré-éclampsie est due à un dysfonctionnement du placenta lié à une mauvaise vascularisation à partir de la 20ème semaine d'aménorrhée. Ce problème engendre un retard de la croissance du foetus ainsi qu’une libération de débris placentaires dans le sang de la future maman.

Il n’existe pas une cause unique à la pré-éclampsie, mais plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’apparition de cette mauvaise vascularisation placentaire :

  • Des anomalies dans le dialogue immunitaire entre la mère et le fœtus.
  • Un dysfonctionnement de certains gènes impliqués dans la formation des vaisseaux (le placenta est en partie d’origine fœtale).
  • Une mauvaise tolérance du corps maternel au placenta, considéré comme "étranger".

Certaines femmes sont plus à même de développer une pré-éclampsie, en raison de l’existence de différents facteurs de risque :

  • Première grossesse (environ 70% des cas).
  • Grossesse multiple.
  • Hypertension chronique préexistante.
  • Diabète.
  • IMC supérieur à 30.
  • Grossesse tardive.
  • Antécédents personnels ou familiaux de pré-éclampsie.

Les Symptômes de la Pré-éclampsie

La pré-éclampsie peut évoluer de manière silencieuse, surtout dans les premières semaines. C’est pourquoi les consultations de suivi de grossesse, avec prise de tension et analyse d’urines, sont si importantes. Cependant, certains signes peuvent alerter :

  • Une hypertension artérielle : la tension est considérée comme trop élevée lorsqu’elle dépasse ou qu’elle est égale 140/90 mmHg. C’est souvent le premier signe détecté lors d’un rendez-vous médical, sans que la patiente ressente forcément de gêne.
  • Une présence de protéines dans les urines (protéinurie) : les reins, perturbés par la maladie, laissent passer des protéines qui sont normalement filtrées. Cela ne provoque pas de douleur, mais se détecte par un test urinaire simple qui est pratiqué chaque mois là aussi.
  • Des œdèmes importants : il est normal d’avoir les jambes un peu gonflées en fin de grossesse, mais si les chevilles, les mains ou le visage se mettent à enfler brutalement, cela peut être un signe de prééclampsie.
  • Des maux de tête persistants : des céphalées intenses, inhabituelles et qui ne passent pas avec du paracétamol peuvent être le signe que la pression artérielle est trop élevée.
  • Des troubles de la vision : voir flou, percevoir des taches noires, des éclairs lumineux ou avoir une sensibilité accrue à la lumière sont des signes neurologiques à prendre au sérieux.
  • Des douleurs sous les côtes, côté droit : parfois ressenties comme une barre sous la poitrine, ces douleurs peuvent traduire une souffrance du foie liée à la prééclampsie.
  • Des nausées ou vomissements inexpliqués : s’ils apparaissent après le 2ᵉ trimestre, ils peuvent être dus à un dysfonctionnement des organes internes et non aux « nausées de grossesse » habituelles.
  • Une baisse de la quantité d’urines : si vous urinez beaucoup moins que d’habitude ou que les urines sont très foncées, cela peut signaler un problème rénal.
  • Une prise de poids rapide et importante : au-delà de la prise de poids progressive normale pendant la grossesse, une augmentation de plusieurs kilos en quelques jours peut indiquer une rétention d’eau excessive.
  • Des acouphènes.

Il est important de noter que tous ces symptômes ne sont pas systématiques. Une femme peut avoir une prééclampsie sans gonflements visibles ni maux de tête. Mais en cas de doute, surtout au-delà de la 20ᵉ semaine de grossesse, il est toujours préférable de consulter.

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Diagnostic de la Pré-éclampsie

Le diagnostic de la prééclampsie repose sur deux éléments clés, faciles à surveiller lors du suivi de grossesse :

  • La tension artérielle : une prééclampsie est suspectée si la tension artérielle est supérieure à 140/90 mmHg, et ce, après la 20ᵉ semaine d’aménorrhée. Il ne suffit pas d’un seul chiffre élevé : deux mesures espacées dans le temps sont généralement nécessaires pour confirmer une hypertension.

  • La protéinurie : il s’agit de la présence anormale de protéines dans les urines, qui indique que les reins sont affectés. Elle peut être détectée :

    • soit avec une bandelette urinaire en consultation ou en pharmacie ;
    • soit avec une analyse d’urines de 24 h en laboratoire pour quantifier plus précisément la protéinurie.

Quand ces deux signes sont présents (hypertension + protéinurie), le diagnostic de prééclampsie peut être posé.

D’autres examens peuvent compléter le bilan pour évaluer l’état de santé de la mère et de l’enfant :

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  • Analyses sanguines (fonction hépatique, rénale, plaquettes).
  • Échographie pour surveiller la croissance fœtale.
  • Monitoring pour vérifier l’activité cardiaque du bébé.

Complications Possibles de la Pré-éclampsie

Si elle n’est pas surveillée ou traitée, la prééclampsie peut entraîner des complications graves :

Pour la mère :

  • L’éclampsie : c’est la forme la plus sévère, avec des crises de convulsions. C’est une urgence vitale.
  • Le syndrome HELLP (pour Hemolysis, Elevated Liver enzymes, Low Platelet count) : il associe des troubles du foie, une baisse des plaquettes (risque d’hémorragie) et une destruction des globules rouges. Un hématome peut se former autour du foie en fin de grossesse ou dans les 24 heures suivant l'accouchement.
  • Une hémorragie cérébrale : liée à une hypertension très élevée et mal contrôlée.
  • Un œdème pulmonaire : accumulation de liquide dans les poumons, provoquant un essoufflement brutal.
  • Une insuffisance rénale aiguë.

Pour le bébé :

  • Un retard de croissance intra-utérin : à cause du placenta qui ne fonctionne pas correctement. 7 à 20 % des grossesses avec une hypertension artérielle donnent lieu à des retards de croissance du fœtus in utero.
  • Une naissance prématurée, parfois très précoce si l’état de la mère ou du bébé se dégrade. Aujourd’hui, la pré-éclampsie est responsable d’un tiers des naissances de grands prématurés en France.
  • Une souffrance fœtale aiguë : en cas de décollement du placenta ou de chute brutale de l’oxygène.
  • Dans de rares cas, le décès du bébé in utero ou à la naissance. La pré-éclampsie représente, après l’hémorragie de délivrance, la seconde cause de décès maternel (20 décès par an).

Traitement de la Pré-éclampsie

Il n’existe pas de traitement qui « soigne » définitivement la prééclampsie pendant la grossesse. Le seul remède est l’accouchement, car le placenta doit être retiré pour que la maladie disparaisse.

Tous les traitements médicaux mis en œuvre lors de prééclampsie servent à maintenir la grossesse jusqu’à un terme compatible avec la survie du fœtus.

Lorsque le diagnostic est posé, l’hospitalisation d’urgence est nécessaire. Pendant l’hospitalisation de la mère, l’objectif de la prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible.

Pour les cas de pré-éclampsie sans symptôme sévère, la femme enceinte peut rester à domicile en évitant le travail, le stress et en privilégiant la position assise. Un arrêt de travail est proposé. Mais la plupart du temps, une hospitalisation de la femme enceinte est nécessaire pour évaluer la gravité de la maladie et suivre les effets de son évolution sur l'organisme de la patiente et de l'enfant qu'elle porte.

Les symptômes disparaissent généralement en quelques jours après l'accouchement, mais une surveillance post-partum reste essentielle.

Un traitement préventif avec de l'aspirine à faible dose peut être prescrit aux femmes enceintes ayant déjà connu une pré-éclampsie lors d'une précédente grossesse, car il permettrait de réduire par 2 à 4 le risque de développer une pré-éclampsie.

Conséquences à Long Terme de la Pré-éclampsie

La prééclampsie ne disparaît pas toujours complètement après l’accouchement. Certaines femmes développent ensuite une hypertension chronique, des problèmes cardiaques ou des troubles rénaux.

Pour l’enfant, surtout en cas de prématurité, il peut exister un risque plus élevé de petit poids de naissance ou de retard de développement. Ces conséquences ne sont pas systématiques, mais elles rappellent l’importance d’un bon suivi médical après la naissance, pour la mère comme pour le bébé.

Importance du Suivi Médical et de l'Information

La pré-éclampsie est une maladie sérieuse, mais elle ne signifie pas forcément que la grossesse se passera mal.

Grâce à un dépistage régulier, une prise en charge adaptée et un bon accompagnement médical, de nombreuses femmes traversent cette épreuve et donnent naissance à des bébés en bonne santé.

S’informer, reconnaître les signes et ne pas hésiter à consulter sont les meilleurs réflexes à adopter. Parce que comprendre ce qui se passe dans son corps, c’est déjà un pas vers plus de sérénité.

La pré-éclampsie est une pathologie dont les symptômes sont surveillés tout au long de la grossesse et qui nécessite une prise en charge en urgence par un médecin gynécologue-ostétricien. Les complications sont rares, mais potentiellement graves.

Attendre un enfant exige de faire particulièrement attention à sa santé. Test, protéinurie, hypertension… La pression artérielle et le taux de protéines dans les urines sont testés à chaque rendez-vous de suivi habituel de grossesse.

Témoignages

Voici le témoignage bouleversant d’Amandine… Malgré les antécédents de pré-éclampsie de sa maman et les signes clinique, elle n’a pas été prise au sérieux jusqu’à ce que cela devienne « enfin » urgent.

« Ma mère a eu une éclampsie et a été dans le coma pour ma sœur. Onze ans plus tard, pré-éclampsie pour moi. J’avais prévenu dès le début de ma grossesse que c’était ma crainte suite aux antécédents de ma mère. À partir de 4 mois de grossesse, j’ai ressenti des signes : forts maux de tête à répétition, bourdonnement dans les oreilles et je gonflais à vue d’œil. J’ai commencé par prendre ma tension début février car je me sentais de plus en plus mal avec des mouches devant les yeux et je gonflais de plus en plus. Hypertension à 17/9 à la maison. J’avais beaucoup de difficulté à marcher, je n’avais pas beaucoup de souffle et j’avais l’impression de faire un marathon à chaque déplacement. Je décide de ne pas m’inquiéter, de me reposer pour essayer de la faire descendre mais au bout d’une demi-heure, 15/9.

14 mars 2022, échographie du 3ème trimestre. On me dit que mon ventre est tout petit alors que pour moi il était énorme. Elle me dit qu’il y a un problème. Je suis à 32SA+5 et à l’échographie, cela correspond plus à 22SA vu la taille et le poids. Arrivée aux urgences, je suis prise en charge rapidement : échographie, recueil d’urines, prise de sang. On me dit qu’à l’échographie, ils ne peuvent pas mesurer le périmètre crânien car bébé est trop bas, que j’ai un problème vasculaire qu’on appelle des notchs, que mes deux artères utérines sont déchirées mais que ce n’est pas une pré-éclampsie… On me dit que bébé bouge à l’échographie - mais moi je ne ressens rien - qu’il manque un peu de liquide amniotique mais rien d’alarmant.

On me demande de rentrer chez moi et que je serai avertie des résultats urinaires et sanguins dans la nuit ou au plus tard le lendemain matin. Le 17 mars, je me présente donc avec le recueil d’urines et j’explique que je n’ai pas eu mes résultats du 14 mars. On me répond qu’ils ne sont pas en mesure de me donner ce type d’informations… Le monitoring se passe bien mais l’interne souhaite me recevoir dans son bureau. Je suis hospitalisée dans le service de gynécologie. Ils commencent, dès mon arrivée en chambre, à me faire une première injection de corticoïdes pour la maturation des poumons. On me demande de contacter le service spécialisé où a été envoyé mon dossier lors de ma 3ème échographie quelques jours plus tôt pour un rdv en urgence. Ils ne peuvent pas me recevoir avant une semaine. Les gynécologues me disent que c’est trop tard et de laisser tomber.

Mon état se dégrade rapidement, j’ai des prises de sang plusieurs fois dans la journée, deux monitorings par jour et plusieurs échographies. J’ai un traitement contre l’hypertension mais rien ne change, mon état se dégrade au point de ne plus pouvoir me déplacer comme je le souhaite. Je ne peux pas me doucher seule, je suis obligée d’être assise… J’ai de forts tremblements qui apparaissent. On me demande si je suis stressée, j’explique que j’ai eu la même chose il y a quelques jours mais que je pensais avoir froid lorsque je me suis levée en pleine nuit. Mes urines, prises de sang et monitorings ne sont pas bons. Dans la nuit j’ai une énorme barre à l’estomac, je les supplie de m’accoucher, ça ne va pas du tout. Monitoring toute la nuit… Le lendemain matin, ma vision est floue, plein de mouches devant les yeux, je suis incapable de me lever. Le gynécologue de garde décide dans l’après-midi de me faire une échographie et me demande de tout lui expliquer depuis le début de ma grossesse. Le liquide amniotique a encore diminué, le poids de bébé n’a pas bougé et elle ne bouge plus du tout même en secouant mon ventre pendant assez longtemps. Mes tremblements l’inquiètent. On me remonte en chambre et j’appelle mon conjoint pour qu’il vienne tout de suite en lui expliquant la situation car il n’avait le droit d’être présent uniquement 2h par jour. À son arrivée, je lui explique et très rapidement une infirmière vient me chercher sans rien expliquer en disant à monsieur que je reviens rapidement.

À mon arrivée dans le service maternité, la sage-femme m’explique qu’elle me pose le monitoring et qu’ensuite nous descendrons en salle de naissance pour un déclenchement par tampon. Deux heures de monitoring, on me descend en salle de naissance. Une sage-femme me prend la main et demande au papa d’aller chercher les affaires de bébé. Elle me dit que tout va bien se passer, que le monitoring n’était pas bon du tout et que due à la pré-éclampsie, bébé a un gros retard de croissance. Le gynécologue que j’ai vu quelques heures auparavant arrive, me dit que bébé ne va pas supporter les contractions et que si on attend plus longtemps, cela sera très risqué pour bébé et moi. En salle de naissance, il y avait beaucoup de monde, c’était inquiétant. La sage-femme m’explique qu’elle va me poser une sonde urinaire et là débarque un interne qui lui dit qu’elle n’a pas le temps de discuter. Elle ne comprend pas, lui demande de se calmer et qu’il n’y avait pas d’urgence. Il lui dit que si, c’est devenu urgent et qu’il ne faut pas traîner. Je ne comprends pas, je m’inquiète. Une sage-femme me prend la main tout le long de l’intervention et me dit de rester avec eux, de ne pas fermer les yeux, à plusieurs reprises. J’entends bébé pleurer, je suis rassurée. Je n’ai pas le droit de la voir ! Je passe en salle de réveil et elle m’explique que j’ai failli partir pendant l’intervention mais que j’avais bien réagi à l’injection. Ma tension est prise toute les 5 minutes, elle me dit de lui parler et me fait une deuxième injection. Elle me demande où est le papa. Je lui explique qu’il n’a pas eu le droit de venir avec moi alors je suppose qu’il est avec bébé. Après son appel en néonatalogie, pas de papa…Je me demandais s’il avait bien réagi ? Malaise, pleurs ? Il me rejoint une heure après en salle de réveil, à la demande de l’infirmière. Je lui demande s’il a vu notre fille, il me dit que non, personne ne lui a rien dit. Il était en salle d’attente et il avait dû sonner pour avoir des nouvelles. Nous restons un petit moment en salle de réveil et puis nous sommes conduits en néonatalogie, dans la chambre de réanimation où ma fille sera. La puéricultrice m’explique qu’elle n’a pas besoin d’aide respiratoire, que c’est super. Elle va bien, Dieu merci. Elle m’explique le fonctionnement de la néonatalogie et que notre fille y restera au moins deux mois. On me remonte dans ma chambre et on demande au papa de revenir le lendemain aux horaires habituels, c’est-à-dire deux heures dans la journée… Je demande s’il peut rester cette nuit-ci uniquement car je ne me sentais pas capable de rester seule. On vient me voir deux fois dans la nuit pour changer mes protections hygiéniques. Le lendemain, avant le changement de personnel, l’infirmière me dit de ne surtout pas me lever, qu’une infirmière viendra me retirer ma sonde urinaire et qu’on m’aidera tout doucement pour me lever.

Changement d’équipe, on ne vient me revoir qu’à 11h00 soit 4h30 après et elle me demande si je me suis levée. Je lui explique que non et les consignes que j’ai eues, que je ne me sentais pas capable non plus avec l’hypertension et que je ne tenais pas debout. Elle me dit qu’il faut se bouger, me retire la sonde urinaire et me dit : « Allez, debout ». Je tente de m’extraire du lit avec beaucoup de difficultés.

Elle me prend par les deux mains, me lève et me dit d’aller jusqu’à la salle de bain, et qu’elle revient. J’étais tétanisée à l’idée de tomber ayant la tête qui tournait. Arrivée dans la salle de bain, elle me dit qu’il faut que je me douche et que je retire le pansement de la césarienne. Je demande à mon conjoint de venir m’aider, je ne tenais pas debout. Je lui demande de le faire de peur d’arracher les agrafes ou bien que la plaie ne s’ouvre. Il décide d’aller chercher l’infirmière car il n’osait pas retirer le pansement. L’infirmière me dit que je pleurniche pour rien, qu’il suffit juste de tirer dessus, que je lui fais perdre son temps… Une fois les soins et examens faits, je demande à aller voir ma fille car le service néonatalogie m’a dit que je pouvais y aller 24h/24 et 7j/7, qu’il suffisait de demander pour y être emmenée quand je voulais mais en fauteuil vu mon état. Je suis toujours sous traitement aujourd’hui. Ma fille est restée un mois en néonatalogie. Une sage-femme de la PMI a échangé avec moi et m’a expliqué que quelques heures de plus et je serais tombée dans le coma, que je leur dois un grand merci car ils nous ont sauvées, ma fille et moi… J’étais encore plus choquée… On le sent quand quelque chose ne va pas, il faut s’écouter. »

Marie-Ange, maman d’une petite Angélique née grande prématurée, confie : “J’ai eu un super début de grossesse et à 5 mois ½ on m’a détecté de la tension, j’ai eu des oedèmes, j’étais essoufflée… Je n’étais pas particulièrement inquiète et jamais je n’aurai pu imaginer que ces signaux étaient les prémices d’une pré-éclampsie et d’un accouchement prématuré”.

David, papa de Léon, témoigne : “Un mois avant le terme de sa grossesse, ma femme a fait sa prise de sang habituelle ainsi qu’un prélèvement d’urine. C’est ça qui a permis de détecter sa pré-éclampsie. Sans ce test, les médecins nous ont bien fait comprendre que ma femme, et peut-être notre fils, n’aurait pas survécu. En effet, ma femme n’avait aucun symptôme, elle était en arrêt, se sentait bien. Il est vraiment important de bien se faire suivre pendant sa grossesse et de faire les prises de sang régulièrement.”

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