Les sages-femmes jouent un rôle de plus en plus important dans l'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. Leurs compétences se sont élargies au fil des ans, leur permettant de répondre aux besoins des femmes en matière de santé sexuelle et reproductive.
Un Acteur Majeur de l'IVG en France
En France, en 2024, on a dénombré 252 000 interruptions volontaires de grossesses, soit 8 000 de plus qu’en 2023, d’après l’étude de l’Ined. Et pour la première fois, ce sont les sages-femmes qui procèdent le plus à cet acte médical en libéral. En 2024, les sage-femmes ont réalisé davantage d'interruption volontaire de grossesse que les médecins libéraux (généralistes et gynécologues). Une première en France ! Ce sont les sages-femmes qui pratiquent le plus d’interruption volontaire de grossesse (IVG) en libéral, selon la dernière étude de l’Institut national d’études démographiques (Ined), publiée mi-décembre.
L'Évolution des Compétences des Sages-Femmes en Matière d'IVG
Depuis quelques années, le champ de compétences des sages-femmes en matière d’interruption volontaire de grossesse (IVG) s’est considérablement élargi. En 2016, elles ont été autorisées à réaliser les IVG médicamenteuses, sous certaines conditions.
L'IVG Médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse relève de la compétence de la sage-femme, sous certaines conditions :
- La sage-femme doit justifier d’une expérience professionnelle adaptée, constituée par "une pratique suffisante et régulière des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses dans un établissement de santé, attestée par le directeur de cet établissement sur justificatif présenté par le responsable médical concerné".
- L’IVG médicamenteuse peut avoir lieu en centre de santé, dans un centre de planification ou d'éducation familiale ou en ville en libéral, dans le cadre d’une convention entre la sage-femme et un établissement de santé, public ou privé.
- L’IVG médicamenteuse peut avoir lieu jusqu’à 7 semaines de grossesse (contre 5 avant le décret du 19 février 2022). Elle peut avoir lieu en téléconsultation, avec délivrance des médicaments en pharmacie d’officine.
- Avant de recueillir le consentement écrit de la femme dont l'âge de la grossesse et dont l'état médical et psycho-social permet la réalisation d'une IVG médicamenteuse, la sage-femme l'informe sur les différentes méthodes d'interruption volontaire de grossesse et sur leurs éventuelles complications.
Dans la dernière étude de l’Ined, on découvre que quatre IVG sur cinq sont médicamenteuses. « Une proportion qui ne cesse de croître », d’après les chercheurs. Ces derniers précisent que la part des IVG réalisées en cabinet médical plutôt qu’en établissement hospitalier est en augmentation. Une tendance plus marquée en milieu urbain qu’en milieu rural. Dans les communes rurales isolées, il est très difficile de trouver un médecin ou encore un spécialiste habilité à pratiquer les IVG.
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L'IVG Instrumentale
Après une expérimentation menée pendant 3 ans (suite à la parution d’un décret du 30 décembre 2021), les IVG instrumentales, réservées jusqu’alors aux seuls médecins formés à cet acte chirurgical, peuvent désormais être réalisées par les sages-femmes, sous certaines conditions prévues dans le décret 2023-1194 du 16 décembre 2023, modifié par le décret 2024-367 du 23 avril 2024. Alors que le décret de 2023 imposait une formation théorique et pratique, celui de 2024 simplifie le processus. La sage-femme qui réalise des IVG instrumentales en établissement de santé doit justifier d'une compétence professionnelle adaptée.
Les Missions Générales de la Sage-Femme
Spécialiste de la grossesse, la sage-femme opère un suivi médical et gynécologique des femmes, notamment durant leur grossesse. En France, cette profession de santé est en grande partie exercée par des femmes, mais il existe tout de même environ 2,5% d’hommes qui occupent la fonction de homme sage-femme ou maïeuticien.
La plupart du temps, les femmes font appel à une sage-femme pour les accompagner durant leur grossesse. À ce titre, la sage-femme est en charge de différentes missions :
- Diagnostic et suivi de grossesse : elle réalise des monitorings et des échographies, et contrôle de l’évolution du fœtus ;
- Préparation à l'accouchement : elle utilise différentes techniques de relaxation pour détendre et apaiser les femmes enceintes, elle fait des exercices de préparation spécifiques pour faciliter l’accouchement par le biais de différentes activités comme la sophrologie ou encore le yoga ;
- Accouchement : elle assure très souvent elle-même l’accouchement et vérifie la bonne santé du bébé après sa naissance. En cas de complications, elle demande l’appui d’un gynécologue obstétricien ou d'un chirurgien gynécologue ;
- Accompagnement post accouchement : elle agit en tant que conseil auprès des jeunes parents pour apprendre les gestes d’hygiène et d’alimentation comme l’allaitement. Elle opère également le suivi gynécologique des jeunes mamans (rééducation périnéale…) ;
- Accompagnement psychologique : pendant toute la durée de la grossesse, la sage-femme noue une relation forte avec sa patiente et lui apporte un soutien moral et psychologique très important. Elle est une véritable accompagnatrice pour les futurs parents et les aide à aborder cette nouvelle étape de leur vie du mieux possible.
En dehors de ses missions relatives à la grossesse, la sage-femme peut également accompagner les femmes dans d’autres aspects de leur vie comme le suivi gynécologique : frottis et examens de contrôle, contraception, IVG, ménopause…
Dans une grande majorité des cas, la sage-femme travaille dans une clinique ou un hôpital. Il est également possible de travailler en libéral ou dans des structures spécialisées comme les plannings familiaux ou les centres de Protection Maternelle et Infantile.
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Formation et Diplôme pour Devenir Sage-Femme
La profession de sage-femme est réglementée par le Code de la Santé Publique et un code de déontologie des sage-femmes. Pour exercer ce métier, il faut être titulaire du diplôme d’Etat de sage-femme, qui s’obtient après 1 année de préparation (licence LAS ou PASS) et 4 ans de formation dans une école de sage-femme. Il est également possible de rejoindre directement la formation en 2è ou 3è année lorsqu’on a suivi un cursus d’étudiant(e)s infirmier(e)s. La poursuite d’étude peut être envisagée pour se spécialiser après l’obtention du DE de sage-femme avec notamment des diplômes universitaires (DU ou DIU) en pédiatrie de maternité, gynécologie préventive ou encore psychopathologie du bébé. Tout au long de sa carrière, la sage-femme peut obtenir davantage de responsabilités et se spécialiser (échographie, tabacologie, périnatalité à risque…).
Le Salaire d’une Sage-Femme
Le salaire des sages-femmes dépend de la structure dans laquelle elles évoluent. En moyenne, une sage-femme dans la fonction publique (hôpital par exemple) perçoit une rémunération de 1800€ bruts par mois en début de carrière. Elle peut également toucher différentes primes et voir sa rémunération évoluer au fil des années. Lorsqu’elle exerce en libéral, la sage-femme perçoit des revenus plus élevés, de l’ordre de 2300€ bruts par mois, desquels sont déduits un certain nombre de charges et impôts.
Qualités et Compétences Essentielles
Le métier de sage-femme est particulièrement difficile et intense ; il est donc nécessaire d’être doté d’une bonne forme physique et psychologique. Ce métier à responsabilités est parfois exercé dans des conditions difficiles, avec des horaires décalés et des situations souvent stressantes. Un grand sens de l’écoute et un bon relationnel sont essentiels pour accompagner les futurs parents et savoir rassurer les patientes. Une bonne pédagogie est également nécessaire pour préparer convenablement les futures mères à l’accouchement et aux gestes nécessaires à la prise en charge du bébé.
La Sage-Femme : Bien Plus Qu'une Accompagnatrice à la Naissance
La sage-femme, maïeuticien pour l’homme, est une professionnelle de santé experte du suivi médical, psychologique et social des femmes, notamment durant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale. Elle peut aussi assurer un suivi gynécologique, pratiquer des consultations de contraception et intervenir dans l’éducation à la sexualité.
Nous connaissons les sages-femmes pour le rôle essentiel qu’elles occupent lors d’une grossesse ou d’un accouchement. La sage-femme peut assurer le suivi gynécologique des femmes en bonne santé, au même titre qu’un gynécologue, tout au long de leur vie et quel que soit leur âge. Elle est habilitée à réaliser un examen clinique complet, et tous les actes nécessaires au suivi gynécologique des femmes.
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La sage-femme est habilitée à vacciner contre le cancer du col de l’utérus (ou papillomavirus). Depuis le 9 août 2023, elle est également autorisée à prescrire et/ou administrer les vaccins obligatoires et recommandés du calendrier vaccinal, à toutes les personnes, quel que soit leur âge : rubéole, rougeole, diphtérie, tétanos, grippe saisonnière, etc.
Les sages-femmes sont également autorisées à pratiquer les IVG chirurgicales, dans 18 établissements de santé sélectionnés. La sage-femme peut proposer et prescrire l’ensemble des méthodes contraceptives à ses patientes : contraceptifs locaux et hormonaux, intra-utérins, diaphragmes, capes, contraceptifs d’urgence et préservatifs.
La sage-femme assure la surveillance et le suivi médical de la grossesse. Elle peut réaliser, entre autres, des séances de préparation à la naissance et à la parentalité. Elle assure également la surveillance du travail et de l’accouchement. Après l’accouchement, la sage-femme dispense les soins à la mère et à l’enfant.
La sage-femme pratique en toute autonomie l’ensemble des actes cliniques et techniques nécessaires au suivi et la surveillance des situations non pathologiques et au dépistage de situation pathologique, en dehors de toute pathologie (articles L4151-1 et L4151-4 du Code de la santé publique). La compétence des sages-femmes est exclue dès lors que la patiente présente une situation pathologique. La sage-femme apprécie en conscience, au cas par cas et au regard de la situation médicale, si la réalisation de l’examen entre dans son champ de compétences et de ses possibilités (article R4127-313 du CSP). Par ailleurs, la sage-femme peut pratiquer des échographies gynécologiques.
Désormais, la sage-femme est également habilitée à dépister et à traiter certaines infections sexuellement transmissibles à leurs patientes, mais également aux partenaires de ces dernières. Les sages-femmes sont habilitées à prescrire les actes et examens aux patientes ne présentant pas de pathologie. Aucun texte ne définit de manière exhaustive les actes ou examens cliniques que la sage-femme est en droit de réaliser ou de prescrire.
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