La grossesse est une période de transformation profonde pour la femme, marquée par le développement d'un nouvel organe essentiel : le placenta. Cet organe éphémère, qui ressemble à une galette de 20 cm de diamètre et 35 mm d'épaisseur vers la fin de la grossesse, assure les échanges vitaux entre la mère et le fœtus via le cordon ombilical. Le placenta joue un rôle crucial dans la nutrition, la respiration et l'élimination des déchets du bébé. Cependant, des anomalies placentaires peuvent survenir, affectant le bon déroulement de la grossesse et l'accouchement. Parmi ces anomalies, la position du placenta, notamment la position postérieure, et d'autres complications telles que le placenta praevia ou l'infection placentaire, peuvent susciter des inquiétudes.

Rôle et Anomalies du Placenta

Le placenta est une sorte de plateforme d’échange entre la mère et le bébé par le cordon ombilical. Un placenta en bonne santé permet au fœtus de se développer correctement. Cependant, le placenta peut présenter des anomalies, influençant la santé de la mère et du bébé.

Les anomalies placentaires peuvent se manifester de différentes manières :

  • Anomalies de position : Le placenta peut être bas inséré (placenta bas), antérieur, postérieur ou fundique. Un placenta bas peut remonter spontanément jusqu’à la 32ème semaine de grossesse. Le placenta praevia, où le placenta recouvre partiellement ou totalement le col de l'utérus, est une complication potentielle.
  • Anomalies de structure : Le placenta peut être divisé en deux parties (placenta bi-partita) ou présenter un petit lobe placentaire à distance (cotylédon aberrant).
  • Anomalies d'insertion : Le placenta accreta se produit lorsque l'adhésion du placenta s'étend trop profondément dans l'utérus.
  • Infections placentaires : Des germes maternels peuvent atteindre le placenta par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus.
  • Décollement placentaire : Le placenta se sépare de l’utérus avant l’accouchement, créant un hématome rétro-placentaire.
  • Môle hydatiforme : Une anomalie rare d’origine chromosomique survenant dès la fécondation.

Position Postérieure du Placenta : Qu'est-ce que c'est ?

Le placenta peut s’installer dans n’importe quelle partie de l’utérus. On parle de placenta antérieur ou postérieur en fonction de la position à laquelle se situe le placenta (s'il est à l'arrière ou à l'avant de l'utérus). Lorsque le placenta est situé au fond de l'utérus, on parle de placenta fundique. Avoir un placenta postérieur ne signifie pas nécessairement qu'il y a un problème.

Causes des Anomalies Placentaires

Les causes des anomalies placentaires dépendent du type d'anomalie. Des germes maternels peuvent atteindre le placenta de différentes manières, par voie sanguine, par le col ou à partir de l’utérus lui-même. L’origine de la môle hydatiforme est chromosomique et survient dès la fécondation. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de placenta praevia, notamment les antécédents de césarienne.

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Symptômes des Anomalies Placentaires

Tout comme pour les causes, les symptômes dépendent du type d'anomalies placentaires. Le placenta prævia ne s'accompagne pas toujours de saignements. Cependant, à partir de la 20e semaine de grossesse environ, des saignements réguliers et indolores peuvent se produire. Les premiers signes d'un décollement placentaire sont généralement caractéristiques : saignements et douleur abdominale brusque, très vite suivis d’une souffrance fœtale. Des saignements en début de grossesse, des nausées ou vomissements importants, et un utérus mou ou plus gros que la normale pour le terme, peuvent mettre la puce à l’oreille en cas de môle hydatiforme.

Diagnostic des Anomalies Placentaires

Le placenta praevia est diagnostiqué par échographie, soit lors d'un rendez-vous prénatal de routine, soit après un épisode de saignement vaginal, généralement au cours de la seconde moitié de la grossesse. L’échographie montre parfois l’infection placentaire, mais ce n’est pas toujours évident.

Conséquences des Anomalies Placentaires

Les complications dépendent de la distance du placenta par rapport au col. Les anomalies placentaires peuvent entraîner des complications graves pour la maman et le bébé, telles que l'hémorragie, la souffrance fœtale, le décollement placentaire, le placenta accreta et la nécessité d'une césarienne. En cas de pertes de sang importantes et fréquentes dues au placenta enfoui, le placenta peut devenir dangereux pour la future mère et son enfant. Il existe également un risque accru d'insuffisance placentaire (manque d'apport sanguin), de décollement prématuré du placenta et d'une complication rare, la vasa praevia.

Prise en Charge des Anomalies Placentaires

La prise en charge des anomalies placentaires dépend de la nature et de la gravité de l'anomalie. Dans la plupart des cas, un placenta prævia se résout de lui-même avant l’accouchement en “remontant” vers la partie supérieure de l’utérus. La prise en charge diffère selon la situation. Avant la 36ème semaine de grossesse (38ème semaine d’aménorrhée ou SA) et si les saignements sont peu abondants, la future mère est généralement hospitalisée pour surveillance et doit réduire son activité physique jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de symptômes. Si les saignements s’arrêtent et qu’il n’y a pas de contractions, l’accouchement peut être déclenché vers la 36ème ou la 37ème semaine de grossesse.

En cas de placenta praevia, une césarienne planifiée peut s'avérer nécessaire. La plupart des professionnels de santé recommanderont une césarienne entre la 34e et la 37e semaine de gestation s'il n'y a pas de complications. Ce n'est que dans le cas d'un placenta profondément enfoui ou d'un placenta praevia marginal qu'un accouchement par voie vaginale doit être envisagé en concertation avec votre médecin. Après l’évacuation par aspiration de la grossesse môlaire, des dosages réguliers de l’hormone de grossesse (hCG) sont prescrits durant plusieurs mois. En cas de rétention placentaire, une révision utérine préviendra la survenue d’une hémorragie de la délivrance.

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Position Fœtale et Accouchement

Durant la grossesse, les fœtus bougent dans de multiples positions. Mais à l’approche du terme, la plupart d’entre eux se retournent et adoptent naturellement une position idéale en prévision de l’accouchement (tête vers le bas) quand d’autres se placent différemment dans le ventre de leur mère. Dans l’utérus, la plupart des fœtus s’installent en position dite « antérieure » durant le dernier mois de grossesse. Cette position signifie en effet que la tête du fœtus peut appuyer sur le col de l’utérus, ce qui encourage son ouverture durant le travail et facilite le passage du bébé par le canal vaginal. Cependant, certains fœtus se placent différemment dans le ventre de leur mère. La position postérieure : également connue sous le nom de « dos à dos ». La tête du fœtus pointe vers le bas et son dos est appuyé contre la colonne vertébrale de sa mère. Elle rend le passage plus difficile à travers la zone la plus étroite du bassin et peut conduire à un travail plus long pouvant se terminer en accouchement nécessitant des forceps, une ventouse, voire une césarienne.

La meilleure façon de connaître l’orientation adoptée par le fœtus consiste à consulter un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Il auscultera l’abdomen de la patiente enceinte durant le second et le troisième trimestre de grossesse pour vérifier la position prise par le fœtus. A la 35e ou 36e semaine de grossesse, il vérifiera que le fœtus a bien migré en position antérieure ou postérieure. La plupart des fœtus se tournent naturellement en position tête en bas dès la 36e semaine de grossesse.

Conseils et Prévention

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir les anomalies placentaires, certaines mesures peuvent contribuer à réduire les risques :

  • Suivi médical régulier : Un suivi prénatal attentif permet de détecter précocement les anomalies et de mettre en place une prise en charge adaptée.
  • Hygiène de vie : Adopter une alimentation saine, éviter le tabac et l'alcool, et gérer le stress peuvent favoriser une grossesse en bonne santé.
  • Prévention des infections : Prévenir les infections maternelles peut réduire le risque d'infection placentaire.
  • Information et communication : Être bien informée sur les anomalies placentaires et communiquer avec son équipe médicale permet de prendre des décisions éclairées.

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