Dans quelques mois, le monde célébrera le 170e anniversaire de la naissance d'Arthur Rimbaud, poète à la moue d'ange. Sa ville natale, Charleville-Mézières, a reçu un cadeau avant l'heure : un généreux mécène a fait don de deux lettres manuscrites signées Rimbaud et d'un poème recopié par Paul Verlaine, son amant et confrère. L'identité du donateur reste secrète, alimentant les spéculations. Ces lettres, datant de 1883 (Yémen) et 1891 (Marseille), seront exposées au musée Rimbaud, offrant un aperçu des états d'âme du poète à l'approche de sa mort.
Émancipations créatrices : un parcours poétique
Le parcours d'Arthur Rimbaud, intitulé « Émancipations créatrices », invite à explorer la manière dont le poète s'est libéré des formes poétiques traditionnelles pour inventer un style moderne. Les termes clés de ce parcours sont la liberté et l'invention. L'émancipation, synonyme de liberté, suggère l'affranchissement des autorités et des genres artistiques établis. La création, quant à elle, est liée à l'invention et à la production de quelque chose de nouveau.
L'enjeu de ce parcours réside dans l'idée que la poésie peut ouvrir la voie à un renouveau, à condition de se libérer des normes imposées. Rimbaud, indigné par la société de son temps, se révolte, rejette les codes poétiques, et célèbre la nature, le plaisir et la liberté. Il s'émancipe pour devenir un « autre » et proposer ses propres créations.
Ainsi, plusieurs questions se posent : d'où vient cette émancipation ? Comment l'émancipation peut-elle devenir créatrice ? Quelles sont les nouvelles formes de créations poétiques ? Faut-il être quelqu'un d'autre pour être en mesure de créer ?
L'enfance et les fugues : les premiers pas d'un révolté
Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud naît le 20 octobre 1854 à Charleville. Son père, Frédéric Rimbaud, est un capitaine d'infanterie souvent absent, qui quitte définitivement le foyer familial alors qu'Arthur n'a que six ans. Cet abandon marquera profondément le jeune garçon, qui semblera toujours en quête d'une figure paternelle. Sa mère, Vitalie Cuif, élève seule ses enfants, leur imposant une éducation catholique très stricte.
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Arthur est un élève brillant, qui découvre la poésie grâce à son professeur de rhétorique, Georges Izambard. Il se lie d'amitié avec ce dernier, qui lui donne accès à sa bibliothèque personnelle. Dès l'âge de 16 ans, il envoie ses premiers poèmes à Théodore de Banville, dans l'espoir d'être publié dans le « Parnasse contemporain ».
Pendant son adolescence, Rimbaud fugue à plusieurs reprises en direction de Paris. En juillet 1870, la guerre franco-prussienne éclate, et Izambard part à Douai, laissant Arthur dans un profond ennui. Le 29 août 1870, Rimbaud fugue à Paris, mais il est arrêté et incarcéré jusqu'à l'intervention d'Izambard. Il reste ensuite à Douai, recopiant ses poèmes pour les envoyer à Paul Demeny, un jeune poète rencontré grâce à Izambard. Le 25 février 1871, il fugue à nouveau à Paris, mais rentre finalement à pied quelques jours plus tard.
Les lettres du voyant : la naissance d'une nouvelle esthétique
Lors de la Commune de Paris en 1871, Rimbaud écrit les célèbres lettres dites « du voyant » à ses mentors, Izambard et Demeny. Il se place du côté des communards, et scandalise son entourage par ses réactions. C'est dans ces lettres qu'il expose sa conception de la poésie comme exploration de l'inconnu par le dérèglement de tous les sens :
« Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. - Pardon du jeu de mots. - Je est un autre. » (Lettre à Izambard, le 13 mai 1871)
« Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. » (Lettre à Demeny, 15 mai 1871)
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Ces lettres marquent une rupture avec la poésie traditionnelle, et annoncent la naissance d'une nouvelle esthétique, fondée sur l'exploration de l'inconscient et la recherche de sensations nouvelles.
Rimbaud et Verlaine : une relation tumultueuse
En août 1871, Rimbaud envoie ses poèmes à Paul Verlaine, qui lui propose de le rejoindre à Paris. C'est le début d'une relation tumultueuse entre les deux poètes, qui fait rapidement scandale, Verlaine étant marié à Mathilde Mauté de Fleurville. Ensemble, ils mènent une vie dissolue, choquant leur entourage. Ils finissent par s'enfuir à Bruxelles en juillet 1872, avant de rejoindre Londres. Durant cette période, Rimbaud rédige une partie du recueil Illuminations.
Verlaine entretient financièrement Rimbaud. Leur liaison fait scandale. Ils mènent une vie dissolue et hantent les cafés, se saoulant à l'absinthe. Finalement, tous les deux s'enfuient à Bruxelles au mois de juillet 1872, puis, en septembre ils partent pour Londres où ils côtoient des communards exilés. C'est sans doute alors que Rimbaud compose une partie des Illuminations et Verlaine écrit les Romances sans Paroles.
La relation entre les deux poètes se dégrade petit à petit. Ils ne parviennent plus à s'entendre, ils se séparent, se retrouvent et se séparent à nouveau. C'est durant cette période que Rimbaud commence la rédaction d'Une Saison en Enfer. Lors d'une violente dispute à Bruxelles, Verlaine tire deux coups de pistolet sur Rimbaud, marquant la fin définitive de leur relation. Rimbaud rentre chez lui et continue de rédiger ses recueils de poèmes.
Le départ pour l'Afrique : une quête d'absolu
Entre 1874 et 1878, Rimbaud voyage en Europe. En 1880, il décide de partir en Afrique, où il devient commerçant et négociant, avant d'être trafiquant d'armes en Éthiopie. Blessé au genou droit, il se voit contraint de rentrer à Marseille, où il est amputé le 27 mai 1891. Il meurt quelques mois plus tard à l'âge de 37 ans.
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Ce départ pour l'Afrique peut être interprété comme une nouvelle forme d'émancipation, une quête d'absolu qui le pousse à s'éloigner de la société et de la poésie.
Le renouvellement poétique : une langue nouvelle
Rimbaud est à l'origine d'une nouvelle forme du sonnet. Il décide également de s'émanciper du langage poétique classique en utilisant un vocabulaire plus familier dans ses poèmes. Il rompt avec la langue poétique classique, lui préférant un vocabulaire plus familier et choquant. Ainsi, il n'est plus question de rechercher une langue savante. Il utilise un vocabulaire moins raffiné tels que les onomatopées (« Le Bal des pendus », « L'Éclatante victoire de Sarrebruck »), les mots familiers (« Les Effarés », « Vénus Anadyomène ») ou encore certains dialectes (« Les Réparties de Nina »), voire des néologismes (« Roman »).
De même, le poète s'émancipe de la forme traditionnelle du sonnet pour créer un sonnet libertin. En effet, alors que le sonnet traditionnel impose un détachement grammatical entre les deux quatrains et les deux tercets, Rimbaud choisit, dans plusieurs poèmes, de faire empiéter le deuxième quatrain sur le premier tercet : « Ma Bohème », « Au Cabaret-Vert », « La Maline ». Il renouvelle également le schéma rimique classique : le schéma rimique traditionnel du tercet repose sur le modèle CCD/EED. Rimbaud décide de renverser ce schéma en proposant un nouveau modèle : CDD. Il se libère donc des conventions imposées. Il s'émancipe pour créer une nouvelle forme de poésie.
Les poèmes des Cahiers de Douai utilisent des registres très variés : lyrisme, satire, épopée, burlesque. Ainsi, « Le Châtiment de Tartufe » est une nouvelle critique de l'hypocrisie religieuse sous forme de satire. Le poème « Le Forgeron » relate la Révolution et la chute de la monarchie en 1789 vers sous forme d'épopée. Enfin, Rimbaud nous fait découvrir une danse macabre humoristique dans « Le Bal des pendus ».
Les Cahiers de Douai : le laboratoire d'un jeune génie
Les poèmes des Cahiers de Douai sont écrits par Rimbaud alors qu'il n'a que 16 ans. Ils sont publiés sous ce titre par Demeny alors que Rimbaud lui avait demandé de les brûler. Les poèmes évoquent l'adolescence, la révolte ou les sensations.
Le 11 octobre 1870, Arthur Rimbaud rend visite à son professeur et ami Georges Izambard à Douai. Il montre ses poèmes à son mentor, qui l'encourage à les faire publier. Durant plusieurs semaines, le poète s'attache à les corriger et à les recopier dans deux cahiers. Rimbaud confie ses vingt-deux poèmes au poète et éditeur Paul Demeny. Celui-ci les publie entre 1888 et 1893 dans le recueil Poésies, sous le titre « Cahiers de Douai », alors que Rimbaud lui avait demandé de les brûler. Ainsi, ce n'est pas Rimbaud qui donne le titre au recueil. Il n'a pas non plus choisi l'ordre de publication des poèmes. Cependant, les thèmes abordés sont facilement identifiables : l'adolescence, les fugues, les femmes, les révoltes.
On peut diviser les poèmes en trois sections :
- Les poèmes qui évoquent l'adolescence : « Première soirée », « Les Réparties de Nina », « Roman », « Au Cabaret-Vert », « Ma Bohème ».
- Les poèmes de la révolte : « Le Forgeron », « Bal des pendus », « Le Châtiment de Tartufe », « À la musique », « Les Effarés », « Morts de Quatre-vingt douze… », « Le Mal »,« Rages de Césars », « Le Dormeur du val », « L'Éclatante victoire de Sarrebrück ».
- Les poèmes des sensations : « Sensation », « Soleil et chair », « Rêvé pour l'hiver », « La Maline », « Le Buffet », « Ophélie », « Vénus Anadyomène ».
Rimbaud a écrit ces poèmes en 1870, alors qu'il n'avait encore que 16 ans. Ils témoignent de l'incroyable virtuosité poétique du jeune homme. Certes, il est influencé par les poètes dont il a pu lire les écrits comme Hugo, Baudelaire, Banville. Cependant ses poèmes laissent transparaître une évidente originalité. On y perçoit le cri d'un adolescent révolté contre le Second Empire, contre la guerre, contre la religion ; dont il n'hésite pas à se moquer. Il rompt alors avec la tradition poétique classique en usant d'un vocabulaire familier. Il emploie des images inhabituelles en poésie. Il a recours aux rejets et contre-rejets. Marqué par sa lecture des Fleurs du Mal de Baudelaire, Rimbaud continue de tracer le chemin du poète vers la modernité. Dans ses poèmes, il utilise le plus souvent l'alexandrin et l'octosyllabe. Les rimes sont quant à elles variées : plates, croisées et embrassées. Enfin, un peu plus de la moitié du recueil est écrit en sonnet.
Textes clés : « Vénus Anadyomène » et « Ma Bohème »
« Vénus Anadyomène » : une parodie de la beauté idéale
"Vénus anadyomène" est un poème d’Arthur Rimbaud qui appartient à son recueil des Cahiers de Douai. Le thème traité et la forme sont classiques : il s’agit d’un blason, c’est - à - dire un court poème qui célèbre une partie du corps féminin, dédié à Vénus, la déesse de l’Amour et de la Beauté. Pour “Vénus anadyomène”, Rimbaud a choisi la forme du sonnet, avec quatre strophes (deux quatrains et deux tercets) d’alexandrins qui riment. C’est un choix intéressant : la forme est classique, tout comme le sujet abordé, et très codifiée.
Mais là où Rimbaud est extrêmement novateur dans Vénus anadyomène, c’est dans le fond du sujet traité, qui est en rupture totale avec les attentes traditionnelles. En effet, le poème dresse le portrait d’une vieille prostituée repoussante ; pour cela, il explicite des détails choquants (“ulcère à l’anus” v.14) ; il met ainsi à l’honneur la laideur triviale du corps. Aisini, dès le premier vers, le ton est donné, et il jure totalement avec l’image traditionnelle de la Vénus idéale. Déesse immortelle et allégorie de la beauté, qui sort d’une conque en majesté, Vénus est ici une prostituée vieille et laide qui émerge d’une baignoire.
Dans Vénus anadyomène, la femme est directement associée à la mort : l’écrin qui la présente est une baignoire de mauvaise qualité qui s’apparente à un “cercueil” (v.1). Chaque détail décrit un corps qui s’oppose en tout point à la Vénus antique : la femme cache des formes dégradées et ridées derrière un épais maquillage (“fortement pommadés” v.2) qui n’en masque pas les défauts (“des déficits assez mal ravaudés” v.4) et qui est pour l’époque le signe qu’il s’agit d’une prostituée.
Parodie du corps idéal de la déesse, la femme est repoussante juste dans les détails, qui sont décrits avec une précision chirurgicale : l’enjambement “on remarque surtout // Des singularités qu’il faut voir à la loupe…” (v. 10-11), qui conclut une énumération d’imperfections physiques à tous les niveaux, insiste sur cette laideur totale. Il s’agit de fait d’une laideur étonnante, hors norme : c’est ce que montrent les deux expressions “horrible étrangement” et “belle hideusement” (vers 10 et 14) : le poète est incapable de déterminer des éléments qui justifient ce jugement. C’est plutôt la multiplicité des détails faisant appel aux cinq sens qui dresse le tableau d’une nudité sale et repoussante : plus qu’un corps, la femme est décrite comme un amalgame d’organes contrefaits selon le regard du poète, qui glisse de la tête à la taille. Elle a la peau rouge (v. 9), usée, et des cheveux bruns, alors que la Vénus anadyomène de Botticelli est une jeune femme blonde, à la peau blanche. Il s’en dégage un parfum désagréable : “le tout sent un goût // Horrible étrangement” (v. 9-10). Pourquoi associer saveur et odeur ? C’est d’ailleurs de l’animal, plus que de la femme, que se rapproche le corps émergé : le champ lexical associé à sa morphologie renvoie en réalité à des attributs animaux, comme “l’échine” (v. 9) et la “croupe” (v. 13), ou même des organes habituellement associés à l’homme, mais qui ne sont généralement pas utilisés pour décrire une femme (“omoplates” v. 5, “reins” v. 12).
Mais la proximité n’est pas uniquement physique : dans Vénus anadyomène la rime de la première strophe entre “tête” et “bête” (vers 2 et 4) rend sonore l’animalité brute et la déficience intellectuelle de la femme décrite. D’ailleurs, son corps semble animé par un mouvement instinctif et irréfléchi : le vers “tout ce corps remue et tend sa large croupe” (vers 13), qui utilise le nom commun “corps” comme sujet du verbe, lequel n’a d’ailleurs pas de complément, exprime le mouvement disgracieux et sans but de la femme.
Le ton du poète est ironique dans la Vénus anadyomène : le tatouage “Clara Venus”, par exemple, laisserait entendre une femme jeune et belle (“clara” vient du latin “clarus”, qui signifie “clair, illustre, brillant), tout comme “Vénus”.
Mais au-delà de l’image d’une prostituée dégradée, le poème de Rimbaud est également un éclairage sur les misères humaines. Les détails qui entourent la femme, qu’ils soient matériels (“vieille baignoire” v.3) ou physiques (dans le manque de soins qu’elle apporte à son corps : “l’échine est un peu rouge” v.9, “ulcère à l’anus” v. 14), sont le signe des misères humaines qui affectent les plus vulnérables de la société et font naître, sous le ton ironique, un certain sentiment de pitié. Dans ce poème, le corps est un livre ouvert où se trouve justifiée la situation actuelle de la femme par son passé. Le tatouage de “Clara Venus”, son maquillage vulgaire et sa maladie indique sa situation de prostituée ; l’état de saleté de son corps et le manque de soins qu’elle y apporte montrent la pauvreté dans laquelle elle vit.
Mais loin d’être purement descriptif, ce poème, par le choix littéraire qui a été fait, donne également des éléments d’analyse sur la situation de la femme. En effet, l’insistance sur des organes physiques (les reins, la croupe, l’échine), donc sur le corps, laisse totalement de côté la dimension spirituelle de la créature dans la baignoire. Le poème Vénus anadyomène montre enfin à quel point le corps est un marqueur social. La flétrissure du corps de la femme signale sa maladie et son indigence, liés au métier qu’elle exerçait, et qui ne lui permettait pas de s’élever en société. Le tatouage lui-même est traditionnellement signe d’une dégradation morale de la personne (les coupables de haute trahison, les galériens, les meurtriers étaient marqués d’un tatouage au fer rouge) : ce dernier étant visible à vie sur le peau, il devient impossible de cacher sa condition.
« Ma Bohème » : l'errance et la liberté créatrice
Dans « Ma Bohème », Rimbaud évoque le thème de l'errance et de l'émancipation créatrice. Le poète se décrit comme un voyageur libre, en état de délabrement, mais épris de liberté. On découvre dans ce poème un jeune poète, épris de liberté, qui ne demande qu’à s’échapper de sa vie. C'est la raison pour laquelle il « fugue…
L'influence de la famille et des mentors
Le rôle de la mère s’avère d’autant plus important que son père est rarement là. Frédéric Rimbaud est capitaine d’infanterie quand il rencontre Vitalie à Mézières, en 1847. Souvent en déplacement, il ne revient que très peu dans les Ardennes, jusqu’à ne plus revenir du tout à partir de 1860. Arthur n’a pas 6 ans lorsqu’il voit son père pour la dernière fois. Il en sera marqué et semblera toujours en quête de cette figure absente. Frédéric avait une très bonne connaissance de l’arabe, au point d’écrire des cahiers de dialogues et de chansons utiles à ceux qui voudraient apprendre la langue. Également épris d’orientalisme, Arthur demandera à sa mère de lui retrouver les livres de grammaire arabe de son père.
Pour son éducation, Arthur a eu affaire à une mère que l’histoire a retenue comme étant rude, peu aimante et très dévote. Vitalie Rimbaud, vers 1890. Vitalie n’est pas spécialement lettrée, mais elle perçoit le génie de son fils. Si, selon Arthur, elle est « aussi inflexible que 73 administrations à casquettes de plomb », il faut se figurer le caractère de ce fils rebelle, qui fuguera à plusieurs reprises. Compréhensive, elle l’autorise à tenter sa chance à Paris en septembre 1871 alors qu'il n'a encore que 16 ans. Les lettres de Vitalie prouvent bien son souci pour son fils : alors qu'il est à Aden, au Yémen, elle lui envoie de la pommade et des bas afin qu’il soigne la jambe qui le fait tant souffrir. « Lis bien attentivement les prescriptions du docteur et fais bien exactement ce qu’il te dit », lui écrit-elle, le 27 mars 1891. Loin d’être une marâtre, Vitalie Rimbaud aimait profondément son fils et faisait preuve d’une grande compréhension.
Georges Izambard, son professeur, a également joué un rôle important dans sa vie. « Je vous aime comme un frère, je vous aimerai comme un père », écrit-il (lettre du 5 septembre 1870). Arthur Rimbaud a un frère, Frédéric - d'un an son aîné -, avec lequel il ne s’entend pas.
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