L'allaitement maternel, un acte à la fois intime et universel, suscite une palette d'émotions et de réflexions. Cet article explore la complexité de ce sujet, en tissant des liens entre une expérience personnelle touchante et les considérations normatives qui entouraient l'allaitement dans les milieux aristocratiques du XVIIe siècle.
Une Expérience Personnelle : L'Amour et la Nostalgie de l'Allaitement
"C’est marrant car quand je suis tombée enceinte la première fois, j’ai tout de suite exprimé l’envie d’allaiter ou du moins d’essayer." Cette phrase simple témoigne d'un désir initial, d'une ouverture à l'expérience de l'allaitement. L'auteure souligne d'emblée l'importance du choix et l'absence de jugement envers celles qui font un autre choix : "Chaque maman fait ce qu’elle veut et que l’allaitement doit être un choix et surtout pas contraint. Je fais l’apologie de l’allaitement car j’ai vraiment adoré mais je ne porte aucun jugement sur les mamans qui font un autre choix, AUCUN !"
Pourtant, l'expérience n'est pas toujours un long fleuve tranquille. "Finalement, la mise en place de ce deuxième allaitement a été très laborieuse. Je ne m’y attendais pas du tout car tout s’était si bien passé la première fois. Candidose, engorgement, crise d’eczema, crevasses, en boucle… pendant 3 mois !" Les difficultés rencontrées mettent en lumière les défis physiques et émotionnels que certaines femmes peuvent rencontrer.
Malgré ces obstacles, l'allaitement exclusif pendant six mois, suivi d'une diversification alimentaire et d'une préparation au sevrage, témoigne d'un engagement fort. "Allaitement exclusif pendant 6 mois, diversification alimentaire à 6 mois, introduction des biberons de lait maternisé à 10-11 mois en parallèle des tétées pour préparer un sevrage."
La nostalgie est palpable à l'approche de la fin de cette période. "Depuis la rentrée, à chaque déplacement, j’avais mon tire-lait pour stimuler ma lactation une à deux fois par jour." Le corps et le cœur semblent résister à l'idée de dire adieu à ce lien si particulier.
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Le moment du sevrage est empreint d'émotion. "Quoiqu’il en soit, hier, après un vent monumental, j’ai rangé mes boobs dont il n’avait pas voulu, en me disant que c’était bel et bien fini… j’ai essayé que ni lui ni son frère ne voient mes larmes. Je suis allée m’enfermer quelques instants dans les toilettes. J’ai pleuré." La tristesse et le sentiment de perte sont exprimés avec une sincérité bouleversante. "J’ai adoré allaiter, et l’idée que je n’aurais plus jamais de petit bébé tout doux accroché à mon téton me rend très très très très nostalgique."
Cette expérience personnelle, avec ses joies, ses difficultés et sa nostalgie, résonne avec les préoccupations entourant l'allaitement dans d'autres contextes historiques.
L'Allaitement et l'Éducation Nobiliaire au XVIIe Siècle : Transmission des Qualités et Devoirs Maternels
Au XVIIe siècle, l'allaitement était un sujet de préoccupation particulier dans les milieux aristocratiques. Les traités consacrés à la noblesse et à son éducation accordaient une attention significative à la petite enfance, et en particulier à l'allaitement. L'enjeu était de taille : la perpétuation de la distinction nobiliaire par la transmission des qualités considérées comme propres à la noblesse, notamment la vertu.
L'Importance de la "Nourriture" : Lait et Éducation comme Vecteurs de la Noblesse
Les théoriciens de la noblesse insistaient sur l'importance de la "nourriture", un terme qui désignait à la fois l'éducation de l'enfant et le lait maternel. L'idée sous-jacente était que, si la naissance ne suffisait pas à garantir la noblesse, alors l'éducation et l'allaitement pouvaient contribuer à transmettre les qualités nobiliaires dès les premières années de la vie.
"Dans cette perspective de transmission des qualités nobiliaires, la « nourriture » désigne aussi le lait qui alimente le nourrisson. Selon ces auteurs, si le critère du sang ne suffit pas, si la noblesse ne relève pas exclusivement de l’inné, comment transmettre la noblesse aux plus petits, comment travailler à la perpétuation de l’honneur des lignages dès les premières années de la vie des enfants ?"
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Allaitement Maternel vs. Nourrices : Un Débat Moral et Social
Un débat récurrent opposait l'allaitement maternel au recours aux nourrices. Des auteurs tels que James Cleland, Richard Brathwait, Claude de Marois et François de Grenaille dénonçaient le recours systématique aux nourrices et encourageaient autant que possible l'allaitement par les mères.
"Ces auteurs sont unanimes : ils dénoncent le recours systématique aux nourrices et encouragent autant que possible l’allaitement par les mères."
Les arguments en faveur de l'allaitement maternel étaient variés. Certains mettaient en avant des considérations médicales, soulignant les bienfaits du lait maternel pour la santé de l'enfant. D'autres insistaient sur l'importance du lien affectif entre la mère et l'enfant, considérant que l'allaitement favorisait le développement moral et émotionnel de l'enfant.
"Ici, le plaidoyer de Cleland en faveur de l’allaitement semble toutefois essentiellement médical. D’après son traité, après la naissance, seule l’éducation serait susceptible de contribuer à la noblesse de l’enfant. Le lait n’y prendrait aucune part."
Certains auteurs allaient même jusqu'à affirmer que le lait de la nourrice pouvait influencer négativement la nature de l'enfant, en lui transmettant des qualités indésirables. Richard Brathwait, par exemple, croyait que le lait de celle qui nourrit affectait la substance de l'enfant comme sa vertu.
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"Si pour Brathwait, le lait de celle qui nourrit, au même titre que le sang de la mère, affecte, en bien ou en mal, la substance de l’enfant comme sa vertu, d’autres auteurs ne mentionnent que les qualités morales de la mère ou de la nourrice."
L'Éducation Morale de la Nourrice : Un Enjeu Crucial
Même lorsque le recours à une nourrice était jugé inévitable, une attention particulière était accordée à son éducation morale. On considérait que la nourrice devait être une personne vertueuse, capable d'influencer positivement l'enfant par ses paroles et son comportement.
"Cleland, qui rappelle que pour les Anciens, l’ouïe était destinée à l’instruction, et qui mentionne Xerxès selon qui l’esprit d’un homme résiderait en ses oreilles, exige de la nourrice qu’elle éloigne l’enfant des paroles indécentes."
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