La pneumonie, une inflammation des poumons généralement d'origine infectieuse, était autrefois une maladie mortelle dans la moitié des cas. Grâce à la découverte des antibiotiques, les pneumonies bactériennes sont aujourd'hui bien traitées. Cependant, les pneumonies virales restent une cause importante de décès, en particulier chez les personnes âgées. Cet article explore les causes, les symptômes et les traitements de la pneumonie, en mettant un accent particulier sur les femmes enceintes.
Qu'est-ce que la pneumonie ?
La pneumonie est une inflammation des poumons, le plus souvent causée par une infection virale ou bactérienne. Lorsque les poumons sont infectés, les micro-organismes responsables se multiplient dans les alvéoles, les petits sacs microscopiques où le sang se charge en oxygène et élimine le dioxyde de carbone. Ces alvéoles se remplissent de liquide inflammatoire ou de pus, ce qui entrave les échanges gazeux. On parle de « pneumonie lobaire » lorsque l'inflammation ne touche que les lobes pulmonaires. Le terme « pneumopathie » désigne une maladie des poumons où l'inflammation pulmonaire entraîne des modifications durables. La pneumopathie peut être due à une infection, mais aussi à l'usage du tabac ou à l'inhalation de vapeurs irritantes.
Types de pneumonie
Il existe plusieurs types de pneumonie, classés en fonction de leur origine :
- Pneumonie aiguë communautaire : Infection survenant hors du milieu hospitalier, représentant environ la moitié des cas.
- Pneumonie nosocomiale : Infection contractée après 48 heures d'hospitalisation, souvent chez des personnes sous ventilation respiratoire assistée. Ces pneumonies sont souvent causées par des micro-organismes résistants aux antibiotiques.
- Pneumonie d'aspiration : Due à l'inhalation accidentelle de substances irritantes, comme des vomissements ou des aliments avalés de travers. Elle est souvent observée chez des personnes ayant des difficultés à avaler.
- Pneumonie opportuniste : Forme particulière de pneumonie qui apparaît chez les personnes immunodéprimées, par exemple, par le VIH/sida ou une chimiothérapie anticancéreuse.
Causes de la pneumonie
Plus de trente agents infectieux différents peuvent être responsables de la pneumonie. Les germes pénètrent le plus souvent dans les poumons par les voies respiratoires, soit en étant respirés, soit en étant déjà présents dans la cavité buccale ou la sphère ORL (oto-rhino-laryngologique). Lorsque ces germes atteignent les alvéoles pulmonaires, ils se multiplient et provoquent une inflammation.
La pneumonie est généralement une maladie bactérienne due au Streptococcus pneumoniae ou pneumocoque. Cependant, d'autres germes bactériens peuvent être en cause. Il existe aussi des pneumonies diffuses (affectant les deux poumons) et liées à des virus comme le virus de la grippe, les coronavirus (SRAS), le virus de la COVID-19, les adénovirus, les métapneumovirus, le virus para-influenza, le virus d’Epstein-Barr, le virus coxsackie, le virus de la varicelle, l’hantavirus ou encore le virus respiratoire syncytial (VRS) des infections respiratoires du jeune enfant. Plus rarement, certaines pneumonies sont dues à un champignon. Nous parlons de pneumonies fongiques. Les parasites les plus souvent en cause sont : Histoplasma capsulatum, coccidioides immitis ou aspergillus.
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Transmission de la pneumonie
La plupart des formes de pneumonie se transmettent de la même manière que la grippe ou le rhume banal, c'est-à-dire par le contact des mains et par de fines gouttelettes projetées par la bouche et le nez. En fait, les mêmes virus qui causent le rhume et la grippe peuvent aussi causer la pneumonie. Lorsqu'un de ces virus infecte la gorge, les sinus ou les voies respiratoires supérieures, il s'agit d'un rhume.
Les bactéries qui sont présentes en permanence dans la gorge (ou pharynx) de nombreuses personnes causent certaines des formes les plus graves de pneumonie. Dans des conditions normales, le système immunitaire combat efficacement ces bactéries. Par contre, si le système immunitaire est affaibli par un virus présent dans le pharynx, ces bactéries peuvent envahir les voies respiratoires.
La transmission peut se faire par :
- Gouttelettes respiratoires : Lorsqu’une personne infectée tousse, éternue ou parle, elle projette de minuscules gouttelettes contenant la bactérie Streptococcus pneumoniae dans l’air. Ces gouttelettes peuvent être inhalées par des personnes à proximité, favorisant ainsi la contamination.
- Mains et surfaces contaminées : Bien que la bactérie se transmette principalement par voie aérienne, elle peut aussi survivre un certain temps sur les surfaces et objets (poignées de porte, mouchoirs, jouets, téléphones, etc.). Une personne qui touche une surface contaminée puis porte ses mains à son visage (bouche, nez, yeux) peut alors s’infecter.
- Portage asymptomatique : Certaines personnes, en particulier les enfants de moins de 5 ans, peuvent être porteurs sains du pneumocoque, c’est-à-dire qu’ils hébergent la bactérie dans leur rhinopharynx sans présenter de symptômes.
Symptômes de la pneumonie
Les symptômes de la pneumonie varient selon le germe responsable, l’âge et l’état de santé général du patient. Ces symptômes ne sont pas spécifiques d’une pneumonie et peuvent se rencontrer dans d’autres contextes.
La pneumonie provoque presque toujours une toux, et celle-ci est souvent productive, c'est-à-dire qu'elle s'accompagne d'expectorations. La toux peut toutefois être sèche chez les enfants et les personnes âgées. Des expectorations d'un brun rougeâtre, vertes ou jaunes peuvent être un signe d'infection bactérienne. Dans la pneumonie bactérienne, les poumons, en tout ou en partie, s'emplissent lentement de liquide; c'est ce qu'on appelle la consolidation. Certaines infections pulmonaires bactériennes s'installent en quelques heures à peine. La pneumonie virale sont moins associés au remplissage des poumons de liquide que les pneumonies bactériennes. Elle est généralement moins grave que la pneumonie bactérienne.
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Autres symptômes possibles:
- Altération de l’état général
- Signes respiratoires
- Fièvre élevée et des frissons intenses
- Douleurs thoraciques, parfois abdominales
- Grande fatigue
- Essoufflement
- Pouls accéléré
Dans les cas les plus graves, l’infection peut entraîner une détresse respiratoire nécessitant une hospitalisation.
Pneumonie et Grossesse
La pneumonie pendant la grossesse peut être particulièrement préoccupante en raison des risques potentiels pour la mère et le bébé. Les femmes enceintes subissent des changements physiologiques qui peuvent les rendre plus susceptibles aux infections respiratoires et à leurs complications. La diminution de la capacité pulmonaire et les modifications du système immunitaire pendant la grossesse peuvent aggraver l'impact de la pneumonie.
Risques pour la mère
- Complications respiratoires: La pneumonie peut entraîner une insuffisance respiratoire, nécessitant une assistance respiratoire.
- Accouchement prématuré: L'infection et l'inflammation peuvent déclencher un travail prématuré.
- Prééclampsie: Une augmentation de la pression artérielle et des lésions organiques peuvent survenir.
- Thromboembolie veineuse: Augmentation du risque de caillots sanguins.
Risques pour le bébé
- Naissance prématurée: L'accouchement prématuré peut entraîner des problèmes de santé pour le bébé.
- Faible poids à la naissance: Le bébé peut naître avec un poids inférieur à la normale.
- Infection néonatale: Transmission de l'infection de la mère au bébé pendant la grossesse ou l'accouchement (rare).
- Décès néonatal: Dans les cas graves, la pneumonie peut entraîner la mort du bébé.
Diagnostic de la pneumonie chez la femme enceinte
Pour diagnostiquer une pneumonie, le médecin se fonde sur l’examen clinique, l’auscultation des bruits de la respiration avec un stéthoscope et sur une radiographie (ou un scanner) des poumons. La Dre Laure Geisler, médecin généraliste à Besançon, précise : « les symptômes de pneumopathie sont un peu les mêmes symptômes qu’une grippe, le patient peut donc aller voir son médecin généraliste. » En cas de symptômes évocateurs, le médecin ausculte le patient et perçoit en cas de pneumonie, des bruits particuliers à l’auscultation pulmonaire, c’est un foyer de crépitants, souvent localisé sur l’un des poumons. Pour confirmer le diagnostic, une radiographie des poumons est prescrite et met en évidence le foyer infectieux pulmonaire.
L’analyse des expectorations (crachats) ou du sang pour identifier le micro-organisme responsable de la pneumonie n’est pratiquée qu’au cours des hospitalisations. Dans certains cas, il est nécessaire de pratiquer un lavage broncho-alvéolaire pour parvenir à recueillir les micro-organismes : sous anesthésie, un tube fin est inséré dans une bronche, du sérum physiologique stérile y est injecté, puis aspiré et mis en culture.
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Traitement de la pneumonie chez la femme enceinte
Le traitement des pneumonies varie selon leur cause. Dans tous les cas, si les symptômes persistent ou s'aggravent après trois ou quatre jours de traitement, une nouvelle consultation s'impose.
En cas de pneumonie bactérienne, le médecin prescrit des antibiotiques qui peuvent être différents selon l’âge, la sévérité de la maladie et le germe en cause. Ce traitement dure habituellement 1 ou 2 semaines et doit être pris sans oubli et pour toute la durée du traitement. Mal traitée, une pneumonie bactérienne rechute fréquemment.
Le traitement des pneumonies virales, comme la grippe ou la COVID-19, consiste essentiellement à surveiller leur évolution et à soulager la fièvre et les douleurs avec du paracétamol. Dans le cas de la grippe, et si les symptômes sont particulièrement sévères, le médecin peut prescrire un traitement antiviral (oseltamivir, zanamivir). Les pneumonies dues à des champignons microscopiques ou au bacille de la tuberculose sont traitées avec des médicaments antifongiques ou antituberculeux spécifiques.
L’utilisation des médicaments antitussifs est limitée aux toux irritatives, non productives.
Pour améliorer le confort du malade, il est recommandé de rester en position assise ou semi-assise, même pour dormir. Le repos est indispensable, ainsi qu’une bonne hydratation.
Prévention de la pneumonie
Vous pouvez prendre plusieurs mesures afin de prévenir la pneumonie. Il est important de bien prendre soin de sa santé générale. Adopter un régime alimentaire riche en fruits et en légumes, de rester en bonne forme physique et de dormir suffisamment. Ces mesures aident à préserver la résistance du système immunitaire. Il est également important de se faire vacciner.
Les deux formes les plus courantes peuvent être prévenues à l'aide de vaccins : le vaccin contre le virus de la grippe et le vaccin contre le pneumocoque. Au Canada, on recommande que toute la population se fasse vacciner contre la grippe chaque année. En outre, un nouveau vaccin contre le pneumocoque a été mis au point afin de protéger les enfants contre les infections à Streptococcus pneumoniae et il est maintenant recommandé en tant qu'élément de la vaccination primaire chez les nourrissons. Les vaccins contre les pneumocoques sont aussi recommandés pour les personnes de plus de 65 ans, et les personnes atteintes de certaines affections médicales qui augmentent le risque de contracter une pneumonie. Différents vaccins antipneumococciques sont recommandés en fonction de facteurs tels que le fait que vous ayez certains problèmes de santé et vos antécédents de vaccination antipneumococcique.
Vaccination contre le pneumocoque
La vaccination constitue le moyen le plus efficace pour prévenir les infections à pneumocoques et leurs complications. Elle permet non seulement de protéger les individus vaccinés, mais aussi de réduire la circulation de la bactérie au sein de la population, contribuant ainsi à l’immunité collective. Les pneumocoques comptent plus de 95 sérotypes, mais seuls certains sont responsables de la majorité des infections graves.
- Prevenar 13® (13 valences) et Vaxneuvance (15 valences) : ces vaccins protègent contre 13 /15 sérotypes de pneumocoques et est principalement utilisé chez les nourrissons.
- Prevenar 20® : vaccin conjugué 20-valent, ayant obtenu l’AMM européenne le 13 mars 2024 pour une utilisation chez les enfants, en plus de son indication antérieure chez les adultes. Le calendrier prévisionnel de la Commission Technique des Vaccinations (CTV) prévoit une éventuelle recommandation au printemps 2026. Ce vaccin constitue une avancée importante, en particulier pour les enfants à haut risque (drépanocytaires, immunodéprimés, VIH, cancers), qui devraient dès maintenant bénéficier d’un schéma en 3+1 dès les premiers mois de vie, comme le recommandent plusieurs experts, notamment après des échecs vaccinaux constatés avec VPC13 et Pneumovax®.
- VPC21 (CAPVAXIVE®) : vaccin conjugué 21-valent destiné à l’adulte, ayant obtenu l’AMM européenne le 24 mars 2025.
- Pneumovax® (23 valences) : vaccin polysaccharidique non conjugué, destiné aux personnes de plus de 2 ans à risque élevé d’infections à pneumocoques.
Depuis le 1er janvier 2018, la vaccination contre les pneumocoques est obligatoire pour tous les nourrissons en France.
Autres mesures préventives
- Le bon lavage des mains est une façon importante d'empêcher la propagation des virus et des bactéries pouvant causer la pneumonie.
- Éviter le contact avec des personnes malades.
- Maintenir un environnement propre et bien ventilé.
- Consulter votre médecin lorsqu'une toux continue de s'aggraver après 3 ou 4 jours.
- Si vos expectorations contiennent du sang ou ont une couleur inhabituelle ou une odeur nauséabonde, vous devez immédiatement consulter votre médecin.
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