Le parcours de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) est souvent semé d'incertitudes et de questionnements, notamment en ce qui concerne le mode de vie à adopter pour optimiser les chances de succès. Parmi ces interrogations, la pratique sportive occupe une place importante. Cet article vise à clarifier les recommandations en matière d'activité physique pendant les traitements de PMA, en particulier l'insémination intra-utérine (IIU), et après cette procédure.

Activité physique pendant la stimulation ovarienne et avant l'insémination

Maintien d'une activité physique modérée

Il est recommandé de maintenir une activité physique régulière et modérée tout au long du parcours de PMA. "Je bouge, pour me faire du bien !" L'activité physique a une valeur ajoutée sur la gestion du stress, ce qui est très appréciable pendant le parcours de PMA. Une hygiène de vie saine est recommandée, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.

Types d'exercices conseillés

Continuez à marcher, à faire du vélo, à pratiquer de la gym douce ! L'important, c'est de continuer à bouger pour bien faire circuler le sang, mais d'une façon douce. Un exercice physique léger, comme la marche ou le yoga doux, peut également augmenter la circulation sanguine.

Exercices à éviter

Évitez aussi le yoga qui exercent une trop forte pression sur la zone intra-abdominale et ventrale. Il me semble que tout ce qui peut entraîner des secousses à répétition, ce n'est pas très bon. Après le premier contrôle folliculaire, nous recommandons de ne pas continuer les activités physiques intenses parce que les ovaires sont en train de grossir grâce à la stimulation et l’augmentation de leur taille peut vous gêner. C’est pour cette raison qu’il vaut mieux réduire ou arrêter les activités pour que vous n’ayez pas de gênes ni de douleurs trop fortes.

Voyages et activités

Il n’est pas contre-indiqué de voyager pendant un traitement de stimulation de l’ovulation sauf si l’équipe médicale vous signifie le contraire (dans le cadre d’une hyper stimulation ovarienne notamment). Qu’il s’agisse d’un traitement de FIV, d’insémination, de stimulation de l’ovulation, il n’y a pas de contre-indication à la baignade au cours du traitement.

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Activité physique après l'insémination

Reprise d'une vie normale

Après une insémination, il n'est pas nécessaire de rester immobile ou allongée pour augmenter les chances de grossesse. Rester inactive et faire la chandelle est inutile. Le principe est de mener une vie le plus proche possible de la normale.

Mobilité et sport

Oui, il n’y a pas de pression dans l’utérus suffisante pour agir sur les spermatozoïdes ou l’embryon. Vous pouvez donc vous relever sans crainte quelques minutes après le geste. Il n’y a aucun risque que l’embryon tombe. Oui : le plus adapté serait la marche à pied.

Précautions spécifiques

Il est cependant possible qu’ayant été stimulés, vos ovaires soient douloureux. Le cas échéant, il suffit juste de vous ménager un peu et d’attendre avec joie et amour ce potentiel de vie qui est en train de germer en vous.

Conseils supplémentaires

Écoutez son corps. Puis je me lever tout de suite après le transfert d’embryon ou l’insémination ?

Autres recommandations pendant le parcours de PMA

Alimentation et hydratation

Une bonne hydratation et une alimentation saine jouent un rôle clef après un transfert d'embryon, tout comme elles le feraient pendant une grossesse. Ainsi, il est recommandé de boire environ 2 litres d'eau par jour. L'eau permet de maintenir le volume de sang nécessaire pour soutenir une grossesse. Il est préférable de privilégier l'eau pure et d'éviter les boissons sucrées, l'alcool et la consommation excessive de caféine. Concernant l'alimentation, les conseils donnés aux femmes enceintes sont également applicables. Manger des aliments sains.

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Gestion du stress

Nous recommandons de mener une vie saine et de pratiquer un sport tranquille pour canaliser votre énergie : yoga, marche, vélo, natation… Si vous êtes très stressée, nous vous conseillons de consulter votre médecin de famille pour qu’il vous prescrive un traitement peu agressif et naturel si possible, comme la valériane ou les fleurs de Bach (principe actif : populus tremula). Il existe de nombreux traitements naturels et alternatifs avec de bons résultats.

Médication et compléments

La prise d’acide folique est à poursuivre tout le long de votre prise en charge et jusqu’à la fin du premier trimestre de grossesse. Vous pouvez acheter des vitamines en vente libre en pharmacie. Elles existent pour homme et femme. Pour la femme, nous recommandons l’acide folique ou la vitamine B9. Cela permet d’empêcher des problèmes du tube neural, comme le spina bifida chez le fœtus. La dose recommandée est de 0,4 mg par jour. Chez les patientes diabétiques, avec des antécédents familiaux de spina bifida ou avec un déficit concret ou d’autres cas concrets, nous recommandons des préparations avec des doses de 5 mg par jour. En ce qui concerne l’homme, il existe également des compléments vitaminés qui permettent d’améliorer la qualité du sperme à base de L-carnitine, zinc, acide folique et vitamines C, B12, E.

Voyage

Il faut respecter un délai entre le retour de la zone à risque et la prise en charge : > 6 mois pour l’homme et > 2 mois pour la femme. Cependant, les vols longs courriers ne sont pas recommandés en raison du risque de phlébite. Effectivement les vols long courrier exposent au rayonnement X. L’impact de ce rayonnement sur embryon est mal évalué. Il vous faudra signaler tous voyages hors Europe lors de vos consultations.

Vie sexuelle

Oui, les rapports sexuels sont autorisés. La seule limite serait des douleurs dans le bas du ventre. Si vous avez mal au ventre après les rapports mieux vaut attendre quelques jours (douleur liée à l’augmentation de volume des ovaires). Ces douleurs peuvent générer des spasmes utérins, à éviter. Sinon les rapports sont bons pour votre organisme et donc l’implantation de l’embryon. Avant le transfert d’embryon et durant la phase de stimulation ovarienne et à l'approche du déclenchement de l'ovulation, les rapports sexuels doivent être protégés. Après le transfert d’embryon, les relations intimes ne sont pas à proscrire.

Poids et tabac

La consommation de tabac dans le couple diminue le taux de réussite des traitements d’AMP mais entraîne également des échecs d’implantation et majore le risque de fausse couche. Il est donc important d’arrêter de fumer dès que possible et nous vous conseillons de le faire dès le début de votre prise en charge. Des solutions prises en charge par l’Assurance Maladie existent. Le surpoids ou l’obésité diminuent les chances de réponse aux traitements et les chances de grossesse. Ils entrainent une augmentation du risque de fausses couches et d’autres complications durant la grossesse.

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Risques et complications potentiels de la PMA

Risques liés aux traitements hormonaux

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) léger à moyen est la complication la plus fréquemment rencontrée en FIV. Outre le risque de frustration, le syndrome d’hyperstimulation ovarienne peut s’accompagner d’un risque vital lié aux désordres métaboliques ou de thromboses (caillots) veineuses ou artérielles.

Risque de fausse couche

Il est légèrement augmenté en raison de l’âge biologique plus élevé des femmes en AMP (par rapport à la population générale des femmes enceintes). Il est estimé à 15 % des grossesses.

Risque de grossesse extra-utérine (GEU)

La GEU se produit lorsque la grossesse s’implante en dehors de l’utérus. Ce type de grossesse est une des plus compliquées et concerne 1 à 5 % des grossesses obtenues après FIV.

Risques de grossesse multiple

Elles peuvent être responsables de complications hypertensives, de prématurité (naissance avant 8 mois dans 50 % des cas) et de faible poids à la naissance (souvent moins de 2500 g).

Risques pour l'enfant à naître

Il est statistiquement plus élevé chez les femmes présentant des facteurs de risques personnels : Fumeuses ; Agées de plus de 38 ans ; Présentant une grossesse à risque (grossesse gémellaire, hypertension, prééclampsie). Sur certaines études, il apparait que l’infertilité féminine (et dans une moindre mesure l’infertilité masculine) pourrait être des facteurs de risque indépendants de prématurité.

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