La Procréation Médicalement Assistée (PMA) est un parcours complexe, tant sur le plan physique qu'émotionnel. De nombreux couples et femmes célibataires y recourent pour réaliser leur rêve de parentalité, mais les témoignages révèlent une réalité souvent difficile, empreinte d'attente, de déceptions et d'incompréhension.

PMA : Un parcours du combattant

« J’ai 33 ans et cela fait dix ans que je rêve de cet enfant », avoue Sandrine, une internaute ayant témoigné sur la PMA chez les jeunes couples. Si l’infertilité est parfois expliquée par l’âge des partenaires, des couples avant 35 ans se retrouvent face à des difficultés pour concevoir.

Sandrine, 33 ans et en PMA depuis quatre ans, décrit ce parcours comme « un parcours du combattant que je ne souhaite à personne, il meurtrit le corps et encore plus l’esprit ». Elle évoque « l’impression de vivre en suspens », entre les rendez-vous, les examens, les cycles, les commissions, les protocoles et les résultats.

Beaucoup illustrent le choc ressenti quand ils ont appris, jeune, qu’avoir un enfant ressemblera à un défi plus qu’à un processus naturel et simple.

La PMA reste un sujet tabou. Pour beaucoup, une FIV est perçue comme rapide, facile et efficace à tous les coups, sans réaliser la réalité complexe et éprouvante de ce processus.

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L'incompréhension de l'entourage et du corps médical

Un sentiment d’injustice est courant. Laura, 31 ans, témoigne qu'« il est très difficile d’en parler à mon entourage, car beaucoup de mes copines sont mamans… et tout a été très simple pour elles ». Elle exprime un sentiment de jalousie et de colère, et l'impossibilité de voir des enfants en bas âge ou des femmes enceintes sans ressentir une profonde tristesse.

Emeline, 30 ans, souligne que « l’entourage ne comprend pas forcément notre situation, ils nous disent qu’on est jeunes, que nous avons encore le temps. Et qu’il ne faut pas se prendre la tête, mais c’est compliqué avec un traitement qui nous dit "tel jour, il faut prendre ce médicament, tel jour, un autre". C’est très dur psychologiquement. »

Ce manque d’empathie ne se limite pas à l’entourage. Céline, 33 ans, déplore « le manque d’humanité des médecins et la non prise en charge de cette charge émotionnelle ».

Mélanie, 34 ans, qui espère avoir un deuxième enfant grâce à une PMA, le dit avec humour. « Mon mari et moi avons passé des bilans pour notre premier enfant il y a quatre ans, et récemment. Verdict : aucun souci médical. Ce qui est encore plus frustrant ! Alors oui, on nous dit "il ne faut pas y penser, ça viendra à ce moment-là", ou alors "dites-vous que vous en avez déjà un, c’est une chance"… Le lâcher-prise oui, mais facile à dire ! »

Aurélie témoigne de la difficulté à gérer le stress et de l'importance de l'état émotionnel, souvent négligé dans la PMA : « J’ai été très surprise, et en colère, que l’état émotionnel ne soit absolument pas pris en compte dans la PMA. Seuls les aspects physiques et médicaux priment. » Elle ajoute que son gynécologue ne lui a jamais demandé comment elle allait ni proposé de soutien psychologique.

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PMA : Une épreuve pour le couple

La PMA peut mettre à rude épreuve la relation de couple. Les difficultés rencontrées, les traitements, les espoirs et les déceptions peuvent engendrer des tensions et des incompréhensions.

Plusieurs femmes ont témoigné des difficultés rencontrées au sein de leur couple durant le parcours de PMA. Des problèmes de libido, des sentiments de culpabilité, des reproches et des moments de découragement peuvent survenir.

Cependant, face aux réactions désobligeantes et aux déceptions, beaucoup soulignent le soutien qu’elles ont trouvé auprès de leur partenaire. Sandrine, 33 ans, insiste que « la PMA me permet aussi chaque jour d’apprendre à lâcher prise, à penser plus à moi et à mon couple et moins aux autres. Mais surtout, cela m’a permis de voir à quel point mon couple était solide et que mon mari était un être extraordinaire, toujours là pour me relever quand je tombe, pour m’apporter une épaule pour pleurer, pour me dire les mots qu’il faut ! »

Sofia, 24 ans, partage le même sentiment. Son compagnon a 27 ans et est déclaré infertile après des traitements contre un cancer. « On se bat chaque jour ensemble. C’est douloureux, c’est long et à chaque échec, c’est plein d’émotions et il nous faut un temps pour reprendre nos forces et continuer le combat. Cela fait neuf ans que nous sommes ensemble et nous sommes encore plus soudés. »

Aurélie souligne que « la PMA est une bonne épreuve pour tester son couple. Si on est capable de surmonter tout ça ensemble, on est largement capable d’élever un enfant ensemble. »

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PMA : L'âge n'est pas le seul facteur

Angélique, qui a réussi à avoir un garçon grâce à une FIV à 29 ans, se relance avec son compagnon dans l’aventure à 31 ans. Elle invite à sortir des clichés. « Le diagnostic posé n’est pas lié à l’âge, mais bien à des problèmes hormonaux très certainement liés aux perturbateurs endocriniens, à l’environnement… De plus en plus de couples souffrent d’infertilité et l’âge n’est qu’un facteur parmi d’autres. »

Mélanie, 34 ans, ajoute : « c’est fou comme notre génération peine à faire des enfants… Le stress de la société actuelle ? Les perturbateurs endocriniens ? »

Léa, suggère de lever le tabou dès le collège. « Pourquoi ne pas parler de PMA quand on aborde la reproduction en 3e ou au lycée ? Pour préparer les jeunes femmes et jeunes hommes de demain et permettre, peut-être, de déculpabiliser et d’être moins seuls à l’âge de concevoir. »

Les difficultés liées au contexte (Covid-19, délais d'attente)

La pandémie de Covid-19 a engendré des difficultés supplémentaires pour les couples en PMA, avec la fermeture des hôpitaux et des cliniques pendant le confinement. Laura, 31 ans, a enchaîné les fausses couches et les interruptions médicales de grossesse. Pour écourter les délais, elle et son compagnon ont décidé de délocaliser leurs essais en Belgique. « Mais avec le Covid, c’est la fermeture des PMA depuis deux semaines. L’attente, toujours l’attente. C’est compliqué de garder espoir. Rien n’est fait pour nous aider, surtout en ce moment. »

Cindy s’est mis en couple à 20 ans et tente d’avoir un enfant depuis cinq ans. Mais d’examens en Fiv, elle a découvert qu’elle aura besoin d’un don d’ovocyte. Avec un délai moyen de cinq ans d’attente en France. Le couple a choisi de poursuivre la PMA en République Tchèque, mais le premier essai, cette année, s’est soldé par une grossesse extra-utérine. « Je devais me faire opérer en novembre pour éviter le risque d’une nouvelle grossesse extra-utérine. Finalement, l’opération est annulée pour cause de Covid-19 et reportée à 2021… La patience est le maître mot. »

Marine Latour, 33 ans, éducatrice de jeunes enfants près de Lorient, vient tout juste d’entamer son parcours PMA à Nantes après quelques difficultés à trouver un Cecos qui l’accueille dans un délai rapide. On lui proposait un premier rendez-vous en mai 2023 à celui de Rennes. À celui de Brest, un délai de deux ans entre le premier rendez-vous et la première insémination. Si le délai d’attente est en moyenne de plus de 13 mois en France, il va, dans les faits, de 18 à 27 mois selon les zones géographiques.

PMA pour les femmes seules : un parcours spécifique

Depuis la loi du 2 août 2021, la PMA est autorisée aux femmes seules en France. Julie, éducatrice dans la protection de l’enfance, se souvient « très bien » de l’instant où elle a décidé d’avoir un enfant seule. « Mais pourquoi j’attends en fait ? J’ai 35 ans, ça fait cinq ans que j’y songe, j’en parle, je me sens prête, pourquoi attendre de rencontrer quelqu’un que ce soit dans six mois ou dans dix ans ? »

Julie reconnaît toutefois que faire un enfant seule, « ce n’était pas un choix de première intention ». Nathalie, responsable administrative, qui vient d’effectuer son troisième essai d’insémination après deux échecs, confie : « Faire un enfant seule, ce n’était pas du tout mon projet de vie. » C’est un rendez-vous chez la psy qui va l’aider à sauter le pas : « Je me suis rendu compte que je ne cherchais pas forcément un conjoint mais un géniteur. Je triais inconsciemment entre ceux qui pourraient m’apporter un enfant ou non. Et c’était impossible de faire un enfant dans cet état d’esprit. » Elle précise : « Je n’ai pas renoncé au fait de tomber amoureuse, mais j’en ai séparé la maternité. »

Marine Latour, 33 ans, assure : « Je n’ai jamais vraiment vécu en couple donc je ne comptais pas là-dessus pour fonder une famille. »

Des témoignages d'espoir

Malgré les difficultés, certains récits se terminent bien. Cindy, 28 ans, raconte comment un long labyrinthe lui a permis d’avoir deux enfants en PMA. « J’avais tout juste 23 ans, mon compagnon en avait 28. Pendant 1 an et demi, on espérait, mais que des échecs… En mai 2015, premier rendez-vous dans l’inconnu, dans cette PMA qui au final nous servira beaucoup, car nous y remettrons souvent les pieds. Pour cause, mon compagnon est OATS, peu de chance de concevoir naturellement. Douche froide ! C’est dur, très dur lorsqu’on est jeune, car on ne s’y attend pas… Nous allons subir des Fiv Icsi pour avoir une chance. Des piqûres, des kilomètres effectués, des prises de sang, des échographies, de l’angoisse à n’en plus finir… En avril 2016, nous gagnons, je suis enceinte. » Depuis, un garçon et une fille ont agrandi la famille.

Angélique a réussi à avoir un garçon grâce à une FIV à 29 ans, et se relance avec son compagnon dans l’aventure à 31 ans.

L'histoire de Caroline, qui après un long parcours de PMA marqué par les doutes, deux interruptions spontanées de grossesse et de grands moments de désespoir, est finalement devenue mère, témoigne également de la persévérance et de l'espoir que peut apporter la PMA.

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