L'assistance médicale à la procréation (PMA) est devenue une solution pour de nombreux couples confrontés à l'infertilité. Cependant, des inquiétudes subsistent quant à l'impact de ces techniques sur la santé des enfants conçus par PMA, notamment en ce qui concerne la prématurité et d'autres complications. Cet article examine les études récentes, les risques potentiels et les perspectives à long terme pour les enfants nés grâce à la PMA.

PMA et Risque de Prématurité : Que disent les études ?

Pendant longtemps, plusieurs études ont suggéré un lien entre la PMA et un risque accru de naissances prématurées ou d'enfants présentant un faible poids à la naissance. Une étude finlandaise portant sur près de 4 000 enfants a même suggéré que les bébés nés grâce à la PMA pesaient en moyenne 60 grammes de moins que les autres, avec un risque d’accouchement prématuré supérieur de 2,5 points à la normale. Une publication antérieure du New England Journal of Medicine révélait également que les enfants issus d’une PMA avaient 2,6 fois plus de risques de naître avec un poids anormalement bas.

Cependant, des recherches plus récentes remettent en question ces conclusions. Une étude parue dans The Lancet a suggéré que le recours à la PMA n’aurait pas d’effets néfastes sur la santé du bébé à naître. En comparant des fratries où un enfant a été conçu par PMA et l'autre naturellement, les différences de poids et de risque d’accouchement prématuré étaient bien moindres, suggérant que ces données n’étaient pas forcément liées à la PMA elle-même. Les auteurs de l'étude concluent que l'augmentation du risque est en grande partie attribuable à des facteurs autres que la procréation médicalement assistée.

Facteurs de risque associés à la PMA

Malgré les résultats rassurants de certaines études, il est important de reconnaître certains risques potentiels associés à la PMA.

  • Grossesses multiples: La PMA peut entraîner une plus grande fréquence de grossesses multiples (environ 25 % de grossesses gémellaires, 3 % de grossesses triples et plus), ce qui augmente les risques de prématurité et de faible poids à la naissance.
  • Hyperstimulation ovarienne: L'hyperstimulation ovarienne est un autre risque connu lié à la PMA.
  • Anomalies congénitales: Certaines études suggèrent une plus grande prévalence d’anomalies congénitales chez les enfants conçus par PMA.
  • Prééclampsie: Il existe un risque plus important de prééclampsie chez les femmes ayant recours à la PMA.
  • Placenta Accreta: Une étude japonaise a révélé que plus de la moitié des cas de placenta accreta étaient survenus chez des femmes ayant eu recours à la procréation artificielle sans antécédent de placenta prævia ni de césarienne.

Impact sur le neurodéveloppement et le comportement

Les études sur les troubles du neurodéveloppement chez les enfants nés par PMA présentent des résultats contradictoires. Certaines études suggèrent une augmentation des troubles du spectre autistique (TSA) en FIV ICSI, tandis que d'autres ne trouvent aucun lien. De même, certaines études parlent d’augmentation de déficience cognitive en lien avec la prématurité des enfants nés de FIV, tandis que d’autres évoquent des risques de déficience cognitive abaissés. L’Académie Nationale de la Médecine conclut que la conception par FIV ou par ICSI ne semble pas avoir d’effet négatif sur le neurodéveloppement, hormis bien entendu les séquelles dues à la prématurité.

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Risques cardiovasculaires

Des études suggèrent des troubles cardiovasculaires chez les enfants nés de FIV, et ce, dès le plus jeune âge. Une augmentation de la pression artérielle chez l’enfant pourrait engendrer plus tard de l’hypertension artérielle et donc plus de maladies cardiovasculaires. Ce risque cardiovasculaire est qualifié de « modéré », et l’Académie Nationale de Médecine s’interroge sur « un suivi précoce préventif avec des mesures d’hygiène et diététiques adaptées ».

PMA et risques de cancers pédiatriques

Les études publiées à ce jour n’ont pas trouvé de différence du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement.

Aspects psychologiques et sociaux

Les enfants conçus par PMA sont souvent considérés comme des "bébés miracles" après un long parcours d'infertilité. Bien que ces enfants soient généralement surprotégés et plus investis par leurs parents, leur devenir psychologique ne varie pas, comparé aux enfants conçus naturellement. Cependant, des études commencent à s’intéresser aux périodes de la pré-adolescence et de l’adolescence, où certaines difficultés psychoaffectives peuvent apparaître.

Fertilité des enfants nés par FIV

Il n'existe aucune preuve que les techniques d'AMP soient délétères sur la fertilité des enfants ainsi conçus. Des études suggèrent que les cas d’altération de la fertilité seront possibles chez les garçons conçus par une FIV ICSI réalisée pour résoudre le problème d’infertilité de leur père d’origine génétique.

Les techniques de PMA en question

Des études s’intéressent aux procédures utilisées pour réaliser une FIV, et suggèrent que dans ce cadre, ce sont les traitements hormonaux de stimulation ovarienne, les conditions de la culture embryonnaire et la congélation des embryons qui sont le plus souvent suspectés d’être à l’origine des troubles observés.

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