La procréation médicalement assistée (PMA) représente un espoir pour de nombreux couples et femmes seules confrontés à l'infertilité. Cependant, ce parcours médical est également une épreuve émotionnelle intense. Cet article explore les dimensions psychologiques de la PMA, offrant des perspectives, des conseils et des ressources pour mieux vivre cette expérience.
L'Impact Psychologique de la PMA : Une Réalité Souvent Minimisée
La souffrance psychique pendant un parcours de PMA est aujourd’hui reconnue comme un véritable enjeu de santé publique. En France, près d’un couple sur six consulte pour des troubles de la fertilité, et les parcours de PMA peuvent s’étendre sur plusieurs années, avec des taux de réussite variables selon l’âge, la cause de l’infertilité et les techniques utilisées. La souffrance psychique pendant un parcours de PMA est une réalité fréquente, mais trop souvent minimisée.
L'Annonce du Diagnostic d'Infertilité : Un Choc Émotionnel
L’annonce d’un diagnostic d’infertilité est souvent vécue comme un choc. Elle remet en question l’image de soi, la virilité ou la féminité, et le projet de vie du couple.
- Sentiment de culpabilité: « Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait pour mériter ça ? »
Thomas et Élodie, en couple depuis cinq ans, apprennent que l’infertilité est d’origine masculine. Thomas, 36 ans, se sent « diminué », « moins un homme ». Élodie, 32 ans, culpabilise de ne pas pouvoir « le rassurer ». Leur relation se tend, les disputes deviennent fréquentes.
Les Traitements de PMA : Un Parcours Éprouvant
Les traitements de PMA (stimulations ovariennes, ponctions, transferts d’embryons, etc.) sont physiquement et psychologiquement éprouvants. Les effets secondaires des hormones, les attentes interminables, les résultats incertains, et la répétition des échecs usent les ressources émotionnelles des patients. Marie, 38 ans, en cours de troisième FIV, décrit : « Je ne dors plus, je sursaute au moindre appel de la clinique. J’ai peur de croiser des femmes enceintes dans la rue. Mon mari dit que je ne suis plus la même.
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L'Échec ou l'Arrêt de la PMA : Un Deuil Difficile
L’échec répété ou la décision d’arrêter la PMA est souvent vécu comme un deuil. Les émotions peuvent être intenses : tristesse, colère, sentiment d’injustice, vide existentiel. Certaines personnes décrivent une « crise identitaire » : « Qui suis-je si je ne deviens pas parent ? Claire, 40 ans, arrête son parcours après cinq FIV infructueuses. Elle tombe dans une dépression sévère, avec des idées suicidaires. « Je ne vois plus l’intérêt de continuer à vivre si je ne peux pas avoir d’enfant. » Une prise en charge psychiatrique urgente, associant antidépresseurs et thérapie, lui permet de retrouver progressivement un sens à sa vie, en explorant d’autres projets (adoption, engagement associatif).
Les Troubles Psychiques Associés à la PMA
Le parcours de PMA peut engendrer divers troubles psychiques, nécessitant une attention particulière.
- Les troubles anxieux et dépressifs sont les pathologies psychiques les plus fréquentes chez les personnes en parcours de PMA. Luc, 42 ans, consulte pour des crises d’angoisse avant chaque transfert d’embryon. Il décrit une peur paralysante de l’échec, des sueurs, des palpitations.
- Le parcours de PMA peut mener à un épuisement émotionnel, similaire à un burn-out. Sarah, 35 ans, après quatre ans de PMA, dit : « Je n’en peux plus. Je passe mes journées à pleurer, je n’ai plus d’énergie pour rien.
- La PMA met à rude épreuve la relation de couple. Julien et Amélie, en couple depuis huit ans, consultent pour des conflits répétés liés à leur parcours de PMA. Amélie reproche à Julien de « ne pas assez s’impliquer », Julien se sent « exclu » des décisions médicales. Leur thérapeute les aide à restaurer le dialogue et à redéfinir leurs attentes mutuelles.
Importance du Dépistage Précoce des Troubles du Comportement Alimentaire (TCA)
Il est essentiel de noter qu’au cours de la vie, le passage d’un TCA à un autre est très fréquent. Les médecins généralistes sont au premier plan pour repérer les patients souffrant de TCA, qui doivent être dépistés tôt pour bénéficier d’une prise en charge précoce. Il est essentiel d’avoir une vigilance accrue chez les adolescentes, en particulier les mannequins, les sportives et celles qui sont astreintes à un régime quelle qu’en soit la raison. Le médecin peut s’appuyer sur les paramètres anthropométriques (poids, taille, indice de masse corporelle [IMC]) et sur l’interrogatoire (est-ce que l'alimentation pose problème ? Est-ce que la personne se sent bien dans son corps ? Est-ce qu'elle a connu des variations de poids dans les 6 derniers mois ?). Chez l'adulte, un IMC < 18,5 et/ou une perte de poids volontaire récente, une exigence de contrôle de l'alimentation sont des signes d'appel classiques. Chez l'homme, l'anorexie mentale est plus rare, mais d'autres comportements et craintes sont plus fréquents, peur du gain de masse grasse au détriment de la masse musculaire par exemple. La boulimie et l’hyperphagie boulimique sont des troubles souvent cachés, source de honte et de souffrance profonde, et les patients n’en parlent pas toujours spontanément. Elles sont suspectées en cas de vomissements répétés ou d'hypokaliémie mise en évidence lors du bilan biologique. En cas d’hyperphagie boulimique, le patient est souvent en surpoids. Après exclusion d’un danger vital immédiat (cf. Quelles sont les entités nosologiques du DSM-5 ? Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) identifie plusieurs entités nosologiques. Quels sont les facteurs de risque ? Que sait-on des mécanismes physiopathologiques en cause ? Les effets de la dénutrition induisent une boucle de maintien des troubles.
Stratégies de Soutien et de Prise en Charge
Face à ces défis, une prise en charge adaptée est cruciale.
- Un médecin généraliste ou un psychiatre doit évaluer systématiquement la souffrance psychique des patients en PMA.
- Les associations (comme MAIA, COLLECTIF BAMP) offrent écoute, informations, et groupes de soutien. Léa, 33 ans, trouve un soutien précieux dans un groupe de parole pour femmes en PMA. « Pour la première fois, je me sens comprise. Ça m’a sauvée. » Elle combine ce soutien avec des séances de TCC pour gérer son anxiété.
Une prise en charge précoce, pluridisciplinaire (médecin, psychiatre, psychologue, associations), et personnalisée est essentielle pour préserver la santé mentale des patients et des couples. Si vous ou un proche traversez cette épreuve, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ou à consulter un spécialiste. Vous n’êtes pas seul(e).
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Médecines Alternatives et Complémentaires : Un Soutien Additionnel ?
Fertility yoga, sophrologie, médecine chinoise, naturopathie, acupuncture, pierre de lune, réflexologie, coach PMA… Les pratiques complémentaires trouvent de plus en plus de place dans votre quotidien pourtant déjà très rempli. Mais voilà, comment faire le tri dans toutes les offres disponibles ? Comment trouver le truc qui vous permettra de mieux vivre votre parcours d’AMP ? Devez-vous croire à toutes les promesses miracles ? Augmenter vos chances de grossesse avec ces pratiques, c’est vraiment possible ? C’est le chiffre qui figure dans le dernier rapport du Conseil National de l’Ordre des Médecins. Ce rapport recense plus de 400 pratiques différentes, également appelées « médecines traditionnelles », « médecines alternatives », « médecines complémentaires », « médecines naturelles » ou encore « médecines douces ». Donc, si vous dormez avec une pierre de lune sous le lit, et que vous avez déjà testé une retraite de fertilité après une séance d’acupuncture, vous n’êtes pas seule.
Un Marché en Expansion
En ce qui concerne spécifiquement la fertilité, il n’existe pas de données précises. Cela peut s’expliquer par l’absence d’encadrement et de contrôle de ces pratiques. De plus, il est rare que vous osiez en parler à votre médecin. Une chose est sûre néanmoins, pour Virginie Rio, directrice générale de l’association BAMP, et Emelyne Heluin, vice-présidente de l’association SOPK Europe, on assiste à une explosion du marché des pratiques de soins non conventionnelles depuis une dizaine d’années.
« Ces pratiques-là ont toujours existé même s’il ne fallait surtout pas en parler. Il y a 14 ans, quand j’étais moi-même en parcours, il y avait seulement deux coachs PMA, et sinon tu pouvais aller te frotter au menhir de la fertilité ! Aujourd’hui, il y a l’embarras du choix. Du complément booster de fertilité développé par des médecins de Harvard, au yoga recommandé par des experts gynécologues, en passant par une approche holistique de la fertilité qui garantit un équilibre entre le corps, l’esprit et l’âme ; Emelyne Heluin explique qu’aujourd’hui, on se renseigne avant tout sur Internet et sur les réseaux sociaux. « On se retrouve alors face à un nombre exponentiel de personnes qui proposent des solutions, des témoignages de patients ou d’individus qui s’autoproclament professionnels de la santé, des soins et du bien-être, à qui on va accorder sa confiance. » Ces options ont pour objectif commun d’améliorer vos chances de concevoir, d’atténuer le risque de fausse couche ou d’accélérer le temps nécessaire pour parvenir à une grossesse. Le plus étonnant, pour Estelle Dautry, elle-même ancienne patiente en parcours d’AMP, journaliste et auteure d’un livre sur le business de l’infertilité, c’est que tous les milieux sociaux sont prêts à payer !
Un Marché Lucratif
Rappelons que la FIV est aujourd’hui un marché de 23 milliards de dollars, auquel e greffent des marchés parallèles, comme, par exemple, l’industrie du développement personnel qui pesait 44 millions de dollars en 2022. Des chiffres qui incitent à être créatif pour vous accompagner dans votre parcours d’AMP ! Parmi les professionnels qui s’installent, souvent sous le statut d’autoentrepreneur, beaucoup sont issus de reconversions professionnelles post-Covid, remarque Emelyne Heluin. Il existe de nombreuses raisons expliquant le recours croissant aux médecines alternatives, mais pour Virginie Rio et Emelyne Heluin, ces pratiques sont symptomatiques d’une prise en charge médicale qui ne répond pas aux attentes.
Les Raisons du Recours aux Médecines Alternatives
- Parcours longs et difficiles: Le Dr Gwenola Keromnes, cheffe de service du Centre de Fertilité du GH Diaconesses Croix Saint Simon à Paris, reconnaît que les résultats sont peu satisfaisants : seulement 20 % de naissances vivantes par ponction et 10 % par insémination artificielle. « Les patients enchaînent les tentatives. Mais, avant même d’arriver dans un parcours d’AMP, ils sont déjà épuisés », ajoute-t-elle. « Si tu pouvais avoir un bébé tout de suite en passant par l’AMP, tu n’aurais pas besoin de réaligner tes chakras », ironise Virginie Rio.
- Manque d’écoute et de considération: « Le médecin n’a pas le temps. » « Il ne s’adresse pas à mon conjoint. » « Quand j’ai des questions, j’ai l’impression de l’ennuyer. » « Les médecins utilisent des termes compliqués à comprendre. » Face au sentiment d’impuissance et de soumission aux traitements médicaux, les pratiques non conventionnelles permettent de reprendre le contrôle, de jouer un rôle actif dans son parcours.
- Défiance vis-à-vis de la médecine: « Il y a aussi une défiance vis-à-vis de la médecine, probablement accentuée par la période COVID-19 », constate Emelyne Helluin. « Ce qui m’a frappée, c’est que les patientes ont plus confiance en ces praticiens qu’en leur parcours médical », continue-t-elle. De la même manière, la vice-présidente de l’association SOPK Europe a observé un phénomène d’hormone bashing. « Les patientes craignent de suivre un traitement médical d’AMP ou de prendre la pilule, mais elles n’hésitent pas à avaler des compléments alimentaires expédiés par Amazon depuis la Chine. Il y a aussi ce besoin de trouver des solutions rapides, sans parler des - parfois très longs - délais de prise en charge. Améliorer son hygiène de vie ou débuter un parcours d’AMP prend plus de temps qu’un complément alimentaire. »
- Besoin de bien-être et de qualité de vie: Bien souvent, vous entrez dans le parcours en bonne santé - c’est la particularité de l’AMP - et vous vous retrouvez plongé dans un milieu médical, avec des injections et des interventions douloureuses qui impactent le corps, l’humeur, les relations, le travail, le quotidien, bref, toutes les sphères de la vie. Les soins de support sont là pour atténuer cet impact psychosocial.
Vigilance et Esprit Critique
Face au nombre incalculable de conseils non sollicités - mais bienveillants - des proches, Estelle Dautry se souvient avoir testé quelques méthodes. « 300 % de spermatozoïdes, en plus, qui atteignent le col de l’utérus ! ». « Une expérience internationale aux côtés d’experts en fertilité ! », « Une pratique certifiée qui puise sa légitimité dans une tradition ancestrale ! » ou encore « Un épilateur spécial SOPK ». Autant de promesses qui attirent l’attention lorsque vous vous sentez désespéré ou vulnérable. « J’ai même vu des pots de miel de la fertilité à 100 euros », s’offusque Estelle Dautry. Les investigations de la DGCCRF menées en 2018 ont révélé que plus des deux tiers des 675 praticiens en médecines complémentaires contrôlés présentaient au moins un manquement, principalement des défauts d’information, mais aussi, dans certains cas, des pratiques commerciales trompeuses, voire présentant des risques pour les patients. Ces observations appellent à une grande vigilance, car, parfois, on ne vous veut pas que du bien !
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- Manque de preuves scientifiques: En cause d’abord, la disponibilité de preuves scientifiques concernant la sécurité et l’efficacité des options complémentaires est souvent limitée, voire inexistante.
- Confusion entre professionnels de santé et du bien-être: Il vous arrive peut-être même de rencontrer des difficultés à distinguer les professionnels de santé de ceux du bien-être. Emelyne Heluin ajoute : « Pour accentuer la confusion, certains praticiens s’installent à proximité ou au sein même de lieux de santé : vous trouvez un kiné et une diététicienne, puis une naturopathe et une énergéticienne. » Si une plaque est apposée devant les lieux d’exercice, un logo ressemblant à un caducée ou des ouvrages médicaux dans les salles d’attente, le tour est joué ! Certains professionnels prétendent qu’ils « soulagent la douleur », « traitent l’endométriose ou le SOPK », « conseillent sur la prise en charge médicale », ou utilisent abusivement des termes médicaux tels que « consultations » ou « patients ». Ici, on frôle la pratique médicale illégale.
- Absence de cursus ou diplôme requis: Ensuite, la majorité des pratiques complémentaires ne nécessitent aucun cursus ou diplôme. « Demain, je m’inscris comme coach, j’ai eu des enfants, je vais vous donner les clés », plaisante Estelle Dautry. Le ministère chargé de la Santé note d’ailleurs qu’à l’exception de l’acupuncture, qui fait l’objet de diplômes nationaux, et de quelques disciplines sanctionnées par des diplômes universitaires, les formations sont généralement « délivrées au sein d’organismes privés, sans contrôle des institutions publiques quant à leur contenu, et sans reconnaissance par l’État ». Ces formations sont très variables, allant du simple week-end (parfois en visio) à plusieurs années d’étude. À ce jour, aucun encadrement ni organisme de suivi et de contrôle n’existe. L’Agence de la Biomédecine, chargée d’assurer la veille médicale et scientifique pour une pratique sécurisée dans le domaine de l’AMP, n’a pas pour mission d’encadrer les pratiques non conventionnelles. « Un groupe de travail réunira prochainement les professionnels et les associations pour discuter des bonnes pratiques. Les soins de support pourront peut-être être à nouveau abordés », confie le Dr Claire de Vienne, médecin référent en AMP à l’Agence de la Biomédecine. Pour le Dr Gwenola Keromnes, « que ce soit le médecin ou le patient, évaluer un soin de support demande la capacité d’évaluer la pratique elle-même. Or, il n’existe pas de qualification reconnue nationalement, et peu d’études scientifiques sont disponibles. » En conséquence, il n’y a pas d’autre choix que le bouche-à-oreille.
Les Risques Potentiels
Pour Virginie Rio, ces dérives comportent plusieurs risques. « D’abord, ces options peuvent faire perdre du temps (alors que le temps qui passe est un ennemi de la fertilité), de l’argent (beaucoup parfois) et des chances. » Proposer des pratiques non conventionnelles en remplacement ou en complément, surtout si elles ne sont pas prouvées scientifiquement, constitue une perte de chance d’être pris en charge à temps pour une infertilité « médicale », par exemple. Sur le plan financier, Emelyne Heluin souligne que cela crée une prise en charge à deux vitesses : « Tout le monde n’a pas les moyens de faire deux séances par semaine de soins de support non remboursés. »
Ensuite, le risque est de culpabiliser : « Si tu n’as pas interrogé ta lignée de femmes pour comprendre ton infertilité, tu es responsable de ton échec. En plus, on s’adresse quasi exclusivement aux femmes ! », raconte Virginie Rio. Pour certains, les soins de support peuvent parfois donner l’espoir ou l’illusion qu’en mettant des choses en place, ils peuvent réussir. Mais, même après cela, quand cela ne fonctionne toujours pas, que reste-t-il ? Le désespoir, la culpabilité.
Comment Choisir la Bonne Option ?
Parfois vécues comme des injonctions culpabilisantes au « bien-être à tout prix », les pratiques complémentaires, ou soins de support, ne sont ni obligatoires, ni secondaires, ni optionnelles. Ces soins sont un soutien qui peut être mis à votre disposition pour vous assurer une meilleure qualité de vie sur les plans physique, psychologique et social. Ils prennent en compte la diversité des besoins individuels et s’organisent en complément des traitements spécifiques de fertilité. Au-delà des promesses miracles, ces pratiques peuvent agir sur la prise en charge de la douleur, de la fatigue et du stress, offrir un soutien psychologique, améliorer l’image de soi et aider à gérer les effets secondaires des traitements. Sabine, patiente experte dans une unité d’oncologie, explique que les soins de support font déjà partie de la prise en charge globale des patients atteints de cancer depuis de nombreuses années. Pour elle, ces pratiques relèvent du « prendre soin » qui vient en complément du « soigner » des équipes médicales. Choisir de consulter un ostéopathe ou un réflexologue, participer à un atelier d’art-thérapie, ou méditer renforce votre propre capacité à prendre soin de vous et de votre santé, ce que Sabine appelle « le pouvoir d’agir des patients ».
Cela étant dit, « aucun des traitements non conventionnels n’a prouvé qu’il améliorerait les chances de grossesse. Le but est de se sentir mieux », rappelle le Dr Gwenola Keromnes. Un message partagé par les associations de patients et repris par Estelle Dautry : « Il n’y a pas de solution miracle. Il vaut mieux se dire ». Contrairement à la médecine, les pratiques non conventionnelles n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques reconnues démontrant leur efficacité et leur innocuité, mais un bon massage peut vous faire du bien ! Estelle, qui est aujourd’hui maman après un parcours d’AMP, confie d’ailleurs qu’elle ne pourrait pas dire ce qui a réellement fonctionné. « J’ai des pistes, mais il y a aussi une liste de raisons médicales pour lesquelles ça ne marchait pas ! ». Elle critique d’ailleurs certaines influenceuses qui, en faisant la promotion d’un cours de yoga pour la fertilité, ont laissé croire à des milliers de personnes que leur maternité était due à cette pratique, alors qu’elles avaient suivi un parcours d’AMP avec un don d’ovocytes en République tchèque !
L'Importance de la Communication
Souvent, les professionnels de santé ignorent même que ces offres existent. Le point primordial en matière de soins de support, c’est d’en parler, martèlent en chœur Virginie Rio, Emelyne Heluin et le Dr Keromnes. En parler à votre équipe médicale, même si tous les médecins ne sont pas ouverts à ces pratiques ; en parler à votre partenaire, à vos proches, à d’autres patients. Peut-être auront-ils de « bonnes adresses » ; peut-être existe-t-il des interactions néfastes avec votre traitement d’AMP, mais surtout, plus vous serez seul et isolé, plus vous risquez d’être abusé. Le recours aux options non conventionnelles ne doit pas être tabou. L’échange avec celles et ceux qui vivent ce parcours peut également être d’un grand soutien. Par ailleurs, certains centres, comme le Centre de Fertilité du GH Diaconesses à Paris, intègrent les soins de support à la prise en charge des patients. « Améliorer l’accompagnement des patients est une des directives politiques du centre. Depuis 6 ans, nous proposons donc des options complémentaires en fonction des opportunités comme l’art-thérapie, le chant, l’acupuncture, l’ostéopathie, la danse, etc. », raconte le Dr Keromnes.
Cultiver Son Libre Arbitre
Enfin, cultivez votre libre arbitre. Estelle Dautry met en garde : « Si vous ne le sentez pas, si vous n’êtes pas à l’aise avec un praticien - ou même un médecin -, que vous vous sentez mal en sortant, reprenez votre argent et partez, n’y retournez pas ». Certaines pratiques sont discutables, comme la réalisation de séances de Reiki à distance, via une photographie, alors que le principe de cette pratique repose à l’origine sur le toucher ! Virginie Rio ajoute : « C’est pareil pour les réseaux sociaux, ne faites pas confiance aveuglément ! Évidemment, tous ne sont pas de mauvaise foi, et on ne leur reproche pas d’être impliqués, juste parfois de vendre du rêve et de profiter de la vulnérabilité des personnes en parcours d’AMP. Alors, à la question « dois-je avoir recours à une pratique complémentaire pour optimiser mes chances de succès ? », la réponse est oui, si vous en avez envie et si cela vous apporte du bien-être, mais avec discernement et sans attendre de miracles.
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