La Procréation Médicalement Assistée (PMA), également appelée Assistance Médicale à la Procréation (AMP), est un ensemble de techniques médicales destinées à aider les couples ou les femmes seules qui rencontrent des difficultés à concevoir un enfant. En France, environ 5% des grossesses sont issues d'une PMA. Cet article explore les conditions d'accès à la PMA avant 30 ans, les différentes techniques disponibles et les aspects importants à connaître.
Techniques de PMA
Plusieurs techniques de PMA sont disponibles, chacune ayant ses propres indications et procédures :
- L'Insémination Intra Utérine (IIU) : Cette technique consiste à déposer le sperme directement dans l'utérus au moment de l'ovulation, facilitant ainsi la rencontre entre les spermatozoïdes et l'ovocyte. L'insémination artificielle, ou insémination intra-utérine, a pour principe de déposer des spermatozoïdes préalablement sélectionnés au laboratoire directement à l’intérieur de l’utérus afin de faciliter leur rencontre avec l’ovocyte.
- La Fécondation In Vitro (FIV) : Les ovocytes et les spermatozoïdes sont mis en fécondation en laboratoire. La FIV à proprement parler lors de laquelle les spermatozoïdes sont mis au contact des ovocytes.
- La FIV ICSI (Fécondation In Vitro en anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection ») : Il s'agit d'une micro-injection d'un seul spermatozoïde dans l'ovocyte. Dans certains cas (notamment les altérations du spermogramme), une ICSI peut être indiquée. Fécondation in vitro (FIV). Santenard, ME. Torres-Padilla La fécondation in vitro avec ICSI (pour « intracytoplasmic sperm injection ») représente désormais 67% des FIV.
- La congélation ovocytaire : C’est la préservation de la fertilité pour “plus tard”. Il s’agit de réaliser une stimulation ovarienne afin de produire un maximum d'ovocytes de bonne qualité qui seront congelés et utilisés au moment voulu.
- La congélation embryonnaire : Lors d’une fécondation in vitro, plusieurs embryons peuvent être obtenus. Afin d’éviter les grossesses multiples, un seul embryon est transféré. Ceux restants, dits surnuméraires, sont congelés ou plus précisément “vitrifiés”. Cette technique permet de donner des chances supplémentaires au couple pour leur premier enfant.
Conditions d'accès à la PMA avant 30 ans
Âge et Infertilité
Actuellement, pour une femme, l’infertilité est définie par l’absence de grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers. La définition OMS de l’infertilité est aujourd’hui bien connue : l’infertilité est une affection du système reproducteur masculin ou féminin définie par l’impossibilité d’aboutir à une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels non protégés réguliers. En effet, la probabilité de conception par cycle naturel est de l’ordre de 20 à 25%. Ainsi, après 1 an d’essai 70 à 80% des couples auront une grossesse. Ainsi, avant 35 ans il est recommandé de consulter en cas d’absence de grossesse après 1 an d’essai. Il est donc nécessaire de consulter en l’absence de grossesse au bout d’un an, et plus rapidement en cas d’antécédents médicaux ou chirurgicaux ayant pu affecter la fertilité, ou si le recours à des paillettes de donneur est nécessaire (pour les femmes seules ou les couples de femmes par exemple).
La prise en charge peut débuter à 18 ans et jusqu’à la veille des 43 ans de la femme qui va porter. Les gamètes prélevés peuvent être utilisés jusqu’au 45eme anniversaire. Ce sont des limites légales (et non négociables). En réalité, la fertilité baissant après 35 ans, la prise en charge en France peut être refusée plus tôt selon l’état de votre réserve ovarienne. On constate aujourd’hui que passé 39 ou 40 ans, les équipes médicales sont frileuses.
Cadre Légal
La loi permet la PMA pour les couples hétérosexuels, les couples de femmes et les femmes seules, excluant ainsi les hommes célibataires et les couples d’hommes. A l’heure actuelle, un homme trans en capacité de porter son enfant serait exclu du dispositif dans le cas où il aurait effectué son changement d’état civil (CEC). Pour ce qui concerne les femmes trans, l’utilisation de leurs gamètes est a priori possible en vue d’une PMA, depuis la parution du décret 2022-1187 du 25 août 2022 qui modifie l’article R.
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Le décret d'application sur la PMA précise par ailleurs que « le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez la femme jusqu'à son 43e anniversaire ». Cependant, dans le cadre d'une « autoconservation de ses gamètes en vue de la réalisation ultérieure d'une assistance médicale à la procréation », le prélèvement d'ovocytes chez les femmes se fera entre 29 et 37 ans maximum et le prélèvement de sperme, pour les hommes, sera possible entre 29 et 45 ans.
Parcours de PMA
La porte d’entrée dépend de chaque centre. En général, il s’agit d’un CHU qui héberge les deux structures. Les étapes ci-dessous sont les grands principes, qu’on va tenter de résumer ci-dessous. La première consultation a lieu avec un médecin gynécologue (service AMP) ou un médecin biologiste (centre de don). Le médecin écoute votre projet, vous présente le parcours de prise en charge et explique les modalités du recours au don de gamètes en France.
Le·a gynécologue vous questionne sur votre dossier médical, les examens déjà réalisés et dresse la liste des examens à faire. En général, ces examens prennent 2 à 3 mois. La consultation n’est pas obligatoire par la loi mais quasi systématiquement organisée, parfois en deux rendez-vous. L’objectif est d’accompagner votre projet parental. Elle existe en France depuis longtemps dans le cadre des parcours AMP avec don de gamètes pour les couples hétérosexuels. Elle permet de se poser des questions qu’on n’a peut-être pas abordées. Ou de verbaliser des craintes qu’on a du mal à exprimer. Ou simplement faire le point.
Oui, le·a psychologue fait partie de l’équipe pluridisciplinaire qui validera votre dossier à la prochaine étape. Le rendez-vous est souvent imposé, rarement proposé comme facultatif. Mais ce ne doit pas se dérouler comme un examen de passage. Le centre de don vous expliquera la notion d’appariement en lien avec la potentielle ressemblance physique avec votre enfant. Vous pourrez aussi poser vos questions sur le don de gamètes. Le centre de don connaît votre dossier médical et tient compte des éventuels facteurs de risque pour choisir les gamètes qui seront utilisés pour votre projet. Une consultation de génétique peut être proposée pour approfondir.
Le·a médecin qui vous suit présente votre dossier à la commission médicale pluridisciplinaire. Cette commission évalue les chances de succès en fonction de votre dossier médical et valide le protocole : insémination artificielle avec sperme de donneur intra-utérine (IAD ou IIU) ou fécondation in-vitro (FIV). Cette commission peut refuser l’accès à la PMA.
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Vous pouvez faire cette démarche avant même votre parcours PMA. Ces actes notariés sont obligatoires et doivent être signés avant de tomber enceinte. Sans le consentement à l’AMP, pas de parcours PMA en France.
Déroulement d'un cycle de PMA
Le cycle démarre au premier jour de vos règles. Selon s’il s’agit d’une IAD ou d’une FIV, le nombre de rendez-vous sera différent, disons entre 2 et 5 analyses et échographies pendant ces 2 semaines. La date de l’insémination ou de la ponction ou du transfert d’embryon ne sera connue que quelques jours avant. La ponction nécessite une hospitalisation ambulatoire de quelques heures.
Environ 2 semaines après la tentative, vous réaliserez une prise de sang pour doser le taux de beta HCG qui témoigne d’une grossesse ou non. Vous recontactez le centre avec ce résultat pour la continuité du suivi approprié selon le résultat. En cas d’échec, une prochaine tentative peut en général être programmée lors d’un prochain cycle.
Fécondation in vitro : l’intention est de stimuler vos ovaires pour obtenir beaucoup d’ovocytes et les ponctionner sous anesthésie vers le quatorzième jour de votre cycle menstruel. La fécondation des ovocytes ponctionnés avec les spermatozoïdes issus d’une paillette a lieu en laboratoire, juste après la ponction.
La ponction d’ovocytes, geste réalisé au bloc opératoire avec le recueil des ovocytes à l’aide d’une aiguille placée sur une sonde d’échographie vaginale.
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La culture embryonnaire : au laboratoire, dans les jours suivant la ponction, les embryons sont surveillés.
Le transfert d’embryon : il est réalisé 5 jours après la ponction ou lors d’un cycle suivant en milieu hospitalier.
Délais d'attente
L’agence de biomédecine a annoncé le 17 octobre 2022 un délai moyen entre la prise du premier rendez-vous et la première tentative de 13,8 mois. Ce délai a augmenté autour de 15,5 mois fin 2023 et 17,7 mois fin 2024.
Accès aux origines
Mon enfant est conçu après le 1er septembre 2022. Pour les PMA réalisées jusqu’au 30 mars 2025, la réponse est “non, ce n’est pas garanti”. Bien que les donneurs et donneuses soient obligés depuis septembre 2022 de consentir à l’accès aux origines, les centres ont utilisé des paillettes anonymes en priorité jusqu’à écoulement de cet ancien stock et au plus tard le 30 mars 2025. Depuis le 31 mars 2025, il est interdit d’utiliser les paillettes anonymes et des embryons confiés pour l’accueil anonymes. A noter que les embryons créés avant le 31 mars 2025 ne bénéficient pas de la garantie de l’accès aux origines même s’ils sont transférés après cette date. Cela concerne uniquement les embryons surnuméraires conservés pour un projet parental (et non le don d’embryon). En savoir plus.
Parcours ultérieurs
Le parcours reprend au début. Nous ne savons pas aujourd’hui s’il est possible, pour un couple de femmes, de transférer chez l’une un embryon provenant d’ovocytes ponctionnés chez l’autre lors d’un précédent cycle. Vous devrez resigner le consentement à l’AMP chez le notaire (et la RCA si vous êtes en couple).
Prise en charge financière
La Sécurité Sociale prend en charge 6 inséminations artificielles et 4 ponctions en vue de fécondations in vitro. Pour une PMA à l’étranger, vous pouvez demander la prise en charge au préalable à la Caisse Nationale des Soins à l’Etranger avec un certificat médical provenant d’un gynécologue. Le code du travail autorise des absences pour les salariées ayant recours à la PMA ainsi que leur partenaire le cas échéant. Il existe une prise en charge à 100% des traitements en France jusqu’à l’âge de 43 ans.Sont remboursés : 6 cycles d’ inséminations intra-utérine et 4 ponctions d’ovocytes suivi de transfert d’embryon frais ou congelé (avec ses propres gamètes ou en don d’ovocytes). Dans le cas d’une grossesse avec accouchement, ce compteur est remis à zéro. Le coût moyen d’un cycle de FIV complet pour la Sécurité sociale est estimé à environ 4100€.
Alternatives à l'étranger
La PMA en France est une chance et cela conviendra à beaucoup. Tant mieux ! On peut néanmoins toujours aller à l’étranger et certaines conditions peuvent répondre à vos projets. Les délais varient mais sont en moyenne inférieurs à la France. Les conditions d’anonymat ou d’accès aux origines sont variées. Renseignez-vous précisément. Des pays comme le Danemark, les Pays-Bas ont des conditions plutôt ouvertes. Le don de gamètes est parfois dédommagé ou rémunéré (Espagne, Danemark), il est gratuit en France et en Belgique. Il est possible de choisir son parcours si vous êtes bien renseigné·e, et c’est une des missions de l’APGL.
Causes de l'infertilité
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de l'infertilité, touchant aussi bien l'homme que la femme :
- Elle est estimée à 30% des cas d’infertilité. Les causes mixtes.
- L’infertilité idiopathique. Elle concernerait environ 20% des couples.
Chez la femme, on va explorer les ovaires (dosages hormonaux, compte des follicules antraux par échographie), les trompes (hystérosalpingographie ou hyfosi) et l’utérus (échographie, hystérosonographie, hystéroscopie).
Chez l’homme, on fera un spermogramme avec un test de migration survie afin de mieux comprendre le nombre de spermatozoïdes mobiles et leurs chances de survie à 24h.
Importance de l'accompagnement
Un parcours PMA est forcément fragilisant pour soi-même, pour son couple, plus largement pour ses rapports aux autres. Il est nécessaire de le prendre en compte et de construire une stratégie pour ne pas s’abîmer dans le parcours. Pour certain(e) cela passera par un accompagnement psychologique, pour d’autres par la construction de voyages ou d’aventures à deux ou par un investissement dans des activités créatives. Dans tous les cas, il faut construire un projet ou bien sûr il faudra s’investir mais ou la PMA ne doit pas tout envahir.
Amélioration des chances de succès
Après plusieurs échecs en parcours de FIV, il est nécessaire d’analyser les raisons de l’échec. Comment améliorer la qualité les embryons produits
Chez la femme, on tentera d’améliorer la stimulation ovarienne (changement de protocole ou de produit) pour recueillir plus d’ovocytes de bonne qualité. Chez l’homme, on explorera l’ensemble des facteurs pouvant améliorer la qualité des spermatozoïdes (traitement des fragmentations spermatiques augmentées, recherche de varicocèle). L’objectif est d’améliorer le dialogue immunitaire qui doit s’établir entre l’embryon et l’utérus lors de l’implantation et la fabrication du placenta. On estime qu’au-delà de 4 embryons transférés sans grossesse, il est nécessaire de faire ce bilan. Une étude est en cours pour établir s’il n’est pas licite de proposer cette évaluation plus tôt.
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