Les infections respiratoires sont fréquentes chez les nourrissons et les jeunes enfants, car leur système immunitaire est encore en développement et leurs voies respiratoires ne sont pas complètement formées avant l'âge de 7 ans. Ces infections peuvent entraîner une inflammation et une production accrue de mucus, ce qui peut entraîner des difficultés respiratoires parfois spectaculaires. Il est essentiel que les parents et les soignants soient conscients des signes de détresse respiratoire chez les bébés afin de pouvoir demander rapidement une assistance médicale si nécessaire.
Infections respiratoires courantes chez les nourrissons
Plusieurs infections respiratoires peuvent affecter les nourrissons, notamment :
- Bronchiolite : Il s'agit d'un épisode de difficultés respiratoires causé par une infection virale chez les nourrissons de moins de 12 mois. La bronchiolite commence généralement par un rhume, puis évolue vers des signes respiratoires tels que la toux, une respiration sifflante ou des crépitements détectés lors de l'auscultation. Des signes de détresse respiratoire peuvent également être présents. Dans 80 % des cas, la bronchiolite est due au virus respiratoire syncytial (VRS).
- Pneumonies : Les pneumonies chez l'enfant peuvent être virales ou bactériennes, les pneumonies virales étant les plus fréquentes. Les virus les plus courants sont le virus respiratoire syncytial (VRS) et le virus de la grippe, qui peuvent provoquer des pneumonies virales graves. Les pneumonies bactériennes sont plus préoccupantes car elles peuvent être graves et entraîner des complications.
- Laryngite aiguë : La laryngite aiguë se manifeste typiquement par une toux rauque survenant en 2e partie de nuit. Il s’agit d’une infection fréquente pour laquelle on retrouve le plus souvent un contage infectieux dans l’entourage, une rhinorrhée les jours précédant la détresse respiratoire, une fièvre modérée. En cas de mauvaise tolérance, l’enfant peut présenter une dyspnée inspiratoire avec des signes de lutte respiratoires.
Facteurs de risque d'infections respiratoires
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infections respiratoires chez les enfants :
- Tabagisme passif : L'exposition à la fumée secondaire, même pendant la grossesse, peut augmenter le risque d'asthme et aggraver l'asthme chez les enfants exposés.
- Pollution de l'air : La pollution de l'air peut également contribuer aux infections respiratoires chez les enfants.
- Prématurité : Les bébés nés prématurément, en particulier ceux nés avant 33 semaines, sont plus susceptibles de développer des formes graves de bronchiolite.
- Maladies chroniques : Les nourrissons atteints de maladies chroniques telles que les cardiopathies, les maladies respiratoires ou les déficits immunitaires sont également plus à risque de développer des complications liées à la bronchiolite.
Signes d'alerte de détresse respiratoire
Il est essentiel de consulter un médecin si vous remarquez l'un des signes suivants chez votre enfant :
- Comportement inhabituel : Le bébé peut être plus fatigué que d'habitude ou gémir par intermittence lorsque sa respiration est plus rapide.
- Augmentation de la fréquence respiratoire : Cela peut faire creuser son thorax (le tirage). Une fréquence respiratoire supérieure à 60 respirations par minute chez un nourrisson est un signe d'alerte.
- Difficulté à s'alimenter : Le bébé peut moins bien boire et consommer moins de 50 % de sa quantité habituelle pendant trois repas consécutifs, car respirer demande trop d'efforts.
- Fièvre : Une fièvre plus ou moins bien tolérée, associée à une tachypnée (respiration très rapide) et à des signes de détresse respiratoire, nécessite un examen médical immédiat.
- Battement des ailes du nez : Les narines du nourrisson s'évasent à chaque respiration.
- Le thorax se creuse : Le thorax du nourrisson se rétracte lorsqu'il respire.
- Léthargie : Le bébé est mou, sans tonus et devient bleu.
- Pauses respiratoires : Le bébé arrête de respirer pendant de courtes périodes.
- Sifflements respiratoires : Un son aigu est émis lors de la respiration.
Diagnostic de la détresse respiratoire
Le diagnostic de détresse respiratoire aiguë chez le nourrisson et l'enfant est principalement clinique. Il repose sur l'évaluation des éléments suivants :
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- Tachypnée : Une respiration rapide, dont la fréquence doit être interprétée en fonction de l'âge de l'enfant.
- Temps de la dyspnée : Évaluation du temps de la dyspnée (inspiratoire, expiratoire ou aux 2 temps)
- Signes de lutte respiratoire : Tirage intercostal, battement des ailes du nez, utilisation des muscles accessoires de la respiration.
- Bruits respiratoires surajoutés : Stridor, cornage, wheezing.
L'interrogatoire et l'examen physique doivent permettre de caractériser avec précision la détresse respiratoire aiguë. L'interrogatoire doit préciser l'âge de l'enfant et les antécédents de maladie chronique connue comme l'asthme. Il doit également déterminer le mode d'apparition (brutal, sur quelques heures, quelques jours), les facteurs déclenchants (syndrome de pénétration, effort physique, exposition allergénique, contage infectieux, traumatisme) et les signes associés (fièvre, vomissements).
Premiers secours et prise en charge
Dès l'arrivée du médecin ou des secours, trois mesures sont nécessaires pour faciliter la respiration et permettre une bonne oxygénation :
- Positionnement : L'enfant doit être positionné au calme, en position demi-assise. En cas de détresse respiratoire, il ne doit jamais être positionné en décubitus dorsal.
- Désobstruction : Les voies aériennes supérieures doivent être libérées (aspiration nasopharyngée si nécessaire).
- Oxygénation : Si nécessaire, une oxygénothérapie avec pour objectif une SpO2 > 91 % doit être mise en place avec un support adapté.
L'examen clinique et la réalisation des gaz du sang permettent d'évaluer la nécessité d'une prise en charge réanimatoire. Dès la cause de la détresse respiratoire identifiée, un traitement spécifique doit être mis en place.
Traitements des infections respiratoires courantes
- Bronchiolite : Le traitement de la bronchiolite du nourrisson consiste essentiellement à traiter les symptômes : laver le nez avec du sérum physiologique ou un mouche-bébé afin de les désencombrer, veiller à faire baisser la fièvre si elle est mal tolérée. La kinésithérapie respiratoire, longtemps préconisée en France, est rarement pertinente selon les recommandations internationales.
- Pneumonie : Le traitement de la pneumonie diffère selon que celle-ci soit virale ou bactérienne. Si la pneumonie est d'origine virale, le traitement consiste à faire baisser la fièvre, à administrer de l'oxygène si besoin en hospitalisant l'enfant. Si la pneumonie est bactérienne, des antibiotiques seront prescrits.
Inhalation de corps étranger
L'inhalation d'un corps étranger doit être évoquée systématiquement devant une détresse respiratoire aiguë du nourrisson et de l'enfant. Le terrain le plus fréquent étant l'âge où les nourrissons portent tout à la bouche, 75 % des cas avérés sont chez des enfants entre 9 mois et 3 ans. Il s'agit le plus souvent de cacahuètes même si d'autres corps étrangers végétaux et des petits objets de jeux sont régulièrement retrouvés.
La présentation clinique la plus typique est le syndrome de pénétration. Au moment où le nourrisson ou l'enfant porte un corps étranger à sa bouche : suffocation, cyanose, toux quinteuse. Il s'ensuit une dyspnée qui varie en fonction de la localisation du corps étranger :
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- Inspiratoire si corps étranger laryngé
- Aux 2 temps si corps étranger trachéal
- Expiratoire si corps étranger bronchique
Si l'enfant suffoque (respiration bloquée), effectuer la manœuvre de Heimlich chez les plus de 1 an, 5 tapes dorsales douces chez les moins de 1 an. L'inhalation de corps étranger nécessite une hospitalisation pour surveillance, un avis spécialisé et la réalisation d'une endoscopie bronchique.
Prévention des infections respiratoires
Plusieurs mesures peuvent aider à prévenir les infections respiratoires chez les nourrissons :
- Vaccination : Assurez-vous que votre enfant est à jour dans ses vaccinations, y compris la vaccination contre la grippe.
- Éviter le tabagisme passif : Ne fumez pas à proximité de votre enfant et évitez les environnements où d'autres personnes fument.
- Hygiène des mains : Lavez-vous fréquemment les mains et apprenez à votre enfant à faire de même.
- Éviter les contacts avec les personnes malades : Évitez d'exposer votre enfant aux personnes qui présentent des symptômes d'infection respiratoire.
- Allaitement maternel : L'allaitement maternel peut aider à renforcer le système immunitaire de votre enfant.
- Vaccination pendant la grossesse : Les femmes enceintes peuvent se faire vacciner contre la coqueluche, la grippe et éventuellement la Covid pour protéger leur bébé. Depuis 2024, les femmes enceintes, éligibles à la vaccination, qui sont dans leur 8e mois de grossesse (entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée) et qui vont accoucher pendant la période « VRS » (de septembre à février) peuvent se faire vacciner. Ce vaccin se fait en une injection et peut être couplé avec les vaccins contre la grippe et la Covid. Il doit être décalé de 14 jours avec le vaccin contre la coqueluche (dTcaP). La mère vaccinée va transmettre les anticorps au bout de 14 jours. Le bébé naitra habituellement 2 mois après (40-41 SA), hors prématurité. Les anticorps transmis par le placenta grâce à la vaccination de la mère, permettent de protéger le nourrisson plus de 6 mois après sa naissance. Il faut cependant 14 jours au système immunitaire de maman pour produire ces anticorps. Cela peut poser problème en cas d’accouchement prématuré. Ceci explique qu’il doit être fait plus de 14 jours avant la date estimée d’accouchement pour être efficace.
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