Pierre Moscovici, figure marquante de la politique française et européenne, a connu un parcours riche et diversifié, tant sur le plan professionnel que personnel. Cet article explore les différentes facettes de sa vie, de son enfance marquée par l'histoire de ses parents à ses engagements politiques et familiaux.
Une union célébrée et l'arrivée d'un enfant
Le 13 juin 2015, Pierre Moscovici a épousé Anne-Michelle Bastéri à la mairie du VIe arrondissement de Paris. Cette union, célébrée par la maire de Paris Anne Hidalgo, avait rassemblé de nombreuses personnalités politiques et économiques, telles que Lionel Jospin, Marisol Touraine et Jacques Attali. Moins de trois ans plus tard, le couple a accueilli un petit garçon prénommé Joseph, né le 6 juin 2018.
Rencontre et mariage avec Anne-Michelle Bastéri
Pierre Moscovici et Anne-Michelle Bastéri se sont rencontrés alors que le politique de 60 ans était ministre de l’Économie et des Finances sous François Hollande. Anne-Michelle Bastéri, diplômée de l’ENA et alors âgée de 38 ans, était conseillère chargée des participations de l’État. Décrite par un ancien de Bercy comme « exubérante et femme fatale » mais aussi « bosseuse et consciencieuse », elle assure pourtant être « la personne la moins glamour du monde ». Un an après la rupture de Pierre Moscovici avec Marie-Charline Pacquot, chercheuse en philosophie, il épousait sa compagne originaire de l’île de beauté.
La paternité à 61 ans
Le 8 juin 2018, Pierre Moscovici est devenu papa pour la première fois à l'âge de 61 ans. La naissance de son fils Joseph est un événement heureux qui marque une nouvelle étape dans sa vie personnelle.
Parcours familial et héritage
Pierre Moscovici est le fils de Serge Moscovici, psychologue social de réputation internationale et cofondateur du parti des Verts, et de Marie Bromberg, psychanalyste réputée. Ses parents, tous deux issus de familles juives d'Europe de l'Est, ont été marqués par l'histoire du XXe siècle et ont transmis à leurs enfants une conscience aiguë des enjeux politiques et sociaux.
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L'enfance et l'héritage familial
Pierre Moscovici se définit comme un « fils de métèque », évoquant la figure tutélaire de son père, Serge Moscovici, arrivé à Paris de Roumanie en 1948 après avoir assisté à des pogroms. Il raconte sa jeunesse trotskiste, ses études à Nanterre, puis à Sciences Po et à l’ENA. Il fume des Craven A, a une longue chevelure bouclée et « un regard tendre derrière les yeux cernés ». Le soir, il sort aux Bains Douches ou chez Castel, et il « adore ça ».
Serge Moscovici et Marie Bromberg se sont séparés au début des années 1970. Les deux enfants vivent avec leur mère mais, en fait, ils vivent beaucoup avec eux-mêmes. Ils habitent un appartement dans le 17e arrondissement de Paris, où Marie Bromberg passe en coup de vent. Leur père est mort en novembre 2014 ; leur mère en octobre 2015. Quand on l'avait rencontré, en 2008, Pierre Moscovici disait que la seule chose qui pouvait l'empêcher de dormir la nuit était l'idée de la disparition de ses parents.
Les parents de Pierre Moscovici : Serge Moscovici et Marie Bromberg
Marie Bromberg est féministe et psychanalyste. Elle est fille de schmatologues. De vendeurs de vêtements polonais. Ses parents ont émigré en France en 1931. Marie Bromberg y est née en 1932. L'histoire de sa famille ressemble à celle racontée dans Les Eaux mêlées, de Roger Ikor. Le romancier sera d'ailleurs le professeur de Pierre Moscovici, au lycée Condorcet. « Mes grands-parents maternels étaient des Juifs non religieux et socialistes. Ils parlaient le yiddish mieux que le français. Ils étaient une caricature pour antisémites. » La famille s'installe dans le 11e arrondissement de Paris et fait fortune dans le tissu. La guerre éclate. Ils trouvent refuge notamment au Malzieu, en Aubrac, où ils échappent aux rafles. Le Malzieu est un lieu de résistance où sont nés la mère de la comédienne Sandrine Kiberlain, cousine de Marie Bromberg, et le professeur René Frydman, cousin par alliance. Marie Bromberg revient parfois, par bribes, sur ses années au Malzieu. Après la guerre, il faut se reconstruire. Sa mère est la dernière représentante de sa famille exterminée en Pologne ; son père se retrouve spolié et ruiné. Ils ne s'en sont jamais totalement remis. Les deux frères décrivent une femme intrépide, libre, courageuse.
Marie Bromberg se tourne vers la sociologie. Elle rencontre Serge Moscovici alors qu'il est son professeur. Ils se marient en 1955. Marie Bromberg entre au CNRS. Pierre Moscovici évoque l'engagement de ses parents. « Mes parents étaient à gauche. Mon père était anticommuniste et ma mère était proche du parti communiste. Ils avaient une méfiance commune pour les socialistes et notamment pour François Mitterrand. » Marie Bromberg signe le Manifeste des 121 contre la guerre d'Algérie, en 1960, et le Manifeste des 343 Salopes en faveur de l'avortement du Nouvel Observateur, en 1971. Elle fréquente Lévi-Strauss, Lacan, Merleau-Ponty ; traduit Freud ; cofonde deux revues (L'Écrit du temps et L'Inactuel). Marie Bromberg devient psychanalyste vers la fin des années 1960. Elle est une psychanalyste extrêmement réputée dont le cabinet ne désemplit pas. Le comédien Yvan Attal lui rend régulièrement hommage.
Serge Moscovici est né en 1925, en Roumanie, dans une famille juive appartenant à la bourgeoisie. Son père est marchand de grains. Serge Moscovici deviendra un psychologue social de réputation internationale et l'un des fondateurs du parti des Verts en 1980 avec Dumont et Lalonde. Serge Moscovici a connu, en Roumanie, l'antisémitisme, les rafles, les camps de travail, la famine, l'abandon des parents. Il est arrivé à Paris en 1947, à l'âge de 22 ans. Ses parents ont émigré en Israël. Il ne les voit pas, ne leur parle pas. Serge Moscovici se rendra pour la première fois en Israël à la mort de sa mère. Les deux frères n'ont jamais connu leurs grands-parents paternels. Pierre Moscovici a décidé de rester en bordure de l'histoire familiale.
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Parcours politique et engagements
Pierre Moscovici a occupé de nombreuses fonctions importantes au sein de la vie politique française et européenne. Il a été ministre de l'Économie et des Finances sous François Hollande, député du Doubs, commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et aux Douanes, et préside la Cour des comptes depuis 2020.
Les débuts en politique
Longtemps perçu comme un dandy dilettante, qui préférait les cafés de Saint-Germain-des-Prés aux réunions tardives, l’intéressé reconnaît qu’il a toujours vécu de manière clivée : absorbé par la politique (dont il lui arrive encore aujourd’hui de rêver la nuit), et cherchant sans cesse à s’en évader. « Pas un jour de ma vie je n’ai eu l’obsession de concourir à la présidence de la République », jure-t-il, arguant qu’il n’était pas prêt à « renoncer à toute intimité ».
Ancien collaborateur très proche de Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici est passé dans le camp de François Hollande après l’affaire dite « du Sofitel de New York ».
Ministre de l'Économie et des Finances
Pierre Moscovici a été ministre de l'Économie et des Finances sous la présidence de François Hollande. Durant son mandat, il a été confronté à la crise économique et a mis en œuvre des politiques de redressement des finances publiques.
Commissaire européen
En tant que commissaire européen, Pierre Moscovici a joué un rôle important dans la gestion de la crise de la dette en zone euro et dans la mise en place de politiques de relance économique.
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Président de la Cour des comptes
Depuis 2020, Pierre Moscovici préside la Cour des comptes, institution chargée de contrôler l'utilisation des fonds publics.
Positions et engagements
Pierre Moscovici se définit comme un homme de gauche, attaché aux valeurs de justice sociale, de solidarité et d'ouverture au monde. Il est un fervent défenseur de l'Europe et de la construction européenne.
Pierre Moscovici compte parmi ses romans préférés La Conscience de Zeno, d'Italo Svevo, imprégné du monde de la psychanalyse, de la culture de la Mitteleuropa, d'un humour distancié. « Mon père était indolent, oriental, doux. »
L'antisémitisme et la gauche
Pierre Moscovici s'exprime sur la question de l'antisémitisme et de sa place à gauche. Il déplore le virage à droite des juifs français et comprend les déceptions provoquées par des timidités, des ambivalences et des excès de la part de certains à gauche. Il pense évidemment à Jean-Luc Mélenchon, dont les positions le choquent profondément.
Il estime qu'il ne faut pas confondre toute la gauche avec Mélenchon et que le Parti socialiste a des positions claires sur la question, même si on les aimerait plus nettes. Il rappelle que le soutien envers le peuple juif, qui a été si souvent martyrisé dans l'histoire, fait aussi partie de l'ADN de la gauche.
L'avenir de la gauche et les enjeux contemporains
Pierre Moscovici s'interroge sur l'avenir de la gauche et les enjeux auxquels elle est confrontée. Il estime que la gauche doit renouer avec un discours « local » et « européen » et qu'elle doit intégrer les trois dimensions, nationale, locale et européenne.
Il considère que l'écologie est une orientation vitale pour la gauche et qu'il faut rendre la transition supportable pour les classes moyennes comme pour les plus démunis. Il estime également que la gauche doit traiter la question de l'immigration sérieusement, sans timidité, avec fermeté, tout en conservant ses valeurs.
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