Pierre Arditi, figure emblématique du cinéma et du théâtre français, s'est souvent confié sur sa relation complexe avec son fils, Frédéric, né en 1969 de son union avec la comédienne Florence Giorgetti. Ses déclarations, empreintes de regrets et de lucidité, offrent un aperçu poignant sur les défis de concilier une carrière artistique exigeante et les responsabilités parentales.
Un mea culpa lucide
Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Pierre Arditi a exprimé des remords quant à son rôle de père auprès de Frédéric. Il a reconnu ne pas avoir été suffisamment présent durant l'enfance de son fils, une période où il se consacrait pleinement à l'éclosion de sa carrière.
"Quand j'ai eu mon fils avec ma première femme, j'avais 24 ans. Elle aussi était actrice, donc on était en train de se fabriquer tous les deux", a-t-il expliqué. Cette situation a conduit à ce que Frédéric soit "bringuebalé entre les grands-parents paternels et les grands-parents maternels", une expérience qui l'a profondément marqué.
L'acteur a admis que son absence a créé des tensions, notamment durant l'adolescence de Frédéric : "Il nous en a voulus de l'avoir pratiquement abandonné. C'est un grand mot. On a toujours été là, mais on n'était pas présents."
Le dilemme carrière-famille
Pierre Arditi a souligné la difficulté de mener de front une carrière artistique prenante et une vie de famille épanouissante. "À un moment donné, il faut faire des choix. Soit on s'occupe à temps complet de l'enfant et à ce moment-là, on dit au revoir à la carrière, soit on essaie de faire cohabiter les deux et c'est difficile, honnêtement."
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Ce dilemme a engendré chez lui "une culpabilité profonde pendant des années et des années". Malgré l'amour qu'il portait à son fils, les exigences de son métier l'ont souvent éloigné du foyer familial. "On l'adore, sa mère et moi, mais nous étions très jeunes comédiens. Il fallait se fabriquer, partir jouer en province… Que voulez-vous que je vous dise ? À un moment donné, il a été bringuebalé entre ses grands-parents maternels et paternels."
La rédemption et la relation actuelle
Aujourd'hui, Pierre Arditi affirme avoir surmonté cette période difficile et avoir renoué des liens forts avec son fils. "Il y a prescription maintenant, c'est arrangé", a-t-il confié. Il se dit fier de la relation qu'il entretient avec Frédéric, qu'il considère toujours comme un enfant malgré ses 56 ans. "On s'embrasse et je le regarde comme si c'était un petit enfant. Je rattrape le temps perdu", a-t-il admis.
Dans sa biographie "Né pour jouer, ses vérités", parue en novembre 2024, Pierre Arditi se décrit comme "l'un des assassins de [son] propre fils", reconnaissant qu'il n'a "pas reçu ce qu'un enfant attend normalement de son père et de sa mère". Il assume ne pas avoir été très présent pour Frédéric, et que "souvent, il devait aller seul au lit et pleurait parce que sa mère ne venait pas l'embrasser sur le front".
Frédéric Arditi : un artiste peintre
Contrairement à ses parents, Frédéric Arditi n'a pas choisi de suivre une carrière dans le spectacle. Il s'est tourné vers les arts visuels, devenant artiste peintre, un choix influencé par son grand-père paternel, Georges Arditi. "Son héros, c'est son grand-père, qui d'ailleurs lui a dit : 'tu seras peintre'", a expliqué Pierre Arditi.
Frédéric a suivi des études de design et d'art graphique, et son travail artistique témoigne d'une sensibilité et d'une créativité indéniables.
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Un regard sur la paternité
Pierre Arditi a souvent partagé sa vision nuancée de la paternité. "Il n'y a pas de bons parents, ça n'existe pas", a-t-il déclaré. Il estime que chaque parent fait de son mieux avec les outils dont il dispose, mais que l'idéal parental est difficile à atteindre.
Il a également souligné l'importance de reconnaître ses erreurs et d'assumer ses responsabilités. "On a payé cher notre absence", a-t-il reconnu. "Quand on voulait parler avec mon fils, il fallait l'appeler parce que lui n'appelait plus. Il disait 'Moi, il n'y a pas de problème, je suis ravi de vous voir mais je n'appelle pas.'"
Belle-fille et petits-enfants
Si Pierre Arditi a connu des difficultés avec son rôle de père, il semble avoir trouvé un épanouissement dans son rôle de beau-père auprès de Salomé Lelouch, la fille du réalisateur Claude Lelouch et d'Alessandra Martines, qu'il considère comme sa propre fille.
Il est également un grand-père comblé, notamment depuis la naissance de Gabrielle, la fille de Salomé. "Ma relation avec cette jeune fille de 11 ans est délicieuse", a-t-il confié. "Mon fils, lui, n'a pas d'enfant ce con ! Mais ce n'est pas à 56 ans que je vais lui dire ce qu'il doit faire."
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