La grossesse est une période de profonds changements et d'attentes joyeuses, mais elle peut aussi être source d'anxiété, notamment en ce qui concerne l'accouchement. Avoir peur d’accoucher, parfois même avant d’être enceinte, est une crainte assez répandue chez les femmes. Il est essentiel de comprendre et de gérer ces peurs pour vivre la naissance de votre bébé le plus calmement et le plus sereinement possible, afin de faire de cet événement un moment unique et inoubliable. La future maman ne doit pas seulement être en forme physiquement, sa bonne santé psychologique est également fondamentale.
Comprendre les peurs liées à l'accouchement
De nombreuses jeunes femmes communiquent sur les réseaux sociaux leurs inquiétudes liées à la grossesse et à l’accouchement. D'après Karine Mayer, psychologue spécialisée en périnatalité et en infertilité, cette peur de l’accouchement est assez répandue. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cette angoisse. Il s’agit plutôt d’une inquiétude, parfois latente, mais assez normale. Les femmes craignent que cela se passe mal, s’interrogent sur la manière dont un enfant peut passer par leur vagin… Et puis, forcément, la crainte que ça tourne mal, pour elle ou pour l’enfant, est largement compréhensible. À ces inquiétudes, peut s’ajouter celle d’être victime de violences obstétricales ou encore qu’on ne respecte pas leur choix, complète la psychologue. Une crainte amplifiée par le fait qu’elles se sentent particulièrement vulnérables à ce moment-là.
Lucie Joly, psychiatre spécialisée en périnatalité, souligne que ce qui domine souvent, c’est la peur de l’inconnu, la peur de perdre le contrôle ou encore la peur de la douleur. Parfois, les femmes craignent de mourir ou de perdre leur bébé. Des inquiétudes qui sont bien souvent renforcées par les histoires véhiculées par les médias ou leur entourage. Certaines préfèrent alors demander une césarienne, car elles ont l’impression de rester davantage dans le contrôle.
Il est important de noter que la peur de la douleur, la difficulté à la gérer ou encore de perdre le contrôle sur ses émotions est absolument humaine et normale.
L'impact des récits d'accouchement
Si votre mère ou votre tante vous raconte les complications liées à leur accouchement, notamment lorsque vous êtes jeunes, cela peut générer des inquiétudes chez les femmes, explique Karine Mayer. Par ailleurs, le rôle de notre culture commune est important. Dans les films, une représentation très caricaturale de ce moment est promue. Très souvent, l’accouchement est un prétexte à la mise en scène d’un drame. Ça n’aide pas à démystifier ce moment.
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Les femmes qui ont vécu des accouchements exceptionnels sont souvent plus susceptibles de venir les raconter que les autres. J’ai envie d’entendre plus de récits de femmes qui viennent d’accoucher. Et pas uniquement dans leur dimension logistique (la durée, les interventions…) mais aussi savoir ce qu’elles ont ressenti et pensé.
Stratégies psychologiques pour un accouchement serein
Face à ces peurs, il existe de nombreuses stratégies pour aborder l'accouchement avec plus de sérénité.
Information et préparation
Une femme avertie en vaut deux, donc s’informer le plus possible sur le sujet, c’est déjà une bonne idée. Selon son lieu d’habitation, on peut aussi plus ou moins choisir le lieu où l’on va accoucher. Se renseigner sur les maternités, leurs pratiques, poser des questions pendant la visite à l’équipe, etc. Y a-t-il une salle “nature” (avec des ballons, une baignoire, etc.) ? Quels sont les taux d’épisiotomie et de césarienne pratiqués ? Combien de naissances y a-t-il par an dans cette maternité ? A-t-on la possibilité de choisir sa posture pour accoucher, etc. On peut ensuite en faire une version écrite qui va être versée dans le dossier médical.
« La bonne nouvelle, c’est que les pratiques des maternités évoluent dans ce sens-là et les pratiques d’enseignement aussi », assure Isabelle Derrendinger qui précise aussi que certains gestes sont désormais interdits comme l’expression abdominale (le fait d’appuyer fortement sur le ventre de la femme pendant la poussée). Si une femme n’est pas satisfaite de ce que la sage-femme ou le médecin lui propose, elle peut l’exprimer. Si elle souhaite boire par exemple - conformément aux recommandations actuelles en faveur de l’hydratation pendant le travail- et qu’on lui oppose un refus sans qu’il soit fondé, elle peut demander à en parler avec un tiers médiateur : sage-femme coordinatrice, médecin-chef… Même si le mieux, c’est quand même d’avoir discuté de ça en amont lors d’un rendez-vous prénatal.
Suivi prénatal et accompagnement
Pour Karine Mayer, c’est la raison pour laquelle il est crucial de bénéficier d’un bon suivi prénatal. « Dans l’idéal, je recommande aux femmes angoissées par l’accouchement d’envisager un suivi individuel avec une sage-femme, à qui elles seront libres de poser toutes les questions qui les inquiètent.
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Après des violences obstétricales, il y a trois réparations à mener. La première est corporelle en passant par l’ostéopathie, la sophrologie, etc. Pour se réapproprier son corps et ne pas rester avec ses douleurs. La seconde est psychologique en se faisant accompagner par un professionnel pour mettre en mots et accepter le souvenir qu’on a de la naissance.
Le conseil de la psychologue : être actrice de sa grossesse, de son accouchement, notamment en rédigeant un projet de naissance à destination de l'équipe médicale.
Techniques de relaxation et de gestion du stress
Dans le cas d’une angoisse latente, je préconise le plus souvent la méditation, confie Karine Mayer. En effet, celle-ci permet de se projeter dans l’accouchement et de se sentir moins angoissée le moment venu. La sophrologie est également indiquée, et de nombreuses sage-femmes la pratiquent dans le cadre des cours de préparation à la naissance. Elles permettent de revenir au corps et de gérer la douleur plus facilement. Au sein de l’unité de psychiatrie périnatale dont elle est responsable, Lucie Joly explique que les professionnels de santé ont de plus en plus recours aux exercices de cohérence cardiaque. « L’avantage de cette méthode est qu’il s’agit d’une technique ayant un effet anxiolytique de fond, précise la psychiatre. De plus, on a constaté que l’effet était encore plus bénéfique sur les femmes enceintes que sur celles qui ne le sont pas. » En parallèle, la professionnelle de santé préconise des espaces de parole réguliers qui peuvent réellement soutenir la femme en passe de devenir mère.
Chaque fois que nous émettons des sons, nous augmentons le taux d’endorphines, hormones du plaisir, dans notre corps. Ce mécanisme psycho-phonétique est à la base d’une technique servant à soulager les douleurs de l’accouchement. Connaissez-vous la technique de l’hypnose pour se détendre ? Des stars comme Kate Middleton y ont déjà eu recours. Dans certains hôpitaux, les anesthésistes proposent également des techniques d’hypnose conversationnelle. Celle-ci consiste à l’établissement d’une « safe-place » que les femmes concernées pourront rejoindre au moment où l’angoisse se fera trop débordante. Par ailleurs, la technologie semble s’emparer de cette question. En effet, la diversion semble être une technique efficace pour faire face à ses angoisses. Bien qu’ils ne soient pas encore démocratisés dans les maternités, les casques de réalité virtuelle peuvent être de précieux alliés pour gérer la peur liée à l’accouchement.
Le rôle du partenaire et de l'entourage
En-dehors de la sphère médicale, certaines personnes peuvent jouer un rôle bénéfique durable sur les angoisses de la femme enceinte. Le rôle du conjoint et de la famille est, en effet, primordial pour aider la future mère à dédramatiser. « Très souvent, le partenaire est écarté de la prise en charge à la maternité, rapporte Lucie Joly. D’après moi, c’est une erreur, car il peut remplir un rôle important au fil de la grossesse et à l’approche de l’accouchement. La naissance est un projet commun. La préparation à la naissance est donc une période importante, qu’il faut considérer avec beaucoup de sérieux.
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Gérer la tokophobie
Si la peur de l’accouchement touche approximativement 20 à 25 % des femmes, dans 10 % des cas, cela s’apparente à une pathologie : la tokophobie. Le terme provient du grec « tokos », l’accouchement, et « phobos », la peur, littéralement « phobie de l'accouchement ». Il est important que cette phobie de l'accouchement soit traitée, car l’anxiété anténatale est très nocive pour le corps de la future maman. En effet, en cas d’exposition à un grand niveau de stress, les femmes peuvent craindre un accouchement prématuré. L’angoisse a un effet sur les paramètres obstétricaux. « Bien souvent, ce sont des femmes qui ont vécu des traumatismes qui souffrent de cette forme sévère de crainte de l’accouchement, exprime la psychiatre. Elles ont le plus souvent subi des abus sexuels ou des viols. » Karine Mayer complète : « Les femmes qui souffrent de cette pathologie ont déjà d’autres phobies connues ou différentes sortes de troubles psychologiques ou psychiatriques.
Accouchements traumatiques antérieurs
Deuxième ou troisième bébé… Les obstacles peuvent être difficiles à gérer pour les femmes qui ont déjà vécu un premier accouchement traumatisant. En tout, 20 % des femmes se retrouvent dans des situations d’accouchements traumatiques au cours de leur vie. Dans ces cas, une thérapie EMDR peut être envisagée. Il s’agit d’une thérapie par mouvements oculaires qui permet de cibler la mémoire traumatique et d’agir dessus. Parmi toutes ces techniques, auxquelles s’ajoutent encore le yoga et la relaxation, la clé est que la patiente se sente à l’aise avec la méthode mobilisée.
Importance de la communication et de la verbalisation
N’hésitez pas à sélectionner le professionnel de santé qui assurera votre suivi avec précaution, afin que vous vous sentiez à l’aise pour poser toutes vos questions. « Trop souvent, les femmes ne s’autorisent pas à verbaliser leurs angoisses et leurs questionnements, confirme Lucie Joly. Aujourd’hui, la parole se libère un peu, mais il est nécessaire de verbaliser systématiquement les difficultés auxquelles ces femmes sont exposées. Évidemment, le mythe de l’instinct maternel et les injonctions qui entourent la grossesse et l’accouchement peuvent enfermer les femmes dans leurs inquiétudes et les isoler. Mais les professionnels de santé sont là pour rassurer et soutenir la future mère, quels que soient les motifs de ses angoisses. Le maître-mot ?
Techniques supplémentaires
Bien que cela puisse sembler anecdotique, certaines personnes s'intéressent à l'influence de la lune sur l'accouchement. Vous allez accoucher en 2017 ? Consultez le calendrier lunaire et faites vos prévisions ! Dans cet article nous vous expliquons en quoi la lune peut influencer l'accouchement.
Il est également important de se rappeler que chaque accouchement est unique. « Ce qui se passe dans une histoire de naissance, c’est un événement extrêmement singulier, même pour les femmes qui ont plusieurs enfants.
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