La variole du singe, ou mpox, est une maladie infectieuse émergente causée par le virus mpox, un virus à ADN double brin de la famille des Poxviridés et du genre Orthopoxvirus. Bien que le virus ait été isolé pour la première fois chez des singes en 1958, le réservoir principal du virus est constitué de rongeurs africains. Des flambées épidémiques localisées ont été régulièrement observées en Afrique centrale et de l’Ouest ces dernières années. L'arrêt de la vaccination antivariolique au début des années 1980, suite à l’éradication mondiale de la variole humaine, a contribué à l'émergence du mpox.
Transmission du mpox
Le mpox se transmet à l’humain à partir des rongeurs, notamment les écureuils de forêt ou les rats de Gambie en Afrique. Toutefois, le réservoir animal n’a pas encore été formellement identifié. La transmission interhumaine se produit principalement par contacts cutanés et muqueux étroits, répétés et/ou prolongés. La transmission indirecte par les surfaces ou les objets contaminés par les lésions cutanéo-muqueuses des patients est également possible. Le virus se transmet aussi par les gouttelettes respiratoires (paroles en face à face, baiser).
Symptômes du mpox
Les symptômes du mpox durent généralement de 2 à 4 semaines et la personne malade guérit en général spontanément. Cependant, des complications peuvent survenir, telles que des surinfections cutanées, une septicémie, des encéphalites ou des atteintes cornéennes, pouvant mener à des formes graves de la maladie.
Les symptômes se manifestent en deux phases :
Période invasive : Elle se caractérise par de la fièvre (supérieure à 38°C), des maux de tête, des frissons, des douleurs musculaires aiguës (crampes), une fatigue inhabituelle et une augmentation des ganglions situés autour des oreilles, dans le cou et la nuque.
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Période éruptive : Elle se manifeste par des lésions cutanées et muqueuses, notamment sur les paumes et les plantes de pieds, le visage et le cuir chevelu. Ces lésions passent par plusieurs stades : macules, papules, vésicules, pustules puis croûtes. Les lésions cutanées provoquent des démangeaisons. La guérison se fait en 2 à 4 semaines, avec la formation de croûtes qui disparaissent ensuite.
Variole du singe chez le nourrisson
Bien que la variole du singe soit généralement bénigne, il existe un risque de formes plus graves chez le très jeune enfant avant 2 ans, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Symptômes spécifiques chez l'enfant
Les symptômes chez l'enfant sont similaires à ceux observés chez l'adulte, mais des complications peuvent survenir plus fréquemment :
- Éruption majeure (plus de 100 vésicules) pouvant se surinfecter
- Problèmes digestifs ou ORL (avec compressions locales)
- Atteinte des yeux (atteinte cornéenne)
- Complications neurologiques (signes encéphaliques)
- Formes graves au niveau pulmonaire (pneumopathie)
Cependant, ces complications restent rares et inférieures à 10% dans les cas observés à travers le monde.
Cas pédiatriques lors de l'épidémie de 2022
Lors de l'épidémie de 2022, une série espagnole de 16 cas de moins de 18 ans a été rapportée, comprenant 12 adolescents (9 contaminés dans un salon de tatouage et piercing, 3 par contact sexuel) et 4 enfants (3 cas contacts familiaux et un enfant dont le mode de contamination n’est pas connu). En France, dix cas pédiatriques ont été répertoriés par Santé Publique France ; pour la moitié des cas, un contact avec un adulte infecté était connu.
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Diagnostic
Le diagnostic du mpox est réalisé d’abord cliniquement par des médecins spécialisés (infectiologues, dermatologues). Le diagnostic biologique est confirmé par une PCR après écouvillonnage des croûtes ou du liquide de bulles, ou de la gorge en cas d’atteinte muqueuse. Les prélèvements doivent être effectués dans des conditions strictes, idéalement dans un laboratoire de type « P3 », pour éviter de propager la maladie.
Traitement
Il n’existe pas de traitement spécifique à la variole du singe. En général, les symptômes disparaissent sans traitement. Il est recommandé de laisser sécher les éruptions cutanées à l’air libre, si possible.
Un agent antiviral, le Tecovirimat, initialement conçu pour le traitement de la variole, a été utilisé pour le traitement du mpox lors de l’épidémie de 2022-2023. Ce traitement n’est indiqué que dans les formes sévères de la maladie, et est administré le plus précocement possible pour une durée de 15 jours par voie orale. Il y a un risque de formes plus graves chez le très jeune enfant avant 2 ans, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, pour lesquels un traitement est disponible.
Prévention
Dans les zones endémiques (en Afrique), la principale stratégie de prévention du mpox consiste à limiter les interfaces humains/faune sauvage, donc sensibiliser et informer les populations aux facteurs de risque de transmission zoonotique (par les animaux) et ainsi diminuer les risques de transmission de l’animal vers l’humain.
Les vaccins antivarioliques, employés dans le cadre du programme d’éradication de la variole dans les années 1970, offrent une protection croisée contre le mpox. Certains pays proposent un vaccin aux personnes susceptibles d’être à risque, comme les personnels de laboratoires, les agents de santé, etc.
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Il n’y a pas de vaccin spécifique à la Monkeypox. Ce vaccin de 3e génération s’apparente plus ou moins à un vaccin inactivé (virus tué).
Vaccination des enfants contacts
La vaccination des enfants contacts n'est pas systématiquement recommandée pour différentes raisons :
- Le risque de transmission intrafamiliale est faible, si les conditions d’hygiène sont maintenues.
- Aucune étude n’a été publiée sur la tolérance du vaccin chez l’enfant. Cependant, la nature du vaccin (vaccin non-réplicatif) et quelques expériences cliniques antérieures avec ce type de vaccin sont rassurantes.
Le vaccin utilisé est un vaccin contre la variole dit de 3ème génération, développé après l’éradication de cette maladie, notamment par crainte de bioterrorisme (Vaccine Modified Ankara ou VMA). C’est un vaccin non réplicatif qui rentre dans les cellules, exprime ses antigènes et suscite une immunité sans être capable de se multiplier dans les cellules humaines. De ce fait, il est beaucoup mieux toléré que le vaccin variole historique et est théoriquement administrable aux immunodéprimés, aux jeunes nourrissons ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.
Évolution de l’épidémie
La fréquence des flambées épidémiques, et leurs tailles dans les populations humaines, ont régulièrement augmenté ces dernières années. Cependant, d’autres facteurs, qui ont été sujets à une évolution ces 30 dernières années, sont également impliqués : changements majeurs d’usage des terres, déforestation massive, urbanisation croissante, destructions d’habitat de faune sauvage, pertes de biodiversité.
L’épidémie de cas d’infections à la variole du singe a débuté en mai 2022. Au 1er septembre 2022, 3 646 cas confirmés ont été recensés en France. La tendance est à la baisse rapide (comme dans tous les pays occidentaux) et le gros de l’épidémie semble derrière nous. Cette baisse est probablement la conséquence des changements de comportement dans la population à risque et de la campagne de vaccination.
Mesures à prendre en cas de suspicion de mpox chez un enfant
Si un enfant présente des symptômes évoquant le mpox (fièvre, éruption cutanée), il est important de consulter rapidement un médecin. L'Agence Régionale de Santé (ARS) préconise de :
- Surveiller l’apparition de symptômes (fièvre, éruption cutanée) et solliciter le 15 en cas de besoin.
- Se voir proposer une consultation afin de faire bénéficier à l’enfant d’une vaccination si celle-ci est jugée nécessaire par le médecin.
L’ARS précise que si un enfant ne présente pas de symptômes, il n’y a pas de risque de contagion et donc pas lieu d’isoler ou adapter les activités de l’enfant et des autres membres de la famille.
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