L'endométriose, une maladie chronique touchant environ deux millions de femmes en France, se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (endomètre) en dehors de l'utérus. Cette condition peut entraîner des douleurs intenses, de l'infertilité et d'autres complications. Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif, diverses approches visent à atténuer les symptômes et à améliorer la qualité de vie des patientes. Cet article explore les liens potentiels entre l'endométriose et l'interruption volontaire de grossesse (IVG), les risques associés, ainsi que les approches de prise en charge.
Comprendre l'endométriose
L'endométriose se manifeste lorsque les cellules de la muqueuse utérine migrent et se développent sur d'autres organes, tels que les ovaires, les trompes de Fallope, la vessie ou le rectum. Le docteur Érick Petit, radiologue et responsable du centre de l’endométriose à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, explique que cette maladie démarre dès les premières règles et ne cesse de se développer qu’à la ménopause. Le diagnostic peut prendre en moyenne 10 ans. Les femmes atteintes peuvent ressentir des douleurs intenses. La recherche ayant 10 ans de retard, d’après Érick Petit, il n’existe à ce jour aucun traitement pour en guérir. On peut seulement en atténuer les effets.
Les symptômes de l'endométriose varient considérablement d'une femme à l'autre, mais peuvent inclure :
- Douleurs pelviennes chroniques, souvent exacerbées pendant les règles
- Douleurs pendant les rapports sexuels
- Fatigue
- Infertilité
- Troubles digestifs (ballonnements, constipation, diarrhée)
- Saignements irréguliers
IVG : Procédure et Complications Possibles
Les IVG constituent généralement des interventions sécurisées. Le risque de problèmes ou de complications pendant ou après un avortement est par conséquent très faible. Au cas où des complications graves se présenteraient malgré tout, les cliniques bénéficient du soutien immédiat d’un hôpital.
Les complications possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :
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- Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention
- Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention)
- Infections
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle
Saignements Prolongés
Si des saignements prolongés ou abondants se produisent après un avortement, cela est généralement dû à la présence dans l’utérus de tissus restés en place malgré l’intervention ou l’IVG médicamenteuse. Si ces tissus résiduels ne sont pas expulsés spontanément, une nouvelle intervention devra être réalisée afin de les éliminer. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
Saignements Excessifs ou Lésions de l’Utérus
Dans de rares cas (< 0,2 %), des pertes de sang excessives surviennent pendant ou immédiatement après un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre de la grossesse (à partir de 13 semaines). Des lésions de l’utérus ou des problèmes de coagulation sanguine peuvent être à l’origine de cette complication. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut alors s’avérer nécessaire.
Infections
L’intervention est réalisée dans des conditions d’hygiène telles que le risque infectieux est très faible. Par précaution supplémentaire, des antibiotiques peuvent être prescrits pour prévenir les infections. Si, après l’intervention, vous avez de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut en informer immédiatement votre médecin traitant au plus vite.
Pour éviter toute infection, il est recommandé de ne rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention, c’est-à-dire :
- Ne pas utiliser de tampons
- Ne pas avoir de rapports sexuels
- Ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée)
- Ne pas faire de douche vaginale
Test de Grossesse Positif Lors de la Consultation de Contrôle
La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG médicamenteuse est d’environ 5 à 6 %. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG chirurgicale par aspiration est d’environ 1 à 2 %. Dans ces cas, le médecin décide, en concertation avec la patiente, de recourir à un traitement médicamenteux supplémentaire ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
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Endométriose et Fertilité Après IVG
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine.
Lien Entre Endométriose et Fausses Couches
L’endométriose provoquerait une augmentation des risques de fausse couche. Ainsi, presque un tiers des femmes qui souffrent de cette pathologie gynécologique inflammatoire à l’origine de terribles douleurs seraient victimes d’une fausse couche.
C’est ce qu’ont montré des médecins de l’hôpital Cochin (Paris) dans une étude dont les résultats sont parus dans la revue scientifique Human Reproduction.
En analysant les questionnaires remplis par 750 patientes avant une opération gynécologique mineure, les chercheurs ont constaté que les femmes chez qui l’endométriose avait été détectée lors de l’intervention chirurgicale étaient 29 % à connaître un avortement spontané, contre 19,4 % chez les sujets non-endométriosiques.
Et une fois les chiffres ajustés en laissant de côté les facteurs extérieurs pouvant favoriser une fausse couche, le pourcentage passe à 19,6 % pour les femmes atteintes d’endométriose et à 12,3 % chez les sujets sains.
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L’écart le plus flagrant a été relevé par les scientifiques chez les femmes ayant précédemment présenté des problèmes de fertilité pendant au moins un an. Dans ce groupe, c’est la moitié des femmes souffrant d’endométriose qui sont victimes d’un avortement spontané, contre 30 % des femmes non-malades.
Effets Indésirables et Complications Après IVG
Au cours ou après une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse ou instrumentale, certains effets indésirables ou complications peuvent survenir. Les connaître permet de savoir comment réagir.
Effets Indésirables Après IVG Médicamenteuse
Les effets indésirables qui surviennent le plus fréquemment pendant la réalisation d’une IVG médicamenteuse sont les douleurs. Leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier (la mifépristone). Des antidouleurs vous seront systématiquement prescrits à l’avance afin que vous puissiez les prendre dès l’apparition de douleurs.
Des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) peuvent également survenir. S'ils ont lieu dans les 30 minutes qui suivent la prise du misoprostol, prenez contact avec le médecin ou la qui vous suit pour l’IVG car il peut être nécessaire prendre un nouveau comprimé.
Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles accompagnent toujours l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements ne sont pas la preuve de l’expulsion complète de la grossesse ; il est donc indispensable de réaliser une visite de suivi deux à trois semaines après l’IVG pour s’assurer que la grossesse est bien interrompue. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.
Les complications après une IVG médicamenteuse sont rares. Une hémorragie ou une peuvent survenir notamment si la grossesse n’a pas été complètement expulsée : Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs de ces /signes, vous devez alors rapidement contacter le professionnel qui vous a prise en soin pour l’IVG, car cela peut être un signe de :
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C
- Des pertes très abondantes de sang
- De très fortes douleurs abdominales
- Un malaise
Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours suivant l’IVG.
Effets Indésirables Après IVG Instrumentale
Des lésions au niveau du col de l’ ou de la paroi utérine liées à l’intervention sont des complications très peu fréquentes. Des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergies aux produits d’anesthésie par exemple) tout comme pour toute autre intervention. Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
Les complications après l’intervention sont les mêmes que pour l’IVG médicamenteuses : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs de ces symptômes/signes, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication:
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C
- Des pertes très abondantes de sang qui peuvent être le signe d’une hémorragie
- Un malaise
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs
Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours suivant l’IVG.
Quand Disparaissent les Symptômes de Grossesse Après une IVG ?
Les symptômes de grossesse (fatigue persistante, nausées ou sensibilité des seins) disparaissent quelques jours après l’IVG médicamenteuse ou chirurgicale. Si ces symptômes persistent au-delà de sept jours, consultez le professionnel de santé qui a réalisé l’IVG. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est l’échographie réalisée lors de la consultation de contrôle qui permet de confirmer l’arrêt de la grossesse.
Soutien Psychologique Après une IVG
Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Thérapies Alternatives et Endométriose : Une Mise en Garde
Face à la complexité de l'endométriose et au manque de traitements curatifs, de nombreuses femmes se tournent vers des thérapies alternatives. Selon une analyse préliminaire de l’étude ComPaRe sur l’endométriose lancée en 2019 par Marina Kvaskoff, épidémiologiste à l’Inserm à l'hôpital Paul-Brousse à Villejuif, 80 % des femmes atteintes d’endométriose ayant répondu à l’enquête ont eu recours au moins une fois à une pratique alternative comme l’ostéopathie, le yoga, la méditation ou la sophrologie.
Cependant, il est crucial d'aborder ces approches avec prudence et discernement. Certaines pratiques, bien que potentiellement bénéfiques pour la gestion de la douleur et du stress, peuvent être coûteuses et ne reposent pas toujours sur des preuves scientifiques solides. De plus, certaines théories véhiculées par des praticiens non médicaux peuvent être infondées, voire nuisibles.
La Miviludes, l’organisme chargé de lutter contre les dérives sectaires, relève pour la deuxième année consécutive que les stages de “Féminin sacré” présentent des risques de dérives. Elle souligne qu'il est recommandé que le dépôt de la parole liée à un événement traumatique se fasse auprès d’un professionnel qui saura assurer l’écoute et l’accompagnement de la personne. Or, durant ces stages, il est affirmé que si une femme a des règles douloureuses, c’est qu’elle n’est pas ‘en accord avec sa nature profonde de femme’, la rendant ainsi responsable de sa souffrance.
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