Le Doudou de Mons, plus qu'une simple fête, est une immersion dans un patrimoine vivant, un rituel ancestral où se mêlent ferveur populaire, légende médiévale et procession religieuse. Inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2005, la Ducasse de Mons, dont les origines remontent au XIVe siècle, est un événement incontournable pour les Montois et attire des visiteurs du monde entier. Elle se déroule chaque année le week-end de la Trinité.

Origines et Histoire du Doudou

Les origines du Doudou remontent au Moyen Âge. Selon la tradition, cette procession annuelle est en l’honneur de sainte Waudru, qui aurait sauvé la ville de la peste. Au départ intégré dans cette procession, une confrérie à Saint Georges y joue un Mystère, théâtre religieux du Moyen Âge, représentant le combat contre le dragon. Ce jeu de Saint Georges, nourri par les légendes locales, va prendre de plus en plus de place jusqu'à y être retiré par l'édit des kermesses promulgué par l'empereur d'Autriche. Le combat du dragon reviendra ensuite en trouvant son propre espace et son propre public, jusqu’à devenir aujourd’hui le célèbre Lumeçon qui se déroule l’après-midi sur la Grand-Place, distinct de la procession du matin.

Les racines locales racontent qu’un croisé montois, Gilles de Chin, aurait rapporté de ses campagnes une tête de dragon, en réalité une tête de crocodile du Nil. Il racontait aussi ses combats avec des dragons, notamment dans les marais de Wasmes, à quelques kilomètres de Mons.

Les Quatre Moments Clés du Doudou

Cette tradition multiséculaire comporte aujourd'hui quatre moments forts :

La Descente de la Châsse

Le samedi soir, la descente de la châsse des reliques de sainte Waudru marque le début du Doudou. Elle fait l'objet d'une émouvante cérémonie, le samedi soir, dans la collégiale qui porte son nom. A travers cette séance solennelle, le Doyen confie au Bourgmestre les reliques de la sainte afin de les processionner le lendemain dans les rues de la ville. Cette tradition est scellée par l'air du Doudou entonné avec ferveur par toute l'assistance. Cet air sera scandé tout au long des festivités.

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La Procession du Car d'Or

Le dimanche matin, la châsse est posée sur un char d'apparat, le Car d'Or. Le dimanche matin, la Procession du Car d’Or anime les rues de la ville de Mons. Les reliques de Sainte Waudru sont portées par le fameux Car d’Or, charriot doré à la feuille et tiré par six chevaux. Au son des cloches et des chants, le reliquaire de sainte Waudru, patronne de la ville, sont portées à travers les rues, accompagné de nombreuses confréries folkloriques en costumes d'époque. Quelque mille cinq cents participants, répartis en une soixantaine de groupes, défilent en costumes d'époque. Ils reconstituent les confréries et les corporations qui, depuis le Moyen Âge, ont fait la richesse et la puissance de la capitale hainuyère.

La Montée du Car d'Or

À la fin du parcours de la Procession, le public se rassemble massivement derrière le Car d'Or. Dans l'enthousiasme général, des milliers de mains hissent alors l'attelage au sommet du raidillon pavé qui longe la collégiale. Le point d'orgue de cette procession est évidemment la montée du Car d'Or, où les reliques doivent remonter la Rampe Sainte Waudru, jouxtant la collégiale. Tirée par les chevaux et poussée par les montois, réunis en grand nombre, le Car d'Or doit remonter d'une seule traite la rue raide. Si elle n'y arrive pas, la légende dit que le Car d'Or doit gravir d'un seul élan la rampe pour éviter le malheur à la ville. La Montée ne dure qu'une vingtaine de secondes. Elle est à ce point intense, qu'elle se ponctue dans une vibrante clameur du public.

Le Combat du Lumeçon

Les reliques de sainte Waudru ont à peine regagné la collégiale que, déjà, saint Georges se prépare à affronter le Dragon. Il est accompagné des personnages du Lumeçon : Diables et Chins-Chins, Hommes Blancs et Hommes de Feuilles, Pompiers, Policiers en casques blancs ou bleus. Il est environ 12h30. Les acteurs du Combat entament alors la descente triomphante de la collégiale vers la Grand-Place (appelée la " descente de la rue des Clercs "). Face à l'Hôtel de Ville, des milliers de personnes se sont déjà amassées. Elles sont avides d'arracher le crin porte-bonheur qui termine la queue " d'el biète ", le Dragon. Arrivé au cœur de la Place, saint Georges, entouré des personnages du Jeu, combat le Dragon (d'abord à la lance et au sabre ; finalement au pistolet). Ce sera une demi-heure d'intense exaltation rythmée par le son frénétique du " Doudou ".

Le dimanche après-midi se déroule le Lumeçon, moment central et spectaculaire du Doudou. Sur la Grand-Place de Mons, transformée pour l'occasion en véritable arène, se joue le combat symbolique opposant Saint Georges au dragon. Ce rituel, transmis de génération en génération, suit une chorégraphie codifiée. Saint Georges, monté sur son cheval blanc, évolue au centre de la place, armé de sa lance et protégé par ses assistants appelés les « chin-chins ». Face à lui, le dragon, immense créature de bois et de tissu, d’une dizaine de mètres de long, est animé par les « hommes blancs » qui lui donnent vie. Autour, les « diables », vêtus de rouge et armés de vessies de porc gonflées, viennent perturber le combat en bousculant Saint Georges et ses aides, tandis que les « hommes de feuilles » protègent le dragon. Tout autour de la scène, le public participe activement, massé derrière une corde de protection. Beaucoup tentent d’arracher les crins fixés à la queue du dragon, précieux porte-bonheur recherchés chaque année. Le combat, scandé par la musique traditionnelle du Doudou, se déroule selon un enchaînement précis, alternant attaques, défenses et interventions des différents protagonistes. Saint Georges effectue ses déplacements dans le sens des aiguilles d’une montre, symbole de l’ordre et de la lumière, tandis que le dragon tourne en sens inverse, représentant le désordre et les forces du mal.

Le Dragon est enfin terrassé par saint Georges d'un dernier coup de pistolet. L'ensemble des personnages du Lumeçon rentre dans la cour de l'Hôtel de Ville. La foule enthousiaste, quant à elle, scande " Et les Montois ne périront pas ! ". Le destin de la cité est pérennisé. La fête peut continuer !

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Les Personnages du Lumeçon

Le Lumeçon met en scène une multitude de personnages, chacun ayant un rôle précis :

  • Saint Georges : Le héros, symbole du bien, combattant le dragon. Il a à sa disposition, pour vaincre, différentes armes. Une lance de combat, la lance inversée qui symbolise sa force sauvage, la lance noire et blanche, un sabre et un pistolet.

  • Le Dragon (El Biète) : Le monstre, symbole du mal, qu'il faut terrasser. Monstre d'osier revêtu de toile verte et garni de rubans aux couleurs belges et montoises.

  • Les Diables : Les alliés du dragon, tentant de perturber le combat. Les onze diables, immatures défenseurs du dragon armés de vessies de porc gonflées.

  • Les Chin-Chins : Les alliés de saint Georges, le protégeant pendant le combat. Les douze Chin-Chins (sorte d'hommes chiens) qui se battront contre les onze diables.

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  • Les Hommes Blancs : Ils sont vêtus de blanc des pieds à la tête. Seul élément noir : une large ceinture. Des rubans rouges sont attachés à leurs coudes et aux genoux. Un ruban de même couleur leur sert de cravate. Les Hommes Blancs, au nombre de 11, portent le Dragon. Le corps du dragon est mis en mouvement par les Hommes Blancs, supposément invisibles.

  • Les Hommes de Feuilles : Les Hommes de Feuilles, au nombre de 8, soutiennent la queue du Dragon à l’aide de leur massue. Apparus pour la première fois en 1723, ces Hommes de Feuilles sont inspirés de l'image que les différents conquérants se faisaient des peuples vivant en pleine forêt. La queue du dragon est mise en mouvement par les Hommes de Feuilles.

  • Pompiers et Policiers : Assurent la sécurité pendant le combat. Le Combat est composé d'une quinzaine de petits pompiers, d'une dizaine de petits policiers.

  • Cybèle et Poliade : Deux personnages féminins depuis 2004.

Le Folklore Montois : Plus qu'une Tradition

Le Doudou est bien plus qu'une simple reconstitution historique ou une fête religieuse. C'est un moment de communion pour les Montois, une expression de leur identité et de leur fierté. L'air du Doudou, véritable hymne local, résonne dans toute la ville pendant les festivités, créant une atmosphère unique et festive.

Le Doudou est une histoire de famille, une histoire d'amis, une histoire de fête. Le premier Doudou laisse dans la mémoire une empreinte indélébile, même s’il est difficile de comprendre pourquoi. La ducasse se déroule selon un cérémonial précis, toujours le même, mais chaque cru est différent.

Mons : Une Ville à Découvrir

Profitez de votre visite au Doudou pour découvrir la ville de Mons, chef-lieu du Hainaut, capitale culturelle wallonne et ancienne capitale européenne de la culture. Flânez dans ses rues pavées, admirez ses maisons aux "toits espagnols", visitez ses nombreux musées et laissez-vous séduire par l'ambiance conviviale et chaleureuse de ses habitants.

La Grand-Place, le cœur de Mons, est un grand livre de tout ce qui se fait en architecture depuis la fin du Moyen-Âge jusqu’à aujourd’hui. Du gothique, du Renaissance, du classique, du néo-Art Déco… il y a un peu de tout mais c’est assez harmonieux tout de même. A la belle saison, les terrasses sont de sortie sur quasi la totalité des établissements bardant la place. C’est le centre de la convivialité montoise !

L’hôtel de ville de Mons, le livre d’histoire de Mons, est un bel édifice gothique a été pensé par Mathieu de Layens, le même architecte que l’hôtel de ville de Leuven, est resté inachevé. Il devait y avoir un troisième étage mais après une explosion durant la construction (l’arsenal était à côté), l’argent vint à manquer et l’hôtel de ville dût être fini en l’état. Plus tard, on lui a ajouté une tourelle baroque, qui lui donne son aspect insolite. On peut admirer l’énorme serrure de la grande porte, qui est inspirée des armes de la ville et bien sûr, faire une caresse au singe de la garde.

Restes des remparts et beffroi de Mons : Comme toutes les villes anciennes, Mons avait des remparts. Il n’en reste pas grand-chose mais on peut y voir des vestiges sur le chemin qui mène au beffroi. C’est un joli coin de Mons, où on se retrouve plongé dans une ambiance médiévale, au calme, comme au dessus de tout. Sur le point le plus haut, exposé au vent, on trouve le beffroi, qui veille solitaire sur la ville. Comme tous les beffrois de Belgique et du nord la France, il est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO mais il a en plus une caractéristique qui le rend unique : c’est le seul beffroi baroque de Belgique.

Sainte-Waudru, l’inachevée : Venir à Mons sans visiter la collégiale Sainte-Waudru constituerait un crime car cette sainte est à l’origine de la ville ! La collégiale est un solide édifice en pierre bleue (LA pierre de la région, on la retrouve partout, c’est un signe extérieur de richesse). De style gothique brabançon, et donc massive, tout comme l’hôtel de ville, elle n’a jamais été finie.

Rue des Fripers, rue du cool : C’est dans la rue des Fripiers, probablement la rue commerçante la plus cool de la ville que la visite s’achève. Couplez à cela des très chouettes commerces (design, vintage, restaurants…) plus que sympas et vous aurez compris pourquoi je dis que cette voirie est cool !

Mons Memorial Museum : mémoire de guerres : Avant même d’entrer, on sait où on se trouve : un char américain trône juste devant. Le lieu en lui-même est plutôt intéressant puisqu’il s’agit du bâtiment de l’ancienne machine à eau, un souvenir de l’industrialisation du XIXème siècle. La machine n’est plus là mais l’édifice a subsisté.

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