La perte de grossesse précoce, communément appelée fausse couche, est une épreuve difficile et souvent profondément marquante qui touche de nombreux couples. Environ 15 % des grossesses confirmées se terminent par une fausse couche, la majorité survenant au cours du premier trimestre. Cet article vise à mieux comprendre ce qu'est une perte de grossesse précoce, comment elle se manifeste, quelles peuvent en être les causes et surtout, comment être accompagnée après cette perte.
Qu'est-ce qu'une fausse couche ?
Une fausse couche est une interruption spontanée de la grossesse qui survient au cours des cinq premiers mois, avec un risque accru lors des trois premiers mois. On parle de perte de grossesse précoce lorsqu'elle survient avant 14 semaines d'aménorrhée, et de fausse couche tardive lorsqu'elle survient entre 14 et 22 semaines d'aménorrhée.
Les symptômes d'une fausse couche
Votre grossesse se déroulait normalement et soudain quelque chose a changé ? Voici les symptômes qui doivent vous alerter. Gardez néanmoins en tête que si la fausse couche est très précoce, elle peut aussi passer inaperçue. En cas de doute, consultez votre médecin ou votre gynécologue sans tarder.
Le signe le plus courant d'une perte de grossesse précoce est l'apparition de saignements vaginaux. Ils peuvent être légers ou abondants, de teinte brunâtre ou rouge vif, et parfois accompagnés de caillots de sang ou plus rarement de petits débris blanchâtres. Les saignements vaginaux, aussi appelés métrorragies lorsqu’ils surviennent entre les règles et l’expulsion de caillots de sang ou de matières brunâtres, comptent parmi les symptômes fréquents de l’interruption spontanée de la grossesse. Pas de panique toutefois, une perte de sang en début de grossesse n’annonce pas forcément une fausse couche. Notez que 25 % des futures mamans présentent un saignement vaginal lors du premier trimestre et poursuivent leur grossesse normalement.
D'autres signes peuvent donner l'alerte, comme des seins qui dégonflent d'un coup, ou des nausées qui s'apaisent. En cas d’interruption de la grossesse, les femmes enceintes peuvent constater un apaisement des nausées et un dégonflement des seins. La poitrine devient soudain moins douloureuse. De fortes douleurs au dos et des crampes dans le bas-ventre ressemblant aux douleurs de règles peuvent être les signes annonciateurs d’une fausse couche. Dans le cas d’une interruption de la grossesse précoce (c’est-à-dire avant 14 semaines d’aménorrhée), les symptômes les plus fréquents sont des saignements et des contractions plus ou moins douloureuses.
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Dans certains cas, la perte de grossesse précoce est découverte de manière fortuite lors d'une échographie de suivi. Parfois, il sera recommandé de recontrôler l'échographie ultérieurement, pour être certain qu'une activité cardiaque n'apparait pas, en particulier si l'embryon est très petit.
Il est important de noter que tous les saignements survenant en début de grossesse ne sont pas synonymes de perte de grossesse précoce. Cependant, en cas de doute, il ne faut pas hésiter à consulter un professionnel de santé.
Les causes d'une fausse couche
Les fausses couches sont le plus souvent dues soit à des anomalies génétiques de l’embryon, soit à des problèmes de santé de la mère. Dans la majorité des cas, la perte de grossesse précoce est liée à un phénomène au moment de la constitution de l'embryon, à type d'anomalie chromosomique.
Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux).
Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets. Un œuf clair est un œuf qui contient les membranes et le futur placenta (appelé trophoblaste) mais aucun embryon. À l’échographie, il apparaît comme un sac gestationnel vide.
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Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. C’est notamment le cas de la toxoplasmose ou la listériose qui sont très dangereuses pour le fœtus. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc. Les maladies chroniques comme un diabète mal maîtrisé, le lupus, un fibrome et le syndrome des ovaires polykystiques ont également une influence sur la fausse couche.
Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans. Chez les hommes dont l’âge est supérieur à 40 ans, il existe un risque de fausse couche car on constate une augmentation du nombre de spermatozoïde anormale.
Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.
Prise en charge et traitements
Le déroulement d’une perte de grossesse précoce peut varier d’une femme à l’autre. Dans certains cas, l’expulsion se fait naturellement, dans d’autres, une aide médicale est nécessaire.
- l’évacuation spontanée complète : l’utérus expulse entièrement le sac gestationnel sans besoin de traitement.
- l’évacuation incomplète : une partie du contenu utérin est éliminée, mais des résidus persistent.
- la rétention du sac gestationnel ou du trophoblaste : parfois, l’organisme n’expulse pas les tissus de la grossesse arrêtée.
Quelle que soit la situation, une surveillance médicale est recommandée.
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Aujourd’hui, en cas de grossesse arrêtée au premier trimestre, les médecins peuvent laisser quelques jours tout au plus pour espérer que l’embryon soit expulsé naturellement. Mais très vite, deux options thérapeutiques sont généralement proposées : l’aspiration chirurgicale ou le misoprostol.
- un traitement médicamenteux, généralement à base de comprimés de misoprostol, favorise les contractions utérines. Il peut être pris à domicile, sous suivi médical. Ce dernier est un médicament administré par voie vaginale afin de déclencher des contractions utérines qui faciliteront l’expulsion de l’embryon. L’application de misoprostol peut être renouvelée.
- un traitement chirurgical, par aspiration intra-utérine peut être envisagé si le traitement médicamenteux est insuffisant ou en cas de complications comme une hémorragie par expulsion incomplète. A partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, une intervention chirurgicale est nécessaire. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à environ 22 semaines. Après vous avoir administré du misoprostol, une anesthésie générale est effectuée. Les protocoles sont très variables d’une équipe à l’autre.
Dans tous les cas, la patiente doit être informée des avantages et des inconvénients de chaque technique.
Après une perte de grossesse précoce, le corps reprend progressivement son rythme. Les règles réapparaissent généralement 4 à 6 semaines plus tard. Cette précaution aide également à mieux dater la grossesse suivante.
Soutien émotionnel après une fausse couche
La perte d’une grossesse, même très précoce, peut laisser une empreinte forte. Il est essentiel de pouvoir parler de ce qui a été vécu, à son rythme. Reconnaître cette diversité de réactions permet de mieux accompagner chaque parcours. Ce soutien peut inclure une orientation vers un professionnel formé à l’écoute du deuil périnatal, ou l’accès à des groupes de parole. Chaque parcours est unique. Certaines personnes choisissent de se recentrer sur leur quotidien, tandis que d’autres ont besoin de temps avant d’envisager une nouvelle grossesse. Au sein du couple, l’homme et la femme peuvent aussi réagir différemment.
La survenue d’une fausse couche est un événement difficile à vivre pour la plupart des couples. Constat d’échec, sentiment de vide, déprime… autant de sentiments qui s’entremêlent, et toujours cette même peur de ne plus réussir à être enceinte ou de perdre à nouveau un bébé.
La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif. Un professionnel de santé peut vous aider à mieux traverser cette épreuve.
Enfin, partager cette expérience avec des proches, si cela semble nécessaire pour les futurs parents, peut être bénéfique. L’annonce à l’entourage, notamment aux enfants, peut également être accompagnée par un professionnel de santé.
Grossesses futures après une fausse couche
Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle.
Dans la majorité des cas, la perte de grossesse précoce est sans conséquence pour la santé et la fertilité future.
La notion selon laquelle on devrait attendre plusieurs mois avant de retenter une grossesse n’est plus systématiquement recommandée.
Fausses couches à répétition
Entre 2 et 5 % des femmes connaissent plusieurs fausses couches consécutives. Elles font ce que l’on appelle des fausses couches à répétition, au moins 2 avortements spontanés successifs. A la douleur et la culpabilité, s’ajoute alors l’incompréhension. Pour autant, si ces expériences sont bouleversantes et frustrantes, il ne faut pas désespérer, car elles se terminent bien souvent par un heureux événement. De plus, bien que cela reste très désagréable, faire plusieurs fausses couches n’est pas dangereux pour la santé (du moins la santé physique).
Si la femme souffre de fausses couches répétées, un bilan est nécessaire pour en rechercher la cause. Par ailleurs, le bilan médical (caryotype parental, anomalies utérines, troubles hormonaux, auto-immunité, etc.) n’est généralement envisagé qu’après trois fausses couches consécutives (on parle de fausses couches spontanées répétées).
La moitié des fausses couches répétées sont liées à des anomalies chromosomiques. Cette anomalie peut être accidentelle lors de la fécondation, ou être portée par l’un des membres du couple. La conséquence : elle va entraîner la formation à répétition d’œufs anormaux. Une consultation génétique peut être envisagée, afin de rechercher ces anomalies : il s'agira d'établir le caryotype sanguin. L’analyse se résume à une prise de sang faite à chaque membre du couple. Le généticien va vérifier que le nombre de chromosomes correspond à la normalité, et surtout que leur composition est correcte.
Parfois, l’anomalie se trouve au niveau de l’utérus. Utérus cloisonné (séparé par une cloison), bicorne (en deux parties), synéchies (accolement des deux faces de l'intérieur de l'utérus), endométriose (présence de morceaux d’endomètre en dehors de la cavité utérine)… Ces malformations d'origine congénitale ou pathologique peuvent gêner l’implantation de l’œuf et entraîner un avortement spontané. Des examens d'imagerie (échographie ou IRM pelvienne) permettent de détecter ce type de problème.
Près de 15 % des avortement spontanés sont liés à une insuffisance ovarienne. De nombreux dérèglements hormonaux peuvent provoquer des fausses couches répétitives, comme par exemple une augmentation de la prolactine, un déficit en œstrogènes/progestérone, un problème de thyroïde… Pour détecter ces anomalies, un bilan hormonal doit être réalisé au 3e jour du cycle.
Il arrive que les fausses couches répétées aient une cause immunologique. Le système immunitaire de la mère produit des anticorps qui rejettent l’embryon. Quelquefois, c’est une maladie qui provoque l’interruption de la grossesse.
En cas de fausses couches à répétition, l’homme doit lui aussi passer des examens.
En fonction des résultats médicaux des examens réalisés face à des fausses couches à répétition, plusieurs traitements sont possibles. En cas d’anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines, une fécondation in vitro est parfois proposée. Lorsqu’on décèle un dérèglement hormonal, un traitement à base d’hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle permet bien souvent de régler le problème. Enfin, en l’absence de causes identifiées par les spécialistes (ce qui arrive souvent), on donne à certaines femmes de l’aspirine : 75 mg par jour dès le début de la grossesse. Un anticoagulant, l’Héparine, est également prescrit.
Prévention des fausses couches
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir une fausse couche, certains facteurs de mode de vie peuvent contribuer à réduire ce risque.
- Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe
- Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose
- Adoptez une alimentation saine et variée.
- Évitez la consommation de boissons alcoolisées
- Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
- Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.
En cas de fécondation in vitro (FIV), certaines mesures préventives peuvent être appliquées :
- Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
- Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
- Réaliser le test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.
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