L'arrivée d'un enfant est une période de grands changements, tant physiologiques que psychologiques, qui peuvent affecter la sexualité des parents. La reprise des rapports sexuels après l’accouchement est une préoccupation majeure pour de nombreux couples, car le post-partum est une période particulièrement sensible pour la femme sur le plan sexuel, du fait de la récupération physique et psychique en cours. Il est donc essentiel de comprendre les causes de la baisse de libido et de trouver des solutions pour retrouver une vie sexuelle épanouie.

Causes de la Baisse de Libido Post-Accouchement

Les causes de cette baisse de libido et de ce désintéressement pour la sexualité sont liées, d’une part au préjudice corporel gynécologique et esthétique de la maternité, et d’autre part à la déstabilisation psychologique plus ou moins importante de l’accouchement. Les conséquences physiques et psychologiques de la grossesse et de l’accouchement ont un impact sur la sexualité.

Conséquences Physiques

Après une grossesse et un accouchement, le corps a besoin de temps pour récupérer. Les douleurs après un accouchement freinent la sexualité chez la mère. La zone du périnée peut être gonflée et endolorie. De plus, à la suite d’une épisiotomie ou d’une éventuelle déchirure du périnée, la cicatrice est douloureuse pendant plusieurs jours. En cas de césarienne, la cicatrice abdominale est, elle aussi, douloureuse pendant quelques semaines.

  • Saignements vaginaux (lochies) : Des saignements vaginaux surviennent après l'accouchement. Ils sont abondants pendant les 24 à 48 heures post-partum et diminuent ensuite pour ressembler à des règles normales. Au total, ils peuvent durer entre deux et six semaines. Au-delà, il est conseillé de consulter son médecin ou sa sage-femme.
  • Contractions utérines (tranchées) : L’utérus se contracte pour fermer les vaisseaux sanguins qui alimentaient le placenta et pour reprendre sa forme initiale. Cela engendre des crampes, plus ou moins douloureuses, qui durent pendant plusieurs jours.
  • Douleurs de cicatrisation : Les douleurs de cicatrisation (épisiotomie et/ou éraillures) peuvent rendre les rapports sexuels inconfortables.
  • Poussées hémorroïdaires : Les poussées hémorroïdaires peuvent également être une source de douleur et d'inconfort.
  • Rééducation périnéale : Le périnée est provisoirement distendu, mais il ne faut pas s’en inquiéter : la rééducation périnéale, six à huit semaines après l’accouchement, permet de le remuscler pour lui faire retrouver sa tonicité. Un périnée tonique permet d’éviter les fuites urinaires et d’avoir une meilleure sensibilité lors des rapports sexuels avec pénétration. La rééducation est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

Conséquences Psychologiques

  • Fatigue : Le nouveau-né réclame de l’attention de jour comme de nuit les premiers mois. Qui a envie de faire l’amour après une journée épuisante à s’occuper du bébé ?
  • Estime de soi : Le corps de la mère change pendant la grossesse et après l’accouchement. Les changements sont différents pour chaque femme : un ventre plus rond, une poitrine différente d’avant la grossesse, des vergetures… Parfois, ces changements physiques sont mal vécus. Ils peuvent avoir un impact sur l’estime de soi et la libido. Chaque femme se réapproprie son corps à sa manière et à son rythme.
  • Baby-blues et dépression post-partum : Cette fragilité émotionnelle est très fréquente. Le baby-blues peut être ressenti par la maman ou par le papa. Le plus souvent, le baby-blues dure quelques jours. Si les symptômes persistent ou qu’une lassitude et/ou un manque d’entrain paraissant anormaux sont ressentis, il faut en parler à son médecin ou sa sage-femme, car il peut s’agir d’une dépression. Quand le baby-blues touche le père, on parle de daddy-blues. La dépression après l’accouchement, appelée aussi dépression post-partum, a lieu la première année après la naissance et touche entre 15 et 20 % des mères. Soigner une dépression post-partum nécessite l’aide d’un médecin ou d’un psychologue. Une bonne surveillance clinique générale dans les suites de couches immédiates de la mère est nécessaire pour détecter les pathologies psychiques (dépressions du post-partum) et physiques susceptibles de retentir sur la mère, son enfant, son couple.
  • Vécu douloureux de l’accouchement : Un vécu douloureux de l’accouchement à la suite d’une extraction instrumentale du bébé (forceps), d’une délivrance artificielle (césarienne), d’une révision utérine, etc. peut également affecter la libido.

Allaitement et Sexualité

L’allaitement fait chuter le taux d’œstrogènes, ce qui peut entraîner une sécheresse vaginale et une diminution de la libido chez certaines mères. D’un autre côté, allaiter déclenche la production d’ocytocine, une hormone qui participe à l’excitation sexuelle. L’allaitement s’accompagne parfois de sécheresse vaginale qui crée un inconfort. Il ne faut pas hésiter à en parler à son pharmacien, son médecin généraliste ou à sa sage-femme.

Solutions pour Retrouver son Intimité

Heureusement, il existe de nombreuses solutions pour retrouver une sexualité épanouie pour les deux partenaires. Il est important d’être informé sur les changements potentiels de la sexualité liés au post-partum. Pour cela, il ne faut pas hésiter à prendre RDV avec une sage-femme quelques semaines après l’accouchement et lui poser les questions toutes les questions nécessaires pour être rassurée. Le temps de récupération de chaque femme est très variable, chacune doit prendre le temps de se retrouver et de se réapproprier son corps et ce nouvel état de maternité avant de pouvoir de nouveau aborder sa sexualité. L’écoute et la bienveillance du partenaire est essentielle à la reprise de confiance de la femme. Chaque femme est unique, chaque difficulté sexuelle également.

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Solutions Médicales et Pharmaceutiques

  • Lubrifiants : Il est possible d’utiliser certains médicaments ou crèmes qui facilitent la lubrification. Replens®, Monasens®, Cicatridine®, etc… sont vendues en pharmacie et sans ordonnance. Ces crèmes ou ovules s’administrent par voie vaginale en dehors des rapports sexuels, deux à trois fois par semaine, permettant une meilleure lubrification et facilitant les rapports sexuels. Cela peut aider lors d’une baisse de plaisir, et surtout lorsqu’il n’y a pas eu de rapports depuis longtemps, afin d’éviter des douleurs lors de l’intromission qui risqueraient ensuite de conduire à des situations d’évitement.
  • Crèmes pour l'excitation : Il existe également une crème : Zestra® agissant sur la sensation d’excitation génitale, vendue en pharmacie sans ordonnance.
  • Contraception : Certaines contraceptions peuvent agir sur le terrain hormonal et participer à la baisse du désir. A la fin de l’allaitement, le type de contraception est quelque chose qu’il faut penser à revoir si besoin avec son gynécologue ou sa sage-femme.

Solutions Comportementales et Relationnelles

  • Communiquer : Communiquer : c’est la clé pour préserver son couple. Le simple fait d’exprimer ses émotions négatives aide à les apaiser. Cela permet aussi de trouver des solutions qui conviennent aux deux partenaires. Choisir un moment favorable à la discussion, quand bébé dort par exemple. Exprimer ses sentiments face à la situation vécue et faire le point sur ce qui ne nous convient pas. Rester à l’écoute de l’autre, sans le juger, tout au long de la discussion. Il devient alors plus difficile de communiquer et le ton peut monter. Il n’est pas toujours facile de réussir à trouver ses mots, d’oser dire ce que l’on ressent ou de se comprendre. Surtout quand on n’a pas été habitué à le faire. Il ne faut pas hésiter à discuter avec son partenaire pour trouver un terrain d’entente afin que chacun s’y « retrouve ». Parler de ces douleurs est parfois tabou, car elles concernent des zones intimes. En parler entre partenaires est primordial pour trouver ensemble des pratiques non douloureuses.
  • Maintenir un lien physique : Les moments de tendresse (caresses, baisers…) sont importants pour un couple de manière générale et ils le restent après l’arrivée d’un enfant. Il est nécessaire de définir des moments et des espaces dédiés au couple. Par exemple, cela peut se traduire par le fait de faire dormir l’enfant en dehors de la chambre parentale pour favoriser l’intimité. Profiter des moments d’accalmie pour relancer les câlins et caresses est un élément indispensable, tout comme prendre soin de soi, se maquiller, se trouver soi-même désirable.
  • Partager les tâches : La sexualité est plus épanouie chez les couples qui s’occupent équitablement des enfants et des tâches domestiques. La charge mentale, souvent portée par les femmes, peut être une source de frustration dans la vie quotidienne. Cette charge mentale laisse parfois peu d’espace et de temps au désir et à la sexualité.
  • Sexualité en pratique : Il est normal que l’arrivée d’un enfant nécessite un temps d’adaptation aux deux partenaires. Il faut alors trouver un nouveau rythme pour sa sexualité, sans culpabiliser. Il est important d’en parler à deux. Certaines astuces peuvent aider le couple à avoir des rapports sexuels : penser à la sensualité autant qu’à la sexualité ; faire monter le désir à travers des caresses, des mots bien choisis. La libido commence par l’imaginaire ; ne pas forcément se focaliser sur la pénétration. Il existe de nombreuses façons de donner et de recevoir du plaisir sexuel ; utiliser des lubrifiants ; varier les positions. Certaines positions peuvent être inconfortables après l’accouchement. Par exemple, après une césarienne, la position du missionnaire n’est pas conseillée, car le poids du partenaire sur le ventre peut réveiller la douleur de la cicatrice ; pour les mères qui allaitent : tirer le lait ou nourrir bébé au préalable permet d’éviter que du lait s’écoule pendant la relation sexuelle.
  • Reconnexion à son corps : Nous, on croit fort à l'action de se reconnecter à son corps. Cette reconnexion, elle peut passer par la vue et le toucher. D’abord, voir ton corps, tel qu’il est, à cet instant. Te pencher sur ton intimité, sur cette zone érogène qui pour l’instant peut être douloureuse. Ça peut être bien de la regarder en face. Alors comment le faire avec un ventre encore présent et une mobilité limitée ? Eh bien un simple miroir tourner vers ton sexe te permettra d’observer ce qui s’y est passé. L’occasion de te rassurer. Bon, après tu as aussi le droit de ne pas avoir envie de regarder. Voir et toucher, c’est déjà une première étape. Puis, quand tu te sens prête, tu peux te laisser aller aux caresses. Elles peuvent d’abord venir de toi. Finalement, qui mieux que toi sais ce qui te fait envie ? Surtout qu’au début, les sensations peuvent être différentes alors pourquoi ne pas (re)commencer à prendre du plaisir seule, en tête-à-tête avec toi-même ? Le plaisir solitaire, c’est aussi un bon moyen de renouer avec ses sensations et finalement sa confiance en soi.
  • Être patient : Si l’idée d’une reprise de la relation sexuelle paraît tolérable, il faut la tenter ; même si la libido n’est pas au maximum et que cela représente un petit « effort ». Petit à petit, le désir peut revenir, à condition de multiplier les occasions de se surprendre et de surprendre l’autre (dîners, escapades romantiques, tout ce qui recrée de la complicité…).
  • Consulter un thérapeute : Si la difficulté paraît insurmontable, alors il faut consulter un thérapeute. Environ deux tiers des sexologues sont des médecins (avec une majorité de généralistes, ou psychiatres, gynécologues, endocrinologues, urologues et sages-femmes). Le tiers restant se compose de psychologues, thérapeutes, kinésithérapeutes, conseillers conjugaux, hypnothérapeutes. Si ces solutions ne fonctionnent pas, faites appel à un professionnel de santé (une sage-femme, un psychologue ou un médecin ).

Importance de la Communication

Parler avec son ou sa partenaire de son désir ou non-désir est crucial. La communication est sans conteste un élément essentiel pour réinstaurer des échanges dans le couple. Trouver du temps pour se parler, trouver les bons mots ce n'est pas simple. Si cela est possible, confier votre enfant quelques heures, une soirée, un week-end peut vous permettre d'avoir un peu de temps pour vous.

Quand Consulter un Professionnel

Si la perte de libido persiste ou cause une détresse significative, il est important de consulter un professionnel de la santé. Un médecin peut rechercher une cause médicale, adapter un traitement ou vous orienter vers un sexologue ou un thérapeute si nécessaire. Il peut également vous aider à identifier la cause : stress, fatigue, problème relationnel, trouble hormonal ou effet secondaire d’un traitement.

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