La perte de cheveux, ou alopécie, est une préoccupation esthétique majeure pour de nombreuses femmes. Si une perte quotidienne de 50 à 100 cheveux est considérée comme normale, une chute plus abondante peut être le signe d'un déséquilibre sous-jacent. Les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel, à la grossesse, à la ménopause, ou encore à des troubles comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), sont des causes fréquentes de cette perte de cheveux chez la femme. Cet article explore les liens entre les hormones et la chute de cheveux, en mettant en lumière les causes potentielles et les traitements disponibles, y compris des solutions naturelles.
Comprendre le Cycle de Vie du Cheveu
Pour bien comprendre l'impact des hormones sur la perte de cheveux, il est essentiel de connaître le cycle de vie du cheveu, qui se compose de trois phases principales :
- Phase anagène (croissance) : Phase de croissance active, qui dure entre 2 et 6 ans en moyenne. Les cellules du bulbe pileux se multiplient rapidement, favorisant une croissance d’environ un centimètre par mois. Chez les femmes, elle peut s’étendre jusqu’à 5 ans, influençant directement la longueur maximale que les cheveux peuvent atteindre. Les hormones, en particulier les œstrogènes, ont tendance à prolonger cette phase.
- Phase catagène (transition) : Courte phase de transition, durant 2 à 3 semaines. Le follicule pileux se rétrécit durant cette période, et la croissance du cheveu ralentit jusqu’à s’arrêter. Le cheveu se détache alors de la papille dermique mais reste ancré dans le follicule.
- Phase télogène (repos) : Phase de repos, d'une durée d'environ 2 à 3 mois, durant laquelle le cheveu cesse de pousser mais reste attaché à son follicule. Après cette phase, le cheveu tombe pour laisser la place à un nouveau cheveu en formation. À tout moment, 10 à 15% des cheveux d’une personne se trouvent dans cette phase.
Les hormones influencent significativement ce cycle capillaire. Chez les femmes, les œstrogènes et la progestérone ont tendance à prolonger l’anagène et à améliorer la qualité de la fibre.
Les Hormones et la Chute de Cheveux : Un Lien Complexe
Les hormones jouent un rôle crucial dans la régulation du cycle pilaire. Des variations hormonales importantes, comme celles observées lors de certaines périodes clés de la vie d’une femme, peuvent perturber ce cycle et entraîner une chute de cheveux plus importante.
Cycle Menstruel et Chute de Cheveux
À l’approche des règles, certaines femmes constatent une perte de cheveux plus abondante que d’habitude. Chaque mois, à l’approche des règles, le taux d’œstrogènes dans notre organisme baisse. Cette baisse peut supprimer l’effet protecteur de l’action des androgènes. Or, chez la femme, les hormones œstrogènes jouent souvent un rôle protecteur sur l’action des androgènes. Pour les personnes concernées, cela a pour effet d’accélérer le cycle de vie du cheveu. La conséquence de ceci est une phase anagène (croissance du cheveu) accélérée.
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Des règles abondantes peuvent également entraîner une perte de cheveux, car pour pouvoir produire de nouveaux cheveux en bonne santé, leurs racines ont en effet besoin d’un apport en sang considérable. Or, celle-ci a un effet délétère sur la chevelure.
Grossesse et Post-Partum
Pendant la grossesse, le corps entre dans une phase d’abondance sous l’effet d’une hausse d’œstrogènes. Résultat : les cheveux gagnent en épaisseur, en brillance et en densité, car la phase anagène du cycle capillaire se prolonge.
Après l’accouchement, le taux d’œstrogènes chute brutalement quelques semaines ou mois après la naissance de bébé. Les cheveux passent en mode repos, soit la phase télogène, et font face à une chute soudaine et parfois impressionnante que l’on qualifie d’effluvium télogène post-partum. On parle d’effluvium télogène : une chute diffuse, souvent impressionnante mais heureusement transitoire, qui survient quelques mois après le déclencheur. Pour résumer, tu perds en quelques semaines ce que tu n’as pas perdu pendant 9 mois. Ce changement hormonal est la cause majeure de la perte de cheveux post-partum, avec une transition soudaine qui peut mener à une perte de 100 à 150 cheveux par jour, semblant parfois perdre des cheveux par poignées.
Ménopause
En période de ménopause ou de préménopause, la baisse naturelle des œstrogènes et de la progestérone rend les cheveux plus secs, fins et fragiles. Ce déséquilibre réduit la phase de croissance active du cheveu, conduisant à des cheveux plus courts et plus fins. L’augmentation relative des androgènes, telle que la testostérone, peut également accélérer la chute des cheveux.
SOPK (Syndrome des Ovaires Polykystiques)
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est une source importante de perte de cheveux chez les femmes, résultant d’un déséquilibre hormonal. Les femmes atteintes de SOPK ont souvent un excès d’androgènes, menant à une alopécie androgénétique. La dihydrotestostérone (DHT), dérivée de la testostérone, réduit le cycle de vie des cheveux, affaiblit les follicules et accélère la chute et l’amincissement des cheveux.
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Troubles de la Thyroïde
Les troubles de la thyroïde, comme l’hypothyroïdie ou l’hyperthyroïdie, peuvent aussi impacter la santé capillaire. Ces déséquilibres hormonaux perturbent le cycle de croissance des cheveux, entraînant une chute diffuse ou localisée. En particulier, l’hypothyroïdie est souvent liée à une perte de cheveux, en raison d’une production réduite d’hormones thyroïdiennes, essentielles pour une croissance normale des cheveux.
Autres Facteurs
Outre les fluctuations hormonales, d'autres facteurs peuvent contribuer à la chute de cheveux chez la femme :
- Le stress et l’état de santé : Choc émotionnel, dépression, traitements médicamenteux lourds, chimiothérapie, Covid, maladies psychologiques ou auto-immunes, diabète, troubles endocriniens et alimentaires.
- Les carences en vitamines : Certaines carences en fer, en magnésium et en calcium peuvent être à l’origine de la perte capillaire. L’intolérance au gluten, dite maladie cœliaque, est aussi une piste à explorer.
- Les cheveux abîmés : L’hygiène de vie, la mauvaise qualité des shampoings ou des colorations, le brossage mal adapté, l’eau salée de la mer ou le chlore des piscines agressent considérablement le cuir chevelu. Des fourches ou des queues de rats peuvent apparaître à l’extrémité, dues aux cheveux cassants.
- Le vieillissement : Avec l’âge, les cheveux tombent plus facilement, la peau devient moins élastique.
- Les changements de saison : L'automne, notamment lorsque la luminosité est moins présente, joue un rôle sur la perte excessive des cheveux.
- Génétique: Génétiquement, on peut être prédisposé à la chute de cheveux, surtout les hommes : on parle d’alopécie androgénique ou calvitie. Il s’agit une hypersensibilité aux hormones androgènes (testostérone), que l’on hérite généralement de son père. Les follicules pileux s’activent anormalement, menant à un épuisement prématuré.
Diagnostic et Bilan Hormonal
Face à une chute de cheveux anormale, il est important de consulter un médecin ou un dermatologue pour identifier la cause sous-jacente. Un bilan hormonal peut être nécessaire, surtout si un déséquilibre hormonal est suspecté. Ce bilan peut inclure des tests pour évaluer les niveaux de :
- Testostérone et Dihydrotestostérone (DHT) : Ces hormones masculines jouent un rôle clé dans l’alopécie androgénétique.
- Prolactine : Des niveaux accrus de prolactine peuvent entraîner une chute de cheveux.
- Hormones thyroïdiennes : Les dysfonctionnements de la thyroïde peuvent causer une perte de cheveux.
- Hormone lutéinisante (LH) et hormone folliculo-stimulante (FSH) : Ces hormones peuvent révéler des troubles hormonaux, notamment chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
- Cortisol : Le cortisol, connu comme l’hormone du stress, peut aussi être analysé, car des niveaux chroniquement élevés peuvent nuire à la croissance capillaire.
Outre les tests hormonaux, un bilan complet peut également rechercher des carences nutritionnelles ou des pathologies pouvant contribuer à la chute de cheveux.
Traitements et Solutions
Les traitements de la chute de cheveux dépendent de la cause identifiée. Ils peuvent inclure :
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Traitements Médicamenteux
- Thérapies hormonales : Par exemple, la pilule contraceptive peut être prescrite pour réguler les niveaux d'hormones.
- Minoxidil : Ce médicament topique stimule la croissance des cheveux.
- Compléments alimentaires : Pour corriger les carences nutritionnelles en fer, zinc, biotine, etc.
Solutions Naturelles
Plusieurs solutions naturelles peuvent aider à prévenir et à diminuer la perte de cheveux :
- Alimentation équilibrée : Une alimentation saine et variée, riche en fruits, légumes, oligo-éléments (présents dans les pâtes et céréales complètes, les légumineuses, les noix), et poissons (thon, cabillaud), est essentielle pour la santé des cheveux. Privilégiez le fer héminique, c’est-à-dire d’origine animale plutôt que végétale, car il est mieux digéré par l’organisme. Vous en trouverez dans les viandes rouges, bien sûr, mais aussi dans les pois chiches, les haricots blancs et dans certaines algues. Le zinc et la vitamine D sont souvent oubliés dans le traitement anti-chute et pourtant, ils sont bénéfiques à notre organisme pour plusieurs raisons. Au-delà de booster notre système immunitaire et de lutter contre les virus passagers, ils favorisent la repousse du cheveu. On en trouve dans les huîtres, ainsi que le fromage, le bœuf ou encore les graines germées, les poissons gras, comme le saumon ou la sardine, les produits laitiers et le jaune d’œuf.
- Micronutrition : S’assurer d’apports suffisants en protéines variées, idéalement en mixant protéines animales et végétales. Certains minéraux et vitamines sont régulièrement cités comme base essentielle pour avoir de beaux cheveux : le fer, le zinc, la vitamine D, ou encore les vitamines du groupe B.
- Soins capillaires doux : Utiliser des shampoings doux et éviter les traitements agressifs (colorations, permanentes, etc.) qui peuvent abîmer les cheveux.
- Gestion du stress : Adopter des techniques de relaxation (yoga, méditation, etc.) pour réduire le stress, qui peut contribuer à la chute de cheveux.
- Compléments alimentaires naturels : Des compléments alimentaires à base de plantes, de vitamines et de minéraux peuvent aider à stimuler la pousse des cheveux et à renforcer la fibre capillaire. Par exemple, le complément alimentaire Mon Coup de Pousse associe plantes, zinc, biotine et levure de bière.
- Soins topiques naturels : Certains sérums et huiles capillaires à base d'ingrédients naturels peuvent favoriser la croissance des cheveux et renforcer le cuir chevelu.
- MIYE : Le sérum cheveux densifiant anti-chute est une solution naturelle, certifiée bio, qui stimule la croissance et renforce la densité capillaire tout en purifiant le cuir chevelu. On peut également rajouter par voie interne leur Essentiel Peau et cheveux qui va nourrir la chevelure de l’intérieur et participe à l’équilibre hormonal, et enfin la poudre cheveux densifiante, qui va absorber l’excès de sébum et apporter du volume immédiatement, tout en boostant la fibre capillaire.
- Valebio : Complexe croissance avec de la cystéine, du zinc, de l’ortie, arginine et vitamines B.
Techniques Esthétiques
Dans certains cas, des techniques esthétiques peuvent être envisagées :
- Systèmes de volume : Pour camoufler la perte de cheveux.
- Greffes capillaires : Pour restaurer la densité capillaire dans les zones dégarnies. La technique FUT de greffe capillaire se fait à l’aide de bandelettes de cuir chevelu qui sont prélevées le plus souvent à la base du crâne pour les réimplanter dans les zones dégarnies à traiter. Le procédé FUE consiste, lui, à prélever des greffons également dans ces zones réputées mieux garnies, mais unité folliculaire après unité folliculaire, chacune comportant plusieurs cheveux. Afin d’optimiser leur conservation entre le prélèvement et la réimplantation, elles sont plongées dans un mélange de produits médicamenteux et vitaminés, le PRP. Ce procédé FLUE n’occasionne aucune cicatrice et de nombreux greffons peuvent être implantés en seulement une séance. À la pointe du progrès technique contemporain, le procédé automatisé Artas, avec son imagerie médicale incorporée, prélève et réimplante de très nombreux greffons de manière aléatoire pour conserver à la coiffure, aussi bien dans la zone donneuse que dans celle de la greffe, un aspect naturel et discret.
Conseils Supplémentaires
- Ne vous inquiétez pas trop : Avant toute chose, ne vous inquiétez pas trop d’une perte de cheveux qui augmente durant vos règles. Le souci est ponctuel et disparaîtra à la fin de vos menstruations.
- Consultez un gynécologue : Discutez de votre perte de cheveux durant les règles avec votre gynécologue.
- Soyez patient : La patience et la douceur sont de mise face à une chute de cheveux d’origine hormonale. Avec un accompagnement et des solutions adaptées, l’organisme se rééquilibre progressivement.
- Prenez soin de votre cuir chevelu : Tes cheveux peuvent également retrouver force et vitalité si tu prends soin de ton cuir chevelu et que tu soutiens ta fibre capillaire de l’intérieur.
- Évaluez les carences vitaminiques : Si vous perdez vos cheveux plus que la normale depuis plusieurs semaines, nous vous conseillons de consulter un médecin qui vous prescrira une analyse de sang. En ciblant le manque de vitamines, notamment en fer, vous pouvez remédier à ce problème rapidement. Dans ce cas, la vitamine B12 est recommandée pour aider la repousse de votre chevelure.
- Effectuez un diagnostic du cuir chevelu : Si vous souffrez d’alopécie féminine, vous pouvez faire évaluer les anomalies liées au cuir chevelu, afin de mieux traiter les pelades.
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