Chaque année, de nombreux étudiants français, confrontés à la sélectivité des études de santé en France (PASS et LAS), se tournent vers la Belgique. Historiquement, la Belgique a toujours été une destination prisée pour les filières médicales. Cet article décortique en détail le parcours des études de médecine en Belgique pour un étudiant français, de l'admission à la structure des études, en passant par les coûts et les perspectives de retour en France. L'objectif est de fournir toutes les clés pour une décision éclairée, en comprenant les différences fondamentales entre les systèmes belge et français.

Conditions d'admission et procédure d'inscription

Intégrer un cursus de médecine en Belgique lorsqu'on est français implique de franchir plusieurs étapes administratives et sélectives.

Équivalence du baccalauréat

La première démarche est l'obtention de l'équivalence du baccalauréat français. Ce document atteste que le diplôme français est suffisant pour accéder à l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles. La demande est introduite auprès du Service des équivalences avant le 15 juillet de l'année d'inscription souhaitée. Cette échéance est stricte et son non-respect peut compromettre l'ensemble du projet d'études. Il est donc primordial d'anticiper cette formalité. Des informations sur la procédure et les documents à fournir sont disponibles sur le site officiel du service des équivalences.

Concours d'entrée

L'accès aux études de médecine en Belgique est conditionné à la réussite d'un concours d'entrée organisé par l'ARES (Académie de Recherche et d'Enseignement Supérieur). Contrairement à la France, ce concours a lieu avant la première année. L'examen a lieu en août.

Le concours comporte des tests sur les connaissances scientifiques et les compétences en communication. Les candidats font face à 80 QCM.

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Un étudiant peut se présenter au concours d'entrée au maximum deux fois sur une période de cinq années académiques.

Quota pour les non-résidents

Depuis 2023, un quota maximum de 15 % d’étudiants « non-résidents » est appliqué parmi les lauréats du concours d’accès. La sélection des non-résidents se fait sur la base de leur classement au concours d'entrée. Il n’y a pas de note minimale spécifique pour les non-résidents ; ils doivent se classer parmi les meilleurs candidats non-résidents pour espérer obtenir l’une des places réservées par le quota. Si le nombre de candidats ex æquo dépasse le nombre de places disponibles à la limite du quota, un tirage au sort pourrait théoriquement intervenir pour les départager.

Les étudiants français ne concourent pas seulement pour « réussir » l’examen selon un standard général. Ils sont en compétition directe avec tous les autres candidats non-résidents pour un nombre très restreint de places. Le niveau d’exigence pour un non-résident est, de fait, plus élevé que pour un résident belge.

Inscription sur la plateforme ARES

L'inscription en études de médecine en Belgique suit un processus bien structuré. La première étape est l'inscription sur la plateforme ARES (Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur), qui centralise les demandes d'admission pour les universités belges. Tu peux t’inscrire au concours pour intégrer une université belge pendant ta dernière année de lycée en France ou après ta première année de PASS ou de LAS.

Structure et durée des études de médecine en Belgique

Les études de médecine en Belgique sont divisées en trois cycles :

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  1. Bachelier en Médecine (3 ans, 180 crédits ECTS) : Ce premier cycle combine cours théoriques, travaux pratiques (TP) et séminaires, introduisant progressivement les étudiants aux dimensions médicales. Les cours fondamentaux incluent les mathématiques, la biologie et la physique.
  2. Master en Médecine (3 ans, 180 crédits ECTS) : Ce cycle approfondit les connaissances cliniques. Il aborde la pathologie, la pharmacologie, la thérapeutique et intègre une part très importante de stages hospitaliers. Les stages en milieu hospitalier deviennent prépondérants dès la quatrième année et s’intensifient jusqu’à la fin du cursus.
  3. Master de Spécialisation : Après les six années de formation de base et l’obtention du diplôme de Master en Médecine, les étudiants qui souhaitent se spécialiser s’engagent dans un Master de Spécialisation. La durée de cette formation complémentaire varie considérablement en fonction de la spécialité choisie, allant de trois ans pour la médecine générale à six ans, voire plus, pour certaines spécialités chirurgicales ou médicales pointues.

En résumé, les études de médecine en Belgique durent entre neuf et douze ans selon le choix de spécialisation. Les deux premiers cycles de formation en médecine (bachelier et master) durent trois ans chacun. Le nombre d’années d’études supplémentaires dépendra de ton choix de spécialisation. Par exemple, la spécialité « médecine générale » comprend trois années d’études supplémentaires. Les futurs chirurgiens ou futurs cardiologues s’engageront pour six années complémentaires de formation.

Si tu commences ton parcours de formation en santé en Belgique, tu dois aller jusqu’au terme des études pour devenir médecin.

Où étudier la médecine en Belgique ?

Cinq universités francophones en Belgique proposent des formations en médecine :

  • Université Libre de Bruxelles (ULB) : Située à Bruxelles, elle met l’accent sur la qualité des soins, l’art de guérir, et l’interrelation individu-environnement. Co-organise un certificat en philosophies de la santé mentale avec l’UMons.
  • Université Catholique de Louvain (UCLouvain) : Située à Louvain-la-Neuve et Woluwe (Bruxelles), elle offre un large éventail de spécialisations médicales (environ 36) et une forte composante recherche. Propose un cours de « Notions de philosophie » orienté vers les sciences (bio)médicales.
  • Université de Liège (ULiège) : Située à Liège, elle dispose d'un vaste réseau d’anciens élèves (alumni) favorisant une communauté dynamique et un soutien pour l’intégration professionnelle et les stages. Approche innovante, mêlant médecine générale et spécialités.
  • Université de Mons (UMons) : Située à Mons, elle offre un enseignement de proximité et de qualité. Développe de nouvelles formations comme un master en sciences biomédicales (neuroscience). Co-organise un certificat en philosophies de la santé mentale avec l’ULB. Dispense uniquement le premier cycle de trois ans.
  • Université de Namur (UNamur) : Située à Namur, elle dispense uniquement le premier cycle de trois ans.

Les étudiants qui choisissent l’UMons ou l’UNamur pour leur Bachelier doivent impérativement prévoir un transfert vers l’ULB, l’UCLouvain ou l’ULiège pour poursuivre leur Master en médecine. Bien que cette transition soit généralement bien organisée pour les étudiants ayant validé leur Bachelier, elle représente une étape supplémentaire à anticiper, avec potentiellement des démarches administratives et un déménagement.

Coûts des études et aides financières

Pour les étudiants ressortissants de l’Union Européenne, y compris les Français, les droits d’inscription dans les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont fixés annuellement. Pour l’année académique, ce montant s’élève à 835€. Comparativement à la France, où les frais d’inscription en Licence sont d’environ 170€, le minerval belge est plus élevé. Il faut également prévoir des frais administratifs initiaux, par exemple pour la demande d’équivalence du baccalauréat ou pour le traitement du dossier de candidature, qui peuvent s’élever à environ 200€.

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Logement

Le logement est le poste de dépense le plus important. Les « kots » (logements étudiants) en résidence universitaire sont les plus abordables, à partir de 200€ par mois. Dans le secteur privé, les prix varient davantage, allant de 300€ à 700€ par mois, avec une moyenne se situant autour de 500-575€. Bruxelles est généralement plus chère que les autres villes wallonnes. Par exemple, une chambre en kot à Bruxelles coûte en moyenne 545€ contre 460€ en Wallonie.

Aides financières

Plusieurs options de financement sont possibles :

  • Bourses de la Fédération Wallonie-Bruxelles : Bourses principalement destinées aux étudiants remplissant des conditions de revenus et de réussite académique spécifiques.
  • Bourses Françaises (CROUS) : C’est un point essentiel pour les étudiants français. La possibilité pour les étudiants français de conserver leurs bourses CROUS en Belgique est un avantage financier significatif.
  • Aide à la Mobilité Internationale (AMI) : Destinée aux étudiants boursiers du CROUS, l’AMI est une aide complémentaire pour ceux qui effectuent une période d’études ou un stage à l’étranger.
  • Erasmus+ : Bien que souvent associé à des programmes d’échange d’un ou deux semestres, le programme Erasmus+ soutient plus largement la mobilité étudiante en Europe.

Pour réduire les coûts, optez pour des logements étudiants, des bourses spécifiques, et envisagez des emplois à temps partiel (jusqu’à 20h par semaine pour les étudiants étrangers).

Reconnaissance du diplôme et retour en France

Pour de nombreux étudiants français, la perspective de revenir exercer en France après des études de médecine en Belgique est un élément central de leur projet.

Grâce à la directive européenne 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, les diplômes de médecine obtenus dans un État membre de l’Union Européenne, comme la Belgique, sont en principe reconnus dans les autres États membres, dont la France. Ainsi, le diplôme de Master en Médecine belge (obtenu après les 6 années de Bachelier et Master) est généralement reconnu en France.

Pour accéder à l’internat en France (le troisième cycle des études médicales), les titulaires d’un diplôme de médecin belge (les 6 années) doivent, comme leurs homologues formés en France, se présenter et réussir les Épreuves Déclassantes Nationales (EDN). Le diplôme belge de médecin rend donc éligible à concourir aux EDN.

Comparaison des systèmes belge et français

Comparer les systèmes belge et français d’accès aux études de médecine revient à analyser deux philosophies de sélection distinctes.

CritèreBelgique (pour Français)France (PASS/LAS)
Principal mode de sélectionConcours d’entrée national (ARES)Classement compétitif après une année de PASS ou LAS (Numerus Apertus/capacités d’accueil)
Moment de la sélectionAvant la première année d’études médicalesAprès la première année d’études (PASS ou LAS)
Taux de réussite indicatifConcours : ~29-35% globalementPASS : ~15-20% d’admis en 2ème année de santé
Spécificité pour FrançaisQuota de 15% des places pour les non-résidents, basé sur le classement au concoursNumerus Apertus/capacités d’accueil définies par université/région, forte compétition interne à chaque université
Nombre de tentativesConcours : 2 fois sur 5 ansAccès MMOPK via PASS/LAS : 2 tentatives durant le 1er cycle universitaire
Pression perçueForte pression concentrée sur le concours d’entrée. Moins de compétition directe pour la progression une fois admisPression extrême et continue tout au long de l’année de PASS/LAS
Coût Indicatif 1ère AnnéeFrais d’inscription au concours + préparation. Si admis : ~835€ de minerval.

La Belgique opte pour une sélection initiale forte, avant même le début du cursus médical proprement dit. Réussir ce concours (et être dans le quota pour les non-résidents) ouvre les portes des six années de formation de base. La France, avec le PASS et les LAS, reporte la sélection principale après une première année universitaire très exigeante.

En termes de difficulté, le concours belge est indéniablement sélectif, avec un taux de réussite global de 30-35% ces dernières années. Cependant, pour un étudiant français, la véritable épreuve est de se classer dans les 15% de non-résidents admis. Leur performance doit être significativement supérieure à celle de nombreux candidats qui « réussissent » le concours selon les critères généraux. Une fois cet obstacle franchi, bien que les études restent exigeantes et soumises à la règle de « finançabilité » (qui limite les redoublements en conditionnant le financement des études par l’État à une progression régulière), la perception générale est celle d’une compétition moins directe au quotidien que durant l’année de PASS/LAS en France.

En France, l’année de PASS est décrite comme « ultra sélective », avec en moyenne seulement 15 à 20% de réussite pour l’accès aux filières de santé.

Méthodes d'enseignement et stages cliniques

En Belgique

La formation médicale en Belgique se caractérise par des cours magistraux, des travaux pratiques et des stages en milieu professionnel. Les stages cliniques commencent dès le cycle de master (quatrième année d’études). Ils ont lieu après que les étudiants aient acquis une base solide en sciences de santé fondamentales, pendant le cycle de bachelier. Les étudiants effectuent des stages tout au long de leurs années de master. Ils passent plusieurs semaines à plusieurs mois dans différents services hospitaliers chaque année. Les stages concernent une variété de spécialités, incluant la médecine interne, la chirurgie, la pédiatrie, la gynécologie, la psychiatrie et d’autres disciplines cliniques.

En France

Comme en Belgique, les étudiants en médecine en France ont recours à des cours magistraux, des travaux dirigés et pratiques ainsi que des stages cliniques. Les stages cliniques commencent dès la deuxième année (D2), après la première année commune aux études de santé (PACES). Les étudiants sont appelés « externes » pendant cette période et passent environ la moitié de leur temps en stage, alternant entre des périodes de cours théoriques et des périodes de stages pratiques. Les stages sont organisés par rotations semestrielles dans différents services hospitaliers et couvrent un large éventail de spécialités médicales. L’internat commence après la réussite au concours de fin d’externat.

Débouchés et perspectives de carrière

En Belgique

Après l’acquisition de leur diplôme, un grand nombre de médecins choisissent de se spécialiser en médecine générale. Cette spécialisation dure trois ans et comprend des stages pratiques en cabinet médical et en milieu hospitalier. Les médecins généralistes jouent un rôle clé dans le système de santé belge, offrant des soins primaires et un suivi régulier des patients. Les débouchés en médecine générale sont nombreux, avec une forte demande dans les zones rurales et urbaines. Les médecins peuvent également choisir de se spécialiser dans des domaines spécifiques tels que la cardiologie, la chirurgie, la pédiatrie, la gynécologie, la psychiatrie… La durée de la spécialisation varie de trois à six ans, selon le domaine choisi.

En France

En France, la spécialisation en médecine générale se fait pendant l’internat, qui dure trois ans après l’externat. Les internes en médecine générale effectuent des stages pratiques en cabinet, en milieu hospitalier et dans des centres de santé. Les médecins généralistes occupent une place centrale dans le système de santé français. Les débouchés en médecine générale sont excellents, avec une forte demande dans toutes les régions de France. Les étudiants ont également le choix entre une large gamme de spécialités, telles que la cardiologie, la dermatologie, la chirurgie, la pédiatrie, la neurologie… La durée de la spécialisation varie généralement de quatre à cinq ans.

Conclusion

Choisir entre étudier la médecine en Belgique ou en France est une décision importante. Le système belge se distingue principalement par une sélection initiale forte via un concours d’entrée avant la première année, contrastant avec la sélection post-première année du système PASS/LAS français. Pour les non-résidents, le concours est rendu particulièrement ardu par un quota strict de 15% des places. Une fois cet obstacle franchi, un cursus de six ans, suivi d’une spécialisation, structuré et reconnu au niveau européen attend l'étudiant. Néanmoins, il faut prendre en compte la haute compétitivité du concours d’entrée pour les Français due au quota, la nécessité d’obtenir l’équivalence du baccalauréat, les frais de scolarité plus élevés, le coût de la vie et l’adaptation à un nouvel environnement. De plus, pour ceux qui visent un internat en France, la réussite aux Épreuves Déclassantes Nationales (EDN) reste une obligation, elle nécessite une préparation spécifique. Les deux pays offrent des systèmes éducatifs solides avec des approches distinctes.

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