Introduction

L'Égypte ancienne, contrairement à d'autres civilisations de l'Antiquité comme la Grèce, accordait aux femmes un statut relativement égal à celui des hommes. Cette égalité se manifestait dans divers aspects de la vie, de l'éducation à la propriété, en passant par le divorce. Un aspect méconnu de cette culture est le rôle et la signification accordés au placenta, un organe transitoire vital pendant la grossesse. Cet article explore la place du placenta dans les croyances et les pratiques de l'Égypte ancienne, en mettant en lumière les rituels liés à la naissance, le statut de la femme et le symbolisme divin associé à cet organe.

La femme en Égypte ancienne : un statut privilégié

Contrairement aux femmes de la Grèce antique, qui étaient considérées comme éternelles mineures, les femmes en Égypte ancienne jouissaient de plus de libertés et étaient considérées comme les égales des hommes. Les Égyptiens croyaient que le dieu créateur n'avait pas fait de distinction entre les sexes. La femme était perçue comme un symbole de sagesse et de pouvoir, et en période de troubles, une femme pouvait être choisie pour gouverner, car elle était considérée comme la meilleure protection pour le peuple égyptien.

Éducation et professions

Les jeunes filles des classes aisées pouvaient recevoir une éducation, notamment celles destinées à devenir fonctionnaires. Elles apprenaient à écrire les hiéroglyphes, à lire des textes hiératiques et, éventuellement, des leçons de grammaire. Certaines femmes pouvaient exercer des professions mixtes, comme la dame Nébèt, juge et vizir sous la VIe dynastie. Pésèshet, directrice des doctoresses, suggère que certaines jeunes filles pouvaient étudier la médecine et la chirurgie, soignant principalement les femmes et les enfants des familles royales. D'autres femmes pouvaient être accoucheuses ou travailler dans l'administration si elles avaient étudié pour devenir scribes.

Mariage et divorce

Le mariage en Égypte ancienne n'était pas une cérémonie formelle, mais un pacte entre les futurs époux et leurs familles. L'objectif principal était d'entretenir des relations familiales, d'assurer la sécurité et de concevoir des enfants légitimes. Les femmes mariées conservaient leur nom de famille et pouvaient divorcer, un droit accordé aux deux époux. Les causes de divorce incluaient l'adultère, la stérilité ou l'incompatibilité. Après un divorce, les femmes pouvaient se remarier et intenter un procès contre leur mari pour récupérer leurs biens.

La naissance en Égypte ancienne : un événement sacré

La naissance était un événement crucial, entouré de pratiques magico-religieuses pour protéger la mère et l'enfant. La fertilité était une obligation pour les femmes, et la stérilité était considérée comme une calamité, nécessitant des incantations aux dieux.

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Rituels et incantations

Les Égyptiens connaissaient des méthodes pour déterminer la grossesse et le sexe de l'enfant. Le temps de la naissance était marqué par des incantations aux dieux tels que Hathor, Nephtys, Ipet et Horus, pour assurer leur protection pendant l'accouchement. Des prescriptions médicales étaient proposées à la femme enceinte pour faciliter l'accouchement et la naissance du nouveau-né.

Le rôle des déesses

Dans le papyrus Westcar, les déesses Isis, Nephthys, Meskhenet et Héqet interviennent pour assurer le bon déroulement de l'accouchement de la reine Redjejet et un destin favorable aux futurs pharaons. Elles se transforment en danseuses musiciennes pour écarter les influences négatives. Isis et Nephthys veillent sur Osiris et Horus, tandis que Héqet, la déesse à forme de grenouille, protège le ventre et facilite la délivrance.

Les étapes de la naissance

Les étapes de la naissance comprenaient la coupe du cordon ombilical, le placement du nourrisson sur des briques et sa toilette. La déesse Meskhenet annonçait ensuite une prophétie sur le destin de l'enfant. Le dieu Khnoum intervenait pour donner au nouveau-né santé et force.

Le placenta : un organe sacré

Dans de nombreuses cultures, le placenta est considéré comme un organe sacré, porteur de sens et méritant un traitement respectueux. En Égypte ancienne, le placenta était associé à des divinités et des pratiques rituelles spécifiques.

Meskhenet : la déesse du lieu de naissance

La déesse Meskhenet, dont le nom signifie « lieu d'accouchement », personnifiait l'idée même de la naissance. Elle était représentée sous la forme d'une brique à tête humaine, le siège de parturition où la femme accouchait en position accroupie. Meskhenet jouait également un rôle dans le domaine funéraire, figurant près de la balance lors de la pesée du cœur, représentant le destin du mort.

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Rôle protecteur et prédictions

Meskhenet protégeait le nouveau-né contre les maléfices et déterminait sa durée de vie. Dans les temples ptolémaïques, elle apparaissait sous forme d'un collège de quatre divinités, chacune assimilée à une déesse du panthéon égyptien : Meskhenet neferet (Isis), Meskhenet ouret (Tefnout), Meskhenet âat (Nout) et Meskhenet meneket (Nephthys). Ces déesses assistaient à la naissance d'Horus, lui accordant courage, vie, santé et force.

Utilisation thérapeutique du placenta

Les anciens Égyptiens utilisaient également le placenta à des fins thérapeutiques. Le pEbers 453 mentionne une préparation locale contenant du placenta animal, en particulier de chatte, pour revitaliser la formation des phanères (poils, plumes). Cette utilisation témoigne d'une compréhension de la fonction physiologique du placenta, bien au-delà de sa simple forme physique.

Le placenta dans la mythologie et les rituels

La déesse Bastet, souvent représentée avec une tête de chatte, était associée à la maternité et à la protection des femmes enceintes. Les chattes et les lionnes, dont le placenta est de type décidu-zonaire complet, étaient considérées comme des figures maternelles puissantes. L'ingestion du placenta par la mère après l'accouchement était une pratique courante chez les animaux, favorisant l'attachement mère-petit et évitant d'attirer les prédateurs.

Assimilations divines et observations naturalistes

Les observations naturalistes des anciens Égyptiens ont influencé leurs pensées ontologiques et les fondements de leurs mythologies. Les assimilations précoces avec diverses divinités ont orienté les prescriptions religieuses, médicales et magiques liées à la naissance et au placenta. Les placentas d'éléphantes, de vaches et d'hippopotames, avec leurs caractéristiques distinctes, ont également contribué à la compréhension de cet organe vital.

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