Le panaris, communément appelé « mal blanc », est une infection bactérienne qui affecte l'extrémité des doigts ou des orteils, caractérisée par la formation d'un abcès. Bien que souvent bénigne, cette infection peut causer une douleur importante et, dans de rares cas, entraîner des complications si elle n'est pas traitée rapidement et correctement. Cet article explore les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives du panaris chez l'enfant.

Qu'est-ce que le panaris ?

Le panaris est une infection bactérienne de la peau qui touche principalement les doigts, mais peut aussi affecter les orteils. Le terme scientifique du panaris fait directement référence à sa localisation : le panaris-unguéal. Cette infection cutanée se manifeste par une peau rouge et dure tout autour de l’ongle. Si le traitement ne se fait pas rapidement, le panaris peut évoluer en abcès et causer des douleurs nocturnes lancinantes ainsi que de la fièvre. Le panaris est une infection localisée du pourtour de l’ongle de la main. Il s’agit d’une infection très courante.

Causes du panaris

Le panaris est généralement causé par une infection bactérienne, le plus souvent par le staphylocoque doré. Les bactéries pénètrent sous la peau à la suite d’une petite blessure, souvent minime et parfois inaperçue. Cette blessure peut être causée par divers facteurs, notamment :

  • Manucures agressives : Les soins des ongles trop agressifs, en particulier les découpes excessives des cuticules et les polissages intensifs, peuvent créer des microtraumatismes favorisant l'entrée des bactéries.
  • Traumatismes des cuticules : Se triturer les cuticules avec les dents par exemple, est une fâcheuse manie. Ces petits morceaux de peau qui se situent à la base de l’ongle ont pourtant une action protectrice très importante. Elles évitent l’entrée des saletés, poussières et bactéries. Les arracher revient donc à créer une entrée bactérienne propice à l’évolution du panaris.
  • Arrachement des petites peaux : S’arracher les petites peaux autour de l’ongle est également une porte d’entrée pour cette infection.
  • Onychophagie : Médicalement, le terme d'onychophagie est employé pour désigner l’attitude compulsive de se ronger les ongles. Cette mauvaise habitude se développe habituellement en cas de stress et favorise l'introduction de bactéries sous la peau.
  • Blessures : Les ampoules, les échardes, les piqûres d’insectes ou tout autre traumatisme de l'ongle et de l'extrémité d'un doigt peuvent également être à l'origine d'un panaris.
  • Autres causes : Le panaris peut également se former sur la pulpe ou la face dorsale du doigt après un percement d’ampoules, une piqûre d’insecte, une blessure avec présence d’un corps étranger sous la peau (une écharde ou une épine par exemple), un traumatisme de l’ongle et de l’extrémité d’un doigt, une morsure de chien ou encore une griffure de chat.

Dans de rares cas, le panaris peut être causé par d’autres bactéries, comme le streptocoque, le pseudomonas, ou le bacille pyocyanique. L’infection peut aussi bien atteindre le pourtour du doigt que la pulpe ou bien la face dorsale. Plus rarement, le panaris peut être localisé au niveau des orteils. La cause de survenue du panaris dépend précisément de la zone affectée.

Facteurs de risque

Certaines personnes sont plus susceptibles de développer un panaris en raison de facteurs de risque spécifiques, notamment :

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  • Mauvaises habitudes hygiéniques : Se ronger les ongles, arracher les cuticules ou les petites peaux autour des ongles favorise l'entrée des bactéries.
  • Maladies chroniques : L’existence de maladies peut aussi favoriser la survenue du mal blanc. Elles peuvent être d’ordre chronique ou cutané. C’est le cas des maladies chroniques telles que le diabète, l’alcoolisme. Les personnes atteintes d’un déficit immunitaire ont également plus de chance de développer un panaris puisqu’elles ont tendance à contracter des infections à répétition.
  • Maladies de peau : La présence d’une maladie de peau comme le psoriasis ou l’eczéma de contact (réaction inflammatoire de la peau suite à son contact avec un allergène).
  • Fragilité des ongles : Enfin, certaines personnes présentent naturellement une certaine fragilité des ongles, et s’en aperçoivent au moment de la manucure par exemple. Ce soin de beauté doit être exécuté tout en douceur au risque de développer le mal blanc. Les découpes de cuticules ainsi que les polissages agressifs sont donc à proscrire.

Symptômes et évolution du panaris

Les symptômes du panaris évoluent au fil des différents stades de la maladie, généralement en 2 à 5 jours. Il faut donc le reconnaître et le traiter rapidement, en consultant un médecin ou en allant aux urgences si nécessaire.

  • Stade 1 (Inflammation) : Le stade 1 se caractérise par une inflammation de la zone du panaris, souvent l’extrémité du doigt autour de l’ongle. La zone du panaris (majoritairement l’extrémité du doigt autour de l’ongle) est enflammée. La peau autour de l’ongle est tendue et rouge. On observe une tuméfaction inflammatoire autour de l’ongle, un œdème et une douleur au toucher. À ce stade, il n'y a généralement pas de fièvre.
  • Stade 2 (Collection ou abcédé) : Le stade 2 se traduit par une aggravation des symptômes inflammatoires, liée à la production de pus qui comprime les tissus. Les symptômes inflammatoires provoqués par l’infection s’intensifient. Durant ce stade, le patient peut avoir une réaction ganglionnaire avec ce qu’on appelle l’apparition d’une traîné rouge inflammatoire le long de l’avant-bras et parfois du bras. La douleur devient pulsatile, c’est-à-dire qu’elle suit le rythme du pouls. Les douleurs sont plus fortes et pulsatiles ; le ressenti est intense et la sensation lancinante empêche de dormir. Du pus se forme, évoluant vers un abcès sous ou autour de l’ongle ou dans la pulpe du doigt. De la fièvre peut apparaître. Au stade collecté : du pus apparait c’est-à-dire une tache jaune (ou verdâtre/marron) visible à travers la peau. Les douleurs sont plus fortes. Il est possible de sentir les battements de son cœur au bout du doigt, on parle de douleurs pulsatiles inflammatoires.
  • Stade 3 (Complication) : Au stade 3, les tissus voisins deviennent inflammatoires à leur tour. Un panaris vu tardivement ou traité de manière inadéquate entraîne des complications. À ce stade, l’infection peut s’étendre à la racine de l’ongle et laisser des séquelles définitives comme une déformation de l’ongle. Dans des cas plus avancés, l’abcès peut se développer autour des tendons qui longent l’intérieur de la main et des doigts. Ces tendons se trouvent à l’intérieur d’une gaine de tissu appelée gaine tendineuse. La gaine va permettre aux tendons de glisser en douceur. Le pus d’un panaris non traité peut se propager du bout du doigt à l’extrémité de la gaine du tendon. Une masse purulente va donc se former autour du tendon et endommager les tissus avoisinants. Les conséquences sont lourdes : le mécanisme de glissement tendineux est altéré, ce qui entraîne une sévère réduction de la mobilité du doigt. Les personnes fragiles (diabétiques, immunodéprimés) sont celles qui risquent de développer plus facilement ces complications.

Traitement du panaris

Le traitement d’un panaris dépend de son type et de sa gravité, ainsi que du stade d’évolution de l’infection. Sans surprise, plus la maladie est soignée tôt, plus le traitement est léger et efficace, et les risques de complications sont moindres. Quel que soit le stade du panaris, vous devez être évalué par un médecin pour décider du meilleur traitement possible. Il n’est pas nécessaire de consulter d’emblée dans un service d’urgences ou dans un centre SOS main.

Soins à domicile (stade 1)

Si vous sentez l’inflammation s’installer, vous pouvez d’ores et déjà appliquer les consignes suivantes le plus rapidement possible : Lorsque le panaris est au stade d’inflammation sans abcès, il est possible de le prendre rapidement en charge soi-même.

  • Bains antiseptiques : Le traitement de référence consiste à faire tremper le doigt atteint dans un bain de liquide antiseptique 2 à 3 fois par jour, jusqu’à la disparition totale des symptômes. Lavez soigneusement le doigt, puis appliquez un antiseptique autour de l’ongle, deux ou trois fois par jour, jusqu’à disparition des symptômes. Au stade inflammatoire : le panaris peut guérir par un traitement médical grâce à des bains pluriquotidiens d’antiseptiques associés à des pansements imbibés de solution triple (alcool, hexomédine, glycérol). Soit les symptômes disparaissent et votre panaris est guéri, soit le panaris va évoluer vers la constitution d’un abcès.
  • Antiseptiques : Le plus souvent, le panaris est bénin et se résorbe facilement avec des soins locaux et des antiseptiques. Le Dakin est une solution antiseptique à base de chlore qui permet de désinfecter les plaies superficielles et d’éviter la surinfection. Attention cependant : le Dakin n’est pas indiqué en cas de plaie ou d’érosion cutanée sur la zone à traiter, car il peut être irritant et retarder la cicatrisation. Lorsqu’il s’agit de traiter les panaris de manière efficace, l’Hexomédine se distingue comme une solution antiseptique de choix. L’Hexomédine est connu pour ses propriétés antiseptiques puissantes, visant à éliminer les agents pathogènes responsables de l’infection. En règle générale, on peut utiliser l’Hexomédine sur un panaris débutant en immergeant son doigt dans un bain d’Hexomédine pure plusieurs fois par jour. Surveillez attentivement toute évolution défavorable.
  • Protection : Protégez le doigt avec un pansement pour éviter que l’infection ne s’aggrave ou ne se propage.
  • Antalgiques : En cas de douleur, prenez du paracétamol.
  • Ne pas percer l’abcès : Ne percez en aucun cas l’abcès vous-même. Dans tous les cas, il est fortement déconseillé de percer soi-même un panaris, car cela pourrait aggraver l’infection et favoriser sa diffusion. En effet, en perçant le panaris, on peut introduire de nouveaux germes ou repousser le pus vers les tissus profonds.
  • Vérification du statut vaccinal : Vérifiez que votre vaccination antitétanique est à jour.
  • Hygiène alimentaire : Les personnes qui ont un panaris ne doivent pas manipuler les aliments ou faire la cuisine car le germe présent dans le panaris peut contaminer la nourriture et entraîner une diarrhée chez les personnes qui l'ont consommée.

Traitement médical

Si les soins à domicile ne suffisent pas ou si le panaris évolue vers un stade plus avancé, une consultation médicale est nécessaire. Les médecins recommandent de consulter dans la journée si une progression vers le stade suivant est suspectée.

Le traitement médical peut inclure :

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  • Médicaments : Des médicaments, qui peuvent inclure des antalgiques, des anti-inflammatoires, ou des antibiotiques. Les antalgiques et les anti-inflammatoires permettent de soulager la douleur et de réduire l’inflammation. Les antibiotiques sont prescrits en cas d’infection sévère ou de risque de complications.
  • Intervention chirurgicale : Une chirurgie, qui peut être réalisée en urgence à un stade collecté avec présence de pus en quantité importante. Au stade collecté : une intervention chirurgicale est nécessaire. Il faut évacuer la collection et enlever tous les tissus nécrotiques. Elle consiste à inciser le doigt sous anesthésie locale ou générale, à évacuer le pus, à nettoyer la plaie, et à retirer les tissus abîmés. Le prélèvement est envoyé en bactériologie pour éventuellement convenir d’un traitement antibiotique en cas de rechute de l’abcès. À ce stade, votre médecin vous oriente vers un chirurgien pour extraire tout le pus de la zone infectée. Une intervention est pratiquée au bloc opératoire sous anesthésie loco régionale. Dans ce cas, seul votre bras est endormi. Vous pouvez être opéré dans la journée et rentrer chez vous le soir même (chirurgie ambulatoire). C’est au cours de l’intervention que le chirurgien fait des prélèvements bactériologiques. Ces prélèvements permettent d’identifier la bactérie responsable de l’infection et orientent le corps médical dans son choix de traitement sous antibiotique. La prescription d'antibiotique n’est pas systématique après cette intervention chirurgicale mais s’avère nécessaire chez les personnes à risque de complications (en cas de diffusion de l’infection, personnes immunodéprimées, diabétiques ou atteintes de maladies des valves cardiaques). Une fois l’opération terminée, la plaie n'est pas suturée, elle est laissée ouverte et recouverte d’un pansement gras. Le premier soin réalisé le lendemain de l'intervention confirme la disparition des signes infectieux locaux, et est suivi de pansements quotidiens jusqu'à complète cicatrisation dirigée, obtenue en principe en 1 à 2 semaines.

Remèdes naturels

Si vous êtes adepte de solutions naturelles, il est intéressant de s’orienter vers certaines huiles essentielles aux propriétés antibactériennes, antalgiques et cicatrisantes.

  • Huile essentielle de tea tree : Ce produit permet de lutter de manière efficace contre la bactérie responsable du panaris. Ses vertus anti-inflammatoires et immuno-stimulantes aident à diminuer les douleurs et tout en limitant les sensations de chaleurs causées par l’inflammation.
  • Huile essentielle de Niaouli : Le niaouli possède les mêmes propriétés que la tea tree. En revanche, elle sera déconseillée en cas de maladie hormono-dépendante.
  • Huile essentielle de lavande fine : La lavande fine possède des propriétés antiseptiques et cicatrisantes grâce au linalol qu’elle contient et va permettre de réparer les tissus endommagés par l’infection.
  • Huile essentielle de Laurier noble : Si vous souhaitez gérer la douleur due au panaris sans prendre de médicaments, utilisez cette huile aux vertues antalgiques très efficaces grâce à l’eugénol qu’elle contient.

Attention, vous devez prendre des précautions d’emploi lorsque vous souhaitez avoir recours aux huiles essentielles. Veillez à effectuer un test cutané avant l’application, n’appliquez pas directement ces huiles sur la peau. Enfin, les huiles essentielles de tea tree, de lavande fine et de laurier noble ne conviennent pas aux femmes enceintes de moins de 3 mois. Le niaouli est interdit pour les femmes enceintes et allaitantes. L’utilisation de ces remèdes sur les enfants doit également être contrôlée et peut nécessiter l’avis d’un professionnel.

Temps de guérison

Le temps de guérison d’un panaris dépend essentiellement du stade auquel il est diagnostiqué et traité.

  • Stade 1 : Pour un panaris de stade 1, lorsque l’infection est encore superficielle et bien localisée, la guérison peut être rapide, en l’espace de quelques jours, surtout si le traitement est commencé immédiatement.
  • Stade 2 : Lorsque le panaris a évolué vers le stade 2, avec la formation d’un abcès, le temps de guérison peut être plus long. Un drainage chirurgical est souvent nécessaire pour évacuer le pus et soulager la pression. Après l’intervention, une période de cicatrisation de plusieurs jours à une semaine est généralement observée, accompagnée de soins locaux réguliers et d’un traitement antibiotique.
  • Stade 3 : En cas de panaris de stade 3, où l’infection s’est étendue aux tissus profonds comme les tendons, les articulations ou les os, la guérison devient plus complexe et prolongée. Ce stade peut nécessiter des interventions chirurgicales plus importantes, une hospitalisation, et un traitement antibiotique prolongé.

Dans tous les cas, la précocité du traitement est déterminante pour minimiser le temps de guérison et éviter les complications.

Suites après une intervention

Si l’ongle ou une partie de celui-ci a été retiré, il repoussera en plusieurs semaines à plusieurs mois. Les risques de l’absence ou d’un mauvais traitement sont l’évolution de l’infection vers d’autres tissus du doigt.

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Prévention du panaris

Plusieurs réflexes peuvent éviter le développement d’un panaris sur les doigts ou les orteils de nos bouts-de-choux. Et si malgré toutes nos précautions, un panaris apparaît, on consulte donc le ou la pédiatre ou médecin de notre enfant et on désinfecte régulièrement. La survenue du panaris peut être évitée si vous prenez soin de vos ongles. Après étude des facteurs de risques, il est donc recommandé d’éviter de se ronger les ongles, s’arracher les cuticules ou de sucer ses doigts.

Les mesures préventives comprennent :

  • Hygiène des mains : Il faut également adopter des mesures préventives, comme se laver les mains régulièrement, désinfecter les petites blessures, éviter de se ronger les ongles, ou faire attention aux manucures.
  • Soins des ongles : Si vous appréciez les manucures, investissez dans de bons ciseaux à ongles et coupes cuticules et désinfectez vos accessoires avant chaque utilisation.
  • Protection des mains : Les blessures des mains peuvent aussi être évitées en portant des gants pour jardiner ou bricoler par exemple. N’essayez pas non plus d’attraper un insecte avec vos doigts au risque de vous faire piquer.
  • Traitement des blessures : Enfin, si une écharde s’incruste sous votre peau, retirez-la immédiatement.
  • Soins des maladies cutanées : Dans le cas de maladies cutanées telles que l’eczéma, le psoriasis ou une mycose, gardez bien en tête toutes les consignes de soins pour éviter toute effraction de la peau.
  • Vaccination antitétanique : Quel que soit le stade du panaris, le médecin vérifie que les rappels de vaccin antitétanique ont été régulièrement effectués (un rappel doit être effectué tous les 10 ans chez l’adulte). En effet, les petites plaies des mains sont une porte d’entrée possible pour le tétanos. Si la vaccination est trop ancienne, l’injection d’un sérum antitétanique, qui permet d’apporter une protection immédiate mais peu durable, est associée à un rappel de vaccin antitétanique.

En somme, ces mesures hygiéniques peuvent vous permettre d’éviter de contracter le panaris. Si vous suspectez un début d’infection, vous connaissez désormais les bons gestes à adopter spontanément afin d’éviter toute évolution plus sévère.

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