Le diabète gestationnel (DG) est une forme d'hyperglycémie qui se manifeste pour la première fois pendant la grossesse. Il se distingue d'un diabète préexistant (type 1 ou type 2) diagnostiqué avant la grossesse. Le diabète gestationnel peut impacter la santé de la mère et de l’enfant. En France métropolitaine, la prévalence du diabète gestationnel a tendance à augmenter, elle était de 16,4 % en 2021 contre 10,8 en 2016.

Importance du Dépistage

Le dépistage du diabète gestationnel est crucial, particulièrement chez les femmes présentant un risque accru de développer cette affection. Il est également possible de découvrir, lors des dépistages effectués chez la femme enceinte, un diabète méconnu qui préexistait à la grossesse. Selon l’InVS, la proportion de femmes enceintes touchées par cette affection est en augmentation en France, atteignant 8% en 2014.

Glycosurie et Diabète Gestationnel

Il est important de noter qu'une glycosurie élevée (présence de sucre dans les urines) ne doit pas automatiquement conduire à la recherche systématique d'un diabète gestationnel. La recherche de glycosurie à chaque consultation reste obligatoire.

Critères Diagnostiques

Glycémie à Jeun au Premier Trimestre

Au 1er trimestre, si la glycémie à jeun est ≥ 1,26 g/L, la femme a un diabète de type 2.

Dépistage entre 24 et 28 Semaines d'Aménorrhée (SA)

Entre 24 et 28 SA, le diagnostic de diabète gestationnel est posé si l'un des critères suivants est rencontré :

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  • Glycémie à jeun ≥ 0,92 g/L (5,1 mmol/L)
  • Glycémie à 1 heure ≥ 1,80 g/L (10 mmol/L) après une charge orale de glucose
  • Glycémie à 2 heures > 1,53 g/L (8,5 mmol/L) après une charge orale de glucose

Une seule valeur positive est suffisante pour poser le diagnostic.

Test HGPO (Hyperglycémie Provoquée par Voie Orale)

Le test HGPO s'effectue au laboratoire après être resté à jeun pendant 10 à 12h. En laboratoire d’analyses médicales une glycémie à jeun est réalisée, puis un second test appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voir orale) à 75 g de glucose sont réalisés, entre la 24 e et la 28 e semaine d’aménorrhée (absence des règles), période où la détection du diabète gestationnel est la plus propice. Des contrôles de la glycémie sont effectués à intervalle régulier. Une seule valeur de glycémie au-delà des seuils définis (0,92 g/L à jeun ; ou 1,80 g/L 1h après la charge orale en glucose ; ou 1,53 g/L 2 h après) suffit à diagnostiquer un diabète gestationnel. Il est à noter que la notion d’intolérance au sucre n’existe plus : on a soit une glycémie « normale », soit un diabète gestationnel .

Facteurs de Risque

Depuis 2010, en France, le dépistage du diabète gestationnel se concentre en priorité sur les femmes présentant des facteurs de risques. Les facteurs de risque incluent :

  1. Âge ≥ 35 ans : On constate en effet une plus forte incidence chez les mères âgées de 35 ans et plus lors de leur grossesse. En 2021, près de 25 % des femmes enceintes avaient plus de 35 ans, soit 4% de plus qu’en 2016.
  2. IMC ≥ 25 kg/m² : On constate que les femmes ayant un IMC de plus de 25, valeur à laquelle commence le surpoids, ont plus de risques de développer un diabète gestationnel.
  3. ATCD familial 1er degré de DT2 : Si une personne a développé un diabète de type 2 dans la famille proche de la femme enceinte, elle a également plus de risques de déclencher un diabète gestationnel. Ce risque se situe essentiellement au sein des membres de la famille au premier degré, c’est-à-dire ses parents, ses frères ou sœurs.
  4. ATCD de DG : Les femmes ayant déjà développé un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse ont un risque élevé de déclencher le même type de diabète lors des grossesses suivantes. L’évaluation de ce risque varie selon les études de 30 à 84 %, d’après le site de l’Assurance maladie.
  5. ATCD de macrosomie : Enfin, les femmes ayant donné naissance à un enfant de 4 kilos ou plus ont également plus de risques de développer un diabète gestationnel lors d’une grossesse ultérieure.

Femmes sans Facteurs de Risque

Si la femme enceinte ne présente pas au moins un de ces facteurs de risques, on recherchera un diabète gestationnel seulement en cas d’hydramnios, qui désigne une quantité trop importante de liquide amniotique, ou de biométries fœtales (mesures de la dimension du fœtus) supérieures ou égales au 97e percentile. Il est à noter qu’une jeune femme qui n’est ni en situation d’obésité ni en surpoids et avec une bonne hygiène de vie peut développer un diabète gestationnel. Il peut s’agir d’un dérèglement hormonal favorisé par certains facteurs et parfois inévitable.

Complications Potentielles

Le diabète gestationnel (DG) est un facteur de risque de complications obstétricales:

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  • Maternelles: pré-éclampsie, césarienne, traumatisme périnéal
  • Fœtales: macrosomie, hydramnios (rare), hyperbilirubinémie, dystocie des épaules, mortalité, hypoglycémie, prématurité

Risques pour la Mère

  • La complication la plus grave est la survenue d’une pré-éclampsie (ou toxémie gravidique). Il s’agit d’un dysfonctionnement du placenta qui associe une hypertension artérielle, une prise de poids, des œdèmes et la présence de protéines dans les urines.
  • Accouchement par césarienne.
  • Accouchement prématuré.
  • Risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse, même des années plus tard. Une mère ayant développé un diabète gestationnel a en effet 7 fois plus de risques de développer un diabète de type 2.
  • Risque accru de maladies cardiovasculaires.

Risques pour l’Enfant

  • Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus en surplus. Cette réserve calorique excédentaire est stockée dans les organes de l’enfant.

  • La macrosomie, qui désigne un poids à la naissance supérieur à 4 kg, peut entraîner un accouchement difficile, et des complications pour l’enfant comme :

    • Une détresse respiratoire ;
    • Une dystocie des épaules, liée à un poids trop élevé du bébé : l’épaule du fœtus se loge contre l’os pubien ou le sacrum de la mère, le bloque dans le canal vaginal ;
    • Une hypoglycémie néonatale ;
    • Un risque de développer plus tard un diabète de type 2.

Traitement et Prise en Charge

Les clefs d'un traitement réussi s'appuient sur un dispositif qui comprend :

  • La motivation de la femme enceinte ;
  • Son autosurveillance glycémique régulière ;
  • Des mesures hygiéno-diététiques ;
  • Le suivi de l’évolution de la grossesse et du diabète gestationnel par un professionnel de santé.

Autosurveillance Glycémique et Prise en Charge Diététique

Il est recommandé pour la femme enceinte de pratiquer l’autosurveillance glycémique, 4 à 6 fois par jour. L’objectif est de garder une glycémie à un taux acceptable, soit inférieur ou égal à 0.95g/L à jeun et inférieur à 1,20 g/L deux heures après le début du repas. Lorsque ces résultats cibles sont dépassés de façon répétées, une prescription pour un traitement par insuline est effectuée sans tarder par le professionnel de santé qui suit la future maman afin de réguler au mieux la glycémie.

Le premier traitement est la prise en charge diététique avec la mise en place d’une alimentation adaptée et le contrôle du poids :

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  • Équilibre alimentaire : par rapport à une grossesse habituelle, les besoins nutritionnels, qui sont déterminés en fonction du poids, de la taille et de l’activité physique de la maman, ne nécessitent pas de modifications. Les objectifs de prise de poids sont également contrôlés dans les mêmes conditions qu’une grossesse classique ;
  • Repas fractionnés : répartition de la prise des glucides au cours de la journée (3 repas, 2 collations) ;
  • Calcul de la ration calorique adaptée à chaque femme ;
  • Privilégier les fibres qui ralentissent l’absorption des glucides et donc le pic d’hyperglycémie post-prandiale en mangeant suffisamment de légumes et de fruits.

Activité Physique

En dehors de contre-indications médicales, l’activité physique régulière et adaptée au profil de la femme enceinte est recommandée dans le cas d’un diabète gestationnel ou d’une grossesse avec un diabète. gym douce, aquagym, vélo d’appartement, natation et bien sûr marche… Le tout est d’éviter les secousses et les sports à risque de chute.

Traitement par Insuline

L'insuline est réservée aux femmes pour qui les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas pour atteindre l’équilibre glycémique. Les antidiabétiques oraux sont contre-indiqués pour la femme enceinte. Des injections d’insuline rapide de type “analogues rapides” peuvent être prescrites, de même que des insulines lentes, si nécessaire. Une éducation nutritionnelle thérapeutiques peut être proposée.

Prévention

Les complications du diabète gestationnel sont-elles évitables ? La grande majorité des diabètes gestationnels ne vont pas se compliquer car ils vont très bien répondre à l’association de modifications nutritionnelles et d’une activité physique adaptée.

Suivi Post-Partum

Les femmes qui ont eu un diabète gestationnel doivent être suivies après l’accouchement pour s’assurer que la glycémie est revenue à la normale sans traitement. Néanmoins, le diabète gestationnel expose à un risque sept fois plus élevé de développer ultérieurement un diabète de type 2.

Soutien et Ressources

Si vous recherchez du soutien, n’hésitez pas à vous rapprocher de la Fédération, présente pour vous accompagner et vous soutenir, dans toutes les étapes de votre vie de femme. Différentes actions sont mises en place pour vous aider :

  • Notre programme d’accueil spécial diabète gestationnel ;
  • La Ligne Écoute Solidaire ;
  • Nos programmes Slow Diabète ;
  • Des associations locales au plus près de chez vous.

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