L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour toutes les femmes en France. Depuis sa légalisation en 1980, l'accès à l'IVG a été constamment amélioré pour garantir aux femmes un parcours sûr, respectueux et adapté à leurs besoins. Si vous envisagez une IVG, il est essentiel de connaître les démarches à suivre, les options disponibles et les lieux où vous pouvez obtenir un rendez-vous. Cet article vous guide à travers toutes les étapes, en s'appuyant sur les informations officielles et les recommandations des professionnels de santé.

Premiers pas : La décision et la consultation initiale

Lorsque vous prenez la décision d'interrompre votre grossesse, la première étape consiste à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé. Il peut s'agir d'un médecin généraliste, d'une sage-femme, d'un gynécologue exerçant en cabinet de ville, dans un centre de santé, un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d'éducation familiale) ou dans un établissement de santé (hôpital ou clinique). Le Planning Familial est également une ressource précieuse pour obtenir des informations et un accompagnement.

Le rendez-vous peut se dérouler en présentiel ou en téléconsultation, si cette option vous est proposée. Lors de cette première consultation, le professionnel de santé vous fournira toutes les informations nécessaires sur l'IVG, notamment :

  • Les différentes méthodes d'IVG (médicamenteuse et instrumentale)
  • Les lieux de réalisation et les délais légaux
  • Le déroulement de chaque méthode, les risques et les effets secondaires possibles
  • La possibilité de bénéficier d'un entretien psychosocial

Un dossier-guide reprenant ces informations vous sera également remis. Si le professionnel de santé consulté ne pratique pas lui-même l'IVG, il est tenu de vous en informer immédiatement et de vous orienter vers un professionnel ou un établissement qui la pratique.

Les deux temps de la demande d'IVG

La demande d'IVG se déroule en deux temps, qui peuvent désormais avoir lieu lors d'une seule et même consultation :

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  1. La consultation d'information : C'est lors de cette consultation que vous formulez votre demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Vous recevez des informations orales et un dossier-guide sur les différentes méthodes d'IVG, les lieux de réalisation, les risques et les effets secondaires possibles. Cette consultation est l'occasion de poser toutes les questions que vous pouvez avoir. Le professionnel de santé vous proposera également un entretien psychosocial, obligatoire si vous êtes mineure. À la fin du rendez-vous, il vous délivrera une attestation de consultation médicale.
  2. Le recueil du consentement écrit : Vous remettez votre consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n'y a plus de délai de réflexion minimal imposé entre le premier et le deuxième temps. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l'IVG (14 semaines de grossesse). Lors de ce deuxième temps, vous choisissez votre méthode d'IVG, ainsi que son lieu de réalisation. C'est également un moment privilégié pour discuter de la contraception à mettre en place après l'IVG, si vous en avez besoin, et pour réaliser ou vous faire prescrire un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l'infection par le VIH, ainsi qu'un dépistage du cancer du col de l'utérus.

Où prendre rendez-vous pour une IVG ?

Plusieurs options s'offrent à vous pour prendre rendez-vous pour une IVG :

  • En cabinet de ville : Vous pouvez consulter un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme qui pratique l'IVG médicamenteuse.
  • Dans un centre de santé : Les centres de santé proposent des consultations et des IVG médicamenteuses.
  • Dans un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d'éducation familiale) : Ces centres offrent des consultations, des entretiens psychosociaux et des IVG médicamenteuses. Ils sont particulièrement adaptés aux jeunes et aux personnes en difficulté.
  • Dans un établissement de santé (hôpital ou clinique) : Les hôpitaux et les cliniques autorisés pratiquent les IVG médicamenteuses et instrumentales.

Pour trouver un professionnel ou un établissement pratiquant l'IVG près de chez vous, vous pouvez consulter les annuaires disponibles sur les sites internet des Agences Régionales de Santé (ARS). Vous pouvez également contacter le numéro vert national IVG Contraception Sexualités : 0800 08 11 11 (appel gratuit et anonyme depuis un poste fixe).

Voici quelques exemples de lieux où vous pouvez prendre rendez-vous :

  • Planning Familial : Le Planning Familial est une association qui propose des informations, des consultations et un accompagnement pour l'IVG. Vous pouvez trouver les coordonnées du Planning Familial le plus proche de chez vous sur leur site internet. Par exemple, le Planning Familial Grenoble Gambetta est joignable au 04 76 87 94 61.
  • Centres de santé sexuelle : Ces centres proposent des consultations médicales, des entretiens psychosociaux et des IVG médicamenteuses. Par exemple, le centre de santé sexuelle de Grenoble est situé au sein de la Maison des habitants Abbaye et est joignable au 04 76 43 13 76.
  • Centres hospitaliers : De nombreux centres hospitaliers proposent des services d'orthogénie pour l'IVG. Par exemple, le Centre Hospitalier Simone Veil propose des solutions pour l'IVG médicamenteuse et chirurgicale. Vous pouvez prendre rendez-vous au 03 44 11 26 26.
  • Centres médicaux de la femme : Ces centres proposent des IVG médicamenteuses et chirurgicales. Par exemple, le centre médical de la femme propose des consultations assurées par des médecins et sages-femmes. L'anonymat peut être respecté et les personnes mineures et non assurées sociales peuvent bénéficier de la gratuité des consultations.

Les méthodes d'IVG

Il existe deux méthodes pour interrompre une grossesse :

  1. L'IVG médicamenteuse : Cette méthode consiste à prendre deux médicaments à 24 ou 48 heures d'intervalle pour provoquer l'expulsion de l'œuf. Elle peut être réalisée jusqu'à la 7e semaine de grossesse (9 semaines d'aménorrhée) en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle ou en établissement de santé. Au-delà de ce délai, elle peut être pratiquée en établissement de santé jusqu'à la 9e semaine de grossesse (11 semaines d'aménorrhée). Dans certains cas, l'IVG médicamenteuse peut être réalisée à domicile jusqu'à 7 semaines de grossesse, sous certaines conditions (être majeure, située à moins d'une heure de route de l'hôpital et accompagnée d'un proche).
  2. L'IVG instrumentale (ou chirurgicale) : Cette méthode consiste en une aspiration du contenu de l'utérus, précédée d'une dilatation du col. Elle est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie-obstétrique ou chirurgie). Elle peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale, selon votre choix et votre situation médicale. L'IVG instrumentale est privilégiée au-delà de la 7e semaine de grossesse et jusqu'à la 14e semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).

Le choix de la méthode d'IVG se fait en concertation avec le médecin ou la sage-femme qui réalisera l'IVG, en tenant compte de votre situation personnelle, de votre terme de grossesse et de vos préférences.

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Délais et examens médicaux

Le délai légal pour réaliser une IVG en France est de 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). Il n'y a plus de délai de réflexion obligatoire entre la consultation d'information et le recueil du consentement.

Avant l'IVG, plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer le diagnostic de grossesse et déterminer l'âge de celle-ci. Il peut s'agir d'une échographie ou d'une prise de sang pour doser les β-hCG (hormone de grossesse). D'autres examens sanguins peuvent être réalisés pour déterminer votre groupe sanguin et pour permettre la réalisation d'une anesthésie générale en cas d'IVG instrumentale. Vous pouvez également effectuer un dépistage du VIH et des autres IST, ainsi qu'un examen de dépistage du cancer du col de l'utérus si vous n'êtes pas à jour de celui-ci.

Après l'IVG, une consultation de suivi est nécessaire pour vérifier que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complication. Elle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG. Lors de cette consultation, le médecin ou la sage-femme abordera avec vous la contraception, si vous en souhaitez une, pour l'adapter à votre situation.

Aspects financiers

Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'IVG et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d'honoraire possible.

Pour les femmes résidant en France en situation irrégulière et non admises à l'aide médicale de l'État (AME), il existe une prise en charge des soins urgents (dont fait partie l'IVG) à l'hôpital (hospitalisation ou consultation en établissement de santé).

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Mineures et IVG

Les femmes mineures peuvent recourir à une interruption volontaire de grossesse, avec ou sans le consentement de leurs parents. Si une jeune femme mineure souhaite recourir à une IVG sans le consentement de ses parents, elle doit se faire accompagner dans sa démarche par une personne majeure de son choix (membre de la famille, ami…). Un entretien préalable avec une conseillère conjugale et familiale sera nécessaire avant la programmation de l'IVG. Les professionnels de santé qui la prennent en charge ont besoin de connaître son nom, mais sont ensuite tenus au secret médical.

Complications possibles

Bien que l'IVG soit une intervention sûre lorsqu'elle est réalisée dans des conditions sécurisées, il existe un risque de complications, bien que rare. Les effets secondaires peuvent inclure des saignements, des crampes similaires à des règles, et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Ces effets peuvent durer quelques jours, et un suivi médical est assuré pour éviter les complications.

Les complications plus graves sont très rares, mais peuvent inclure une infection ou une hémorragie. Les signes d'alerte nécessitant une consultation en urgence sont :

  • Fièvre (température supérieure à 38°C)
  • Importantes pertes de sang
  • Fortes douleurs abdominales
  • Malaise

En cas de doute ou d'inquiétude, il est important de contacter rapidement un professionnel de santé ou un service d'urgence gynécologique.

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