La colique est un terme qui suscite l'inquiétude chez de nombreux propriétaires de chevaux. En effet, elle représente la première cause de mortalité chez ces animaux. Bien qu'elle ne soit pas une maladie en soi, mais plutôt un syndrome regroupant divers symptômes liés à des douleurs abdominales, il est crucial de comprendre ses causes, ses manifestations et les démarches à suivre pour assurer la santé et le bien-être de votre équidé. Cet article vise à vous fournir un guide complet sur la colique chez le cheval, allant de sa définition à sa prise en charge chirurgicale, en passant par la prévention et les soins post-opératoires.

Qu'est-ce que la Colique ?

La colique n’est pas une maladie, mais un symptôme. Dans 96 à 97% des cas, la colique est d’origine digestive, c’est-à-dire que la douleur provient de l’estomac ou encore l’intestin. La colique est un syndrome, qui regroupe un ensemble de symptômes liés à des douleurs intestinales. La colique est toujours un cas à traiter avec attention.

Les Différents Types de Coliques

Il existe plusieurs types de coliques, chacun ayant ses propres causes et nécessitant une approche spécifique. Parmi les plus courantes, on retrouve :

  • La colique par obstruction : Liée à un bouchon dans le système digestif, où le contenu ingéré se bloque au niveau du colon.
  • La colique par dysmicrobisme : Causée par un contenu ingéré plus "lourd" que la normale, entraînant une mauvaise circulation et un blocage du transit.
  • La colique chirurgicale : Liée à une torsion accidentelle du viscère, comme une torsion de l'intestin grêle ou du colon. Ce type de colique est le plus grave et nécessite une intervention rapide.
  • La colique spasmodique: Cette colique est due à une contraction excessive de l’intestin.
  • La colique gazeuse: Elle est provoquée par l’absence ou la faiblesse des contractions intestinales.

Identifier les Signes de Colique : Une Observation Attentive

Repérer un cheval atteint d’une colique peut s’avérer facile comme très compliqué. Ce syndrome se manifestant par une douleur, c’est la sensibilité du cheval qui déterminera la plus ou moins grande visibilité des symptômes. Il est donc recommandé d’observer son cheval régulièrement. La liste des symptômes pouvant évoquer la colique est donc longue. Chaque animal réagit à sa façon et il est rare qu’un cheval présente l’intégralité de ces symptômes. Parmi les signes les plus fréquents, on note :

  • Il ne mange plus.
  • Il regarde ses flancs.
  • Il gratte le sol.
  • Il se couche, ou se jette au sol.
  • Il prend une position de « chien assis ».
  • Il transpire beaucoup.
  • Il est en état de dépression.

Que Faire Immédiatement en Cas de Suspicion de Colique ?

Dès les premiers signes de colique chez un cheval, il est important d’agir vite. La colique n’est donc pas à prendre à la légère. Même si elle se traite le plus souvent facilement, certains cas sévères nécessitent d’être traités rapidement pour augmenter les chances de survie du cheval. Le premier réflexe à avoir est d’appeler le vétérinaire. C’est la seule personne qualifiée pour juger de la gravité de la situation.

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  • Retirer la nourriture : Le premier réflexe à avoir est de retirer la nourriture mise à la disposition du cheval. S’il est au pré, il faut le rentrer à l’intérieur afin qu’il ne mange plus d’herbe. Cela permet d’éviter d’empirer son état en cas de blocage (« bouchon »).
  • Prendre son pouls : Placez votre main au niveau d’une grosse artère (au-dessus du coude gauche, en dessous de la mandibule ou sur les côtés du boulet par exemple) jusqu’à sentir le rythme cardiaque. Notez cet article :L’une des étapes les plus importantes dans la vie d’un cavalier est le choix d’une selle, elle ne doit donc pas être prise à la légère. Un rythme cardiaque supérieur à 60 battements par minute pour un cheval adulte peut être le signe d’une colique sévère.
  • Observer la quantité et l’apparence du fumier.

Il est important d’éviter certaines actions afin de ne pas empirer l’état de santé du cheval. Il est essentiel que le premier réflexe à avoir en cas de colique soit d’appeler le vétérinaire. Il pourra conseiller d’éventuels médicaments à donner ou à éviter. Tout d’abord, il ne faut pas trop faire marcher le cheval afin de ne pas l’épuiser. Il faut éviter de pratiquer des actes médicaux non maîtrisés. Par exemple, l’examen rectal du cheval doit être fait par le vétérinaire, car s’il est mal fait il peut provoquer des lacérations rectales, parfois fatales pour le cheval.

Diagnostic et Traitement : L'Intervention du Vétérinaire

Une fois que le vétérinaire aura établi son diagnostic, il décidera si votre cheval peut recevoir des soins sur place ou bien si une hospitalisation est nécessaire. En cas de torsion par exemple, la question ne se pose pas : le cheval devra subir une intervention chirurgicale.

Traitement Médical

La colique se traite dans la majorité des cas avec quelques médicaments. Dans un premier temps, le vétérinaire pourra administrer des antalgiques ou des sédatifs au cheval afin de soulager la douleur jusqu’au rétablissement de la motilité intestinale. Des perfusions intraveineuses peuvent également être mises en oeuvre afin de corriger la déshydratation et de ramollir le contenu intestinal, en association avec des laxatifs.

Traitement Chirurgical : Quand est-il Nécessaire ?

Dans moins de 10% des cas de colique, un acte chirurgical est nécessaire pour soigner le cheval. La colique peut-être due à la torsion ou au déplacement d’un segment de l’intestin. Dans ce cas, il y a peu de chances que cela rentre dans l’ordre avec des médicaments, et une chirurgie d’urgence est souvent nécessaire. Le cheval doit être amené dans un centre spécialement équipé.

Déroulement d'une Chirurgie de Colique

Les chirurgies de colique sont des interventions longues (entre 2 et 5h) qui requièrent une grande technicité du chirurgien et un personnel important (environ 4 personnes : un chirurgien et son assistant, un anesthésiste et un infirmier). Voici les étapes clés d'une telle intervention :

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  1. Anesthésie : À l’exception des cas d’urgence, l’anesthésie générale est toujours réalisée à jeun. Elle se déroule en trois étapes :
    • Examen pré-anesthésique (analyse de sang, auscultation cardiaque et respiratoire et ECG) complet.
    • Le cheval est tranquilisé puis anesthésié dans le box d’induction.
    • L’intubation trachéale est réalisée, puis le relais gazeux (02 + Isoflurane) est assuré par l’appareil d’anesthésie (respirateur).
    • Un monitoring du cheval est réalisé en continu par un ECG, une capnographe, un oxymètre et une pression artérielle invasive.
    • Induction : le cheval est endormi à l’aide d’une injection faite dans le cathéter, dans une salle capitonnée spécialement conçue pour que le cheval se couche le plus en douceur possible.
  2. Intervention Chirurgicale :
    • Suite à une préparation aseptique de l’abdomen et la mise en place des champs opératoires, le chirurgien (assisté par un assistant) pratique une incision longitudinale au niveau de la « ligne blanche » (sous le ventre). Cela permet de palper et d’extérioriser une grande partie des organes abdominaux.
    • Le chirurgien peut être amené à pratiquer différentes opérations qui vont de la « simple » remise en place d’une portion d’intestin déplacée, en passant par la vidange voire le retrait intégral d’une portion intestinale.

Soins Post-Opératoires et Convalescence

Mon cheval vient d’être opéré de colique.

  • Une fois bien réveillés les chevaux sont conduits à leur box et restent en soins intensifs en moyenne 2 à 5 j. Ils sont placés sous perfusions, reçoivent des médicaments antibiotiques et anti inflammatoires et des examens cliniques rapprochés sont effectués.
  • A l’issue de cette étape « décisive », le cheval est gardé sous surveillance pendant en moyenne 5j supplémentaires.
  • Lorsque le cheval est jugé apte à rentrer chez lui, un compte-rendu complet stipule les instructions à suivre par la suite. Le propriétaire dispose de tous les conseils nécessaires à un bonne gestion postopératoire : médicaments, activité, alimentation, soins…etc.
  • La convalescence suite à une chirurgie de colique peut paraitre longue. Cela est en partie du au fait que la cicatrisation complète de la plaie abdominale prend plusieurs mois et donc que pendant cette période les chevaux ne peuvent être mis en liberté ou travaillés.

Complications Possibles

Comme toutes chirurgies, les coliques peuvent présenter des complications immédiates ou différée. La plus fréquente est l’iléus de l’intestin grêle (lorsque le transit ne reprend pas), mais est difficile d’estimer sa probabilité. Lorsque le transit ne reprend pas et que le cheval se dégrade il vaut mieux vaut envisager une euthanasie pour raison humanitaire. L’objectif d’un bon chirurgien de colique est d’avoir un cheval vivant et en bonne santé 1 an après la chirurgie et toutes nos désicions sont prises en fonction de cet objectif.

Prévention de la Colique : Des Mesures Essentielles

De nombreux facteurs, certains propres à chaque cheval, peuvent favoriser les coliques et leur maitrise totale est impossible. Néanmoins, l’observance d’un certain nombre de règles d’hygiène alimentaire et de management notamment, peut aider à limiter leur incidence.

  • Alimentation : La colique étant majoritairement d’origine digestive, il faut porter une attention particulière à l’alimentation du cheval. Celle-ci doit être de bonne qualité et stable, c’est-à-dire que les changements doivent se faire graduellement et pas de façon brutale. Elle doit aussi être régulière : il est important que le cheval dispose de foin à volonté puisqu’il doit en manger l’équivalent de 1 % de son poids par jour. Ainsi, la ration doit être distribuée en plusieurs repas, à heures fixes et comprendre une quantité suffisante de fourrage de bonne qualité. De même, les concentrés ne doivent pas excéder 50% de la ration.
  • Hydratation : Afin d’éviter les risques de contamination par des parasites, il est important que le cheval dispose d’eau en quantité illimitée, qu’elle soit propre et à une température agréable (tiède en hiver et fraiche en été).
  • Ingestion de sable : Il faut éviter l’ingestion de sable, qui peut aussi être un facteur de risque pour les coliques.
  • Soins dentaires : Il faut aussi vérifier l’état des dents de façon régulière.
  • Parasitisme : Il faut retenir que dans 90% des cas, la colique est provoquée par le parasitisme. L’une des principales mesures de prévention pour éviter cette douleur est donc de vermifuger régulièrement les chevaux.
  • Stress : Il faut éviter les stress au cheval.
  • Exercice : Afin de faciliter la digestion, il est préférable de faire travailler régulièrement le cheval plutôt que d’alterner les gros efforts suivis de longues périodes de repos. Un cheval a aussi besoin d’espace.

Aspects Financiers : Anticiper les Coûts

Le risque qu’un cheval fasse une colique qui nécessite le recours à une chirurgie est plutôt faible (en moyenne 1 cheval sur 100 sur une période d’un an). Cela-dit lorsque cela se produit le coût associé est élevé (entre 4000 et 6000 euros). Avant toute chose, vous devez déterminer le budget que vous souhaitez et pouvez engager pour soigner votre cheval. Le traitement d’une colique peut s’avérer conséquent : il faudra compter entre 100€ et 300€ pour un traitement médical en étant soigné aux écuries, entre 500€ et 800€ pour une surveillance en clinique, et entre 3000€ et 5000€ pour effectuer une opération chirurgicale.

Assurance Cheval : Une Protection Financière

Ainsi, afin de couvrir les frais vétérinaires en cas de colique, vous pouvez opter pour une assurance cheval Cavalassur. De cette manière, c’est l’assurance qui prend en charge tout ou une partie des frais engendrés par la colique. De la chirurgie au traitement de la colique non opérée, vous pourrez bénéficier d’une garantie précieuse en fonction du niveau d’assurance choisi.

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