L'humble pot à biberon, souvent négligé, offre un aperçu fascinant de l'histoire de l'alimentation infantile à travers les âges. Des découvertes archéologiques récentes aux évolutions des pratiques d'allaitement, cet objet modeste révèle des aspects surprenants de la vie quotidienne et des préoccupations parentales du passé.

Des origines néolithiques aux pratiques antiques

L'utilisation de récipients pour nourrir les nourrissons remonte à la préhistoire. Des recherches récentes ont mis en évidence des graisses d’origine laitière sur de la poterie probablement destinée à des nourrissons du Néolithique. Suffisamment petits pour être tenus par un enfant du Néolithique, ces pots sont dotés d'une minuscule ouverture par où le lait peut être aspiré. Cela suggère que les bébés préhistoriques buvaient du lait animal dans des « biberons » en céramique, et pas uniquement du lait maternel durant leurs premiers mois.

Ces découvertes archéologiques, notamment l'analyse isotopique des résidus organiques, confirment que ces pots contenaient du lait de ruminants, tels que des vaches et des chèvres. Cette pratique, qui remonte à environ 7 000 ans, coïncide avec l'essor de l'agriculture et de l'élevage en Europe centrale. L'analyse de dents d'enfants de cette époque confirme effectivement une introduction du lait animal vers six mois et un sevrage complet vers deux ou trois ans. Cette introduction du biberon s'est traduite par une moindre mortalité infantile et un enchaînement plus rapide des naissances.

Dans l'Antiquité, bien que l'allaitement maternel fût la norme, des alternatives existaient. On pouvait d’abord faire téter par l’enfant le sein d’une nourrice qui pouvait être une voisine, une parente, une amie, une esclave, avec rémunération ou non. La seconde solution consistait à faire téter la mamelle d’un animal, surtout celle d’une chèvre. Restait enfin la solution du biberon. Les biberons de cette époque, souvent retrouvés dans des sépultures d'enfants, étaient des poteries ou des flacons de verre munis d’une ouverture sur la partie haute et d’un petit goulot ou téterelle dans la partie ventrue.

Ces petites cruches à bec tubulaire, qu’elles soient en céramique ou en verre, sont régulièrement mises au jour sur des sites archéologiques, aussi bien en contexte domestique que funéraire. Cependant, leur découverte dans des tombes d’enfant reste rare, ce qui a souvent faussé l’interprétation qu’on en faisait. Les rites funéraires antiques sont basés sur la notion d’accompagnement du défunt vers l’au-delà ; la mise en terre est célébrée par un banquet au cours duquel le défunt partage un repas avec les vivants, par le biais d’éléments de vaisselle déposés à ses côtés. Au Bas-Empire, ce lot de vaisselle, défini comme assemblage de sustentation du défunt, comprend deux objets, souvent un récipient destiné à contenir les denrées solides et un récipient lié au service des boissons.

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Des exemples régionaux pour l’Antiquité montrent que les petites cruches à bec étaient bien liées à la sustentation des enfants, qui plus est, à base de boisson lactée. Cependant, les cruches en verre sont fragiles et le doute persiste quant à leur utilisation pour l’allaitement artificiel. Les anses, petites et fines sont mal adaptées à une main d’adulte et le bec tubulaire brut et coupant, ne peut être placé dans la bouche d’un enfant.

Évolution des biberons au Moyen Âge

Pour le Moyen Âge, on a conservé également des biberons de terre cuite, souvent nommés chevrette sans doute parce qu’on y mettait surtout du lait de chèvre. Ces biberons ont par la suite évolué vers le type des faïences de Quimper : petit pot de 10 à 15 cm de haut avec pied, anse latérale, goulot pour téter et orifice de remplissage. En breton, ces biberons se sont appelés pod bronnek, en français pot mamelon ou craule.

Il existe aussi, à partir du ixe siècle - peut-être de tous temps dans certaines régions - un type particulier de biberons, appelé corne ou cornette faite à partir de la corne d’un ovin ou d’un caprin. Le bout était percé d’un ou de plusieurs petits trous, parfois recouvert d’un chiffon retenu par un fil, à moins qu’une mèche ait été arrangée à l’intérieur d’un orifice plus gros.

Les mères préparaient au coin du feu la bouillie, le papin de l’enfant sevré. Cette bouillie à base de farine était mitonnée dans un petit poêlon, dans une petite cassote dont les historiennes Danièle Alexandre-Bidon et Monique Closson nous donnent de jolis dessins à partir de miniatures médiévales dans leur livre L’enfant à l’ombre des cathédrales. Le père est donc aussi impliqué dans l’alimentation du jeune enfant, et ceci très tôt d’après les usages médiévaux dont certains ont perduré au moins symboliquement jusqu’à nos jours.

On ne saurait oublier à ce propos que les théories médicales et les traditions populaires attribuaient depuis l’antiquité des vertus très négatives au lait maternel des premiers jours, le colostrum. Il n’était pas question pour l’accouchée d’allaiter son enfant, elle l’empoisonnerait. C’est seulement au xviiie siècle que l’on découvrit les vertus du colostrum pour l’évacuation du méconium mais les traditions perdurèrent. Jusqu’à une époque toute récente, on recommandait aux mères d’attendre la montée du lait pour mettre l’enfant au sein. Pour faire patienter le bébé, on imposait une diète presque absolue, à l’eau sucrée.

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Diversification des matériaux et des formes

Au cours des siècles, on voit naître d’autres formes de biberons, fabriqués à partir de matières diverses, bois tourné (surtout du buis), terre, peau, faïence, porcelaine, verre, argent et or pour les plus riches. On invente et on réinvente de nouvelles tétines et drapelets qui imitent plus ou moins adroitement le mamelon. Le but est d’éviter que le bébé ne s’étouffe en ingurgitant trop vite : chiffon - rapidement souillé -, embout en bois, en os, en ivoire - tous matériaux bien durs pour les gencives des nouveau nés, mamelle d’animal - qui s’abîme trop vite et dégage rapidement une odeur désagréable. Le biberon en étain se répand surtout aux xviie-xviiie siècles avec des risques notables pour le bébé car certains étains contenaient du plomb, substance provoquant le saturnisme.

La demande de biberons grandit à partir de la Renaissance du fait de l’existence des grandes institutions en faveur des Enfants Trouvés. Du temps de François Ier, à l’Hôtel-Dieu de Paris, les religieuses et les servantes durent recourir aux biberons et cornets, faute de mères et de nourrices. Elles utilisaient des biberons d’étain et de verre « encornettés ou enveloppés de quelque petit drapeau ».

C’est à cette époque que l’on peut situer les débuts de ces douloureuses pratiques d’alimentation artificielle qui vont culminer au xixe siècle. La mortalité infantile s’accroit de façon alarmante.

Le biberon à l'ère industrielle : progrès et controverses

L’apport financier des « nourrices sur lieu » est encore plus déterminant. La jeune mère, issue d’une famille de petits exploitants qui quitte tout pour aller passer 12 ou 18 mois dans une famille noble ou bourgeoise - soit le temps d’une « nourriture » -, revient avec un revenu net de l’ordre de 1 000 FRF, tenant compte des nombreux cadeaux et primes reçus. On y surnomme d’ailleurs « maisons de lait » celles que les revenus de l’allaitement ont permis de remettre en état. Le métier est donc considéré comme agréable malgré ses lourds handicaps : le chagrin d’une longue séparation, sans retour et avec peu de visites, d’avec le mari et, surtout, d’avec son propre nourrisson qui est, au mieux, allaité par une femme de la famille ou une voisine, et souvent nourri au lait de vache ou de chèvre.

Au XIXe siècle, les bureaux de placement publics déclinent en faveur des bureaux privés, peu contrôlés. L’Académie de médecine relance le débat et les enquêtes dans les années 1860. Le tout aboutit à la Loi Roussel qui prévoit l’enregistrement des enfants placés, la surveillance d’un médecin-inspecteur et la visite d’une commission locale chez la nourrice.

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Le biberon existe depuis l’Antiquité, sous la forme de pots, de mamelons ou de gourdes de grès. Au Moyen Âge, on utilise des cuillères, des tasses de bois ou des gobelets en argent. Hélas, nourrir les enfants au biberon, avec du lait de vache ou de chèvre, prétendu meilleur, a longtemps été synonyme de risques mortels. Les pots en fer blanc, très utilisés dans les hôpitaux, rouillent et mettent en danger la santé des bébés, de même que les bouteilles en étain, matériau qui contient du plomb à l’origine d’une intoxication provoquant diarrhées, vomissements et convulsions souvent mortelles. L’habitude d’utiliser des cornes d’animaux remonte au moins au Moyen Âge : elles sont percées et enrobées d’un morceau d’étoffe ou de cuir souple recouvert d’un chiffon qui permet la succion, mais est responsable de dangereux vomissements et coliques. Le « drapeau » qu’on noue également au col du biberon, avant la création de la tétine, est un linge, morceau de cuir, éponge ou pis de vache parcheminé. Le biberon en verre, dès le début du XVIIIe siècle, aurait pu améliorer nettement l’hygiène car il se nettoie facilement mais c’est tout le contraire qui se produit. En effet, ces biberons ont parfois des becs de métal ou des embouts en liège ou en bois, matières qui, en se décomposant, provoquent chez le nourrisson des infections de la bouche. La tétine de caoutchouc, beaucoup plus saine, apparaît vers 1830. Reste que l’invention surnommée « biberon infanticide », est équipée d’un bouchon percé dans lequel passe un long tube en caoutchouc.

À cette époque, une large diversité de biberons voit le jour, avec autant de matériaux différents avec lesquels ils sont faits. Aussi, il en existait de toute sorte, dont les biberons réalisés avec du fer, de l’étain, du fer blanc… Les noms attribués sont tout autant divers, cela dépendait en principe de celui ou de celle qui les ont inventés. Parmi ceux que l’histoire a retenus, le biberon Robert a été le plus populaire. Quelques années plus tard, l’apparition de l’usage du verre a permis la conception de modèles de biberons plus innovants et assurant davantage la sécurité de la santé du nourrisson. Dès lors, les modèles ont commencé à ressembler à ceux que l’on connait aujourd’hui. En effet, les anciens modèles étaient tous facteurs d’infection chez l’enfant, entrainant un taux de mortalité infantile assez élevé. Le verre offrait déjà un peu plus de fiabilité, car son nettoyage était beaucoup plus aisé. Bien que le verre fût un grand progrès, la tétine du biberon Robert posait toujours problème. Elle était en caoutchouc. Son nettoyage posait encore des problèmes d’ordre sanitaire, causant plus de mal que de bien. En fait, ce n’est qu’avec l’adoption de la technique de pasteurisation que le biberon a survécu jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, tous ses composants sont désormais faits avec des matières aptes à supporter la haute température de stérilisation, gage de la propreté du biberon.

On voit apparaître des fabricants comme Grandjean, et ses concurrents… Biberon de Marguerite. sous diverses marques Robert, Grandjean, Gény… équipées de tétines. C'est le règne des stérilisateurs. apparaît sur le verre et le biberon atteint sa maturité. à large ouverture. modèles sont contemporains des modèles sans vis. remplace la bakélite. l'utilisation à destination d'enfants est sujette à caution. ouverture supérieure à petit goulot droit. ouverture supérieure à petit goulot droit. ouverture supérieure à petit goulot droit. H : 140 mm - Cont. H : 130 mm - Cont. H : 120 mm - Cont. bibliographie) - N° inventaire : FEC. bibliographie) - N° inventaire : FEC. bibliographie) - N° inventaire : FEC. semi circulaire transversale et munie d'une petite anse latérale. forme de tétine. latérale. Bec en forme de tétine. H : 120 mm (anse comprise) - Cont. siècle. N° inventaire : FEC. mais ce type de biberon fut utilisé du XIXème au début du XXème. - N° inventaire : FEC.

Le biberon aujourd'hui : un indispensable moderne

À l’heure actuelle, le biberon est devenu un indispensable pour les heures de repas de bébé. Mais pas seulement, d’autres équipements ont également vu le jour et ont permis d’offrir plus de confort aux parents lorsqu’ils doivent nourrir leur petit. Aujourd’hui, beaucoup de parents ne peuvent plus se passer du biberon. En effet, il est devenu un équipement puériculture de prédilection pour nourrir un enfant en l’absence de sa mère. Que l’on choisisse d’y mettre du lait infantile ou du lait maternel tiré du sein de la mère, sa fonction reste la même.

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