L'obstétrique moderne, tout en s'appuyant sur des avancées scientifiques et technologiques, reconnaît de plus en plus l'importance d'une approche holistique intégrant des pratiques de médecine douce. Cette perspective globale prend en compte non seulement les aspects physiques de la grossesse et de l'accouchement, mais aussi les dimensions émotionnelles, psychologiques et environnementales. L'objectif est d'offrir aux femmes un accompagnement personnalisé et complet, favorisant leur bien-être et celui de leur enfant.
Comprendre l'Endométriose : Une Maladie Complexe
L’endométriose est une maladie dont beaucoup de personnes entendent parler, parfois sans vraiment comprendre ce qui se joue derrière les douleurs souvent intenses et la fatigue qui l’accompagnent. Longtemps méconnue, elle peut toucher la vie quotidienne à différents niveaux et mettre des années à être diagnostiquée. Mieux comprendre cette maladie, ses manifestations et la manière dont elle évolue permet d’aborder ce sujet avec plus de clarté et d’écoute. L’endométriose est une maladie hormono dépendante caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus. Au-delà de cette définition médicale, l’endométriose est une maladie complexe et encore largement méconnue. Le développement de tissu semblable à l’endomètre dans des zones anormales peut entraîner une inflammation chronique, qui explique en partie l’intensité et la persistance des douleurs. Cette maladie évolue de manière variable : certaines personnes ressentent des douleurs dès l’adolescence, tandis que d’autres ne découvrent leur endométriose que plus tard, souvent après des années d’errance diagnostique. Les manifestations sont variées, mais deux dimensions reviennent fréquemment : des douleurs importantes, souvent invalidantes, et des difficultés à concevoir un enfant pour certaines personnes. Les symptômes de l’endométriose peuvent varier d’une personne à l’autre. Certains signes sont typiques, tandis que d’autres passent plus inaperçus. Les symptômes peuvent être parfois difficiles à interpréter, car ils varient fortement d’une personne à l’autre et peuvent être confondus avec d’autres troubles. Il est donc important d’observer l’ensemble des ressentis et non un signe isolé. Les causes exactes ne sont pas entièrement connues, mais plusieurs facteurs sont évoqués. Même si la recherche progresse, les causes de l’endométriose ne sont pas encore totalement établies. Les causes exactes ne sont pas entièrement connues, mais plusieurs éléments sont évoqués dans la littérature scientifique. Il ne s’agit pas d’une maladie liée à un seul facteur : plusieurs mécanismes pourraient intervenir simultanément. Sans prise en charge adéquate, l’endométriose peut évoluer et générer des répercussions plus importantes. Les douleurs peuvent devenir plus fréquentes, l’impact émotionnel plus lourd et le quotidien plus difficile à gérer. En cas de suspicion d’endométriose, il est essentiel de consulter un professionnel de santé. Agir face à l’endométriose demande généralement une démarche progressive, mêlant suivi médical, écoute des symptômes et adaptations du quotidien. L’objectif est de mieux comprendre la maladie et d’en limiter les effets au jour le jour. Les pratiques complémentaires ne guérissent pas l’endométriose, mais peuvent accompagner les femmes concernées en complément du suivi médical. Ces approches ne visent pas à traiter la maladie, mais elles peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie lorsque la douleur, la fatigue ou la charge émotionnelle deviennent éprouvantes. Le rôle du praticien ne consiste pas à traiter la maladie, mais à accompagner la personne dans son mieux-être. Certains signes doivent alerter et encourager une consultation médicale, afin d’obtenir un diagnostic précis et d’écarter d’autres causes possibles. L’endométriose est une maladie hormono dépendante pouvant provoquer des douleurs importantes et, dans certains cas, des difficultés à concevoir. Un diagnostic médical est indispensable pour mettre en place une prise en charge adaptée.
L'Importance de l'Approche Holistique en PMA
L’approche holistique en procréation médicalement assistée (PMA) est de plus en plus reconnue pour son efficacité dans le traitement de l’infertilité. Cette approche prend en compte non seulement les aspects physiologiques de la fertilité, mais aussi les aspects émotionnels, psychologiques et environnementaux qui peuvent influencer la capacité d’un couple à concevoir un enfant. En intégrant des techniques de relaxation, de méditation, de nutrition et de soutien psychologique, l’approche holistique vise à optimiser les chances de succès des traitements de PMA. Elle considère la femme et le couple dans sa globalité et cherche à identifier et traiter les éventuels déséquilibres qui pourraient affecter leur fertilité. De plus en plus de cliniques de fertilité s’ouvrent davantage à cette approche qui combine les traitements médicaux traditionnels avec des approches complémentaires.
L'Expérience du Dr. Anne-Sophie Godefroy
Étant spécialisée en Fertilité Holistique (PMA), j’ai eu la chance d’échanger à plusieurs reprises avec le Dr Anne-Sophie Godefroy. Elle dirige le Centre AMP PROCREO la Soie en tant que Médecin de la reproduction et Gynécologue-obstétricien à Lyon-Villeurbanne. Son approche humaine en PMA, sa proximité, son écoute attentive et sa bienveillance auprès de ses patientes m’ont dès le départ beaucoup plu. En 2020, le Dr Anne-Sophie Godefroy a rejoint le comité d’experts de FERTILITY BOOST pour contribuer à notre mission d’aider les couples à surmonter les défis de la fertilité. J’avais donc à cœur d’interviewer personnellement le Dr. Anne-Sophie Godefroy qui partage aujourd’hui sa vision positive d’intégrer des pratiques holistiques dans le parcours de la PMA. Cette approche complémentaire aux techniques médicales apporte un soutien précieux sur le chemin de la parentalité.
Interview du Dr Anne-Sophie Godefroy:
Pourquoi l’approche holistique en PMA est-elle si importante dans le cadre de votre approche médicale ?
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Dr Anne-Sophie Godefroy : L’approche holistique est très importante pour réaliser une prise en charge globale des couples. Le côté médical ne suffit pas toujours pour aboutir à un projet de grossesse. Il est nécessaire de faire appel à d’autres techniques que ce soit par le médical ou la médecine douce en fonction des besoins et des attentes de la patiente et/ou du couple.
Pensez-vous que l’approche holistique en PMA représente une démarche complémentaire à un protocole PMA ?
Dr Anne-Sophie Godefroy : oui c’est une démarche complémentaire qui, selon certaines situations, est nécessaire voir même indispensable.
De quelle manière proposez-vous une approche holistique au sein de votre centre ?
Dr Anne-Sophie Godefroy : Nous proposons une démarche holistique dans le centre PROCREO LA SOIE en fonction des interactions que nous avons avec les patientes, du ressenti de leur vécu et de leurs à priori. Cela peut être envisagée en première intention ou dans le cadre d’une prise en charge prolongée suite à des échecs antérieurs.
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Pouvez-vous illustrer comment votre approche holistique a contribué au succès de la PMA d’une de vos patientes ?
Dr Anne-Sophie Godefroy : Je n’ai pas un exemple en particulier mais beaucoup d’exemples. Même si l’obtention d’une grossesse ne repose pas uniquement sur une approche complémentaire, nous savons qu’elle contribue à créer un contexte favorable à la réussited’un parcours PMA.
Quels conseils donneriez-vous à une femme qui envisage la PMA et qui souhaite adopter une approche holistique pour optimiser ses chances de grossesse ?
Dr Anne-Sophie Godefroy : Pour une patiente en PMA qui souhaite en parallèle une approche holistique, il est essentiel d’identifier ses besoins et ses ressentis pour adapter au mieux son accompagnement.
Quelle place voyez-vous pour l’approche holistique dans l’avenir de la PMA ?
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Dr Anne-Sophie Godefroy : Il faudrait pouvoir avoir un remboursement complémentaire aux actes médicaux pour offrir à tous les couples en parcours de PMA la possibilité de bénéficier d’une approche holistique.
Médecine Douce : Un Soutien Précieux Pendant la Grossesse
L'intégration de la médecine douce en obstétrique offre une panoplie d'outils pour accompagner les femmes tout au long de leur parcours de maternité. Ces pratiques complémentaires visent à soulager les maux de la grossesse, à préparer l'accouchement et à favoriser le bien-être postnatal.
L'Homéopathie : Une Approche Individualisée
L’homéopathie demande une approche globale de la personne qui va permettre de soulager différents maux à travers un seul ou 2 médicaments dits « de terrain », correspondant au profil de la personne. Ils ont pour but de rééquilibrer la santé physique et psychique du patient notamment dans les maladies chroniques ou récidivantes. Dès que l’équilibre est retrouvé, l’homéopathie viendra en dépannage pour des petits maux aigus tels que rhume, angine, otite, sciatique etc. L’homéopathie est une technique thérapeutique individualisée qui va permettre de répondre au mieux aux besoins et attentes de chacune. Parce que chaque femme est différente et a son propre vécu, ses propres antécédents médicaux ou familiaux, son corps va réagir de manière différente. L’homéopathie s’y adapte. Cette médecine alternative a sa place à tout moment dans la vie d’une femme : lors des troubles de la puberté, de la sexualité, de la fertilité, de la grossesse, des suites de couches ou de la ménopause.
Des consultations homéopathiques sont organisées par des sages-femmes ayant une formation diplomante afin de répondre à une demande grandissante de se « soigner autrement ». Elles sont ouvertes à toutes les femmes, sans limite d’âge, sans dépassement du tarif de la CPAM. L’homéopathie est sans danger, pratiquée depuis des siècles ; elle ne remplace en aucun cas la médecine allopathique, elle lui est complémentaire d’autant plus chez les femmes enceintes limitées en traitements médicamenteux.
L'Acupuncture : Un Art Thérapeutique Millénaire
L’acupuncture est une des branches de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Elle peut être utilisée pour soulager divers maux pendant la grossesse, tels que les nausées, les douleurs lombaires et les troubles du sommeil.
Le Yoga Prénatal : Un Allié pour le Corps et l'Esprit
Le Yoga prénatal permet d’apprendre à connaître son corps, d’apprendre à se mouvoir afin de faciliter l’évolution des changements du corps pendant la grossesse. Cela implique un investissement de manière régulière de la pratique des postures, de la relaxation et de la méditation. Le Yoga prénatal apporte notamment une meilleure gestion de son corps en mouvement, une respiration plus efficace et un relâchement de l’ensemble des tensions physiques et psychiques. Les séances de Yoga prénatal vous aideront à vous préserver, à améliorer les petits maux de la grossesse, à préparer au mieux l’accouchement et à vous donner l’énergie nécessaire pour vous régénérer et faire face au post-partum. Activité physique douce, la pratique du Yoga prénatal est tout à fait adaptée à la femme enceinte.
La Danse Prénatale : Une Expression Joyeuse de la Maternité
La danse prénatale est une pratique corporelle douce, adaptée à la grossesse, qui permet aux futures mamans de se reconnecter à leur corps, à leurs émotions et à leur bébé. Elle offre un moment de bien-être, de détente et de mouvement en toute sécurité, sans nécessité d’expérience en danse. La pratique régulière de la danse prénatale permet de bouger, respirer et s’épanouir tout au long de la grossesse, tout en renforçant le lien avec le bébé. Les séances combinent échauffement doux, mouvements fluides debout, au sol ou sur ballon, respiration consciente, protection du périnée, relaxation et chorégraphie courte sur musique variée.
La Réflexologie : Un Soutien pour la Fertilité et la Grossesse
La réflexologie peut apporter un soutien et un accompagnement à votre couple, désireux de concevoir un enfant, mais aussi en préparation à l'accouchement et post accouchement. Elle peut favoriser de manière douce et efficace votre bien-être et votre santé, mais également votre fertilité, afin de renforcer vos ressources naturelles nécessaire pour une parentalité future. Porter un enfant lors d'une grossesse est un moment pendant lequel de nombreuses demandes physiques, hormonales et émotionnelles reposent sur la femme enceinte. Toute l'énergie est alors dirigée vers le bassin et notamment l'utérus. En parallèle de la réflexologie, la réflexothérapie Niromathé peut intervenir en soutien en fonction des troubles rencontrés. Technique douce et indolore, elle est parfaite et idéale durant cette période de grossesse. Elle permet d'apporter du confort aux femmes enceintes en prenant en compte leurs douleurs, leur anxiété. La méthode peut faciliter l'accouchement physiologique en favorisant un relâchement tissulaire et global du corps.
Gynécologie : Techniques et Innovations
Les bandelettes sous-urétrales, utilisées pour traiter l’incontinence urinaire, ont inspiré les industriels et les chirurgiens urologues ou gynécologues. Les implants de renfort en forme de filet se sont révélés efficaces pour traiter les troubles de la statique pelvienne, les prolapsus génito-urinaires et l’incontinence urinaire d’effort.
Le Prolapsus Génital : Comprendre et Traiter
Le prolapsus génital ou génito-urinaire correspond à ce que l’on appelle, en langage courant, une « descente d’organes ». Favorisé, chez la femme, par les accouchements nombreux et/ou difficiles ou encore par le vieillissement et l’obésité, il se caractérise par le glissement vers le bas, transitoire ou permanent, d’un ou plusieurs organes situés dans le bassin : la vessie (on parle alors de cystocèle), le rectum (rectocèle) mais aussi l’utérus (hystérocèle). Ceux-ci appuient et déforment la paroi vaginale, jusqu’à s’extérioriser au-delà de la vulve, lorsque le plancher pelvien, ou périnée, se relâche ou se distend.
Le prolapsus entraîne, selon les cas, une gêne dans le bas-ventre, une boule au niveau de la vulve, des troubles urinaires, des troubles sexuels (gêne, douleur, saignements etc.), voire, plus rarement et plus tardivement, des troubles de la défécation. Il peut être soigné par une meilleure hygiène de vie (perte de poids, activités sportives plus douces comme la natation), une rééducation pour remuscler le périnée, la pose d’un pessaire (dispositif souple intra-vaginal, généralement en forme d’anneau, inséré autour du col de l’utérus).
Une intervention chirurgicale peut être envisagée lorsque la patiente est gênée par ces symptômes. Celle-ci consiste à poser, dans l’organisme, une prothèse pour soutenir ou suspendre les organes. Le chirurgien peut aussi, éventuellement, proposer aux patientes de retirer, en partie ou en totalité, leur utérus en cas de prolapsus utérin prononcé ou de pathologie utérine associée, voire les trompes et/ou les ovaires à titre préventif de cancer.
Les dispositifs médicaux implantables destinés à traiter le prolapsus génital sont choisis en fonction de l’état de santé de la patiente, de son âge et de son désir éventuel de grossesse ultérieure. Ils sont posés par voie haute (abdominale) ou basse (vaginale).
Techniques Chirurgicales
- Voie Haute (Abdominale): Le chirurgien suspend l’organe qui a glissé à un élément solide du bassin ou de la colonne vertébrale, en utilisant une prothèse (promonto-fixation). Il procède par incision classique abdominale (laparotomie) ou par chirurgie mini-invasive (cœlioscopie). C’est la technique la plus souvent utilisée chez les femmes jeunes pour traiter un prolapsus. Cette voie est privilégiée en cas d’inaccessibilité vaginale, de récidive ou de risque de récidive du prolapsus.
- Voie Basse (Vaginale): Le chirurgien insère dans la paroi vaginale, via les voies naturelles, un filet de renfort pour soutenir l’organe. Il peut, en cas d’incontinence urinaire associée, positionner une bandelette sous l’urètre ou une prothèse synthétique porteuse de bras pour soutenir les organes impliqués dans le prolapsus.
L'Évolution des Techniques Chirurgicales
Avant les années 2000 et depuis le XIXe siècle, les prolapsus génitaux étaient traités chirurgicalement par voie vaginale. Les propres tissus des patientes étaient utilisés pour renforcer les tissus pelviens distendus. Cette technique ne nécessitait aucun matériel ajouté, limitant ainsi le risque de complications éventuelles. Toutefois, les patientes faisant des prolapsus ont souvent une prédisposition génétique à cela : la qualité de leurs tissus est altérée, en particulier celle de leur tissu collagène ou conjonctif. L’utilisation de leurs propres tissus exposait donc les patientes à des récidives, parfois assez précoces. Celles-ci survenaient dans 40 à 50 % des cas dans les 5 ans après l’intervention. Certaines patientes étaient ainsi opérées 3 à 4 fois pour le même motif. De nouvelles solutions étaient nécessaires.
L'Essor des Prothèses de Soutien
En parallèle, dès la fin du XIXe siècle, d’autres techniques chirurgicales se développèrent par voie abdominale. Ces interventions étaient beaucoup plus lourdes puisqu’elles consistaient à ouvrir l’abdomen des patientes pour « tirer vers le haut » et suspendre leur utérus et leur vagin. Les fixations étaient assurées par des fils. Puis, dans les années 50, ces techniques furent associées à l’utilisation de prothèses de soutien. Fixées entre la vessie et la paroi antérieure du vagin et, éventuellement, entre le rectum et la paroi postérieure du vagin, ces prothèses étaient ensuite fixées à un ligament très solide situé en avant de la colonne vertébrale, au niveau du promontoire. Ces techniques furent appelées « techniques de promontofixation ». Les premières furent décrites en 1957 par André Ameline et Jacques Huguier. Initialement réalisées par voie chirurgicale, elles furent peu à peu réalisées par cœlioscopie dès le début des années 90. La première description d’une promontofixation par cœlioscopie eut ainsi lieu en 1993. Ces procédures, qui existent toujours aujourd’hui, sont parfois exécutées par cœlioscopie robot-assistée.
Le Tournant des Années 2000
« Il y eut une nouvelle évolution très nette avec la mise au point des renforcements prothétiques placés par voie vaginale étant donné le succès des bandelettes sous-urétrales placées par voie vaginale », détaille le Pr Bernard Jacquetin. Ces techniques, alternatives à la promontofixation par voie abdominale, consistent à fixer les organes pelviens sur une ou deux prothèses de renforcement, une antérieure et/ou une postérieure, par une simple ou double fixation, par les voies naturelles. Les prothèses utilisées prirent, dès le début, l’aspect de treillis (« hamacs pelviens » en termes médicaux). Toutefois, les procédures et le lieu exact de fixation des renforts des organes pelviens étaient très variables en fonction des chirurgiens. « Avec l’aide du Dr Axel Arnaud, chirurgien digestif, et d’industriels, huit chirurgiens gynécologues français de renom et moi-même avons travaillé de concert, dès juin 2000, pour analyser les différentes techniques utilisées et définir une technique standardisée et reproductible, utilisant un renfort transvaginal », raconte le Pr Jacquetin.
Fut ainsi officiellement mise au point, en 2004, la technique dite « Transvaginal mesh » (TVM). Un brevet pour cette technique fut déposé aux États-Unis le 7 novembre 2006. Elle reposait sur la pose par voie vaginale de prothèses sous forme de renforts en polypropylène : une prothèse antérieure maintenue en place à travers le trou ischio-pubien (ou trou obturateur, situé dans l’os iliaque) ; une prothèse postérieure positionnée à travers le ligament sacro-épineux ; voire une prothèse totale, en cas de prolapsus complet, pour les patientes dont l’utérus avait été enlevé. Des aiguilles permettant l’insertion des prothèses ainsi que des gaines pour protéger les bras des prothèses furent mises au point. La TVM connut rapidement un engouement mondial.
Une Technique de Pointe
« Un gros travail a été réalisé pour enseigner cette technique et bien expliquer la manière de positionner les prothèses grâce, notamment, à la réalisation de vidéos d’anatomie en trois dimensions », détaille le Pr Bernard Jacquetin. Cette procédure, performante mais pointue, devait en effet être réalisée par des chirurgiens gynécologues correctement formés. « Elle n’était et n’est toujours pas sans risque, insiste l’ancien chef de service du CHU de Clermont-Ferrand. Le risque le plus fréquent est l’exposition, c’est-à-dire l’issue de la prothèse dans la cicatrice vaginale. Cette complication, qui entraîne quelques pertes désagréables et/ou des douleurs pendant les rapports sexuels, peut être corrigée très aisément, parfois lors d’une simple consultation. Elle peut surtout être évitée grâce à la profondeur de la dissection lors de la pose de la prothèse. En effet, la dissection ne doit pas être superficielle : les chirurgiens doivent aller sous le fascia, c’est-à-dire aller au contact des organes. À défaut, les risques d’exposition prothétique peuvent grimper à 30 % contre moins de 3 % en principe. » Les autres risques associés à la TVM sont, comme pour toute implantation de corps étrangers dans l’organisme, des risques de réaction inflammatoire, variables d’une patiente à l’autre. « Après une telle réaction, certaines patientes entrent dans un processus de cicatrisation avec sécrétion importante de fibrine autour de la prothèse. Celle-ci se rigidifie, se contracte, ce qui cause des douleurs et d’autres désagréments, explique le Pr Jacquetin. La solution est alors l’ablation partielle ou totale de la prothèse. »
Pour limiter ces risques, la forme des prothèses, dont les bords étaient coupés au laser pour réduire les aspérités, a été adaptée et leur taille réduite dès 2012. « Nous avons montré, dans une étude prospective lancée dès 2005 aux États-Unis et en France qu’une fois la première année passée au cours de laquelle des complications restaient possibles, les résultats anatomiques consécutifs à la pose de prothèses selon la technique TVM étaient stables à 2 et 5 ans, explique le Pr Jacquetin. Nous poursuivons cette étude pour avoir un état des résultats à douze ans. »
Aujourd’hui, plusieurs entreprises commercialisent ce type de prothèses. Elles sont plus ou moins utilisées selon les pays. Elles sont très répandues en France et en Allemagne, par exemple, contrairement aux États-Unis, aux Pays-Bas et à l’Écosse. Certains nouveaux modèles cumulent une fixation de soutien de la vessie et une autre de soutien de l’apex vaginal. Par ailleurs, « la tendance actuelle n’est plus de passer à travers le trou obturateur mais de fixer les prothèses au niveau de structures aponévrotiques proches du trou obturateur. Des dispositifs variés tendent à faciliter ces fixations », complète le Pr Jacquetin. Les prothèses sont parfois fixées sur d’autres éléments anatomiques pelviens, comme des ligaments ou arcs.
Qualité et Sécurité des Prothèses
Les autres dispositifs de traitement du prolapsus continuent, quant à eux, de se perfectionner. Posés par voie haute ou basse, ils ont vu leur structure et leur qualité évoluer. Les treillis prothétiques, par exemple, auparavant souvent multitricotés, non tissés et enduits de silicone, sont, depuis le début des années 2000, pour la plupart, tissés et en polypropylène monofilament pour réduire les frottements avec les tissus des organes, les nécroses et les infections mais aussi pour éviter les expositions et/ou érosions. Les tissus synthétiques, perméables, laissent désormais davantage passer les macrophages, les anticorps et les fluides au sein de l’organisme. Plus solides, ils limitent aussi les risques de déchirure des prothèses.
Depuis le début des années 2000, les treillis prothétiques revêtent des formes particulières en fonction de l’endroit où ils sont fixés et en fonction de la manière dont ils sont posés (soit par voie chirurgicale et voie cœlioscopique, soit par voie naturelle). Ils seront ainsi prédécoupés ou, bien souvent, rectangulaires pour être ajustés à la forme et à la taille souhaitées. Une large palette de choix est à la disposition des chirurgiens. Enfin, des systèmes d’ancrage, disposés aux extrémités des treillis, facilitent depuis 2008 la fixation à distance des dispositifs dans l’organisme.
Personnalisation des Soins et Approche Holistique
La personnalisation des soins et l’approche holistique sont des éléments essentiels de la pratique médicale moderne. Chaque patiente est unique, avec son propre parcours, son vécu et ses ressources internes. Il est donc impératif de proposer des soins personnalisés. L’approche holistique part du principe qu’il faut soigner la personne dans sa globalité et qu’un praticien seul ne détient pas tout le savoir médical. Ainsi, une prise en charge multidisciplinaire alliant la médecine traditionnelle à des soins de support et de médecine douce est essentielle.
L'Importance de l'Information
L’information de la patiente est primordiale. Il est crucial d’expliquer à la patiente son problème médical et les principes de traitement, notamment à l’aide de dessins.
La Chirurgie Mini-Invasive et la Réhabilitation Précoce
La chirurgie a beaucoup évolué ces dernières années, de manière à être le moins traumatique et le plus précis possible. On privilégie l’abord chirurgical par voies naturelles ou par cœlioscopie, en essayant d’éviter d’ouvrir le ventre.
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